Vincent Niemojowski (ou Niemoiowski), en , né le à Słupia et mort en à Moscou, est un traducteur, critique littéraire et homme politiqueTome quatrième - du Polonais, journal des Intérêts de Pologne., polonais, participant actif à l'insurrection de 1830-1831 du royaume de Pologne contre le tsar Nicolas I.

Il est le frère aîné d'un autre grand patriote polonais, Bonaventure Niemojowski (1787-1835).

Biographie

Origines familiales et formation Fils de Félix Niemojowski et d'Anielia, née Walkowska, il est issu d'une famille noble (blason Wierusz) de Grande-Pologne.

Il est encore enfant lorsque, après le troisième partage de la Pologne (1795), cette région est annexée par la Prusse.

Il fait ses études secondaires au collège des Piaristes de Varsovie (Collegium nobilium), puis fréquente les universités allemandes de Halle et d' Erlangen.

Leader de l'opposition dans le royaume de Pologne (1818-1830) En 1807, Napoléon a créé le duché de VarsovieAprès ses victoires sur la Prusse en 1806 et la Russie en 1807, lors des traités de Tilsit (juillet 1807). Le territoire du duché est établi sur les annexions prussiennes de 1793 et 1795. dont fait partie la Grande-Pologne. En 1815, le congrès de Vienne a fait du duché le royaume de Pologne, attribué au tsar Alexandre I et à ses successeurs. En , Alexandre a donné au royaume une constitution relativement libérale.

. Mais Niemojowski préfère se retirer des affaires et consacrer ses loisirs à l'étude de l'économie politique, à la littérature et à la poésie. Il s'intéresse aussi aux activités agronomiques d'un autre propriétaire foncier de Grande-Pologne, Aloïs Biernacki.

En 1818, il est élu député de Kalisz à la Diète, réunie cette année-là pour la première fois depuis l'entrée en vigueur de la constitutionLa Diète (Sejm) est formée du Sénat (Senat), dont les membres sont choisis par le roi parmi les dignitaires du royaume et de la Chambre des députés (ou nonces) élus (Izba Poselska). La Diète aurait dû être convoquée tous les 2 ans, mais il n'y a eu que 4 convocations avant l'insurrection : 1818, 1820, 1825 et 1830 ; les sessions ordinaires étaient assez courtes.. Il s'affirme progressivement comme le chef de l'« opposition légale » au gouvernement en place, dont la personnalité dominante est le ministre des Finances, le prince Drucki-Lubecki. Son opposition est fondée sur l'exigence du respect des lois du royaume, notamment la constitution et le Code Napoléon hérité du duché de VarsovieLe « Code Napoléon du duché de Varsovie », entré en vigueur en mai 1808, est repris dans le royaume sous le nom de « Code civil du royaume de Pologne » (Kodeks cywilny Krolestwa Polskiego)..

En 1820, son frère Bonaventure est lui aussi élu député. Les frères Niemojowski apparaissent comme les leaders d'un courant libéral et patriote, appelé « groupe de KaliszPages polonaise et anglaise Kaliszanie. », qui perdure pendant toute la décennie 1820. En font aussi partie les frères Morawski (Théodore et Théophile) et Biernacki, qui en 1820 est seulement membre du conseil de la voïvodie de Kalisz.

L'influence de Vincent Niemojowski inquiète tant le pouvoir que le .

, Niemojowski est arrêté et reconduit sur ses terres, où il est assigné à résidence. Sa maison est dès lors surveillée par des gendarmes. Lorsque peu après, à la mort d'Alexandre (), le grand duc Constantin transmet à Niemojowski la grâce du nouveau tsar, Nicolas I, à condition qu'il renie ses opinions politiques, Niemojowski refuse, disant qu'il préfère la captivité à l'humiliation.

Il recouvre la liberté cinq ans plus tard, lorsqu'éclate la insurrection du 29 novembre.

L'insurrection (29 novembre 1830-septembre 1831)

Il s'empresse de rejoindre Varsovie, où le est mis en place un gouvernement provisoire, puis où le , la Diète confie les pleins pouvoirs au général Chlopicki.

En , après la démission de Chlopicki (le 18), la Diète vote la destitution de Nicolas I comme roi de Pologne (le 25) et établit le gouvernement national présidé par Adam Czartoryski : Vincent Niemojowski est alors choisi comme responsable du département de l'Administration et de la Police, son frère lui étant subordonné comme ministre de l'Intérieur.

Le gouvernement Czartoryski dure jusqu'au , époque où l'armée russe du général Ivan Paskevitch arrive aux abords ouest de Varsovie : le , le commandant en chef, le général Skrzynecki, a été révoqué par la Diète et, les 14 et ont eu lieu des journées d'émeutes à Varsovie, au cours desquelles des prisonniers suspects de trahison ont été tués au Château royal de Varsovie. Le général Krukowiecki, désigné comme successeur de Czartoryski, propose à Niemojowski la vice-présidence du gouvernement, mais épuisé, celui-ci refuse.

Après la prise de Varsovie par l'armée russe (), il quitte la ville avec les troupes commandées par le général Rybinski et un grand nombre d'hommes politiques envisageant de continuer la guerre, notamment son frère Bonaventure qui va être choisi pour être le nouveau chef du gouvernement national, refusant la capitulation que Krukowiecki, resté à Varsovie, a acceptée le .

Le prisonnier (1831-1834) Sa santé allant en faiblissant, Niemojowski suit les conseils de ses amis qui lui conseillent de se faire opérer à l'étranger. Mais il est arrêté par des cosaques non loin de la frontière prussienne, à Rypin, emprisonné près de Niezawa, puis dans le faubourg de Praga, enfin dans la prison d'État des Carmes, à Varsovie.

En prison, il apprend avec douleur que son neveu Edouard Niemojowski, membre de la députation nationale à Saint-Pétersbourg, a renié l'insurrection devant le tsar.

Il est condamné à mort par un arrêt de la commission militaire du . Il informe le prince Adam Czartoryski de son sort dans une lettre clandestine, écrite en français : « Tranquille avec ma conscience, j'attends avec résignation la fin de mes maux, quelle qu'elle soit. ».

Nicolas I commue la peine de mort en travaux forcés. Mais, sur le chemin vers la Sibérie, Niemojowski meurt à Moscou au mois de . Les journaux inféodés au pouvoir affirment qu'avant de mourir, il aurait exprimé un profond repentir.

Son frère, réfugié en France et condamné à mort par contumace, meurt quelques mois plus tard, en .

Œuvres De ses écrits, il ne reste qu'une partie de ses discours parlementaires, réunis dans un ouvrage intitulé Théorie du gouvernement représentatif, fondé sur les idées de Benjamin Constant.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Charles Forster, L'Univers : histoire et description de tous les peuples, 1840

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