Vengeons est une ancienne commune française du département de la Manche et de la région Normandie, devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Sourdeval.
Elle est peuplée de habitantsPopulation municipale ..
Géographie La commune est aux confins du Bocage virois et du Mortainais. Son bourg est à au nord de Sourdeval, à au sud de Vire, à à l'ouest de TinchebrayDistances routières les plus courtes selon Viamichelin.fr..
La route départementale (ancienne route nationale 177) traverse la commune, menant à Vire au nord et à Sourdeval et Mortain au sud. Elle croise la qui dessert le bourg et au-delà Gathemo à l'ouest et permet à l'est de retrouver Chaulieu. S'y raccordant, la relie le bourg à Sourdeval. À l'ouest, la relie Gathemo à Sourdeval et la rejoint Saint-Germain-de-Tallevende-la-Lande-Vaumont au nord. L'accès le plus habituel à la commune se fait par Vire au nord et Sourdeval au sud.
Vengeons est sur la ligne de partage des eaux entre les bassins de la Vire et de la Sée. Le tiers nord du territoire livre ses eaux à la Vire, notamment par son affluent la Virène qui y prend sa source. Le reste du territoire alimente la Sée par l'intermédiaire de son affluent l'Yeurseul qui marque la limite au sud et son sous-affluent le Ravillon qui la matérialise à l'ouest.
Le point culminant () se situe à l'est, près des lieux-dits Debut et la Masure. La cote de est également atteinte au nord-ouest. Le point le plus bas () correspond à la sortie de l'Yeurseul du territoire, au sud-ouest. La commune est bocagère.
Le climat est océanique, comme dans tout l'Ouest de la France. La station météorologique la plus proche est Granville-Pointe du Roc, à , mais Caen-Carpiquet est à moins de Distances orthodromiques selon le site Lion 1906.. Le nord du Mortainais s'en différencie toutefois nettement pour la pluviométrie annuelle qui, à Vengeons, avoisine les (archive Wikiwix du site www.basse-normandie.ecologie.gouv.fr)..
Les lieux-dits sont, du nord-ouest à l'ouest, dans le sens horaire : La Petite Haule, La Chartrerie, le Boyeux, la Boelle, l'Anfresne, la Ménardière, la Gaudinière, Bellevue, la Haule, l'Engraisserie, les Chabottières (au nord), la Beaugeardière, la Ricoulière, la Pesantière, la Goupillière, la Procasière, la Basserie, les Petits Bois, les Vallées Durand, le Val, la Traffetière, les Bouix, les Quatre Vents, les Hauts Vents, Debut, la Gillotière, la Masure (à l'est), Clesson, le Bois Gautier, l'Orère, la Riffaudière, la Gastelière, le Poncel, la Métairie, le Moulin du Bois, la Trennelière, la Gauterie, la Haute Mignonnerie, la Basse Mignonnerie (au sud), les Vallées, l'Aubourgère, le Val Biot, la Corbinière, la Lisse, la Hussinière, le Mont Chabot, la Masure aux Laisné, la Jourdonnière, la Tellerie, le Champ du Bois, la Cour, Launay, le Brouard, la Retivière, la Vallée, le Logis, les Landes et la Fourberie (à l'ouest)..
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Venjons en 1144.
François de BeaurepaireLes noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, éditions Picard 1986. postule un gaulois *Vindo-ic-onti-o, basé sur *uindo, blanc (cf. irlandais finn, breton gwenn, blanc) que l'on rencontre dans de nombreux noms de lieux (Vendœuvre, Vienne, etc.), le suffixe -ik- qui selon Pierre-Yves LambertLa langue gauloise, éditions errance 1994. permet la substantivation et le suffixe -(o)-nti-(o) fréquemment attesté en toponymie (cf. Rosontio > Ressons; *Licontio > Lyons; Vesontio> Besançon; etc.). Le sens serait « endroit blanc, lumineux, beau ».
Les Vangions expliquent sans doute Vengeons.
Le gentilé est Vengeonais. ou Vengeonnais.
Histoire
Aujourd’hui Vengeons compte , contre plus de au début du . Ceci est une indication précieuse pour comprendre la vie industrieuse et commerciale de la commune…
Les textes les plus anciens remontent aux . On y voit apparaître une famille de Vengeons. Le fief de Vengeons dépendait du comté de Mortain.
Ranulph le Normand, originaire de Vengeons, a accompagné Guillaume (peut-être son père) en 1066. Son ascendance ambiguë (anglo-saxonne / normande) ressemble à celle du duc, qui servira plus tard à justifier l'occupation de l'Angleterre par les ducs de Normandie..
En 1226, Geoffroy de Vengeons donne le patronage de l'église à l'évêque d'Avranches, Guillaume du Teilleul.
Pendant l'occupation anglaise, lors de la guerre de Cent Ans, en 1449, une des insurrections est née à Vengeons, en liaison avec une sortie des normands assiégés au Mont-Saint-Michel. Cette révolte est née à la Pesantière. Et c’est cette révolte vengeonaise qui embrasa le Mortainais et l'Avranchin. Olivier Basselin (1403-1470), le poète de Vire, loua cette résistance contre les Anglais dans ses Vaux de Vire.
Lors des guerres de Religion, le , les huguenots du village reçoivent un fort soutien des Huguenots venant de reprendre Vire.
Entre 1619 et 1642, la peste fait des ravages dans la population, et 1630 est une année particulièrement terrible pour Vengeons.
En 1639, suivant le souhait de , on consigne les actes dans les registres. Après la révolte des nu-pieds, on a conservé les registres vengeonais. Ils étaient d’abord visés par l’archidiacre, puis le doyen rural, puis au du lieutenant général civil et criminel de Mortain. Après 1789, l’ensemble des registres formeront le fonds des archives départementales. Par un concours de circonstances, après leur restauration grâce à un mécène, les registres seront sauvés de la destruction des archives départementales de Saint-Lô en 1944. Le mécène est connu par l'inscription suivante, mentionnée en tête du premier registre :
En 1789, Jacques Louis le Harivel s'offre, avec des membres de sa famille, en otage garant de la vie du roi, après son arrestation.
Le , Vengeons intègre avec la commune de Sourdeval la commune nouvelle de Sourdeval.. créée sous le régime juridique des communes nouvelles instauré par la loi du de réforme des collectivités territoriales. Les communes de Sourdeval et Vengeons deviennent des communes déléguées et Sourdeval est le chef-lieu de la commune nouvelle.
Politique et administration vignette|La mairie.
Le conseil municipal était composé de onze membres dont le maire et trois adjoints.. Ces conseillers intègrent au complet le conseil municipal de la commune nouvelle de Sourdeval le jusqu'en 2020 et Christophe Bazin devient maire délégué.
Démographie
Vengeons a compté jusqu'à en 1806.
Économie
Lieux et monuments
Un circuit de découverte présente le patrimoine de la commune. Vengeons est un Village Patrimoine du Pays de la baie du mont Saint-Michel depuis 2003.
La fontaine Saint-Germain La fontaine Saint-Germain est un des deux lavoirs de la commune. Son nom vient de saint Germain d'Auxerre, l'évangélisateur, qui serait passé par ce chemin en 396.
La lessive était un travail important, et fatigant, surtout au regard du chemin, très pentu. La lavandière utilisait un caboret ou carrosse, pour être un peu plus à l’aise. À l’aide d’un pussoir (pucheux dans l’Avranchin et en normand), elle puisait l’eau, pour la mettre dans le cuvier. Le pussoir faisait à Vengeons, le pucheu faisait . Ce chaudron était chauffé, et recevait de la cendre de bois d’arbres fruitiers (de préférence). Le linge était battu au lavoir, puis placé dans le cuvier bouillant sur lequel on plaçait le charrier ou doublier, un gros drap de chanvre, pour éviter le contact direct entre la cuve et le linge. La lavandière tournait le linge avec un grand bâton ou de grandes pinces en bois. Ensuite le linge retournait au lavoir pour être rincé et essoré. À Vengeons, une femme profitait de l’aide de ses enfants pour ramener le linge sur le haut du village à l’aide d’une corde. La grande lessive avait lieu deux à trois fois par an. Et il fallait être plusieurs.
La maison de Halot Dans le bourg de Vengeons, le bâti présente des lucarnes de différentes factures. On trouve des lucarnes à bâtière, qui avancent, des lucarnes rampantes, un versant, ou des lucarnes frontons. Il y a deux grandes familles de lucarnes : celles destinées à éclairer et aérer les combles, en tête de mur des façades, et celles destinées à dégager l’accès aux greniers, recoupant les façades.
La maison de Halot est une maison très ancienne qui possède des volets intérieurs. Ceux-ci permettaient d’éviter d’ouvrir les fenêtres l'hiver, et de perdre de la chaleur. Dans cette maison, dans la cave, à la Révolution, un prêtre réfractaire disait la messe en cachette. En effet, à Vengeons, un prêtre avait prêté serment et le vicaire avait refusé. Vengeons ne s’est pas révolté spontanément lors de la Révolution, en suivant les premiers Chouans. Mais lorsque le sectarisme et les remises en cause de la religion apparurent, les habitants bougèrent. Des prêtres refusent de remettre leurs lettres de prêtrises, et certains se réfugient.
Vengeons sera au centre des fronts de batailles chouannes de la région, entre Tinchebray, Vire, Saint-Sever… et les troupes de Frotté y séjournent plusieurs fois.
Le puits du Bourg Ce puits très ancien a la particularité d'être tout en haut de la colline, c’est une grande chance pour les habitants, qui ainsi n’avaient pas de trajet à effectuer pour les corvées d'eau. La croix juste à côté, très ancienne, était probablement située sur le haut du puits, car l'eau était mise sous la protection divine.
Les tombes du Commonwealth vignette|redresse|Les tombes du Commonwealth des deux aviateurs. Ces deux tombes sont les témoignages du passage du front sur la commune. Les deux jeunes aviateurs de la Royal Air Force, âgés de furent abattus par la DCA, à l'Anfrérie. Deux personnes ont été tuées lors de l'accident.
Le café, les commerces L’ancien café de Vengeons a fermé . Mais ce n’est pas le seul de Vengeons, car il y en avait plusieurs. Vengeons comptait plus de , et les commerces étaient très nombreux. Voici un aperçu non exhaustif de tout ce qu’on pouvait trouver à Vengeons en 1900 (aujourd’hui, tout se situe à Sourdeval) : un boulanger, trois épiciers, un charcutier, un boucher, un tabac, six sabotiers, deux coiffeurs, deux charpentiers, trois fileuses, une repasseuse de coiffes, deux brodeuses, deux couturières, une tricoteuse. Les exploitations agricoles étaient modestes, de . Souvent les hommes avaient un deuxième métier : colporteur, étameur, marchand de cheveux…
En plus des commerçants du bourg, un boucher venait le dimanche, un poissonnier de Sourdeval, par le train, et une fois par an, un marchand d’oignons de Bretagne.
Le circuit textile Les maisons « ouvrières » : des maisons, très simples, mais très fonctionnelles. Vengeons, avec ses et , comptait de nombreux ouvriers et artisans, notamment dans le textile. La fibre pouvait y vivre tout son cycle, du cardage au papier chiffon. En effet, on pouvait recenser, en 1851, dans la commune : deux filassiers ; dix-neuf filassières ; quarante deux fileuses ; dix-sept tisserands (plutôt des hommes) ; quinze tailleurs et couturières ; treize blanchisseuses ; dix brodeuses ; cinq mercières ; cinq marchands de chiffons; six papetiers ; soit travaillant dans le textile.
Les clôtures de granite Vengeons est implanté sur une crête granitique à l’extrémité est de l’utilisation des blocs de granite pour réaliser des clôtures. Ces pierres sont très lourdes, car il y a autant de granite à l’extérieur qu’à l’intérieur de la terre. La forme des blocs est très caractéristique de cette région manchoise.
La poste et l’école L'école se trouvait en face des maisons ouvrières, avant la guerre de 1914. Après 1918, elle fut déplacée au nord du centre bourg, tout comme la mairie. L'école jouxtait le mur du cimetière. La rue actuelle fut creusée après la Seconde Guerre mondiale. Il y avait deux écoles, une école de filles, et une école de garçons.