Paul Ruff, né le à Sidi Bel Abbès et mort le à Maisons-Laffitte, est un résistant, mathématicien et syndicaliste français.

Biographie Familiale Son arrière grand père, Léopold Ruff naît à Fegersheim en 1805, y meurt en 1849, après avoir eu deux fils, nés le et le ... auxquels il donne le même prénom, Michel. L'aîné va s'établir en Algérie sous le Second Empire, où son cadet le rejoint, quittant l'Alsace-Moselle après la défaite dans la guerre franco-prussienne de 1870. Tous deux épousent des institutrices à Alger, le premier en 1859, le second en 1875. Ce dernier y tient la librairie Michel Ruff., connue pour réunir des cercles cultivés jusqu'en 1912, avant de disparaître en 1915. Marié en 1875 à Buna Dreyfus, une institutrice qui sera directrice d'école de filles ., ils ont plusieurs enfants. L'aîné de leurs fils, Pierre, Jules Ruff né en 1877, rompt avec la famille et part à Paris en 1900; le quatrième, Ernest. et le troisième frère, Paul-Charles Ruff, plus connu sous le nom de Charles Lussy partent aussi vers la métropole en 1911. Le second des frères, Maurice , Inspecteur du service de la protection des cultures au Gouvernement général de l'Algérie, épouse Reine Sultana Amar., à Sidi Bel Abbès où l'aîné de leurs deux enfants, Paul, naît en 1913. Le premier petit-fils de Michel n°2, est le fils aîné de Maurice, va s'appeler Paul (comme le cousin professeur disparu prématurément en 1901, géographe et historien réputé, fils de son oncle Michel n°1) et son arrière petite fille s'appellera Michèle. Dans ces détails de généalogie familiale apparaissent la constance d'un attachement à l'instruction publique, à la connaissance, aux libertés républicaines qui vont soutenir aussi activement le parcours de Paul Ruff. Il grandit dans le milieu juif cultivé d'Alger, et après des études secondaires au Lycée de garçons d'Alger, il prépare à Louis-le-Grand à Paris son entrée à l'École Normale Supérieure rue d'Ulm, où il est admis dans la promotion 1934. Anna Berensztejn, encore lycéenne, partie audacieusement porter secours aux dissidents républicains espagnols en 1938, va avoir besoin de rattraper les cours de mathématiques donnés en son absence. Paul se propose à les lui donner, leur relation ne s'arrête pas là, et ils se marient à la veille de sa mobilisation en 1939.

Parcours d'un combattant Sous-lieutenantJournal officiel de la République française, 26/08/1939, , officier de tir d'une batterie de DCA, le 64 groupe du 402 RADCA qui abat les premiers avions nazis de la guerre, après la bataille de l'Ailette son unité se replie en bon ordre, abattant encore des avions sur la Loire pendant la débâcle de 1940.Démobilisé à Meyssac en Corrèze le , il parvient à retrouver sa jeune femme repliée en Haute Vienne, et apprend que leur premier enfant né le n'a pas survécu aux fatigues et aux privations de l'exode. Il va à Vichy au ministère de l'Education nationale replié, pour obtenir un poste à Alger, elle va en Ariège au camp du Vernet voir son père interné depuis 1939, et se retrouvent pour embarquer à Port-Vendres et arrivent enfin le à Alger, ville où résident toujours ses parents, et pensée être le lieu de repli pour un possible retour victorieux ultérieur.

Résistant Nommé le , il est suspendu de son enseignement le , «interdit d'accès et d'exercice des fonctions publiques» aux termes de la loi du 3 octobre 1940 «portant statut des juifs», sans être déchu de la nationalité française par l'abrogation du décret Crémieux, n'en étant pas un des bénéficiaires ramenés alors au "statut d'israélite indigène soumis à la loi française" par le gouvernement de Vichy.. En 1942 à Alger, l'armée française compte plus de avec son état-major, et en novembre, le plus haut représentant du maréchal Pétain, l'amiral Darlan s'y trouve en visite privée.Ayant rejoint un groupe de résistants, avec le capitaine Bouin, chargé de la démobilisation des prisonniers et évadés, et en liaison avec Jean Athias, jeune étudiant, Ayoun, avocat et le André Morali Daninos., il s'active au recrutement des résistants.Avec le soutien actif de ses parents et de sa femme, le , il fait partie des principaux chefs de groupesqui se rencontrent pour la première fois, au 26 de la rue Michelet à Alger, chez le Aboulker, qui est le Quartier Général de la conjuration. Cette insurrection est fomentée par des patriotes de tendance les plus diverses, très cloisonnée en petits groupes (où se trouvent, en désordre, le capitaine Alfred Pillafort, Henri d'Astier de la Vigerie, Jacques Lemaigre Dubreuil, Jean Rigault, Jacques Tarbé de Saint-Hardouin, l'abbé Cordier, Alphonse Van Hecke, Roger Carcassonne-Leduc, le Aboulker, son fils José Aboulker, Bernard Karsenty, le Aboulker, Stéphane Aboulker, Emile Atlan, Charles Bouchara, André Témime, le André Morali Daninos, le commissaire André Achiary, le général Charles Mast., le colonel Jousse., le colonel Louis Baril) afin d'aider à la réussite du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, suivant les accords secrets de Messelmoun. passés avec le général Mark W. Clark. Dans le cadre de cette Opération Torch, leur intervention prévue consiste à neutraliser les forces armées et l’administration fidèles au régime de Vichy, en paralysant temporairement toute l’organisation de la défense militaire et des pouvoirs civils en Algérie, en arrêtant ses dirigeants et en interrompant les communications locales et avec l’extérieur, suivant une stratégie mise au point par le lieutenant-colonel Jousse, major de place à Alger, utilisant en le détournant, le plan « M.O. », plan de maintien de l’ordre en cas d’alerte précédemment élaboré pour confier au Service d’Ordre Légionnaire, les pouvoirs en urgence.Douze groupes sont formés. Le groupe D, animé par Paul Ruff qui en sera reconnu «le grand patron» par son adjoint Hugues Fanfani., compte des responsables sûrs, Bernard Amiot, Yves Dechezelles, le (Stanislas) Cviklinski., Laurent Preziosi, le et Michel et Léon Brudno. Le 7, Amiot, leur agent de liaison, joint par Dechezelles, prévient les autres membres du groupe, de se rendre immédiatement à Alger où ils se retrouvent dans les deux heures suivantes chez celui-ci, pour apprendre la date du débarquement des troupes alliées sur les côtes d’Afrique du Nord, pour la nuit à venir. Les frères Brudno, Laurent Preziosi et trois autres du groupe vont les pourvoir dans l'après-midi du 7, de 200 cartouches d’explosifs dérobées au chantier du grand collecteur, rapidement montées à la façon des dinamiteros espagnols, pour suppléer à l’insuffisance de leur armement. Paul Ruff convoqué pour interrogatoire le jour même par les vichystes suspicieux ne dira rien et sera relâché, mais les délais sont brefs et les moyens aléatoires pour joindre les 55 participants prévus, souvent circonspects ou pusillanimes. Les défections nombreuses vont les réduire à 19, ainsi que nombre de leurs actions, faute d’effectifs, comme la prise du commissariat du arrondissement, qui devait être leur PC, la mise hors circuit du Foyer civique du Service d’Ordre Légionnaire avec la prise du Fort de Kouba ou la libération des prisonniers de la prison civile de Maison Carrée, propre à fournir des recrues.Réglementairement munis de vrais-faux ordres de mission et de brassards « VP » des exécutants de ce plan, leur groupe réussit à s'emparer du Central téléphonique interurbain du Champ-de-manœuvre, proche des bâtiments du Service d'Ordre Légionnaire d'Alger, et à couper toutes les communications civiles locales et interurbaines. Avec force menaces, sans verser de sang, tout le personnel présent finit par être sous la garde des insurgés. Par la suite, l’accostage de deux destroyers anglais venus s’emparer du port en débarquant à quai 300 rangers est pris sous la canonnade de l’Amirauté et de la gendarmerie maritime. En voyant depuis le central téléphonique proche, la mise en batterie sur le toit de l’Arsenal d’une mitrailleuse destinée à repousser les alliés, avec l’autorisation du commissariat central, leur tir au fusil fera disparaître un des servants, mettant fin à l’installation de cette mitrailleuse.Facilitant aussi les communications des différents groupes entre euxhttp://www.francetvpro.fr/france-5/programmes/5863 |Opération Torch: 1942, les Alliés débarquent, documentaire (52 min), Christophe Muel (auteur-réalisateur), Philippe Torreton (narrateur), Kuiv Productions (avec la participation de France Télévision), 2011, présentation par Fabrice d'Almeida, son action contribuera à assurer l'efficacité du "putsch", ainsi nommé par la suite, pendant l'Opération Torch, et à son succès rapide avec la prise du pouvoir par les Alliés, avec des pertes humaines et des combats très réduits à Alger, comparativement aux autres sites du débarquement au Maroc à Casablanca., Safi et Port Lyautey, en Algérie à Oran, où les actions des résistants avaient été déjouées.