Les inondations printanières 2017 au Québec sont un événement météorologique de crue exceptionnelle des cours d'eau du sud de la province de Québec, au Canada, due à la fonte des neiges au printemps, à laquelle se sont ajoutés de nombreux épisodes de pluie qui ont donné des cumuls anormalement élevés pour avril et mai.
Les régions les plus touchées étaient l'Outaouais, la région métropolitaine de Montréal, la Montérégie, la Mauricie, la Gaspésie et la Côte-Nord. Cependant, d'autres régions ont eu des débordements plus sporadiques et le bilan final fut de : 261 municipalités touchées, inondées, évacuées et 557 routes touchées. Les coûts furent estimés à plusieurs centaines de millions de dollars canadiens.
Vu l'ampleur du sinistre, les Forces armées canadiennes ont été appelées pour soutenir les autorités locales et les volontaires dans les régions de l'Outaouais, de la Montérégie, de la Mauricie et de Montréal. L'effectif mobilisé d'environ pour cette opération (Lentus 17-03) fut plus grand que dans toutes les autres opérations en cours mondialement pour les Forces armées canadiennes au même moment.
Ces inondations furent classées le troisième événement météorologique le plus marquant au Canada en 2017 par le Service météorologique du Canada...
Évolution météorologique vignette|gauche|Évolution des inondations en rouge du au 8 mai sur la carte du Québec. Au printemps, le ruissellement provenant de la fonte des neiges se retrouve dans les rivières, ce qui cause à chaque année des débordements dans certaines régions. Cependant en 2017, la neige était restée particulièrement longtemps à cause du temps frais et de chutes de neige tardives.. Par exemple, l'importante tempête de neige de la mi-mars avait laissé jusqu'à plus de 70 centimètres d'accumulation le long de la vallée du Saint-Laurent...
La couche de neige était donc très importante quand les températures s'étaient mises à s'élever au-dessus du point de congélation (). En même temps, des précipitations abondantes s'étaient ajoutées en avril et au début . Seulement à Montréal, de pluie étaient tombés en avril, plus du double de la moyenne () selon Environnement Canada, et près du record de établi en 2005. Ces pluies furent laissées par plusieurs dépressions provenant du sud des États-Unis où elles s'étaient gorgées d'eau du golfe du Mexique et de l'Atlantique.
La fonte de la neige et les pluies répétées avaient détrempé les sols, puis le reste s'était écoulé par ruissellement vers les cours d'eau. Suivant la hausse des températures, c'étaient d'abord les régions au sud du Saint-Laurent qui avaient connu des inondations à partir du , comme le bassin de la rivière Chaudière. et de la rivière Saint-François, en particulier à Weedon..
vignette|droite|Graphique thermodynamique montrant le radiosondage de Maniwaki le à UTC d'un nimbostratus s'élevant jusqu'à , un nuage typique des épisodes de pluies. C'est cependant à la fin d'avril et au début de mai que les inondations les plus importantes se sont produites le long de la rivière des Outaouais, le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Montréal, en Mauricie et autour du lac Saint-Pierre. En effet, la fonte des neiges au nord du fleuve et de l'Outaouais, ainsi que les pluies répétées, se sont déversées dans ces cours d'eau.
L'image à droite montre les conditions aérologiques dans la région le à 20:00 locales. L'air était à peu près stable partout et donc un nimbostratus de (niveau ) de hauteur recouvrait à ce moment-là la région, engendrant des pluies soutenues et durables. En outre un voile de cirrus d'épaisseur de l'ordre de recouvrait le nimbostratus à environ d'altitude.
De plus, les pluies sur les Grands Lacs par les mêmes systèmes météorologiques avaient causé un apport supplémentaire. Ainsi, dès le , selon Environnement Canada le lac Ontario eut atteint , soit son plus haut niveau depuis 1993..
Les cartes à gauche montrent la progression entre le et le de la zone inondée telle quelle détectée par satellite. En bleu, les zones en inondations mineures et en rouge celles en débordement majeur. Elles montrent la progression des inondations le long des grands cours d'eau du Québec : la rivière des Outaouais, le fleuve Saint-Laurent, la rivière Saint-Maurice, la rivière Saguenay, etc.
Du 6 au , des pluies abondantes étaient également tombées sur les Maritimes, la Gaspésie et la Côte-Nord ajoutant ces régions aux inondations.. Entre autres, il est tombé à Port-Menier., à Natashquan., à Cap d'Espoir/Percé. et à Longue-Pointe-de-Mingan..
Du temps sec à partir du avait permis de stabiliser le niveau des rivières et lacs puis d'assister à leur baisse. Seule la région du lac Saint-Jean a continué à voir une augmentation du niveau des eaux jusqu'au à cause de la fonte du couvert neigeux plus tardive au nord de cette région. Au , la situation était revenue à la normale selon le ministère québécois de la Sécurité publique. Il restait seulement environ une centaine de maisons inondées dans cinq municipalités du Québec : Saint-Ludger-de-Milot et Sainte-Jeanne-d’Arc, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ainsi que Yamachiche, Louiseville et Maskinongé autour du lac Saint-Pierre..
Déroulement des événements
Les premières inondations eurent lieu dès le début d'avril, donnant des débordements mineurs au sud du fleuve Saint-Laurent, soit en Estrie et en Beauce. Les conditions de fonte se sont déplacées au nord de ce dernier et dans l'est de la province à la fin d'avril, le tout accompagné de fortes pluies au début de mai. Ceci donna des inondations exceptionnelles sur une grande partie du territoire québécois.
Une demande de la part du gouvernement du Québec pour le déploiement des militaires canadiens eut lieu le ... C'est dans le cadre de l'opération Lentus 17-03, un plan d'urgence des Forces armées canadiennes pour apporter de l'assistance aux autorités civiles provinciales et locales, que les militaires avaient été déployés.. L'état d'urgence fut décrété dans plusieurs municipalités, dont Montréal et Laval le ..
Le , il y avait déjà inondées, évacuées, 146 municipalités touchées, 427 routes affectées par les inondations et les écoles furent fermées dans les régions touchées. La Gaspésie s'est ajoutée aux zones sinistrées ce jour-là.. Deux personnes, un homme et un enfant, furent portées disparues à Sainte-Anne-des-Monts, leur voiture eut été emportée par les eaux de la rivière Sainte-Anne le .. Les victimes seront retrouvées mortes par la suite.
Au , près de étaient inondées dans la province de Québec, près de avaient dû être évacuées dans 129 municipalités, selon le bilan d'Urgence Québec.. À la fin mai, les eaux s'étant retirées, le bilan final fut de. : 261 municipalités touchées, inondées, évacuées et 557 routes touchées.
Premières inondations
Au début d'avril, la hausse des températures avait entraîné une fonte des neiges dans les Appalaches ce qui fit gonfler la rivière Chaudière. Le , la route 276 reliant Saint-Joseph-de-Beauce à Saint-Joseph-des-Érables avait momentanément été fermée à la circulation. Dans plusieurs municipalités le long de la rivière, le seuil de surveillance fut atteint et des inondations mineures furent signalées par la suite.
En Estrie, le , plusieurs municipalités étaient touchées par la crue. Des résidences, des rues et des routes étaient affectées dans une dizaine de municipalités dont Danville, Lingwick, Saint-Ludger et Ayer's Cliff. Les zones les plus touchées furent celles d'Asbestos et de Weedon où 30 demeures furent évacuées dans chacune des municipalités..
Mauricie vignette|Parc Antoine-Gauthier à Trois-Rivières. Le , les cours d'eau de la Mauricie, dont la rivière Saint-Maurice, ont commencé à sortir de leur lit créant d'importantes inondations.. À certains endroits, la rivière avait commencé à envahir la chaussée de la route 155, le seul lien qui unit La Tuque et Trois-Rivières. La crue a aussi lourdement endommagé la route 25 entre La Tuque et Wemotaci, une communauté atikamekw, l'accumulation d'eau affaissant une partie de la route. À La Croche, la situation inquiétait les résidents du secteur durement touché en par le déluge du Saguenay.
Le , la circulation sur la route 155 fut limitée aux véhicules lourds durant une bonne partie de la journée par le ministère des Transports du Québec près de La Tuque.. Cette fermeture partielle, due au fait que cette portion de route était recouverte d'environ 12 centimètres d'eau venant de la rivière Saint-Maurice, fut levée grâce au rehaussement de la chaussée de 25 à 30 centimètres avec quelque 500 tonnes de gravier. Durant la fermeture, la seule façon d'aller entre les deux villes par automobile était de passer par le lac Saint-Jean, puis la réserve faunique des Laurentides vers Québec et enfin l'autoroute 40, soit un triplement du temps et de la distance.
Outaouais vignette|Zones inondées en rouge dans la vallée de la rivière Outaouais et la Montérégie le 8 mai 2017. Le , les municipalités de Pontiac et de Saint-André-Avellin décrétèrent l'état d'urgence. Dans le premier cas, la rivière des Outaouais avait inondé une vingtaine de résidences et plusieurs rues alors que, dans le second cas, c'est la rivière de la Petite Nation qui submergeait des voies de circulation. Des résidences étaient aussi isolées ou inondées dans les municipalités de Ripon, Cayamant, Duhamel, Gracefield, Montpellier et Waltham.. La ville de Gatineau était aussi menacée avec certaines rues inondées.
L'autoroute 50 fut envahie par les eaux à Gatineau le , après de pluie supplémentaire en deux jours., mais des travaux d’urgence avaient permis de surélever l’infrastructure et de rouvrir deux voies sur trois le .. La fermeture de cet axe routier important et les inondations dans toute la ville ont amené les gouvernements du Canada et du Québec à fermer leurs bureaux de Gatineau et à donner congé aux fonctionnaires qui y vivent, ou y transitent, afin d'éviter le chaos.. Plusieurs en avaient profité pour aller aider les sinistrés.
La hauteur maximale du niveau des eaux fut atteinte le dans la plupart des endroits le long de la rivière des Outaouais, entre Mattawa et la région de Hawkesbury-Grenville. Le niveau de la rivière des Outaouais à Gatineau atteignait le , une baisse de par rapport à la veille. Le nombre de résidences évacuées par le Service de sécurité incendie de Gatineau s'élevait à 533. La Croix-Rouge avait quant à elle pris en charge près de à ce moment-là et depuis le , plus de de sable avaient été distribués pour faire des digues afin de contenir l'avancée des eaux.. Plus de 900 employés municipaux se relayaient jour et nuit depuis le pour venir en aide aux sinistrés et un certain nombre de militaires sont venus leur donner de l'aide.
Du côté ontarien, le nombre de propriétés affectées par les inondations printanières à Ottawa était de 346 le , selon le maire Jim Watson.. Plus de 90 % des résidences touchées se trouvaient dans le quartier West Carleton-March, dans l'ouest de la capitale nationale. Plus de s'étaient inscrits comme bénévoles sur le site web de la municipalité pour venir en aide à la municipalité et aux sinistrés.
Au , seule la ville de Gatineau était encore l'hôte des Forces Armées. Les soldats terminèrent l'enlèvement des digues temporaires avec un grand nombre de volontaires au cours de la longue fin de semaine suivante (Journée nationale des patriotes.). Les autres villes et municipalités étaient toutes en mode nettoyage. Dans la région de la capitale nationale canadienne, des travaux de réfection d'infrastructures jugés moins urgents furent remis à plus tard à Gatineau afin de prioriser la remise en état de certains sites stratégiques pour le anniversaire de la Confédération canadienne..
Montérégie vignette|Parc Maison Valois à Vaudreuil-Dorion.