La liste des maires de Luzy comprend l'ensemble des titulaires de la fonction de maire dans la commune française de Luzy, chef-lieu de canton dans la Nièvre ; soit . Elle est introduite en 1662 sous le titre de « maire perpétuel » puis dans sa forme actuelle à la Révolution française en 1790. La fonction est occupée depuis 2014 par Jocelyne Guérin, maire étiquetée socialiste puis divers gauche.
Luzy est une ville historiquement républicaine et socialiste. Après une existence mouvementée correlée à l'instabilité post révolutionnaire de l'État, la responsabilité du maire est stabilisée en 1847. Elle passe également de familles nobles à un homme bourgeois. Dès la première année de la Troisième République, la population luzycoise marque son opposition au pouvoir central conservateur en élisant un républicain. Les maires ne seront alors plus que des petits bourgeois ou des bourgeois. Jean Chandioux, premier des barons politiques de la ville, installe ensuite dès les années 1880 un ordre politique social. Tout au long des , régime collaborationniste mis de côté, on ne compte que deux mandats dirigés par la droite.
Luzy compte plusieurs maires notables pour leurs qualités de scientifiques, de parlementaires, de résistant ou de syndicaliste : Xavier Garenne, Lucien Gueneau, Jean Chandioux, Henri Dollet, Daniel Benoist ou Jean-Louis Rollot.
Les « maires perpétuels », de 1662 à 1782, sont tous de la famille Nault. La liste qu'ont parvenus à établir les historiens amateurs est imprécise, comme celle des maires de la Révolution et de la Restauration.
Historique de la fonction
Prémices de la fonction Institution apparue en France à partir du , les maires deviennent en 1692 un office moyennant une certaine somme, très souvent héréditaires, et ce jusqu'à la Révolution. La fonction de « maire perpétuel de Luzy » est attestée en 1662. Elle est attribuée de façon irrégulière aux membres de la famille Nault, une famille de juristes originaire de Moulins-Engilbert et installée à Luzy depuis le début du siècle. Leurs noms nous sont parvenus par les registres d'état-civil, où leurs titres et qualités sont presque toujours cités. D'autres hommes, échevins, sont décrits dans certains textes comme . Ils dirigent l'administration municipale pendant deux plus de siècles, jusqu'à la création des communes, des municipalités et de leurs maires à la Révolution, en 1789 et 1790.
À la Révolution, la paroisse de Luzy est divisée en deux communes distinctes, Luzy-Ville et Luzy Foraint, et voit par conséquent l'élection, au suffrage censitaire masculin, de deux maires lors des premières élections municipales au printemps 1790. Après la démission du maire de Luzy-Ville Claude Nault de Champagny en 1793 , le poste reste vacant durant une année ; le pouvoir est alors occupé par le Comité de surveillance révolutionnaire via une « Société populaire », qui s'oppose au maire élu en 1794, Denis Jadioux.
Le maire et le Comité disparaissent à l'entrée en vigueur de la Constitution du 5 fructidor an III du Directoire durant l'automne 1795. Les municipalités communales sont désormais rattachées à une municipalité cantonale, où elles sont représentées par un délégué et son adjoint. La commune de Luzy est rattachée au canton de Luzy pour lequel elle élit un agent municipal. Cette organisation reste en vigueur jusqu'à la Constitution du 22 frimaire an VIII du Consulat en 1799. L'année suivante est nommé par le préfet le premier maire de la commune réunifiée de Luzy, Jean-François Chapsal.
Stabilisation durant le S'ensuit, pendant la majeure partie du , une succession de maires nommés et révoqués par le préfet de la Nièvre selon le pouvoir en place : Premier Empire et Première Restauration en 1814 puis Cent-Jours et Seconde Restauration en 1815, monarchie de Juillet en 1830, Second Empire en 1852.. Un seul maire, Antoine Perrin, nommé en 1847, connaît tour à tour la monarchie de Juillet, la Deuxième République de 1848 et la quasi-entièreté du Second Empire.
L'hôtel de ville est acquis par la commune en 1867, succédant à un autre situé sur l'actuelle place du Maquis-Louis. Appelé « maison Saclier », il s'agit de la demeure du premier maire élu, Claude Nault de Champagny. Érigé au , il s'y trouve des tapisseries d'Aubusson dans la salle des délibérations.
Depuis 1871, des maires républicains et socialistes Durant les premières années de la Troisième République, les maires sont de nouveau élus par le conseil municipal. Les élections municipales de 1871 sont marquées à Luzy par la victoire du candidat républicain, Xavier Garenne, sur le sortant, Jean Gallois, un monarchiste. Xavier Garenne est désavoué par l'Ordre moral, coalition politique au pouvoir à partir de 1873 et qui a pour but de mener une Troisième Restauration. En , deux semaines après que l'Assemblée nationale ait voté le retour de la nomination des maires par les préfets, Jean Gallois est nommé maire pour la seconde fois. Cependant, les élections organisées dix mois plus tard confirment la majorité républicaine. Jean Gallois démissionne en 1876 et Xavier Garenne est nommé par le préfet pour lui succéder.
Xavier Garenne marque donc l'ancrage républicain de Luzy, poursuivi par ses successeurs Louis Bertrand (de 1879 à 1884), Lucien Gueneau (de 1884 à 1885) et Jean Chandioux, maire durant trente ans de 1885 à 1915. Ce dernier, radical-socialiste, est aussi le premier homme d'une lignée de maires tous socialistes, à quelques exceptions près en 1919, 1923 et 1995.
L'instauration de l'État français en 1940 voit le retour de la nomination des maires par l'État. Lorsque le socialiste Louis Baroin démissionne en 1941, le médecin Henri Dollet, sur proposition du préfet, est nommé pour lui succéder, avec un nouveau conseil municipal. Entré dans la Résistance, il est fait prisonnier puis fusillé par la Milice française en , lors des derniers jours de l'Occupation. Cependant, sa mort n'est pas communiquée à la municipalité, qui le croit toujours en vie à la mi-septembre et le maintient officiellement en fonction. Le , le sous-préfet de Château-Chinon instaure un Comité de libération remplaçant l'équipe municipale. Après avoir pris connaissance du décès d'Henri Dollet, le Comité désigne dans le courant du mois un nouveau maire, Marie-Joseph Bondoux (SFIO), reconduit par les électeurs en 1945.
Le successeur de Marie-Joseph Bondoux est Daniel Benoist (1953-1971). Il est lui aussi encarté à la SFIO puis au Parti socialiste, comme le seront tous les suivants, à l'exception d'un mandat de Marcel Joyeux en 1995. Il faut noter que quand Daniel Benoist quitte son mandat en 1971 et le confie à son fils Alain, c'est parce qu'il a été envoyé à la mairie de Nevers par François Mitterrand, président du Conseil général.
Depuis 1892, la plupart des maires de Luzy sont conseillers généraux puis départementaux du canton de Luzy, sauf entre 1972 et 1997, Alain Benoist n'étant pas parvenu à succéder à son père. Dès lors tenu par la droite, le siège est occupé par Marcel Joyeux en 1997. À la mort de celui-ci trois ans plus tard, il est reconquis par le socialiste Jean-Louis Rollot. Ce dernier remporte ensuite les élections municipales de 2001 à Luzy, permettant à la gauche socialiste de recouvrir son fief après seulement un mandat de la droite. Il n'y a pas de liste d'opposition entre 2008 et 2020 ; Jocelyne Guérin, sa dauphine qui lui succède en 2014, est la première femme à la tête de la ville. Une opposition réapparaît en 2026, menée par un ancien adjoint..
Liste des maires De 1662 à la Révolution Nom Début du mandat Fin du mandat Notes Denis Nault(1633-1707) 1662 † « Maire perpétuel », juriste .Avocat en Parlement, il est procureur, juge de la Ville de Luzy, châtelain et capitaine de Luzy en 1670, juge criminel et civil de la châtellenie de Luzy et Savigny-Poil-Fol l'année suivante, bailli de Luzy et de Toulon-sur-Arroux en 1675. Il est en parallèle conseiller ordinaire des Affaires du Prince de Condé. Il occupe des fonctions semblables à Mont-Châtel, Chaume (communes de Marly-sur-Arroux) et Marly. Il est aussi auteur de romans historiques, dont un consacré à Bibracte.... Ses armes sont d'azur à un lion d'or. Nicolas-François Nault(1665-1710) 1693 † « Maire perpétuel » et juriste. Seigneur de Trésillon.Fils du précédent, il lui succède dans ses charges de juge de Luzy et de bailli de Toulon. Il est successivement avocat du Parlement, conseiller du roi puis châtelain civil et criminel de Luzy. Ses armes sont d'or à un navire de sable et un chef d'argent.. Claude Coujard de la Verchère(1716-1763) 1748 ? Avocat en Parlement.Époux de la petite-fille de Nicolas-Fançois Nault. Sa qualité de maire est attestée en 1748 et il est décrit à son décès comme ancien maire. Marguerite-Charles Pelletier(1723-1786) 1777 1786 Cousin des Nault.Il est lieutenant de la châtellenie de Luzy, conseiller du roi, grenetier au grenier à sel. Attesté premier échevin en 1770, il conserve sa fonction jusqu'à sa mort.
Séparation en Luzy-Ville et Luzy-Foraint
À la Révolution, la paroisse de Luzy est divisé en deux communes : Luzy-Ville et Luzy Foraint.
Nom Début du mandat Fin du mandat Étiquette Notes Maires de Luzy-Foraint Desjours de Mazille trimestre de 1790 ? Maires de Luzy-Ville Claude Nault de Champagny(1723-1807) Monarchiste Maréchal des camps et armées du Roi. Seigneur de Champagny et de Trézillon.Élu en 1790 ; démissionne. Petit-fils de Nicolas François Nault et beau-frère de Claude Coujard de la Verchère.Il signe dès le début de son mandat une lettre pour obtenir la création d'un département du Morvan avec comme chef-lieu Autun, sans succès. Son fils Denis émigre et rejoint l'armée des émigrés, ce qui lui vaut une menace de révocation. Sa position devient intenable après la chute de la monarchie et la proclamation de la Première République. Accusé d'avoir triché en faveur de son neveu lors du tirage au sort pour la levée en masse de la guerre contre la Première Coalition, il démissionne. Dernier représentant des Nault à Luzy. Conseiller municipal (1800) Entre et , sans maire, le conseil municipal de Luzy-Ville subsiste, mais contrôlé par deux organismes révolutionnaires.Un Comité de surveillance révolutionnaire est constitué en (puis en à Luzy-Forains) et la même année des représentants en mission sont envoyés par la Convention nationale. Luzy en connaîtra onze au total. Deux d'entre eux, Jacques Léonard Laplanche et Jean-Marie Collot d'Herbois fondent une Société populaire, organisme lié au Club des jacobins et dirigé par le Comité des Douze lui-même présidé par François Morvanchet. La Société intervient dans chacune des affaires municipales. Denis Jadioux automne 1795 Marchand-fermier.Élu en 1794.Il fait fléchir les comités révolutionnaires et délivre des certificats de civisme à certains à qui la Société populaire les avait refusés. Cette dernière faillit le faire chuter en , mais il est confirmé par le nouveau représentant en mission Ferdinand Guillemardet.
, du Directoire à la fin du Second Empire
La séparation de Luzy prend fin entre 1795 et 1800. Dans le même temps, la fonction de maire est supprimée par le Directoire et remplacée par une municipalité cantonale, dont la commune de Luzy est membre. La Société populaire reprend son activité en 1797.
Plusieurs agents municipaux, membres de la municipalité cantonale élus afin de représenter Luzy, sont connus par les registres d'état-civil entre l'an (1795) et l'an (1798) : Gilbert Maisonseul en l'an (1795-1796), Jean-Chrysostome Boulu en l'an (1796), Edme Glaize durant l'an et l'an (1796-1797), Denis Repoux en l'an (1797) et Lazare Durand en l'an (1797), de nouveau Gilbert Maisonseul en l'an (1797/1798) et François Courault ou Couraud en l'an (1798). Au moins deux d'entre eux deviennent « présidents de la municipalité » cantonale.