vignette|220px|5 Obligations du Chemin de fer transcaucasien en date du 23 avril 1882 Le chemin de fer transcaucasien (en russe : Закавкaзская желeзная дорoга) est une ligne ferroviaire construite sous l'Empire russe à partir de 1865. Elle reliait Poti, en Géorgie actuelle, à Bakou, en Azerbaïdjan. En 1922, elle devient une partie des . Elle est fermée lors de l'éclatement de l'Union soviétique en 1991. Sa réouverture, en projet depuis les années 2010, est réalisée en octobre 2017 sous la forme de la ligne Bakou-Tbilissi-Kars (BTK) avec la participation de la Turquie.
Historique Empire russe (1865-1917) vignette|220px|Construction de la gare de Tbilissi. Photographie d'Alexandre Roinachvili, vers 1870. vignette|220px|Tunnel de Surami, carte postale russe, vers 1900. vignette|220px|Train renversé par les grévistes à Tbilissi pendant la révolution de 1905. vignette|220px|Train blindé des combattants irréguliers géorgiens à Tbilissi, 1918. vignette|220px|Premier essai d'une locomotive électrique PB 21-01 entre Khachouri et Gori, 1934. vignette|220px|115e anniversaire du chemin de fer en Azerbaïdjan : automotrice électrique devant la vieille gare de Sabuncu. Azermarka Company, 1996. vignette|220px|Terminal ferroviaire de Poti, 2008.
La ligne transcaucasienne est un axe stratégique des chemins de fer de l'Empire russe destiné à relier les différentes provinces de la vice-royauté du Caucase. Elle construite à partir de 1865 par une compagnie privée. Elle part de Poti, sur la mer Noire, atteint Zestafoni en 1871, Tbilissi en 1872. Une branche atteint Koutaïssi en 1877. Elle sert au transport des troupes russes pendant la guerre russo-turque de 1877-1878 qui entraîne l'annexion par la Russie de l'oblast de Kars. À partir de 1880, la ligne est reliée par ferry-boat au chemin de fer transcaspien qui dessert les provinces d'Asie centrale (Turkestan russe). La liaison avec Bakou, sur la mer Caspienne, est achevée en 1883. En 1887, le prolongement de la voie ferrée permet l'ouverture des mines de charbon de Tkibuli. En 1894, une embranchement relie Mikhaïlovo (Khachouri) à la station thermale de Bordjomi. En 1899, un autre embranchement va de Tbilissi à Kars, devenue la principale forteresse russe de la région. En 1900, le Transcaspien est relié au reste du chemin de fer russe par l'ouverture d'une ligne de Bakou à Makhatchkala et Astrakhan. En 1902, une ligne secondaire à voie étroite relie Bordjomi à la station de ski de Bakouriani. En 1913, à la veille de la Première Guerre mondiale, le Transcaucasien est prolongé de Kars à Sarıkamış sur la frontière de l'Empire ottoman.
Le chemin de fer complète d'autres équipements construits sous l'Empire russe tels que la route militaire géorgienne, le télégraphe et l'oléoduc de Bakou à Batoumi, achevé en 1906.
En 1900, l'Empire ottoman signe une convention avec la Russie prévoyant la construction d'une ligne prolongeant le réseau russe vers l'Arménie ottomane : l'entreprise doit être financée par des capitaux ottomans ou, à défaut, par des capitaux russes. Mais le projet ne peut être réaliséYves Ternon, Empire ottoman - Le déclin, la chute, l'effacement, éditions du Félin, 2002, p. 212..
En 1914, les deux Empires russe et ottoman se trouvent dans les camps opposés. Après la victoire russe de la bataille de Sarıkamış (-), la campagne du Caucase tourne à l'avantage des forces russes qui avancent profondément en territoire ottoman. Après la bataille d'Erzurum (janvier-), les Russes construisent une ligne à voie étroite pour ravitailler leurs troupes jusqu'à Erzurum et plus tard .
Révolution et guerre civile (1917-1922) La révolution russe entraîne la dissolution de l'armée russe du Caucase et de la vice-royauté du Caucase, suivis par l'apparition d'une série de pouvoirs de courte durée : Comité spécial de Transcaucasie et Assemblée transcaucasienne. L'armée allemande lors de l'expédition allemande dans le Caucase, l'armée ottomane et l'Armée islamique du Caucase, recrutée en partie parmi les musulmans locaux, tentent de s'assurer le contrôle de la voie ferrée et du pétrole de Bakou. La bataille de Bakou (juin-) oppose la coalition pro-ottomane (Armée islamique et nationalistes azerbaïdjanais) aux nationalistes arméniens, aux bolcheviks et à un corps expéditionnaire britanniqueTimothy C. Winegard, The First World Oil War, University of Toronto, 2016, .
Après la capitulation ottomane à l'armistice de Moudros, le Caucase du sud se partage entre trois États nationaux, la république démocratique d'Arménie, la république démocratique d'Azerbaïdjan et la république démocratique de Géorgie. Le traité d'Alexandropol, signé le , met fin à la guerre arméno-turque et fixe la frontière entre l'Arménie et la Turquie sur sa limite actuelle.
En 1921, les trois républiques du Caucase du sud passent successivement sous la tutelle soviétique. Leurs frontières avec la Turquie sont confirmées par le traité de Kars () signé entre la Turquie et l'Union soviétique. Une section de chemin de fer de 404 km en territoire turc, entre Erzurum et Kars, reste sous l'administration de la Compagnie du chemin de fer transcaucasien. La ligne d'Erzurum à Yeniköy est abandonnée en 1921.
Époque soviétique (1922-1991) Le chemin de fer transcaucasien est nationalisé par le régime communiste et devient une partie des . Il dépend du .
À partir de 1924, une nouvelle ligne est construite au sud de Bakou pour relier (Ələt), Şirvan et le nouveau port de Neftçala. En 1927, l'URSS abandonne à la Turquie ses droits sur le chemin de fer d'Erzurum à Akyaka, en territoire turc. En 1925, une nouvelle branche est construite entre Gyumri et Maralik, et une autre est mise en chantier, partant de Senaki, vers le littoral russe de la mer Noire. Cette dernière ligne atteint Gali en 1930, Soukhoumi en 1938 et Adler en 1949. En 1935, une branche relie Koutaïssi à Tskhaltubo. En 1940, deux nouvelles branches sont ouvertes, l'une de Gori à Tskhinvali, l'autre vers les mines de charbon de Tkvartchéli. En 1941, deux lignes sont ouvertes, de Şirvan à Djoulfa et de Salyan à Astara, le long de la frontière de l'Iran, reliées aux chemins de fer iraniens. Enfin, une ligne reliant Tbilissi au port de Batoumi, sur la mer Noire, est construite dans les années 1960.
Époque post-soviétique (1991-présent) En 1991, la dissolution de l'Union soviétique entraîne celle du . Le réseau est partagé entre trois nouvelles compagnies nationales : (HYU) pour , (ADY) pour et Chemins de fer géorgiens (SR) pour .
Caractéristiques techniques L'axe principal, le , est long de 897 km. Il est à voie large à l'écartement russe (), plus large que l'écartement occidental (). Le matériel roulant est celui du chemin de fer impérial russe, puis soviétique ; il commence à être électrifié à partir de 1934. Dans la chaîne des monts Likhi, la pente atteint 46 ‰. Un tunnel passe sous le col de Surami : ouvert en 1890, il est long de .
Parcours Distances en kilomètres par rapport à la gare centrale de Tbilissi. De Poti à Samtredia 312,1 : Poti (port sur la mer Noire) 304,0 : Sag 301,2 : Gare de Colchide 295,1 : Khaladidi 284,0 : Durghena 282,2 : Kvaloni 276,0 : Tekleti 272,1 : Senaki 267,3 : Nosiri 263,8 : Agurkarkhana 262,0 : Dziguri 258,2 : Abacha 252,8 : Kolobani 249,1 : 247,2 : Nigzviani 244,0 : Samtredia
De Batoumi à Samtredia 104,1 : Batoumi 102,0 : Bartjana 100,9 : Tamara 98,2 : Makhinjauri 96,2 : Mtsvane-Kontskhi 94,0 : Jardin botanique de Batoum 91,0 : Tchakvi 88,4 : Tsikhisdziri 85,3 : Buknari 82,1 : Kobuleti 51,0 : Soupsa 29,8 : Lantchkhouti 6,1 : Dapnari 244,0 : Samtredia
De Samtredia à Tbilissi 244,0 : Samtredia 217,3 : Brotseula, embranchement du 183,0 : Zestafoni 120,0 : Khachouri, embranchement du vers 76,1 : Gori 0 : Gare centrale de Tbilissi
De Tbilissi à Mingachevir 30,9 : Roustavi 39,1 : Gardabani 88,9 : Ağstafa, embranchement du vers Erevan 181,9 : Gandja (ancienne Elisavetpol) 238,6 : Mingachevir, embranchement vers Stepanakert
De Mingachevir à Bakou 250,1 : Yevlax 341,4 : Kürdəmir 460,1 : , embranchement du et vers Astara 498,5 : , embranchement vers Sumqayıt et Moscou 548,8 : Bakou
Cartes
Articles connexes Histoire du transport ferroviaire en Russie Ligne Bakou-Tbilissi-Kars Transcaspien
Notes et références
Sources et bibliographie dans sa version du . dans sa version du .
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