Maranville est une commune française située dans le département de la Haute-Marne, en région Grand Est, dans l'ancienne région Champagne-Ardenne.

Géographie Maranville est une commune rurale située à l'ouest du département de la Haute-Marne, à la confluence entre le Brauzé et l'Aujon. Elle est traversée par ce dernier.

La commune se situe à de Chaumont, la préfecture, et à 13 km de Châteauvillain, le chef-lieu de canton.

La commune s'étend sur , à une altitude de 209 mètres.

Localisation

Communes les plus proches à vol d'oiseau :

Rennepont à Cirfontaines-en-Azois à Vaudrémont à 2,9 km Longchamp-sur-Aujon à Aizanville à

Géologie et relief Le relief autour de Maranville est caractérisé par une vallée (dans laquelle le village s'est installé) creusée par l'Aujon et le Brauzé. Le village n'est pas encaissé entre deux hauteurs comme la plupart des villages voisins.

Hydrographie La commune est dans la région hydrographique « la Seine de sa source au confluent de l'Oise (exclu) » au sein du bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par l'Aujon, le Fossé 01 du Val Lobot, le Brauze, le canal 01 de la commune de Maranville, le cours d'eau 01 des Pâquis et le ruisseau de Sainte-Libère..

L'Aujon, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Perrogney-les-Fontaines et se jette dans l'Aube à Longchamp-sur-Aujon, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de l'Aujon sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 21/05/2024 à 02:05 TU à partir des 288 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/05/2000 au 01/04/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..

redresse=1.2|vignette|centre|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Maranville.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Cunfin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Maranville est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols vignette|redresse=1.2|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (61,5 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (60,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (61,1 %), terres arables (30,5 %), zones urbanisées (3 %), prairies (3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,4 %)..

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..

Logement Sur les 217 logements qu comptait le village en 2019, 30 étaient vacants et 19 étaient des résidences secondaires et logements occasionnels. 31,3% des Maranvillois ont emménagé au village il y a plus de 30 ans contre seulement 8,3% il y a moins de deux ans..

Lieux-dits, hameaux et écarts L'ouvrage La Haute-Marne ancienne et moderne d'Émile Jolibois daté de 1858 fait état d'un seul écart : celui du moulin, appelé Moulin du Comte au XIIe siècle. Le moulin était situé sur la rue Mongeot Tissot (Route Départementale n°184).

Cependant, on peut noter la présence de la ferme des Halles, située à l'est du village.

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Malenvilla (1162) ; Mandrevilla (vers 1200) ; Mandavilla (1222-1243) ; Maleinvilla (1242) ; Maranvilla (1244) ; Malanvilla (1247) ; Marroville, Marenville (1276-1279) ; Maranville (1320) ; Maremville (1324) ; Mareinville (1348) ; Maranville (1586)..

Il est mentionné sous sa forme actuelle sur les cartes de Cassini et d'état-major.

Histoire

L'époque gallo-romaine À l'époque gallo-romaineArchives départementales 2 REV 2 p. -163Textes d'archéologie haut-mamaise. Recueil n°5, Maranville ou Maranvilla ou Malinvilla est une localité située à 300 mètres de la très importante voie romaine de Langres à Reims, entre Bar-sur-Aube (Segessera) et Chaumont (Saint-Roch ou la vieille cité). vignette|Mosaique de Maranville. Le quartier d'Irceville ou Hirceville ou Hirci-villa (la ferme du nommé Hircus) occupe l'emplacement d'une cité détruite lors des invasions germaniques. Sur la côte du Fouillot, on peut voir les traces d'un camp romain, des fossés en délimitant encore l'enceinte. Ce castrum était une redoute romaine à 328 mètres d'altitude, soit 124 mètres au-dessus de la plaine, poste de garde surveillant les vallées de la Renne et de l'Aujon. Au milieu de ce hameau d'Irceville, un monticule très apparent ne serait qu'un amoncellement de ruines.

En 1838, des fouilles ont été entreprises au lieu-dit Irceville par le Dr Forgeot de Chaumont mettant au jour 80 squelettes séparés les uns des autres par des petits murs de briquesLa Semaine religieuse, n° 1893, page 701. En 1897, des recherches sont faites par l'abbé Dodin qui met au jour une mosaïque de 64 mètres carrés, à seulement 25 centimètres de profondeur. Une partie de cette mosaïque est exposée au musée de ChaumontLe récit de ses fouilles et la description de ses trouvailles ont été décrits par l'abbé Dodin et publiés par la Société d'archéologie de Chaumont (cahier n°6). Puis, vers 1922, M. Valdan, instituteur à Rennepont, fait des trouvailles dans deux champs l'un en bordure de la Renne (débris de tôlerie, épingle en os, lame en fer, etc.), l’autre à Hirceville, à 100 mètres au sud du jardin où a été découverte la mosaïque (importants débris de constructions gallo-romaines, fragments de colonnes cannelées, socles avec moulures, pierres rainées et striées (pas de débris de poterie, ni de médailles). Au , un médecin maranvillois a cédé à Joseph Royer, conservateur du musée de Langres, un « Dis Pater », statuette de bronze trouvée sur le territoire de la commune. Le , des travaux de terrassement mettent au jour des sarcophages dont une dizaine ont été détruits mais deux ont été sauvés.

Du Moyen Âge jusqu'en 1789 Au lieu-dit le Val Saint Père, aurait existé autrefois une abbaye où, vers l'an 451, lors de l'invasion d'Attila, les moines auraient jeté leurs trésors dans un puits.

Il faut attendre l'arrivée à Clairvaux en 1115 de celui qui sera Saint Bernard et de ses compagnons pour trouver à nouveau des renseignements. Clairvaux n'est qu'à dix kilomètres de Maranville. Les moines rayonnent dans un secteur beaucoup plus grand dans toute la région. Ils défrichaient, déboisaient les vallées, apportant de nouvelles méthodes de cultures, apprenant à conserver les récoltes dans des celliers et des granges, luttant contre les famines en élevant le niveau de vie des paysans, tout en prenant en charge la vie religieuse. Plusieurs maisons de Maranville auraient appartenu aux moines de Clairvaux.

En 1232, l'évêché de Langres abandonne le droit de patronage à l'abbaye de Clairvaux. La paroisse dépend alors de Bar-sur-Aube et la prévôté dépend du bailliage de Chaumont. En 1235, les moines du prieuré de l'Ordre de Saint-Benoît de Laferté-sur-Aube, qui dépendaient de l'abbaye de Saint-Claude du Jura, cédèrent à l'abbaye de Clairvaux le douzième des dîmes de Maranville et de Clairvaux.

Il y eut des seigneurs de Malanville, le plus connu étant Arnoul de Malanville (on dit aussi Maranville) qui, en 1241, donne aux religieux de Clairvaux des terres de la vallée de la Croix, près de la « vieille carrière de la Croix ». vignette|le Château de Maranville ( 1913 ) Toujours selon Émile Jolibois, on distingue dès le début du l'ancienne demeure seigneuriale, située sur la rive droite de l'Aujon, au pied de la montagne couronnée par le bois Barmont. En 1667, le Seigneur s'appelait Nicolas Becquet qui s'est rendu célèbre pour avoir soutenu les paysans dans un procès.

Enfin, en 1789, le fief principal appartenait au marquis Duboutet (châtellenie de Laferté) et le fief d'Hirceville, qui existait déjà au , était possédé par Hannaire-Rôcourt. Il existait encore deux autres fiefs : celui d'Orancourt et celui de Grosnay.

À la même époque, Maranville faisait partie du doyenné de Chaumont et du diocèse de Langres. La commune faisait partie de l'élection de Bar-sur-Aube, généralité de Champagne et de la prévôté de Bar-sur-Aube au bailliage de Chaumont. La justice était partagé entre le bailliage ducal de Châteauvillain et de Bar-sur-Aube en raison de la présence de deux seigneuries.

Temps Modernes vignette|la Fabrique de queues de billards ( 1906 ) Comme en témoigne une carte postale ancienne du début du XXe siècle, il existait à Maranville l'usine qui produisait les célèbres queues de billards Hiolle pour le monde entier. Un article du journal "la Haute-Marne libérée" (actuel JHM: Le Journal de la Haute-Marne) datant du , il est dit que: "Il n'est pas exagéré de prétendre que l'usine de Maranville fournit à la fin des années 1800 la presque totalité du monde en queues de billard...Elle employait, avant 1914, 35 ouvriers...Elle usinait alors 300.000 mètres cubes de bois chaque année...". Cette activité disparaît en 1982https://billard-billiards.net/hiolle.htm - .

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