Coiffy-le-Haut est une commune française située dans le département de la Haute-Marne, en région Grand Est.
Ancienne place forte du domaine royal français, cette commune viticole dépend de la région naturelle d'Apance-Amance, à l'extrême sud-est de la région.
Le territoire de Coiffy bénéficie d'un milieu naturel préservé, avec en particulier la plus vaste tourbière alcaline du département de la Haute-Marne et une prairie gérée par le Conservatoire du patrimoine naturel de Champagne-Ardenne.
L'histoire humaine de Coiffy-le-Haut se confond avec celle plus ancienne de Coiffy-le-Bas.
Géographie Localisation centré|vignette|465x465px|Vue générale. La commune de Coiffy-le-Haut dépend du canton de Bourbonne-les-Bains, station hydrothermale attestée dès la Gaule-préromaine dont elle jouxte le sud-ouest. Ce canton, le plus oriental de la région Champagne-Ardenne, relève de l'arrondissement de Langres constituant la partie méridionale du département de la Haute-Marne.
Communes limitrophes
Géologie et relief Le territoire de Coiffy est établi à la marge occidentale d'un plateau fortement disséqué situé entre le bassin de l'Apance au nord et celui de l'Amance au sud. La Meuse prend sa source sur le versant nord de ce plateau très boisé avec notamment le massif forestier de Vicq-Laneuvelle-Damrémont au nord et celui de Voisey-Anrosey-Chézeaux au sud.
Le village de Coiffy-le-Haut s'aligne sur un éperon s'engageant vers le sud-ouest entre deux vallons, en tête de la vallée de la Maljoie adjacente à celle de la Petite-Amance. D'une dénivelée d'une centaine de mètres à forte déclivité, il domine vers le nord-ouest le val du Dessus-des-prés avec les villages de Coiffy-le-Bas à environ 2 km et Laneuvelle au-delà. En contrebas sont blottis les hameaux des Granges-du-Val dans le vallon de la Verne au sud et des Granges-Huguet dans celui des Gorgeottes à l'ouest. Ce second vallon, au-delà duquel s'élève la butte du Jeune-Chênoi, forme un ressaut d'une trentaine de mètres de dénivelée entre la vallée de la Maljoie et le val du Dessus-des-prés.
Géomorphologie redresse=1.5|vignette|Relief de côtes. La géomorphologie du territoire de Coiffy-le-Haut est représentative de celle de l'Apance-Amance. Elle procède de l'érosion hydraulique de ses formations sédimentaires lors des phases de réennoyage du Bassin parisien. Ce processus est lié aux cycles de régressions et transgressions marines et lagunaires ayant affecté ce bassin depuis le début du Paléocène. Le relief de côtes correspondant résulte d'une érosion différentielle sur des affleurements de strates de différentes duretés. Il prend différents aspects dépendant du façonnement morpho-climatique des formations géologiques spécifiques.
Sous-sol
Comme l'ensemble du Seuil de Langres, la lithologie du sous-sol du territoire de Coiffy-le-Haut relève des processus d'épirogenèse et de sédimentation ayant concerné le sud-est du Bassin parisien.
La strate supérieure du plateau de Coiffy-le-Haut et de la butte du Jeune-Chênoi est constituée de bancs de grès infraliasique du Rhétien-inférieur sur une trentaine de mètres d'épaisseur. Ce grès est composé de sable fin et siliceux lié par un ciment calcaire diffus peu accusé dans les bancs supérieurs et argilo-siliceux dans ceux de l'assise. De couleur blanche à jaune en surface et gris-bleu en profondeur, il est veiné d'oxyde de fer et piqueté de passées de marne schisteuse. Sa porosité permet la filtration et l'accumulation d'eau au contact d'une couche imperméable.
Certains bancs de grès suffisamment cristallisés peuvent être exploités en pierre à bâtir, comme en témoigne l'ancienne carrière du val du Dessus-des-prés à environ 1 km au nord du village de Laneuvelle dont des moellons ont été notamment extraits au pour la construction de l'église de Bourbonne-les-Bains. Ce matériau a été largement utilisé dans les constructions anciennes locales pour le gros œuvre, le pavement des granges et étables, le dallage des cuisines ou encore dans la réalisation des trémies et margelles de puits, ainsi que dans celle des lavoirs.
La strate sommitale du Rhétien-inférieur résulte d'un processus de sédimentation marine engagé il y a un peu plus de 200 millions d'années, à la fin du Keuper (Trias-supérieur). Elle correspond au début du cinquième changement évolutif majeur de l'histoire évolutive du vivant. Ce changement est marqué par l'extinction de très nombreuses espèces au Rhétien-supérieur, juste avant le début du Jurassique, il y a environ 199 millions d'années. Les bancs de grès inférieurs de Coiffy contiennent une florule fossile témoignant de cet épisode : Equisetum arenaceum, Taeniopteris vittata et Taeniopteris tenuinervis (fougères).
À l'assise des bancs de grès se trouve une couche de marnes irisées du Keuper-supérieur (Alaunien et Sévatien, environ -223 à -220 millions d'années) d'une vingtaine de mètres d'épaisseur. La strate inférieure apparaissant à mi-hauteur des coteaux est formée de dolomie de Beaumont du Lacien (dolomite associée à de la calcite) dont l'épaisseur est de l'ordre de 5 mètres. Cette couche de dolomie recouvre une strate de marnes irisées du Keuper inférieur à moyen (Carnien et Lacien, environ -228 à -210 millions d'années), formant en continuité le sol profond des vallées. Les marnes irisées (ou argilites) sont un feuilletage de couches d'argiles ou de boues pétrifiées. Cette formation au grain fin, tendre et légèrement « graisseuse » au toucher, dont la couleur varie du rougeâtre au vert-gris en passant par le violacé, produit une huile après distillation.
Sous la strate de marnes irisées du Carnien-Lacien apparait une couche de dolomie-marneuse du Ladinien (Trias-moyen supérieur) n'affleurant que dans les zones les plus basses des talwegs dégagées de leurs alluvions par l'érosion hydraulique.
Sols, eaux et formations végétales Le sol superficiel de la surface sommitale du plateau aux abords du village de Coiffy-le-Haut est composé de limons faiblement siliceux mêlés d'humus peu difficiles à travailler. Cette zone arable d'environ 150 ha se partage entre champs et pâturages où quelques éoliennes captent la nappe d'eau à l'assise des bancs de grès. L'aquifère abondant a permis l'établissement du village sur son éperon, un château d'eau situé à son accès nord assurant l'approvisionnement de l'ensemble de la commune en eau faiblement minéralisée.
Excepté l'étendue agricole du plateau de Coiffy, les sols sablonneux des reliefs portent une couverture forestière dense et continue ponctuée de quelques mares, les « marchats ». L'origine de ces marchats (ou marchais) n'est pas établie bien qu'ils s'apparentent aux mardelles de Lorraine ou du Limousin. Le couvert forestier, essentiellement de type taillis sous futaie (peuplement arborescent en chênaie-charmaie-hêtraie), descend fréquemment jusqu'au pied des coteaux et s'étend parfois même au-delà. Quand le pâturage est actif et régulier, le bétail contient le développement arbustif des lisières forestières et ripisylves en stricte limite de clôture. Il broute également la base de la végétation arbustive, formant une échancrure dont la « bande d'ombre » souligne nettement les frondaisons dans le paysage.
Les substrats détritiques d'argiles marno-gréseuses des coteaux favorablement exposés sont propices à l'établissement de vignobles et vergers, ces derniers étant cantonnés sur quelques parcelles hautes au profit de la vigne. Les surfaces ouvertes des coteaux non complantées de vignobles sont valorisées par des pâturages et vergers pâturés entrecoupés de quelques champs mis en cultures fourragères, si la déclivité le permet. Les prairies en contrebas sont pâturées, les zones hydromorphes des talwegs étant pacagées et dévolues à la fauche. Le parcellaire très morcelé est essentiellement composé de petites étendues, particulièrement en coteaux. Quelques haies s'installent librement en limites de certaines parcelles à double clôture ou peu valorisées, ainsi qu'en bordure des chemins et sentiers vicinaux. Du fait de la déprise agricole, les parcelles hautes les moins praticables sont délaissées, devenant ainsi des friches arbustives tendant à augmenter la surface boisée.
vignette|Cariçaie.
Aux flancs des coteaux, des sources météoriques au régime saisonnier s'épanchent en ruisselets se regroupant en ruisseaux sillonnant les fonds de vallées. Sur les quelques berges alluvionnaires se développe une ripisylve arbustive telle que celle ourlant le cours de la Maljoie. Les cuvettes argilo-marneuses et finement sableuses où affleurent de petits bancs de dolomie-marneuse sont des zones marécageuses, les « roises ». Certaines de ces roises et les noues régulièrement en eau sont occupées par une roselière ou une cariçaie, en mosaïque avec des boqueteaux d'aulnes et de frênes. En limite d'une dépression alluviale avec un pied de coteau boisé, les roises colonisées par une végétation herbacée vivace évoluent vers une mégaphorbiaie, micro-écotone entre prairie et forêt abritant une flore et une faune diversifiées. Si le pâturage aux abords de la mégaphorbiaie n'est pas régulier, une fruticée s'installe. Un tel processus favorisant l'extension forestière en vallée se manifeste notamment en lisière du bois de la Combe-Millot et du marais de la Coudre. Ce bas-marais et la prairie semi-primitive de cette partie de la vallée de la Maljoie constituent un riche lentique dont l'équilibre de la biocénose est précaire (voir chapitre suivant). Les eaux du territoire de Coiffy-le-Haut sont collectées par la Maljoie et le ruisseau des Prés-rougets, tous deux tributaires de la rive gauche de la Petite-Amance, principal affluent de l'Amance elle-même affluent de la rive droite de la Petite-Saône (dénomination de la Saône en amont de sa confluence avec le Doubs). La Maljoie est essentiellement alimentée par le ruisseau des Gorgeottes abondé par celui de la Verne, issus des vallons éponymes. D'une longueur d'environ 8 km, elle parcourt sa vallée avant d'emprunter celle de la Petite-Amance avec laquelle elle conflue après avoir longé son cours sur environ 3 km. Le ruisseau des Prés-Rougets est formé par celui du Dessus-des-Prés grossi d'une abondante source en aval de Coiffy-le-Bas. Il conflue avec la Petite-Amance dans un marais tuffeux entre la butte du Jeune-Chênoi et l'éperon de Varennes-sur-Amance. Cette zone humide, alimentée par des puits artésiens naturels, est la plus vaste tourbière alcaline du département (voir chapitre suivant). Un autre marais à tufs d'origine artésienne de superficie plus modeste, dit de Champigny-Chézeaux, s'intercale entre la Petite-Amance et la Maljoie à l'intersection de leurs vallées. Outre leur intérêt comme agents de régulation hydraulique et leur valeur en matière de biodiversité, ces zones humides sont de précieux bio-indicateurs de l'état du milieu naturel.
Paysages Au nord-ouest de la butte du Jeune-Chênoi s'étendent les pâturages du val des Prés-Rougets drainés par le ruisseau éponyme. Au sud-ouest, par delà le monticule de la Pierre-percée, la vallée de la Maljoie déroule de part et d'autre d'une belle ripisylve sa mosaïque de prairies. Cette étroite vallée, enserrée de coteaux forestiers, s'étire sur environ jusqu'au village de Chézeaux situé au pied occidental de la butte du Jeune-Chênoi où débouche la rivière Petite-Amance.
Hydrographie La commune est dans le bassin versant de la Saône au sein du bassin Rhône-Méditerranée-Corse. Elle est drainée par le ruisseau de Maljoie, le ruisseau de la Verne et le ruisseau des Gorgeottes.
Le ruisseau de Maljoie, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans la Petite-Amance à Arbigny-sous-Varennes, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Coiffy-le-HautLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat