Le napolitain est une langue romaneJ.-P. Cavaillé; Le napolitain : une langue majoritaire minorée. 09 mars 2007.La langue et la culture napolitaine. Centre Culturel Italien. Paris. 2014. parlée par environ sept millions de personnes, ce qui en fait la deuxième langue la plus parlée en Italie après l'Italien, et qui fait partie d'un ensemble plus vaste de parlers dits méridionaux, parlés dans les régions proches de la Campanie (Molise, nord de la Calabre, nord des Pouilles, Sud du Latium, Basilicate).

Présentation C'est une langue romane qui reste très vivante dans les rues de Naples, même si la langue officielle enseignée dans les écoles reste l'italien. Cette langue a emprunté, à la suite des dominations étrangères successives, une série de mots français (par exemple le mot : « boîte ») ou espagnols. La région de Campanie a reconnu la langue napolitaine comme bien culturel le ..

On parle couramment le napolitain en Campanie et dans le sud du Latium, les Abruzzes, la Basilicate, la Calabre, le Molise et les Pouilles, soit dans tous les territoires qui constituaient le royaume des Deux-Siciles en deçà du phare de Messine (Sicile) où la langue nationale fut le napolitain pendant une brève période du (1442-1501)., catalana e latina, tandis qu'au-delà du phare de Messine dans tout le reste de la Sicile la langue officielle était le sicilien. Le "vulgaire-puillaise", autre nom dont étaient connus historiquement le napolitain et les autres dialectes "àusoni", remplaça le latin dans les documents officiels et dans les assemblées de la cour à Naples, depuis l'unification des Deux Siciles, par décret d'Alphonse , en 1442.

Au , le roi Ferdinand le catholique imposa le castillan comme nouvelle langue officielle et le napolitain survivait seulement pendant les audiences du roi et dans les bureaux de la diplomatie et des fonctionnaires publics. Le cardinal Girolamo Seripando, en 1554, décida que dans ces secteurs le napolitain soit remplacé par le vulgaire toscan.

Pendant des siècles, la littérature en vulgaire napolitain a servi de liaison entre le monde classique et le monde moderne, entre les cultures orientales et celles de l'Europe du nord, de l'«amor cortese», qui, avec l'école sicilienne, diffusa le platonisme dans la poésie de l'occident au tragi-comique (Vaiasseide, Policinelle) jusqu'à la tradition populaire ; en langue napolitaine fut publié le Pentamerone, premier recueil littéraire européen entièrement composé de contes qui influença Charles Perrault et les frères Grimm.

le vulgaire méridional (napolitain) survit dans la chanson napolitaine, connue dans le monde entier. Auparavant peu connue en dehors de l'Italie, la langue napolitaine a connu une grande notoriété avec le succès international de la série Gomorra, qui a permis à un grand nombre de personnes de découvrir cette langue régionale à travers le monde.

Origines et histoire Le napolitain est une langue dérivant du latin. Avant celle-ci et la conquête romaine, l'on parlait à Naples et dans le centre-sud de l'Italie, l'osque, dont on a retrouvé des traces à Pompéi notamment. C'était une langue italique apparentée au latin et, de plus loin, au grec, et qui était parlée jusqu'au . vignette|La ville de Naples au pied du Vésuve, berceau du napolitain.

Le napolitain a subi dans son histoire, comme tant d'autres langues, l'influence et le prêt des idiomes des différents peuples qui ont habité ou dominé la Campanie et l'Italie du centre-sud. Les colonies grecques, les marchands byzantins à l'époque du duché de Naples jusqu'au , et plus récemment les Arabes, les Normands, les Français, les Espagnols et aussi les Américains durant la Seconde Guerre mondiale et l'occupation de Naples, ont contribué à cette langue pour quelques mots.

Si Naples fut sous contrôle direct espagnol pendant plus de deux siècles (1503-1707), il est erroné d'attribuer à cette domination espagnole l'entièreté des ressemblances entre les deux langues. S'agissant pour l'une comme pour l'autre de langues romanes, la plupart des éléments communs remontent en effet au latin vulgaire. Par exemple, l'utilisation de tengo que l'on retrouve en espagnol et en napolitain pour conjuguer le verbe avoir à la personne du singulier du présent de l'indicatif (en italien, ho est utilisé pour le verbe avoir tandis que tengo est utilisé pour le verbe « tenir »).

Sous les Aragonais, le napolitain fut proposé comme langue de l'administration, sans jamais imposer l'aragonais ou le catalan, mais la tentative avorta avec la chute de Frédéric et le début du vice-règne. Dans la première moitié du , le royaume des Deux-Siciles utilisait de fait l'italien comme langue administrative et littéraire et donc le napolitain n'avait plus de statut de langue officielle. Ceci s'est aussi vérifié dans d'autres États comme dans le royaume de Sardaigne qui n'adopta jamais officiellement ni le piémontais ni l'italien, la langue française étant la plus parlée pour ses usages administratifs.

Comparaison avec les autres langues romanes APINapolitainFrançaisEspagnolItalienLatinˈpɑːtə ˈnwostə ka ˈstɑːjə nˈdʒjeːləPate nuoste ca staje 'ncieloNotre Père, qui es aux cieux,Padre nuestro que estás en el cieloPadre Nostro, che sei nei cieliPater noster, qui es in caelissandifiˈkamm(ə) o ˈnommə ˈtwoːjəsantificammo 'o nomme tujo,que ton nom soit sanctifié,santificado sea tu nombre,sia santificato il tuo nome.sanctificetur nomen tuum:ˈfɑːjə vəˈni o ˈrɛɲɲə ˈtwoːjəfaje vení 'o regno tuojoque ton règne vienne,venga a nosotros tu reinoVenga il tuo regnoAdveniat regnum tuum.ˈsɛmbə ˈkɑː vulunˈda (t)ˈtɔːjəsempe ch' 'a vuluntà toja,que ta volonté soit faiteHágase tu voluntadsia fatta la tua volontà,Fiat voluntas tuaakkusˈsi nˈdʒjeːlə akkusˈsi nˈdɛrrəaccussí 'ncielo e 'nterra.sur la terre comme au ciel.así en la tierra como en el cielo.come in cielo, così in terra.sicut in caelo et in terra.ˈfandʒ aˈve o pˈpɑːnə ˈtutt e ˈjwornəFance avé 'o ppane tutte 'e juorneDonne-nous aujourd’hui notre pain quotidien.Danos hoy nuestro pan de cada díaDacci oggi il nostro pane quotidianoPanem nostrum quotidianum da nobis hodieˈljeːvəʃ(ə) e ˈrjebbətəliévece 'e diébbetePardonne-nous nos offenses,y perdona nuestras deudase rimetti a noi i nostri debiti,Et dimitte nobis debita nostra,ˈkommə ˈnuːjə e lləˈvammə a lˈlɑːtəcomme nuje 'e lluamme all'ate,comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.como también nosotros perdonamos a nuestros deudorescome noi li rimettiamo ai nostri debitori.sicut et nos dimittimus debitoribus nostris.nun dʒə ˈfa ʃpandəˈkanun nce fa cadé 'ntentazzione,Et ne nous laisse pas entrer en tentationno nos dejes caer en la tentaciónE non ci indurre in tentazione,Et ne nos inducas in temptationem;e lˈljeːvəʃ(ə) o mˈmɑːl(ə) a ˈtwornəe lliberace dô male.mais délivre-nous du Mal.y libranos del mal.ma liberaci dal male.sed libera nos a malo.amˈmɛnn(ə)Ammen.Amen.Amén.Amen.Amen.

Alphabet et prononciation

Voyelles +LettreAPICommentairesa/a/~[ɑ] /ə/e/ɛ/ /e/

/ə/i/i/ /j/o/ɔ/ /o/

/ə/u/u/ /w/

Consonnes +LettreAPICommentairesb/b/c/t͡ʃ/ ~ /ʃ/ /d͡ʒ/ /k/ /ɡ/d/d/f/f/g/d͡ʒ/ /ɡ/hLa lettre h est toujours muette, elle sert à différencier à l'écrit des homophones (par exemple « a » et « ha » ; « anno » et « hanno ») et permet en combinaison soit avec g soit avec c à conserver un son dur devant les voyelles e et i.j/j/l/l/m/m/n/n/p/p/ /b/Elle se prononce [b] après la lettre m.q/kʷ/La lettre q est toujours accompagnée par u.r/r/ ~ /ɾ/s/s/ /d͡z/

/z/

/ʃ/

/ʒ/t/t/ /d/v/v/x/k(ə)s/La lettre x ne se rencontre que dans des mots étrangers.z/d͡z/ /t͡s/

Digrammes et trigrammes LettreAPICommentairesgn/ɲ/gl(i)/ʎ/ ~ /ʝ/sc/ʃ/

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Linguistique Liste de langues Langues par famille Langues indo-européennes Langues romanes Langues italo-romanes Groupe italo-roman méridional

* Catégorie:Inventaire de langues Catégorie:Culture à Naples Catégorie:Langue dans les Abruzzes Catégorie:Langue en Basilicate Catégorie:Langue en Calabre Catégorie:Langue en Campanie Catégorie:Langue dans le Latium Catégorie:Langue dans les Marches Catégorie:Langue au Molise Catégorie:Langue dans les Pouilles