Heuilley-Cotton est une ancienne commune française située dans le département de la Haute-Marne, en région Grand Est.

Le , elle devient commune déléguée de la nouvelle commune de Villegusien-le-Lac.

Géographie

Le village d'Heuilley-Cotton se trouve dans le sud haut-marnais. Il fait partie du canton de Villegusien-le-Lac, de la communauté de communes d'Auberive Vingeanne et Montsaugeonnais et appartient à l'arrondissement de Langres. C'est un village rural situé à de la route nationale 74 (Langres / Dijon), à de Langres, à de Chalindrey au pied de la côte Sainte-Anne et de Vernois, sur le ruisseau Saint-Hubert qui deviendra le ru de Chassigny, affluent de la Vingeanne. Autrefois ce ruisseau faisait tourner deux moulins, l'un situé à la sortie nord-ouest du village -la rue porte le nom de rue du moulin-, l'autre détruit avant la Révolution s'appelait le moulin du Soc et était situé à quelques centaines de mètres du village au sud-est.

Le territoire est de hectares (). Il est traversé par les routes , et , la voie ferrée de Dijon à Culmont-Chalindrey et le canal de la Marne à la Saône (devenu le canal entre Champagne et Bourgogne).

Autrefois les coteaux plantés de vignes, entre autres ceux de « Grigot » (point culminant avec ), produisaient un vin estimé. Les vignes ont complètement disparu faisant place aux bois des particuliers ou aux pâturages.

Communes limitrophes

Toponymie

L'étymologie est incertaine. Oylleio Coton en 1201, Yleyo Coton en 1216 Eulleium Coton en 1225, Euilleyum Cotho au , Eully Cothon en 1498, Heuilley Coton en 1675, Hulleyum, Huilleyum apud Cothonem... La première partie proviendrait du patronyme Ullius ou Ollius, suivi du suffixe -acum désignant un domaine. Il s'agirait donc d'une villa gallo-romaine, domaine d'Ullius ou Ollius. C'est pour le distinguer d'Heuilley-le-Grand qu'on a ajouté à son nom celui du village voisin, Cohons, en latin du Moyen Âge, Cotho. Homonyme de Heuilley, Huillé, Huilly, Euilly, , etc.

Histoire Le village ressortissait à la généralité de Champagne et pour le temporel à l'élection et au bailliage de LangresAbbé Roussel, Le diocèse de Langres, histoire et statistique, tome II, 1875 ; Émile Jolibois, La Haute-Marne ancienne et moderne, 1858 ; F. Mauchamp, l était une fois... Heuilley-Cotton, juin 1972.. La seigneurie appartenait au chapitre de la cathédrale qui percevait les dîmes. Le château fort d'Heuilley-Cotton, construit vers le , ayant été occupé par les ennemis, fut repris par les Langrois sous le règne de Charles VI et détruit, comme plusieurs autres des environs. Son emplacement diverge. Il était soit sur une butte au milieu du village appelée « le ressort », soit en bas du village (où se trouve d'ailleurs sur l'ancien cadastre, la rue du château). Quel qu'ait été son emplacement, il fut ensuite reconstruit et habité durant quelque temps par les gouverneurs de Langres. Il était entouré de fossés remplis d'eau. Enfin au début du , on a trouvé, dans le village même, cinq cercueils en chêne de douze centimètres d'épaisseur, placés à cinq mètres de profondeur. Ils renfermaient des ossements humains près desquels on a trouvé dans l'un une vieille crosse d'évêque, et dans l'autre une épée oxydée. Ces trouvailles se sont rééditées il y a quelques années quand un habitant qui touche cette butte a voulu agrandir sa maison en entamant le versant est « du ressort ». Il a eu la surprise de trouver six squelettes de grande taille, bien empilés mais sans cercueil avec des dents intactes très blanches.

En 1750, on comptait 80 feux et 340 communiants. L'église dédiée à saint Loup, du doyenné de Moge, était le siège d'une cure à la collation du chapitre de Langres, avec Noidant-Chatenoy pour succursale. Le chapitre possédait cette église dès le . Carte de Cassini vignette|center|250px|Carte de Cassini du sectreur vers 1750.vignette|250px|centre|Carte postale montrant le chargement d'une péniche dans le port d'Heuilley-Cotton.

La carte de Cassini ci-dessus montre qu'au XVIIIè siècle, Heuilley-Cotton, qui s'écrit Heuilley-Cotthon, est une paroisse située sur la rive droite de la Vingeanne. Ce cours d'eau sert actuellement à alimenter le canal entre Champagne et Bourgogne. Au sud, sur la Vingeanne est représenté le moulin à eau du Socq aujourd'hui disparu.

Politique et administration

Liste des maires

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Population et société

Démographie

Économie

Culture locale et patrimoine L'église

Photographies, Lieux et monuments À partir de 1897 et jusqu'à la Première Guerre mondiale, la carte postale a connu un essor considérable. Toute occasion était bonne pour faire découvrir son village, son lieu de vie à sa famille, à ses amis.

Ainsi chaque ville, village ou hameau a été immortalisé en nombres importants sur ces supports. Rien que pour Heuilley-Cotton, plus de 120 cartes postales sont répertoriées. Ce sont des témoignages d'une époque révolue.

Données particulières et anecdotes Le chemin de fer, ligne de Langres à Dijon

La construction d'une ligne reliant Langres à Dijon par Is-sur-Tille fut projetée dès 1846, mais sa réalisation n'eut lieu qu'après la mise en exploitation des lignes Paris/Mulhouse et Saint-Dizier/Gray. Trois itinéraires avaient été proposés. Il fallait que le trajet entre Langres et Dijon fût le plus court possible et que le prix de revient fût le moins élevé possible. Ces trois trajets différent surtout par leurs tracés à l'approche de Langres : Lux, Chazeuil, Le Pailly, Balesmes (construction d'un tunnel) : longueur . Is-sur-Tille, Heuilley-Cotton, Noidant, Balesmes (construction d'un tunnel) : longueur Is-sur-Tile, Heuilley-Cotton, Le Pailly et Chalindrey (tunnel de Culmont) : longueur .

Ces trois lignes devaient franchir par un tunnel, le seuil entre les bassins de la Marne et de la Saône. Mais la construction d'un tunnel dans les deux premiers cas élevait le prix de revient alors que dans le troisième projet on envisageait d'utiliser le tunnel déjà construit de Culmont. Ce projet par Is sur Tille, Heuilley-Cotton et Chalindrey fut définitivement adopté en 1862. Mais il fut remis en question en 1864 car pour répondre aux impératifs militaires, la ligne devait aboutir dans Langres même. Or rejoignant la ligne Paris Mulhouse avant le tunnel de Culmont, la ligne Dijon Langres devait nécessairement passer au pied de la ville.

Construite à partir de Dijon, cette ligne ne fut achevée qu'en 1875, retardée par la guerre de 1870/1871. En 1874, elle était partiellement en service entre Is-sur-Tille et Vaux-sous-Aubigny. Elle fut électrifiée en 1964/1965. Cette ligne est importante car elle assure la liaison directe entre la Lorraine, le nord-est, les pays frontaliers et le sud-est, l'Espagne et l'Italie.

Un silo à grains desservi par un embranchement particulier a été construit en 1938. Malheureusement, la concurrence routière allait porter un coup fatal à la pérennité des petites gares. Dès le début des années 1960, l'utilisation voyageur fut suspendue et la passerelle démolie en 1962. Le trafic des marchandises perdura jusqu'en . La gare étant devenue vétuste et exigeant trop d'entretien, elle fut démolie en 1990. Le linteau de pierre gravé avec le nom de la station qui se trouvait sur le bâtiment abattu, trône désormais sur la place du village, témoin lapidaire et muet d'une époque révolueRoger Fillon, Les cahiers haut-marnais , et trimestres 1959, d'après un mémoire présenté en 1959 à l'école normale d'instituteurs de Chaumont.

Canal de la Marne à la Saône

vignette|300px|centre|L'écluse N°4 à l'entrée du village. vignette|300px|centre|Vue du canal en direction de Villegusien-le-Lac. Au , les maîtres de forge, établis dans la vallée de la Marne, recherchant la possibilité d'expédier aux meilleurs coûts leur production, eurent l'idée de rendre la rivière Marne navigable à l'amont de Saint-Dizier puisqu'elle l'était déjà en aval. La construction du canal de la Marne à la Saône fut réalisée en quatre temps. Le premier tronçon, de Vitry-le-François à Chamouilley fut donc entrepris en 1863 et mis en service en 1866. La poursuite est alors réclamée pour desservir le bassin métallurgique situé au sud.

En 1870, les de canal de la Haute-Marne sont construits et permettent de rejoindre Donjeux. Il reste à réaliser les les plus difficiles et les plus coûteux pour que le canal de la Marne à la Saône devienne une réalité. Les travaux pour atteindre le bief de partage de Balesmes, au sud de Langres, sont lancés en 1879 et en 1895, le premier bateau à vapeur rejoint Heuilley-Cotton, terminus provisoire du canal imposé par l'insuffisance des moyens financiers dégagés par l'état.

En 1900, la chambre de commerce et d'industrie obtient de contracter un emprunt pour finir cet ouvrage et c'est en définitive le que l'achèvement des travaux rendit possible la circulation sur toute la longueur. Le remboursement de l'emprunt sera assuré par un droit de péage à percevoir pendant cinquante ans, sur le tronçon d'Heuilley-Cotton à Licey sur Vingeanne (soit ). Ces droits étaient perçus à l'écluse pour les péniches se dirigeant vers la Saône.

Le canal de la Marne à la Saône, d'une longueur de traverse cinq départements (Marne, Meuse, Haute-Marne, Haute-Saône et Côte-d'or). Le canal est à bief de partage d'une longueur de situé sur le plateau de Langres, qu'il franchit par un tunnel de . Ce dernier délimite : Le versant Marne, d'une longueur de et compte 71 écluses rachetant une dénivellation de . Le versant Saône de de long qui comprend 43 écluses pour une dénivellation de .

L'alimentation du canal est assurée à partir de quatre réservoirs tous situés dans la région de Langres : Réservoir de la Liez, cubes de capacité, Réservoir de la Mouche, cubes de capacité, Réservoir de Charmes, cubes de capacité, Réservoir de la Vingeanne, cubes de capacité, et est complétée, sur son parcours, par les apports des rivières de la Marne et de la Vingeanne, au moyen de prises d'eau aménagées à cet effet.

1931 : Crash d'un avion sur Heuilley-Cotton En ce dimanche de , jour de la fête patronale à Cohons, Arthur Thirion avait invité à sa table quelques amis de l'Aéro-club de Haute-Marne, quand, au début de l'après-midi, arrive hors d'haleine et complètement affolé, un homme qui hurle : « Un avion vient de s'écraser sur votre maison à Heuilley-Cotton ». Le premier moment de stupeur passé, chacun saute dans sa voiture et fonce vers les lieux de l'accident. Effectivement, sur la place, face à l'église, un avion est planté dans la toiture d'une ferme et seule, la queue de l'appareil émerge de la brèche creusée au milieu des tuiles.

Le pilote, penaud, est descendu avec précaution et, sans perdre une minute, Arthur Thirion le transporte vers l'hôpital de Langres. Fort heureusement, il n'est atteint que de blessures superficielles et, seul son amour propre aura à souffrir vraiment de cette aventure. En réalité, l'avion n'est pas un de ceux appartenant à l'Aéro-Club, mais au centre d'entraînement civil de Dijon, centre auquel appartenait, comme plusieurs de ses collègues haut-marnais, le pilote de réserve G. et qui, à ce titre, étaient admis à faire chaque année, un certain nombre d'heures d'entraînement. Bien entendu, les consignes n'autorisaient pas les réservistes à s'écarter de l'aérodrome au-delà de limite strictement fixées, et Heuilley-Cotton se trouvait situé hors de la zone prescrite.