vignette|Molaise - hameau d’Écuelles vignette|Emplacement maison natale vignette|Pont sur le ruisseau Gabro

Pierre Vaux est né le à Molaise, commune devenue hameau d'Écuelles en Saône-et-Loire. Instituteur, il est élu maire de Longepierre également en Saône-et-Loire où il exerce, puis révoqué de la première et destitué de la seconde de ses fonctions. Il défraya la chronique pour avoir été jugé à tort coupable d'une série d'incendies à Longepierre. Condamné aux travaux forcés à perpétuité, Pierre Vaux fut déporté au Bagne de Cayenne en Guyane où il mourut le . Il repose au cimetière de l'ilet La Mère (Guyane). Pierre Vaux a été réhabilité en 1897, 22 ans après son décès.

Biographie

Enfance et formation Pierre Vaux est le quatrième enfant de François Vaux et de Marguerite Cambillet, cultivateurs. François meurt l'année suivant la naissance de son fils Pierre. Catherine se remarie deux ans plus tard. À neuf ans Pierre fréquente l'école communale. À seize ans il est apprenti chez un savetier tout en aidant son frère, instituteur. Ce dernier, et d'autres personnes, l'incitent à préparer l'école normale. Il y est admis le et en sort avec le brevet supérieur en septembre 1844. Il est nommé instituteur à Longepierre, en Saône-et-Loire le .

Carrière et engagement

Il fut instituteur à Longepierre, de 1844 à 1850. Pierre Vaux est un républicain, comme beaucoup d'instituteurs formés dans les écoles normales. Bien que non catholique, il est croyant. Les notables locaux le considèrent comme "un utopiste, un socialiste, un partageux". De plus, il revendique vivement les moyens nécessaires à l'école. Il est secrétaire de mairie (fonction assurée très souvent par les instituteurs) mais démissionne de cette fonction, en 1846, lorsqu'une augmentation de traitement lui est refusée, ce qui conduit le conseil municipal à revenir sur son refus. Pierre Vaux est mal vu, et mal noté, par les autorités mais il est apprécié par la population. Il se marie, le , avec Irma Jeannin, fille de cultivateurs aisés.

Lorsque survient la révolution de 1848, Pierre Vaux est un de ses thuriféraires.

Après son échec, les conservateurs reviennent au pouvoir. Une loi du organise la révocation des instituteursPierrard Pierre, La « petite loi » Falloux du 11 janvier 1850 et les révocations d'instituteurs communaux en 1850. Revue du Nord, tome 67, n°266, juillet-septembre 1985. Enseignement. pp. 687-702. DOI : https://doi.org/10.3406/rnord.1985.4144 www.persee.fr/doc/rnord_0035-2624_1985_num_67_266_4144 communaux. C'est à la suite de celle-ci que Pierre Vaux, accusé d'être le chef des "rouges" de sa commune reçoit, le , notification d'un arrêté préfectoral daté du , le suspendant pour six mois de ses fonctions d'instituteur, pour relations et esprit de désordre. Pierre Vaux reste à Longepierre et devient cultivateur.

Élu maire, révocation, les incendies, sa condamnation Le , Pierre Vaux et les républicains gagnent les élections municipales de Longepierre. Le , le conseil est installé. Pierre Vaux est élu maire par 9 voix contre 3 à Gallemard. Le préfet refuse de valider ce choix et il écritBuchot, Gauthey p. 61 : « Si vous prouvez par vos actes que vous avez rompu avec la République rouge, comme j'aime à le compter d'un homme de votre intelligence, vous pourrez dans quelque temps être réinstallé dans vos fonctions d'instituteur ; sinon, je ne pourrai vous conserver celles de maire ». Pierre Vaux siège comme simple conseiller et Gallemard fut maire.

Un incendie se déclare dans la commune de Longepierre dans la nuit du 2 au . C’est le premier d’une série de tuant deux personnes et détruisant 65 des 104 bâtiments que compte la commune. Pierre Vaux est soupçonné, sur un témoignage qui s'avérera être un faux témoignage, et arrêté après le troisième incendie, le . Il est arrêté à nouveau le .

Il est condamné par la cour d'assises à Chalon-sur-Saône en , avec sept autres personnes, aux travaux forcés à vie et déporté à Cayenne, où il arriva en . Cinq mois après sa condamnation, de nouveaux incendies éclatent dans la commune et se poursuivent jusqu'au . L'auteur principal est découvert : c'est Gallemard, concurrent de Pierre Vaux, qui lui a succédé comme maire, et l'un des principaux accusateurs de Vaux. Gallemard se suicide dans sa prison avant sa condamnation. Les autres coupables furent condamnés à mort. Mais Pierre Vaux ne bénéficie pas pour autant d'un procès en révision..

Il meurt en déportation le ; il est inhumé à l'îlet La Mère.

Réhabilitation Grâce à l'obstination de son fils, Pierre Armand Vaux, Pierre Vaux est finalement réhabilité, par arrêt de la Cour de cassation du . Pierre Armand Vaux devint député de la Côte-d'Or et contribua au vote d'une loi favorisant les révisions de procès et les réparations d'erreurs judiciaires. vignette|"A la mémoire de Pierre Vaux..." - Écuelles, Mairie-école Une rue de Chalon-sur-Saône porte son nom. Une plaque commémorative gravée à son nom figure par ailleurs à l'école normale (aujourd'hui institut universitaire de formation des maîtres) de Mâcon, avec pour texte : « À Pierre Vaux, l'instituteur-martyr (1821-1875). Élève-maître de cette école de 1842 à 1844, instituteur à Longepierre, injustement condamné aux travaux forcés, mort à Cayenne victime d'une erreur judiciaire, reconnu innocent et réhabilité le par arrêt de la Cour de Cassation. Honneur et respect à sa mémoire. ». Une sculpture, œuvre de J.P. Dubreuil, inaugurée en , installée dans la salle communale de Longepierre rend hommage à Pierre Vaux, ainsi qu'à Jean-Baptiste Petit et à Reine Bonjour, tous trois pris dans la tourmente judiciaire liée aux incendies. Des panneaux ont été installés dans le hameau de Molaise, village natal de Pierre Vaux, ainsi que face à la Mairie-école d’Écuelles.

Bibliographie

Par ordre chronologique de publication Léon Jonathan, Pierre Vaux, l'instituteur : drame historique en 5 actes et 7 tableaux, Barbré, 1882 Francisque Sarcey, « Pierre Vaux », La Revue hebdomadaire, Charles Boniface, « Pierre Vaux l’instituteur martyr. Sa condamnation (1852), sa réhabilitation (1897). », Manuel général de l'instruction primaire : journal hebdomadaire des instituteurs. 65 année, tome 34, 1898. pp. 13-16. Raoul Allier et Jean d'Aveline, Pierre Vaux, instituteur, préfaces de Foncin, Buisson et Cruppi, éd. Cornély, 1899 Charles Malato, Pierre Vaux, ou Les malheurs d'un instituteur, éd. J. Rouff, 1920 A. Buchot et C.G. Gauthey, Histoire de Pierre Vaux : l'instituteur de Longepierre, éd. Écomusée de la Bresse bourguignonne, 1987 René Charvin, Le village en flammes : histoire véridique de Pierre Vaux, instituteur et bagnard, Cêtre, 1993 Alain Dessertenne, « Pierre Vaux (1821-1875) », revue Images de Saône-et-Loire n° 112 (), pp. 5-7. Louis Devance, Entre les mains de l'injustice : l'affaire Vaux et Petit : 1851-1897, préf. de Pierre Lévêque, EUD, Éd. universitaires de Dijon, 2000 Claude Elly, « Longepierre : l'histoire est dans les rues », revue Images de Saône-et-Loire n° 171 (), pp. 2-3. Louis Devance, L'affaire Vaux et Petit : un crime judiciaire au XIXe siècle, préface de Hervé Duchêne, Éd. universitaires de Dijon, 2014

Notes et références

Catégorie:Naissance en janvier 1821 Catégorie:Décès en janvier 1875 Catégorie:Personnalité victime d'une erreur judiciaire