James Edgar « Johnnie » Johnson, né le à Barrow upon Soar et mort le à Buxton, est un officier britannique de la Royal Air Force (RAF).

Jeunesse James Johnson naît le à Barrow upon Soar dans le Leicestershire. Son père se prénomme Alfred Johnson et sa mère Beatrice May Johnson. Il vit et est élevé à Melton Mowbray, où son père est policier.

James Johnson fait ses études à la Camden Street Junior School et à la Loughborough Grammar School. Son oncle, Edgar Charles Rossell, qui a gagné la croix militaire avec les Royal Fusiliers en 1916, paye ses études à Loughborough. Selon son frère Ross, James a manqué d'être renvoyé de l'établissement après avoir refusé une punition pour un délit, estimant qu'elle était injustifiée : . Parmi les passe-temps et les occupations de James figurent le tir et le sport ; il chasse notamment les lapins et les oiseaux dans la campagne locale. Il est également passionné par la vitesse et rejoint un club de voitures à Melton Mowbray, alors qu'il n'en possède pas.

Il fréquente ensuite le University College Nottingham (qui deviendra plus tard l'université de Nottingham), où il obtient son diplôme d'ingénieur civil à l'âge de . Il devient géomètre au conseil du district urbain de Melton Mowbray avant de devenir ingénieur adjoint au conseil du district urbain de Chigwell à Loughton. En 1938, il se casse la clavicule en jouant au rugby pour le club de Chingford ; la blessure est mal soignée et ne guérit pas correctement, ce qui induit diverses difficultés au début de sa carrière de pilote.

Engagement dans la RAF Il commence à prendre des leçons de vol à ses propres frais. Il demande à s'engager dans l (AAF) mais se heurte à certains des problèmes sociaux qui sévissent dans la société britannique. James Johnson a le sentiment d'être rejeté en raison de son statut social. Sa situation va toutefois s'améliorer. La perspective d'une guerre augmente à la suite des accords de Munich, et les critères de sélection des candidats changent à mesure que la Royal Air Force (RAF) s'agrandit et accueille des hommes issus de milieux sociaux ordinaires. Il postule à nouveau à la AAF. On l'informe que suffisamment de pilotes sont déjà disponibles mais qu'il y a quelques postes vacants dans les escadrons de ballons. Il rejette l'offre.

Inspiré par des amis de Chingford qui se sont engagés, il fait une nouvelle demande pour rejoindre la (RAFVR). La RAFVR est un moyen d'entrer dans la RAF pour les jeunes hommes issus de milieux ordinaires. Tous les membres d'équipage volontaires sont nommés sergents à leur arrivée. Une fois de plus, il est rejeté, cette fois au motif qu'il y a trop de candidats pour les postes vacants et que sa blessure le rend inapte aux opérations aériennes. Son ambition frustrée, il rejoint la Leicestershire Yeomanry, où sa blessure n'est pas un obstacle au recrutement. Il s'engage dans l'unité de l'armée territoriale parce que, bien qu'exerçant une , si la guerre venait à éclater, il n'a « aucune intention d'aller jusqu'au bout en construisant des abris antiaériens ou en supervisant des équipes de décontamination ». Il se satisfait dans la Yeomanry.

Un jour, alors qu'il traverse à cheval le village de , situé dans le Berkshire, lors de son camp annuel, il fait un détour par la base aérienne RAF Wittering, dans le Cambridgeshire. En voyant une ligne de chasseurs Hawker Hurricane, il fait la remarque suivante : .

Formation au pilotage alt=Photographie d'un biplan de couleur verte, vu de profil, sur une plage.|vignette|de Havilland Tiger Moth, avion avec lequel Johnnie Johnson apprendra à voler. En , il est finalement accepté dans la RAFVR et commence à s'entraîner le week-end à l'aérodrome de Stapleford Tawney, un aérodrome satellite du RAF North Weald. Il y reçoit une instruction au sol sur l'aéronautique. L'enseignement est donné par des pilotes retraités de la . James s'entraîne sur le biplan de Havilland Tiger Moth. Lorsque la guerre éclate en , il s'embarque, avec le grade de sergent, pour Cambridge. Il arrive à la avec d'autres candidats pour commencer l'instruction en vol. Il passe un entretien avec des officiers supérieurs au cours duquel il déclare que sa profession et ses connaissances en topographie, en arpentage et en cartographie le rendraient plus utile dans un rôle de reconnaissance. Son souhait initial n'est pas de devenir pilote de chasse. Le (commandant de l'escadre) est d'accord, mais il est néanmoins sélectionné pour la formation de pilote de chasse et reçoit le matricule 754750 avec le grade de sergent. Pendant son affectation à Cambridge, il apprend les exercices militaires de base, parfois appelés en argot « » (ce qui désigne les exercices et les défilés).

En , il commence sa formation initiale au , à Cambridge. Il ne vole que trois fois ce mois-là et huit fois en , chaque fois en tant que second pilote. Le , il vole en solo pour la première fois, avec le Tiger Moth N6635. Il continue à voler, effectuant rapidement des vols de . Il réussit son vol avec l''instructeur de vol en chef le . Devant l'invasion allemande, la RAF accélère la formation et Johnny Johnson est diplômé le avec la mention « moyen » pour sa formation. Il est envoyé le lendemain à la à Sealand, où il pilote pour la première fois des monoplans. À la fin de sa formation, le , Johnnie Johnson reçoit ses « ailes » (mention « moyen ») et est immédiatement incorporé dans la de la RAF en tant que avec et de vol en solo. La guerre fait en sorte que les barrières sociales tombent petit à petit, permettant à Johnnie d'avoir un avenir dans l'armée de l'air anglaise.

Le , Johnnie Johnson pilote un Spitfire pour la première fois dans le cadre de sa formation au où il vient d'être muté. Les Spitfire, bien que moins nombreux que les Hurricane, sont envoyés dans les unités de formation, le Fighter Command sentant bien que l'avion allait être déterminant durant la bataille d'Angleterre. Au cours des semaines suivantes, Johnnie s'exerce au pilotage, au vol en formation, aux attaques, aux acrobaties aériennes et aux combats aériens. Au cours de ses vols d'entraînement, il décroche et s'écrase avec son Spitfire. Les sangles du harnais de Johnson sont trop lâches, et il se tord les épaules - révélant ainsi que sa blessure antérieure au rugby n'a pas guéri correctement. Le Spitfire fait une boucle au sol, arrachant l'une des bras du train d'atterrissage. Le commandant (CO) l'excuse car le terrain d'aviation, court, est difficile, surtout pour un pilote inexpérimenté. Johnnie a toutefois l'impression qu'il sera surveillé de près, et sent que s'il commet une autre erreur, il sera . Il essaye de rembourrer l'épaule blessée avec de la laine, celui-ci étant maintenu en place par du ruban adhésif. Il resserre également les sangles pour réduire les vibrations pendant le vol. Ces mesures s'avèrent inutiles et Johnnie Johnson constate qu'il a perdu la sensibilité de sa main droite. Lorsqu'il plonge, la pression aggrave sa douleur à l'épaule. Il essaie souvent de voler en utilisant uniquement sa main gauche, mais les Spitfires doivent être manipulés avec les deux mains, sauf pour les manœuvres simples. Malgré les difficultés liées à ses blessures, le , la formation est finie. Johnson compte de vol sur des avions opérationnels, dont sur le Spitfire.

La blessure refait surface Après sa formation, en , il est brièvement affecté au en tant que stagiaire. En raison de problèmes d'équipement, le No. 19 Squadron n'est pas en mesure de terminer sa formation et il quitte l'unité. Le , il est affecté au No. 616 Squadron basé à . Le H.L « Billy » Burton, pilote expérimenté, lui donne des conseils tactiques essentiels, notamment sur l'importance de maintenir une bonne formation de combat et l'utilisation tactique du soleil, des nuages et de la hauteur. Il effectue une patrouille X-raid le à bord d'un Spitfire, se qualifiant ainsi pour l'agrafe de la bataille d'Angleterre, bien qu'il ne verra pas le combat durant cette bataille.

Son ancienne blessure continue de le perturber et il trouve le pilotage d'avions à hautes performances comme le Spitfire extrêmement douloureux. Les médecins de la RAF lui proposent deux options : soit subir une opération qui corrigerait le problème, mais cela signifierait qu'il manquerait la bataille d'Angleterre, soit devenir instructeur de vol sur le Tiger Moth, avion plus léger. Johnnie opte pour l'opération. Il espérait un traitement discret, mais l'information parvient vite au commandant, et il est retiré de ses fonctions et envoyé au le . Il ne revient dans son escadron que le de la même année. Le commandant Burton l'emmène pour un vol d'essai le à bord du Miles Magister L8151. Après un vol de , Johnnie Johnson peut reprendre le service.

Seconde Guerre mondiale alt=Photographie noir et blanc d'un bombardier en vol, vu par le côté et en contre-plongée.|vignette|Dornier Do 17 tel que celui probablement abattu par Johnnie Johnson, « Billy » Burton et Tony Glaze.|gauche Johnnie Johnson reprend les vols opérationnels au début de 1941 dans le No. 616 Squadron. Il se retrouve souvent à voler aux côtés du Douglas Bader, qu'il avait brièvement rencontré en 1940. Le , Johnnie Johnson et le , décollent pour assurer la couverture d'un convoi au large de . Le contrôleur dirige les deux pilotes vers un avion ennemi, un Dornier Do 17. Les deux appareils attaquent le bombardier et se perdent de vue. Bien que les contrôleurs aient intercepté les signaux de détresse du bombardier, Johnnie ne l'a pas vu s'écraser. Ils sont crédités d'un avion ennemi endommagé. C'est la seule fois où Johnson engagera un bombardier allemand. À la fin du mois de janvier, Johnson a de vol en plus sur Spitfire.

Au cours des premiers mois, il vole en tant que pilote de chasse de nuit. L'utilisation de chasseurs de jour pour faire office de chasseurs de nuit, sans radar, ne permet pas d'intercepter les bombardiers allemands pendant le Blitz ; la seule action de Johnson a lieu le lorsqu'il endommage un Messerschmitt Bf 110 à bord du Spitfire R6611, QJ-F. Une semaine plus tard, son escadron est transféré à RAF Tangmere, sur la côte de la Manche. Johnnie est impatient de voir le combat et se réjouit de la perspective de rencontrer l'ennemi depuis Tangmere. Si les Allemands ne reprennent pas l'assaut, l'escadre doit leur livrer bataille.

Offensive

En , l Sholto Douglas devient (AOC) du RAF Fighter Command. Le , une directive de l'état-major de l'air prévoit des balayages offensifs par secteur (). Elle ordonne des opérations de type au-dessus de la Belgique et de la France. Ces opérations doivent être menées par trois escadrons pour harceler les défenses aériennes allemandes. Le , les attaques dites sont lancées par l'envoi de petites formations de bombardiers protégées par un grand nombre de chasseurs. L'escalade des opérations offensives tout au long de l'année 1941 a pour but d'attirer la Luftwaffe, le commandement de Douglas adoptant une position de plus en plus offensive. Trafford Leigh-Mallory, AOC du No. 11 Group, signe l, qu'il a rédigé le . Il décrit six opérations distinctes pour les chasseurs de jour : (escorte de bombardiers avec pour objectif principal la destruction de la cible) ; (même objectif où les chasseurs escortent des chasseurs d'attaque au (escorte de bombardiers et opérations anti-navires) ; (même opération que mais sans bombardiers) ainsi que (opération d'attaque au sol par mauvais temps) et les opérations .