vignette|Le blasonnement de Fondettes

L'histoire de Fondettes, une commune française d'Indre-et-Loire, se déploie sur plusieurs millénaires, depuis le néolithique. L'exploration archéologique révèle, à la fin de l'âge du fer, une occupation permanente du site sous la forme d'une agglomération fortifiée, l de Montboyau. Plusieurs structures, dont un pont construit à l'époque gallo-romaine et quatre érigées au cours de la période tardo-antique, montrent la continuité de l'utilisation de ce territoire tourangeau. Au Moyen Âge, la paroisse de Fondettes, fondée autour de l'an mil, est un fief de faible importance, qui relève successivement de plusieurs seigneuries, notamment celle du comte d'Anjou Foulques Nerra, puis celle des Maillé et enfin celle de Martigny. La paroisse fondettoise connaît pendant la Renaissance la confrontation entre les ligueurs et les troupes d'Henri IV, puis à la fin de la période moderne, au , en 1774, une révolte populaire de subsistance. En 1790, la petite paroisse tourangelle, dont la population atteint alors près de , fait l'objet d'un changement de statut et devient une commune. Sur ce même plan, 1805 marque également un tournant puisque le territoire de Vallières est alors intégré à celui de Fondettes.

Située sur la rive droite de la Loire, Fondettes est profondément marquée par la présence du fleuve, tant par son relief que par sa géologie et son environnement. À cet effet, l'histoire de la petite cité tourangelle est associée à cet axe fluvial, puisqu'une activité de batellerie, initiée au par la construction d'un premier port à l'embouchure de la Choisille, un affluent de la Loire, s'y est développée au cours des trois siècles suivants, avec l'installation de trois autres ports sur les bords de Loire. Toutefois le transport fluvial à Fondettes a cessé d'exister vers la fin du et une voie de communication ferroviaire lui succède à partir de 1907. L'histoire de la commune est également étroitement liée, en termes économiques, démographiques et administratifs, avec la ville de Tours, distante d'environ .

Préhistoire vignette|gauche|upright=1.25|Sites archéologiques de Fondettes, de la Préhistoire au Moyen Âge. vignette|droite|upright=1.0|alt=Exemple de vase en céramique daté du Néolithique et de type rubané comparable à ceux mis au jour à Fondettes.|Vase en céramique rubané comparable à ceux mis au jour à Fondettes (Musée universel de Marbourg). Une présence humaine est attestée durant le Néolithique sur le territoire de Fondettes, à l'instar de nombreux sites proches de la Loire moyenne, soit une aire correspondant à la région naturelle du Val de Loire. Quelques artefacts, tels un fragment de vase en céramique de type rubané à large panse ou un bol de forme approximativement circulaire, trouvés près de l' , témoignent de cette présence préhistorique...

D'autres objets en céramique datés du Néolithique (entre et ) ont été découverts sur les sites du port Vallières-ouest et du port Foucault-sud , aux marges méridionales de Fondettes. Ces tessons de vase, dont certains avec une anse, ont été mis au jour à l'occasion d'opérations de dragage de la Loire. Ils sont attribués à la culture du groupe dit de , à l'exception d'un fragment peut-être attribuable au groupe de .. Ils se caractérisent par des motifs nervurés en forme de .

Les ruines d'un dolmen, dont les blocs ont été soumis à une destruction, ont été mises en évidence au lieu-dit des , à proximité des vestiges de l'aqueduc de Luynes, vers la fin du .. En outre, un second dolmen, également ruiné, a été fortuitement mis au jour en 1894 par un agriculteur, sur un arpent de terre établi non-loin du hameau de Tréché, au nord-ouest du centre-bourg.. Les restes de cette structure mégalithique, affectaient alors l'aspect d'un amas de poudingues à caractère siliceux. Ces blocs de pierres auraient été partiellement réemployés dans la construction de chaussées. Lors de leur découverte, les vestiges du dolmen dit « des Maumons » étaient associés à un mobilier composé d'une hache taillée dans une meulière de type lacustre et de couleur jaunâtre ; de mesurant respectivement , et de long ; de de poterie ; de faites de silex ; ainsi que de quatre fragments de bois de cerf, le tout retrouvé placé sous les blocs mégalithiques...

Enfin, des investigations archéologiques ont révélé une cavité souterraine, également habitée au Néolithique. Dans cette grotte, les fouilles archéologiques ont permis d'exhumer des brachycrânes, c'est-à-dire des boîtes crâniennes dont la partie frontale est sensiblement aplatie..

Protohistoire Un tumulus, mis en évidence au nord du lieu-dit de Beaumanoir, témoigne d'une occupation du site vers la fin de l'âge du bronze ou au début de l'âge du fer. Cette éminence artificielle forme une circulaire d'un diamètre de , qui s'élève sur .

Loppidum de Montboyau

L de Fondettes, également connu sous le nom d' de Montboyau , est localisé à l'extrémité sud-est de la commune de Fondettes. Cet habitat protohistorique est protégé par des fortifications en éperon barré. Le site, daté de la période laténienne, fait l'objet de fouilles dès le ., permettant d'établir qu'il s'agit, au cours du second âge du Fer, de l'une des trois agglomérations secondaires de la (ou territoire-cité) du peuple gaulois des Turones, dont la capitale à la même époque aurait été, selon Jean-Mary Couderc et Jean-Marie Laruaz, l' dit des , une agglomération d'une cinquantaine d'hectares implantée sur l'actuelle commune d'Amboise. Cette dernière est remplacée, à l'époque gallo-romaine, par , l'actuelle ville de Tours.. Le site protohistorique de Fondettes, qui se présente sous la forme d'un triangle de face est sur face sud, occupe une superficie totale d'environ . Il surmonte un vaste éperon rocheux dominant le point de confluence de la Choisille et de la Loire. L de Montboyau est entouré par une imposante levée de terre mesurant de large sur de long. Cette première enceinte fortifiée est doublée d'un fossé de de dénivelé.

Le dépôt de Beaumanoir vignette|gauche|upright=1.2|alt=Monnaie Gauloise, Potin dit comparable à ceux découverts au pied de l de Montboyau.|Potin , comparable à ceux retrouvés sur le site de Beaumanoir. Environ mille pièces de monnaie gauloise ont été trouvées dans les années 1950 à Beaumanoir , un lieu-dit légèrement excentré au sein de l'ancienne agglomération secondaire., dont dits (ou )., accompagnées d'une fibule, à l'intérieur d'un vase.. Les effigies gravées sur leurs avers indiquent qu'elles appartenaient à trois peuples gaulois distincts : les , les et les Carnutes.. Il est possible que ce trésor ait été enfoui au début de l'an 51 avant notre ère, par des Carnutes contraints de se disperser hors de leur lors de l'arrivée des légions de Jules César venues hiverner..

En outre, associés au gisement de monnaies retrouvé au pied du site de « Beaumanoir », ont été mis en évidence , d'un diamètre compris entre et , et , le tout fabriqué en bronze. Parmi ces , dont deux en forme de double ellipse, une seule avait conservé son ardillon.. Ce même dépôt a également livré de nombreux disques perforés, les uns décorés de picots en triangle, d'autres, biconvexes ou biconcaves, ornés de motifs striés. L'ensemble de ces objets, dont l'identification a permis de les apparenter à des trouvailles du même type effectuées à Coulongé, à Orléans ou encore à Chalonnes-sur-Loire, ont été confectionnés à partir de plomb. Au contraire de différents gisements mis au jour, la présence de ces disques perforés ne semble pas être liée à un artisanat textile d'époque protohistorique. En revanche, ces derniers, à l'exemple d'une amulette, seraient plus probablement destinés à leurs porteurs. Enfin, parmi les éléments composant le dépôt de Beaumanoir, les fouilleurs ont exhumé , dont deux ayant trois rayons, une forme concave et un pourtour dentelé, tandis que les trois autres sont strictement circulaires, avec ; ainsi qu'un objet avec un manche à l'extrémité trouée et une lame en forme de flèche (peut-être un grattoir ou un couteau), fait en bronze, et dont la vocation, à l'instar des disques troués, se révèle votive.

Les établissements laténiens ruraux D'autres établissements de taille plus modeste dits ), attribués à la fin période laténienne, tels que celui de , situé au nord de la ville de Fondettes, ont été révélés lors de récents chantiers archéologiques..

Dans le cas de , les structures d'enceinte, ayant une forme d'enclos, pourraient avoir été construites dans le but de protéger des édifices à usage domestique.. Cette hypothèse peut être corrélée avec la mise en évidence d'un imposant mobilier au sein des fossés délimitant les marges méridionales du site, mais également avec l'exhumation d'un poteau placé au niveau de l'accès d'une cour interne.

Les restes palynologiques recueillis sur le site laténien de révèlent que son aire centrale est destinée aux différentes étapes de conservation des récoltes, tels que le grillage et le stockage.

En outre, selon Mathieu Gauthier, le faible nombre de pièces archéologiques découvertes sur l'aire septentrionale de suggère que cette zone pourrait avoir été dévolue à la mise en enclos du bétail.

À Fondettes, le second âge du fer est également marqué par l'établissement de structures rurales destinées à servir de lieux de vie. Ces habitats, attribués sur une période s'échelonnant entre La Tène B et C (ou La Tène moyenne et finale), se révèlent étroitement associés à des activités artisanales.. L'existence de ces dernières, principalement liées au travail du textile, comme le filage et le tissage, mais également à la métallurgie (fabrication d'objets en bronze et en fer), est confirmée par la mise évidence de pièces telles que des fusaïoles, des pesons, des scorie ou encore des moules faits de terre cuite.

Antiquité À l'époque des voies et des ponts gallo-romains

vignette|droite|upright=1.2|alt=Vestiges du pont antique franchissant la Loire : ici au niveau de Fondettes.|Pieux, vestiges du pont antique franchissant la Loire, ici à Fondettes. Une route d'époque antique, une , reliant (actuelle ville du Mans) à (Poitiers), traversait le , à l'extrémité sud-est de Fondettes. Cet itinéraire gallo-romain, d'axe nord-sud, traversait la Loire pour rejoindre le lieu-dit de , également connu sous le nom de Port-Maillé, en contrebas du château de Luynes..

Au niveau méridional du site fondettois, le tracé de cette route se matérialisait par un pont , construit au cours de l'Antiquité, lequel passait probablement au pied de l' de Montboyau... Cet ouvrage d'art gallo-romain, qui aurait possiblement succédé à un autre pont d'époque protohistorique, se révèle être l'une des portions de la route reliant Poitiers au Mans, juste au point de croisement avec la voie antique menant à Angers, laquelle suit le tracé de la Loire. Le pont antique de Fondettes, relativement semblable à celui de Pontoux, dans le département du Doubs, est doté d'une infrastructure de type , ses piles se présentant par assemblage de s composés de pierres non-équarries alternant avec des madriers placés à l'horizontale, le tout consolidé par des pieux verticaux.

Un cartulaire de , afférant au prieuré fondettois de Lavaré, et émis par l'abbaye de Marmoutier, fait état d'un carrefour, entre deux voies d'époque gallo-romaine. L'un de ces itinéraires antiques reliait (actuelle ville de Tours) à (actuelle commune du Mans), et le second l'antique site Tourangeau à (l'ancien site d'Angers).. Ce point de connexion, situé à proximité du bâtiment religieux, après avoir traversé le lieu-dit , y est désigné comme le . Un cartulaire de l'abbaye de Marmoutier mentionne également cet itinéraire antique :

Les habitats et structures domestiques