Frédérique Vidal, née le à Monaco, est une enseignante-chercheuse, biochimiste et une femme politique française.

Professeure des universités, spécialiste de génétique moléculaire, elle préside l’université Nice-Sophia-Antipolis de 2012 à 2017. Elle est ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation dans les gouvernements d' et de Jean Castex, soit pendant toute la première présidence d'Emmanuel Macron.

Biographie Origines et études Née le à Monaco, Frédérique Vidal grandit dans une famille de trois enfants, dont les parents et grands-parents exploitaient un hôtel à Beausoleil. Elle est la première de sa famille à obtenir son baccalauréat. Après un échec en première année de médecine, Frédérique Vidal réussit le concours d'infirmière avant de se réorienter en biochimie sur les conseils de la responsable du concours..

Frédérique Vidal est titulaire d'une maîtrise de biochimie à l'université Nice-Sophia-Antipolis (UNSA), et d'un diplôme d'études approfondies (DEA) option virologie fondamentale à l'Institut Pasteur. Elle soutient sa thèse de doctorat en sciences de la vie à l'UNSA en 1993..

Carrière scientifique Elle commence sa carrière dans la recherche et développement dans le privé et travaille un an pour le groupe Virbac, entreprise pharmaceutique vétérinaire.. Spécialiste en génétique moléculaire, elle se qualifie aux fonctions de maître de conférences à l'université Nice-Sophia-Antipolis en 1994, puis à celles de professeur des universités en biochimie, biologie moléculaire et cellulaire en 2002.

Au cours de sa carrière, elle n'a officiellement encadré aucune thèse. Elle a publié un seul article de recherche en dernier auteur (position réservée par convention en biologie à la personne ayant dirigé le travail) et a un indice h de 14 (relevé sur Web of Science, ).

Elle a notamment publié un article en 1995 dans Nature Genetics identifiant des mutations impliquées dans la sténose du pylore...

Un article publié en 2003 par une équipe de chercheurs (dont Frédérique Vidal) et intitulé A novel germ line-specific gene of the phosducin-like protein (PhLP) family : A meiotic function conserved from yeast to mice a fait l'objet d'une rétractation par la revue Journal of Biological Chemistry en 2019 après la révélation d'une manipulation non appropriée d'une figure, de conditions expérimentales différentes non signalées dans le protocole d'évaluation (les mêmes transferts d'acide ribonucléique ayant été déjà publiés dans un autre article), et de l'impossibilité des auteurs de mettre à disposition le jeu de données original pour vérifications. La rétraction est décidée par une partie des auteurs, mais Frédérique Vidal n'a pas pu être jointe pour donner son accord..

Carrière administrative De 1999 à 2003, elle est membre extérieur du conseil scientifique de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale..

Responsable des stages puis directrice adjointe du magistère de pharmacologie, Frédérique Vidal dirige le département sciences de la vie de l'université Nice-Sophia-Antipolis de 2005 à 2008. Frédérique Vidal est également membre du jury du master de virologie de l'UPMC-Paris 7-Institut Pasteur depuis 2004. Elle a été co-responsable du projet européen Tempus sur la mise en place du LMD (organisation Licence Master Doctorat) dans les Balkans de 2006 à 2009.

Experte pour le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (HCERES) depuis 2007, et pour l'Union Européenne dans le cadre de l'université euro-méditerranéenne (EMUNI) depuis 2010, elle est membre invité avec voix délibérative de la commission scientifique de la faculté de médecine depuis 2010, et du projet européen Tempus.

De 2009 à 2012, elle est élue directrice de l’UFR de Sciences et en , elle devient présidente de l'université Nice-Sophia-Antipolis.., fonction qu’elle occupera jusqu’à sa nomination au gouvernement en . Sous sa présidence, des « diplômes d’établissement » en deux ans pour ont été instaurés, à la place de trois parcours de masters de biologie dont les tarifs étaient calqués sur ceux en vigueur, soit . Des étudiants et enseignants-chercheurs dénoncent alors une de formations universitaires..

Pendant sa présidence, Frédérique Vidal fait aussi partie du conseil d'administration de l'observatoire de la Côte d'Azur.. À partir de 2013, elle est trésorière de la Coordination des universités de recherche intensive françaises (CURIF), dont un des objectifs affichés est de « mieux faire connaître aux décideurs politiques et économiques et aux leaders d’opinion le rôle et les activités des universités de recherche intensive ».

Les méthodes de direction de Frédérique Vidal à l'université Nice-Sophia-Antipolis font l'objet de plusieurs critiques : techniques managériales , mépris des sciences humaines, « infantilisation », « phrases assassines ». Selon le témoignage d'une chercheuse syndiquée CGT recueilli par Libération, Frédérique Vidal ..

Ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation vignette|226x226px|Frédérique Vidal en 2020.

Nomination Le , elle est nommée ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation dans le gouvernement Philippe sous la présidence d'Emmanuel Macron... La ministre est fragilisée par la révélation en d'une plainte pénale pour fraudes et harcèlement déposée contre l'université de Nice lorsqu'elle en était la présidente. En effet, en 2018, le journal L'Express, puis Sylvestre Huet, membre du Conseil de l’intégrité scientifique, l'accusent d'ingérence dans le traitement de l'inconduite scientifique présumée d'Anne Peyroche. Le ministère dément. Après que l'un de ses articles est mis en cause sur le site PubPeer, elle envisage des poursuites judiciaires..

Réforme de l'accès à l'enseignement supérieur

Elle est chargée d'une réforme de l’accès au premier cycle universitaire (licence). Le projet, dénommé Plan Étudiants, est présenté à la presse le par le Premier ministre Édouard Philippe, Frédérique Vidal et le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer. Ce plan national a notamment pour objectif affiché de modifier et améliorer les conditions d’accès dans l’enseignement supérieur et de transformer le premier cycle universitairewww.enseignementsup-recherche.gouv.fr; Rubrique « Enseignement supérieur », Onglet « Orientation dans l'enseignement supérieur » puis « Plan Étudiants » : « Le Plan Étudiants, accompagner chacun vers la réussite », http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid122054/le-plan-etudiants-accompagner-chacun-vers-la-reussite.html, publication : 30.10.2017 - Mise à jour : 13.12.2017 (consulté le 20 février 2018)..

En , huit inspecteurs généraux de l’Éducation nationale avaient remis un rapport d’évaluation à la ministre de l’Enseignement supérieur de l'époque, Geneviève Fioraso, sur la procédure Admission Post-Bac (APB). Ce rapport faisait le constat que le fonctionnement et l’utilisation de la plateforme entraînait des effets pervers. En effet, la plateforme est une source d’inquiétude pour les parents et les élèves qui sont souvent mal accompagnés et informés. L’offre importante de formations sur le site APB a également conduit à une concentration des demandes sur une minorité d’établissements prestigieux, entraînant un désintérêt pour les établissements de proximité.. En 2016, la CNIL avait été saisie d’une plainte « à l’encontre du traitement APB dont l’objet est le recueil et le traitement des vœux des candidats à une admission en première année d'une formation post-baccalauréat ».

Pendant l’été 2017, l’accumulation des dysfonctionnements de la plateforme, la remise en cause du tirage au sort dans les filières en tension et le nombre non négligeable d’élèves sans affectation à l’issue de la procédure ont conduit le gouvernement à réformer le système d’admission dans l’enseignement supérieur car les problèmes ont entraîné des perturbations dans l'affectation des étudiants dans les universités. Dans la foulée, la présidente de la CNIL met en demeure le « le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation de cesser de prendre des décisions concernant des personnes sur le seul fondement d’un algorithme et de faire preuve de plus de transparence dans son utilisation »..

Dès , une concertation sociale rassemblant les acteurs majeurs de l’enseignement supérieur a été lancée. Durant trois mois, 250 acteurs de l’enseignement supérieur et de l’enseignement scolaire se sont organisés en groupes de travail avant de rendre un rapport le , présentant une série de propositions pour l’accueil et la réussite des étudiants.

Le Plan Étudiants, traduit sur le plan législatif par la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE), issu de cette concertation, est présenté à la presse le . La réforme prévoit la création d’une nouvelle plateforme d’accès à l’enseignement supérieur, Parcoursup, la suppression de la sélection par le tirage au sort, ainsi que des mesures permettant d'accompagner les lycéens dans la construction de leur projet d’orientation.. La loi permet de rattacher tous les étudiants au régime général de la Sécurité sociale, de créer de nouveaux centres de santé au sein des universités et de soutenir la mobilité.

Après une première lecture à l’Assemblée nationale en puis au Sénat en , la commission mixte paritaire se réunit le pour réexaminer le projet de loi ORE. Le , le Parlement vote en faveur des conclusions de la commission et adopte définitivement le projet de loi ORE..

L'opposition à la réforme est vive chez de nombreux étudiants, enseignants et lycéens, qui dénoncent notamment l'instauration d'une sélection à l'entrée de l'université et la fin du droit à étudier pour tous. Cela conduit au blocage de plusieurs universités par les étudiants sur tout le territoire, comme à l'université Toulouse-Jean-Jaurès, au centre Pierre-Mendès-France ou à l'université Paris-VIII, durant de nombreuses semaines....

Loi de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030

Le « projet de loi de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030 et portant diverses dispositions relatives à la recherche et à l’enseignement supérieur » est présenté par Frédérique Vidal le , adopté en première lecture à l'Assemblée nationale le avant de passer (en procédure accélérée) au Sénat les et .. Selon le gouvernement, le texte poursuit trois ambitions principales : « mieux financer et évaluer la recherche publique, améliorer l’attractivité des métiers de la recherche et replacer la science dans une relation ouverte avec l’ensemble de la société »..

Le texte fait face à l'opposition du personnel de la recherche, notamment en ce qui concerne le et les tenure tracks, ainsi que les mesures budgétaires jugées inappropriées au regard des enjeux et des promesses de faites par Emmanuel Macron le . Le texte est vivement critiqué par l'assemblée des directeurs de laboratoire, l'ensemble des présidentes et présidents des quarante-six sections du CNRS et des dix conseils scientifiques des instituts du CNRS, l'Académie des Sciences, la Conférence des Présidents d'Université, le Conseil d'État. Le Conseil économique, social et environnemental, saisi par le gouvernement à son sujet, exprime lui aussi dans la conclusion de son rapport ses doutes quant à la possibilité de .

Le , dans une lettre adressée à Emmanuel Macron, la Commission permanente du Conseil national des universités demande la démission de la ministre Frédérique Vidal, considérant que cette dernière a et qu'elle ..

La mobilisation des universitaires conduit à une forme de grève numérique, du fait de la pandémie de Covid-19 et du passage aux cours à distance, contre l'adoption du texte de la LPR..

Carrière post-gouvernementale