Le domaine national de Saint-Cloud, plus communément appelé parc de Saint-Cloud, est un parc situé sur les territoires des communes de Saint-Cloud (majoritairement), de Marnes-la-Coquette, de Sèvres et de Ville-d'Avray dans le département des Hauts-de-Seine, près de Paris.
Avec ses , le parc de Saint-Cloud, site naturel protégé depuis 1923, a obtenu en 2005 le label Jardin remarquable. Le domaine a été classé à l'inventaire des monuments historiques dès 1900. Le domaine est inscrit sur la liste des domaines nationaux par décret du .
La tempête de décembre 1999 a fortement endommagé la forêt, dont la restauration continue.
Le parc abrite le pavillon de Breteuil, lieu de conservation du mètre-étalon de 1889.
Localisation Le domaine national de Saint-Cloud est situé au sud de la commune, à l'ouest du bras de la Seine, principalement sur le territoire de la commune de Saint-Cloud et secondairement sur les territoires des communes de Marnes-la-Coquette, de Sèvres et de Ville-d'Avray.
Le domaine appartient à l’État. Il comprend le pré Saint-Jean, vaste ensemble sportif géré par le conseil départemental des Hauts-de-Seine. C'est dans le Pré Saint-Jean que chaque année en septembre est organisé le Famillathlon dans le cadre du week-end Rendez-vous « Sport, Santé Bien-être ».
Historique
La genèse du domaine, de la fin du La naissance du domaine vignette|227x227px|Portrait de Catherine de Médicis.|alt=|gauche L'histoire du Domaine national de Saint-Cloud commence à la fin du et plus précisément en 1577 lorsque la Reine mère, Catherine de Médicis, fait l'acquisition de l'hôtel d'Aulnay. Petit domaine de 13 arpents (environ ), ce dernier est traversé par le ru de Vaulichard (ruisseau) et comporte une source d'eau potable. C'est pour cette source que Catherine de Médicis achète la propriété, avec le projet à terme de conduire la précieuse eau jusqu'au palais des Tuileries. Elle en fait don la même année à l'un de ses fidèles écuyer, Jérôme de Gondi, issu tout comme elle, d'une grande famille de Florence en Italie. Il est le premier introducteur des ambassadeurs à la cour du roi, tout comme son fils, Jean-Baptiste II de Gondi, qui hérite du domaine à sa mort.
L'assassinat du roi Henri III vignette|Assassinat du roi Henri III par Jacques Clément.|alt= Installé à Saint-Cloud dans l'attente du siège de Paris, ce 1589, vers huit heures du matin, Henri accueille sur sa chaise percéeFêtes et Crimes à la Renaissance : La Cour d’. Exposition présentée par Pierre-Gilles Girault, mise en ligne le 18 juillet 2010.. le procureur général accompagné d’un moine dominicain ligueur, Jacques Clément, qui se dit porteur de nouvelles en provenance du Louvre. Devant l'insistance du religieux à vouloir parler en privé avec le souverain, Roger de Bellegarde, premier gentilhomme de la Chambre, laisse le moine s'approcher du roi. Selon les versions des chroniqueurs de l'époque, le roi reste sur sa chaise percée ou se lève pour s'entretenir dans l'embrasure d'une fenêtreNotice de la ville et du château de St.-Germain-en-Laye.. Jacques Clément en profite pour frapper le roi au bas ventre avec le couteau qu'il tient dissimulé sous son habit. Henri s'exclame : « Ah, mon Dieu ! », puis arrache le couteau de son intestin perforé et frappe son assaillant au visage en s'écriant : « Méchant, tu m'as tué ! »..
Au bruit, les gardes du roi, les fameux Quarante-cinq, accourent, transpercent le moine de leurs épées et le jettent par la fenêtre. Dans un premier temps, les médecins minimisent la gravité de la blessure, remettent les intestins en place et recousent la plaie. Henri parvient à dicter des lettres aux villes qui lui obéissent afin de couper court aux rumeurs. À sa femme restée à Chenonceau, il affirme même que dans quelques jours, il pourra monter de nouveau à cheval. Toutefois, à l'occasion d'une visite de son cousin Henri de Navarre, le roi de France aurait harangué ses serviteurs de respecter les règles de passation de pouvoir en reconnaissant le roi de Navarre comme son successeur légitime, ..
Cependant, le soir venu, la péritonite progresse et ses souffrances augmentent. Après une douloureuse agonie, il meurt le vers 3 heures du matin. Henri de Navarre lui succède sous le nom d'Henri .
Henri est le dernier souverain de la Maison capétienne de Valois, laquelle a régné sur la France de 1328 à 1589.
Des Gondi à l'intendant des finances au début du La résidence du premier archevêque de Paris Touché par une crise financière, les Gondi, grande famille de banquiers, touchent de près à la faillite. Jean-Baptiste II est ainsi contraint de vendre une partie de ses biens immobiliers dont sa résidence de Saint-Cloud. Il cède la propriété à son beau-frère, Jean VII de Bueil, comte de Sancerre, grand échanson de France et chevalier des ordres du Roi. En 1625, la propriété revient dans le giron de la famille de Gondi par le biais de Jean-François de Gondi, l'un des fils du duc de Retz. Il est alors depuis 1623 le premier archevêque de Paris. Il fait de sa résidence de Saint-Cloud un lieu de réception de prestige aux portes de la capitale, en aménageant la maison et les jardins avec faste dans un style Renaissance italienne. vignette|354x354px|Maison et jardins de Jean-François de Gondi, premier archevêque de Paris.
La propriété d'un intendant aux finances du roi À la mort de l'archevêque Jean-François de Gondi, la propriété est vendue à Barthélemy Hervart, banquier huguenot d'origine allemande. Ce dernier devient intendant aux finances de Louis XIV en 1650. À la manière du précédent propriétaire, il fait agrandir le domaine et moderniser la maison. Il s'emploie à amener les eaux de Garches et Vaucresson pour améliorer le réseau hydraulique du domaine. Le domaine ainsi aménagé ne tarde pas à susciter les convoitises, entre autres celle du Roi, qui le est reçu lors d'une fête somptueuse organisée par son intendant aux finances. Accompagné de sa mère Anne d'Autriche, de son frère unique Philippe et de son Premier ministre Mazarin, le Roi tombe sous le charme de la demeure. Quelques jours plus tard, sous la pression de Mazarin, Barthélemy Hervart vend son domaine au Roi, qui l'offre à son tour à son frère.
La résidence princière de Monsieur jusqu'au début du Philippe d'Orléans s'installe à Saint-Cloud Le , Philippe, alors duc d'Anjou et futur duc d'Orléans, prend possession du domaine. Plus communément appelé Monsieur, Philippe fait de Saint-Cloud sa résidence principale au sein de la constellation versaillaise. Monsieur lance simultanément une grande campagne d'acquisition de terrains autour de sa demeure. À l'époque des Gondi, le domaine qui fait à peine , passe à plus de à la fin de sa vie. Il confie l'aménagement des jardins au Jardinier du Roi, André Le Nôtre, virtuose du jardin à la française. Pour sa demeure, il fait appel à l'architecte Antoine Le Pautre et à l'entrepreneur en bâtiment Jean Girard pour l'édification d'un château, construit sur un plan en U à partir de l'ancienne demeure des Gondi et de Barthélémy Hervart. Le château est décoré de marbre, de stuc doré, de tapisseries, de glaces et de mobilier et d'objets rares. Pour ce qui est des peintures, il fait appel aux plus grands peintres de son temps : Jean Nocret, Antoine Coypel... ou encore Pierre Mignard pour les plafonds de la Galerie d'Apollon. Il fait bâtir simultanément la Grande Cascade afin d'impressionner ses visiteurs. Les façades du château et la Grande Cascade sont par ailleurs remaniés par Jules Hardouin-Mansart, surintendant des bâtiments du Roi. vignette|Portrait de Philippe d'Orléans, dit Monsieur.|alt=|gauche vignette|257x257px|La mort d'Henriette d'Angleterre à Saint-Cloud.
Mort d'Henriette d'Angleterre, dite Madame Le , Henriette d'Angleterre succombe à une péritonite aigüe dans sa chambre du château de Saint-Cloud. Cousine germaine de Monsieur, qu'elle a épousé 9 ans plus tôt au Palais Royal. Ils ont ensemble 3 enfants malgré leur mésentente régulière au sujet des favoris de Monsieur, qui ne cache guère à Madame son attirance pour la gent masculine en public. La mort de Madame reste suspecte un temps, avec des rumeurs d'empoisonnement orchestré par Philippe de Lorraine, un des favoris de Monsieur. Ses funérailles sont grandioses à la demande du Roi qui l'affectionnait tout particulièrement et sont immortalisées dans l'oraison funèbre de Bossuet : .
Le second mariage de Monsieur avec Madame « La Palatine » Monsieur ayant perdu son premier fils héritier, les convenances le poussent à se remarier rapidement après son veuvage. Il épouse en secondes noces Élisabeth-Charlotte de Bavière, appelée plus communément « La Palatine » en raison de la fonction d'électeur palatin de son père. A contrario d'Henriette d'Angleterre qui bénéficiait d'une beauté naturelle, « La Palatine » a des traits masculins qui détonent auprès de son époux efféminé. Malgré cela, la nouvelle Madame remplit son rôle en donnant l'héritier espéré à la lignée des Orléans avec la naissance, le , de Philippe, duc de Chartres et futur Régent du royaume de France.
La mort de Monsieur Le , Philippe d'Orléans est en visite auprès de son frère Louis XIV au château de Marly. Lors du dîner (actuel déjeuner), les deux frères se disputent violemment au sujet du mariage arrangé du duc de Chartres, fils de Philippe, avec Mademoiselle de Blois, "bâtarde" légitimée du Roi. Pris d'un malaise, Monsieur rentre à Saint-Cloud pour souper, quand il est victime d'une crise d'apoplexie. Apprenant la nouvelle, le Roi se précipite au chevet de son frère malheureusement déjà dans le coma, et se retire dans la soirée sans avoir pu lui parler. Monsieur meurt dans la matinée du . Le Roi en est très affecté et "pleura beaucoup", selon les témoignages de l'époque. Comme le veut l'usage, Monsieur est inhumé au sein de la nécropole royale de la Basilique Saint-Denis. Son fils Philippe, nouveau duc d'Orléans, lui succède, et à la mort de son oncle le Roi en 1715 deviendra le Régent du royaume dans l'attente de la majorité du jeune Louis XV.
Un domaine à l'épreuve de l'Histoire au cours du
Mort de La Palatine 21 ans après Monsieur, Madame s'éteint à son tour au château de Saint-Cloud, son fils à ses côtés. La Palatine reste gravée dans les mémoires pour son abondante correspondance (environ lettres) au sein de laquelle elle n'hésite pas à vilipender ceux qu'elle déteste à la Cour, telle Madame de Maintenon, favorite et épouse secrète du Roi qu'elle ose appeler . Son fils la suivra de près, car comme son père il succombe à une crise d'apoplexie un an plus tard à Versailles, le , à l'âge de 49 ans.
Un domaine transmis de père en fils À la mort du Régent en 1723, c'est à son fils Louis d'Orléans, qui lui succède, que revient le domaine. Son passage n'est que de courte durée, car après son mariage au château le avec la Princesse Auguste-Marie Jeanne de Bade-Bade, cette dernière meurt prématurément deux ans plus tard. Le nouveau duc d'Orléans ne se remet pas de sa disparition et quitte Saint-Cloud pour l'abbaye Sainte-Geneviève où il termine sa vie reclus dans la piété. Malgré son départ, le duc fait entretenir le château de ses aïeuls et même restaurer la Grande Cascade alors endommagée par le temps. Un an après le mariage de son fils Louis-Philippe, dit le Gros, il lui cède le domaine en 1744. Son fils, de son côté, entreprendra peu de travaux sur le château, hormis la construction d'une salle de théâtre à l'extrémité ouest de l'Orangerie. En revanche, porté par un renouveau des jardins à la française au milieu du siècle, il fait réaménager le Petit-Parc et la perspective Sud du domaine par l'architecte paysagiste Pierre Contant d'Ivry. vignette|305x305px|Vol en ballon des frères Robert à Saint-Cloud.|alt=|gauche
Le vol en ballon