Gallardon est une ville fortifiée au . Elle est entourée de murs d'enceinte qui s'ouvrent sur cinq portes : les portes Mouton, Notre-Dame de la Fontaine, de Chartres, de la Herse et Bretonnière. Un château fort et son donjon dominent la citéLa tour de l'Épaule, donjon féodal du demeure le témoin de la place forte médiévale. ..
Dans les années 1775, les portes sont démolies : leur matériau sert à l'empierrement des chaussées pour faciliter l'accès à la ville. Seule la porte Mouton subsiste jusqu'en 1848, date à laquelle elle est à son tour démolie à la suite d'une violente polémique qui aura duré six ans.
Seigneurs
Il est difficile de savoir à quel titre exact interviennent du au à Gallardon des membres de la puissante famille Le RicheDives en latin ; aussi appelée la famille des Aubert ou des vu la forte occurrence de ce nom parmi cette dynastie prolifique et diffuse. : notables possessionnés, propriétaires, chevaliers, châtelains ou seigneurs. Par convention, retient seigneurs pour ces dominants de Gallardon. Les autres noms sont de leur parentèle. Dans le détail, leur généalogie n'est qu'imparfaitement connue, et quelque peu confuse et incertaine.
Deux essais de reconstitution généalogique sont proposés, du jusqu'à Hervé au , période où les divergences d'interprétation sont les plus fortes.
Généalogie traditionnelle
Le système traditionnel reconnaît la domination et l'importance des Le Riche dans la région qui s'étend de Paris à l'est de la Normandie (évêché d'Évreux pour la zone entre l'Avre, l'Iton et l'Eure), notamment sur les départements actuels de l'Eure orientale, l'Eure-et-Loir, les Yvelines, mais sans s'autoriser à interpréter les liens familiaux non explicités par les sources médiévales. Il n'est pas non plus affirmé que les Le Riche sont les dominants initiaux de Gallardon et de Thimert. Ce système prudent est repris par les historiens Lucien Merlet (1860/1865) et Pierre BauduinLa première Normandie, -2004. ou Jean Mesqui, et en partie aux articles Wiki : seigneurs de Châteauneuf (sauf pour la possession initiale de Thimert).
Aubert/Albert ou II Le Riche (le père ou le fils) seraient plus certainement les maîtres des deux rives de l'Avre et du secteur Avre-Eure que de Thimert et Gallardon.
De Geoffroy de Châteaudun à Albert/Aubert (III) de Gallardon Il est plutôt considéré que le premier vrai seigneur de Gallardon est Geoffroy Ier du Perche, vicomte de Châteaudun et comte du Perche, fondateur du château de Gallardon aux alentours de l'an 1000 contre l'évêque de Chartres Fulbert en 1006-1028 et contre l'autorité royale de Robert le Pieux, qui le lui fera payer en détruisant sa forteresseLa destruction n'est pas commise par Geoffroy sur un château d'Aubert/Albert ou II Le Riche, mais comme la sanction royale exercée contre un grand féodal indiscipliné, qui d'ailleurs n'hésite pas à reconstruire son château après les années 1020..
Vers 1028, le vicomte Geoffroy confie le château à – semble-t-il – un certain Aubert ou Albert (III) Le Riche, d'origine peu assurée (désormais appelé Albert de Gallardon ; encore châtelain plutôt que seigneur ?). Sa parenté avec Aubert Le Riche, le fils de ce dernier, Aubert II abbé de Micy, ou encore Albert Ribaud de Brezolles (Aubert Fils Ribaud, fils de Ribald/Ribaud de Dreux et de Brezolles et d'Hildeburge/Haubour Le Riche, et neveu maternel d'Aubert II) reste floue : peut-être un vague arrière-cousin ou arrière-neveu.
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Si c'est leur fils, il faut l'assimiler à Aubert/Albert (Fils) Ribaud de Brezolles, fils d'Hildeburge Le Riche et de Ribaud/Ribald de Dreux : or Albert Fils Ribaud est mentionné jusqu'en 1052/1053 au moins, et on ne lui connaît pas de postérité, notamment mâle ; son héritage passera à son beau-frère Gaston/Guazon de Thimert (dont on ne peut d'ailleurs affirmer que son fief de Thimert lui vienne de son mariage avec Frodeline de Brezolles-Le Riche, la sœur d'Albert Ribaud ; plutôt son bien propre en fait, ce qui d'ailleurs n'exclut pas une origine Le Riche car Gaston, chevalier chartrain, pouvait auss être issu de cette Maison ou du moins s'y rattacher par quelque lien). Alors qu'Aubert III, lui, n'est plus cité après 1037, et qu'il possède une postérité : il est le grand-père – ou le père ? – d'Hervé Ier de Gallardon, donc la souche des sires de Gallardon après Geoffroy II de Châteaudun.
D'Albert/Aubert (III) de Gallardon à Hervé Il existe deux incertitudes sur la succession d'Albert de Gallardon : son successeur est-il directement Hervé Le Riche (fils d'Herbert Le Riche), ou bien Herbert a-t-il déjà été sire ou châtelain de Gallardon avant son fils Hervé ? Surtout : quel est le lien entre Herbert et Aubert (III) ?
D'après un acte (tardif : deux siècles plus tard !) de 1207, Hervé de Gallardon est donné comme le fils d'Aubert/Albert (III) de Gallardon ; mais Hervé est généralement présenté le fils d'Herbert Le Riche. Peut-on aller jusqu'à imaginer qu'Herbert pourrait être Aubert (III)Aubert est appelé parfois « Hébert de Paris » : Aubert, Albert ; Hébert, Herbert, ces noms peuvent prêter à confusion... ?
Le scénario le plus commun nous dit qu'Aubert III, gendre (ou pas) de Ribald de Dreux et Hildeburge Le Riche, se voit confier le château de Gallardon par le vicomte Geoffroy puis le cède lui-même à un cousin, Herbert , devenu de plus son gendre en épousant sa fille Hildeburge II.
Pour l'archiviste Lucien Merlet, le fondateur de la seigneurie de Gallardon est bien le vicomte Geoffroy, et lui succèdent, peut-être Herbert, en tout cas Hervé . Herbert () Le Riche, s'il est reconnu comme la souche des futurs seigneurs en tant que père d'Hervé , n'est qu'un chevalier membre de la familia du château de Gallardon, au mieux un châtelain : il joue en quelque sorte le rôle d'Aubert (III) que Merlet ne cite pas ; et donc se confondrait avec lui ? Dans ce cas, et si Adelaisa est bien la femme, et non la sœur, d'Albert (Fils) Ribaud, on pourrait aller jusqu'à faire l'hypothèse qu'Hildeburge II soit la fille, méconnue, d'Albert Ribaud et d'Adelaisa, et qu'elle épouse Albert (III)/Herbert (). Mais tout cela est bien incertain...
Généalogie alternative
Un système généalogique rénové a été proposé par l'historien Joseph DepoinJoseph Depoin (1855-1924 ; secrétaire général de la Société historique du Vexin, éditeur notamment des cartulaires des abbayes St-Martin des Champs à Paris, St-Martin de Pontoise, et Notre-Dame la Royale de Maubuisson ; cf. les références 1, 2, 3 et 4), puis actualisé par le Centre chartrain (Ariadne.org) et le site Racines & Histoire.. Ce schéma, adopté pour la famille Le Riche, vise à reconstituer, à rationaliser, à rendre plus cohérente et lisible la généalogie des Le Riche, grâce à des interprétations, des hypothèses, des intuitions séduisantes, fondues en une synthèse audacieuse mais jugée quelque peu spéculative par ses détracteursDe manière générale, la généalogie historique a été renouvelée par l'échafaudage d'hypothèses et reconstructions, fondées sur : l'onomastique (les mêmes prénoms se retrouvent et circulent de génération en génération); la possession et la transmission de droits, domaines, fiefs, charges publiques ou ecclésiastiques ; le recoupement des témoins à des actes féodaux ou à des fondations religieuses. En l'occurrence, Ansoud et II, Aubert/Albert et II, Ribaud et Gaston/Guazon/Gasce de Dreux, Albert Ribaud, Hildeburge et II, Frodeline, Adelaïsa, le chevalier/miles Herbert (Ier)… ont une existence avérée, ils apparaissent dans des actes et semblent bien appartenir à la familia des châteaux de Dreux ou de Gallardon, aux . Mais une familia castrale et féodale ne signifie pas forcément une parenté par le sang : c'est un milieu, un entourage, un groupe humain, des solidarités, gravitant autour d'un seigneur et d'un château. En fait on est loin de connaître toujours précisément les liens de parenté, s'ils existent, unissant les personnages qu'on vient de citer : d'où d'ailleurs l'imbroglio, l'écheveau de la famille Le Riche, si difficile à démêler. Ainsi, le système généalogique rénové veut établir une parenté directe de grand-mère à petite-fille entre les deux Hildeburge, et même une troisième, la bienheureuse ou vénérable Hildeburge, fille d'Hervé , qu'on verra apparaître dans la suite de l'article : mais on aurait pu imaginer une parenté indirecte (avunculaire : de tante à nièce ; ou un cousinage), à défaut d'accepter une simple coïncidence. Pour expliquer par une étroite parenté les intérêts enchevêtrés des Gallardon et des Thimert-Châteauneuf-Brezolles à Gallardon ou en Thymerais, Joseph Depoin a imaginé qu'Albert Ribaud, mari d'Adelaisa, et Aubert III ne faisaient qu'un, alias le père d'Hervé ; alors pourtant que la chronologie fonctionne mal et que les sources ne citent pas de descendance mâle à Albert Ribaud. Alors, on a fait d'Adelaïsa non pas la bru mais la fille de Ribald de Dreux et Hildeburge , et la femme d'Aubert III, dont l'origine d'ailleurs reste non éclaircie alors qu'il porte un nom typiquement Le Riche. Enfin le miles Herbert intègre une place de choix dans la généalogie – héritier des Ansoud et souche des seigneurs Le Riche de Gallardon en tant que père d'Hervé – alors que son origine est en fait méconnue, peut-être un simple membre de la familia…. Ce système a en tout cas le grand mérite d'expliquer, par une parenté initiale étroite, pourquoi les Thimert-Châteauneuf-en-Thymerais-Brezolles sont titulaires de droits avérés sur Gallardon, et réciproquement pour les Le Riche de Gallardon à Thimert : propriétés, fiefs secondaires, participation à des actes juridiques et à des fondations…
Ainsi, dans la moitié du , les Le Riche se diviseraient notamment en deux grandes branches issues de deux frères, Ansoud , et : Aubert/Albert .
Aubert a un fils, Aubert II, et une fille, Hildeburge/Haubour , présentée comme la dame de Gallardon et de Thimert, et la femme de Ribald/Ribaud de Dreux et de Brezolles : d'une part leur fille Frodeline transmettrait Thimert à son époux Gaston/Guazon/Gasce puis à leurs descendants les seigneurs de Châteauneuf-en-Thymerais ; d'autre part leur fils ou gendre Albert III (si c'est leur fils, c'est sans doute Albert Ribaud mari d'Adelaisa ; si c'est leur gendre, son origine reste floue, certains l'appellent aussi Hébert de Paris, et il serait le mari de leur fille Adélaïse/Adelaisa/Adèle, l'héritière des droits sur Gallardon) récupère Gallardon en 1028 du vicomte Geoffroy, puis le cède à son gendre Herbert : car Hildeburge II fille d'Albert III et d'Adelaisa a épousé son cousin Herbert Le RicheHerbert de l'autre branche des Le Riche : fils d'Ansoud II, lui-même fils d'Ansoud .. Ainsi Gallardon se transmet dans cette branche, avec le fils d'Herbert et Hildeburge II, Hervé .