Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Einsatzkommandos étaient des sous-groupes des cinq Einsatzgruppen, unités de police militarisée créées par le gouvernement du Reich.
Les Einsatzkommando comptent jusqu'à au total, composés d'effectifs d'unités régulières de la police allemande (Ordnungspolizei), de membres de la SS (entre 500 à 1 000) et de la Wehrmacht. Ces unités spéciales opéraient dans les territoires occupés et avaient pour mission d'assassiner systématiquement les opposants réels ou imaginaires au régime nazi : par exemple, les cadres civils et militaires de la Pologne envahie, les roms, les homosexuels, les socialistes et les communistes, les collaborateurs du NKVD, les commissaires politiques, ou les JuifsThomas Urban, reporter of the Süddeutsche Zeitung ; Polish text in Rzeczpospolita, Sept 1–2, 2001...
À compter de et l'opération Barbarossa, qui entraîna le large repli de l'Armée rouge, les Einsatzgruppen se sont divisés en dizaines de commandos plus petits (Einsatzkommandos), responsables de l'assassinat systématique des prétendus ennemis du Reich derrière les lignes de la Wehrmacht.
Après la guerre, plusieurs officiers de la SS ou de la Ordnungspolizei, ayant eu des responsabilités au sein des Einsatzkommando, ont été jugés, notamment dans le procès des Einsatzgruppen qui s'est tenu à Nüremberg en 1947 et 1948, reconnus coupables de crimes de guerre et pendus. Mais la majeure partie des exécuteurs n'a jamais été ni inquiétée ni jugée.
est un terme encore employé dans la dénomination d'organisations militaires et policières comme le SEK allemand et le GEK Cobra autrichien.
Organisation des Einsatzgruppen
Les Einsatzgruppen étaient des unités policières très hiérarchisées initialement prévus à compter de l' invasion par les nazis allemands de l'Autriche - Anschluss en sous la direction de Reinhard Heydrich — chef du SD et du Sicherheitspolizei (Service de sécurité du parti nazi et Police de sûreté, principale force régulière de police allemande depuis sa création en 1936).
Opérant au sein de la SS, le premier Einsatzgruppe de la Seconde Guerre mondiale est formé au cours de l'invasion de la Pologne en afin d'éliminer physiquement les opposants polonais au nazisme. Ensuite, à la suite d'une directive d'Hitler et d'Himmler, les autres Einsatzgruppen sont formés en prévision de l'invasion de l'Union soviétique en . Ces groupes, placés sous l'autorité administrative de l'armée allemande, dépendaient du Reichssicherheitshauptamt et étaient sous le contrôle du commandant supérieur des SS Reinhard Heydrich. À sa mort en 1942, Ernst Kaltenbrunner est nommé commandant supérieur des cinq Einsatzgruppen.
Le premier Einsatzgruppe en Pologne occupée
droite|vignette|Invasion de la Pologne, de gauche à droite : Ludolf Jakob von Alvensleben, Erich Spaarmann, Hans Kölzow et Christian Schnug, chefs des Volksdeutscher Selbstschutz au moment du massacre de Bydgoszcz, à Bromberg. Les premiers Einsatzgruppen de la Seconde Guerre mondiale ont été formés en 1939 en préparation de l'invasion de la Pologne. Ils étaient composés de fonctionnaires de la Gestapo, du Kripo et de la SD, déployés lors de l'opération Tannenberg et lIntelligenzaktion jusqu'au printemps 1940 , suivie par l'AB-Aktion allemande qui s'est terminée fin 1940. Bien avant l'attaque contre la Pologne, les nazis, aidés par la minorité allemande vivant sur le territoire de la Deuxième République polonaise, rédigeaient une liste de personnalités polonaises contenant les noms de de l’élite polonaiseDigital version of the Sonderfahndungsbuch Polen (Special Prosecution Book-Poland), at the Silesian Digital Library (Śląska Biblioteka Cyfrowa), Poland. Retrieved May 9, 2012.. La liste, imprimée sous la forme d'un livre de 192 pages, est intitulé Sonderfahndungsbuch Polen. Il est composé uniquement de noms et de dates de naissance de politiciens, de savants, d'acteurs, de l'intelligentsia, de médecins, d'avocats, de la noblesse, de prêtres, d'officiers et de nombreux autres personnes et ce livre est mis à disposition pour les Einsatzgruppen et la Volksdeutscher Selbstschutz.. Fin 1939, dont des Juifs sont assassinés par ces groupes dans les territoires annexés, dont plus de . Richard Rhodes, Masters of Death: The SS-Einsatzgruppen and the Invention of the Holocaust, Bellona 2008. Jochen Bohler, Jürgen Matthäus, Klaus-Michael Mallmann, Einsatzgruppen in Polen, Wissenschaftl. Buchgesell 2008. AB-Aktion, Shoah Resource Center, International Institute for Holocaust Research. Washington, DC..
Les unités opérationnelles de la SS reçoivent des chiffres romains pour la première fois le . Avant, leurs noms provenaient du nom de leurs lieux d'origine en langue allemande..
Einsatzgruppe I ou EG I–Wien (sous le commandement du SS-Standartenführer Bruno Streckenbach), déployé avec la Einsatzkommando 1/I : SS-Sturmbannführer Einsatzkommando 2/I : SS-Sturmbannführer Bruno Müller Einsatzkommando 3/I : SS-Sturmbannführer Einsatzkommando 4/I : SS-Sturmbannführer Karl Brunner Einsatzgruppe II ou EG II–Oppeln (sous le commandement du SS-Obersturmbannführer Emanuel Schäfer), déployé avec la Einsatzkommando 1/II : SS-Obersturmbannführer Einsatzkommando 2/II : SS-Sturmbannführer Einsatzgruppe III ou EG III–Breslau (sous le commandement du SS-Obersturmbannführer und Regierungsrat ), déployé avec la Einsatzkommando 1/III : SS-Sturmbannführer Einsatzkommando 2/III : SS-Sturmbannführer
Einsatzgruppe IV ou EG IV–Dramburg (sous le commandement du SS-Brigadeführer Lothar Beutel, remplacé par Josef Albert Meisinger en ) déployé avec la en Poméranie (EG-V) Einsatzkommando 1/IV : SS-Sturmbannführer und Regierungsrat Helmut Bischoff Einsatzkommando 2/IV : SS-Sturmbannführer und Regierungsrat Einsatzgruppe V ou EG V–Allenstein (sous le commandement du SS-Standartenführer Ernst Damzog), déployé avec la Einsatzkommando 1/V : SS-Sturmbannführer und Regierungsrat Einsatzkommando 2/V : SS-Sturmbannführer und Regierungsrat Einsatzkommando 3/V : SS-Sturmbannführer und Regierungsrat Einsatzgruppe VI (sous le commandement du SS-Oberführer Erich Naumann), déployé en Grande-Pologne Einsatzkommando 1/VI : SS-Sturmbannführer Einsatzkommando 2/VI : SS-Sturmbannführer Gerhard Flesch Einsatzgruppe z. b. V.z. b. V. = zur besonderen Verwendung – "for special use". (sous le commandement du SS-Obergruppenführer Udo von Woyrsch et du SS-Oberführer Otto Rasch), déployé en Haute-Silésie et en Silésie de Cieszyn Einsatzkommando 16 ou EK–16 Danzig (sous le commandement du SS-Sturmbannführer Rudolf Tröger), déployé en Poméranie après le retrait des EG-IV et EG-V. Le commando a été impliqué dans les massacres à Piaśnica, connus sous le nom de Pommern Katyń, entre et le printemps 1940. Les tireurs civils appartenaient à la milice allemande du Volksdeutscher Selbstschutz, aidant le groupe EK-16. Au cours de cette période, environ , Juifs, Tchèques et Allemands anti nazis ont été assassinés. Cette unité SS ne doit pas être confondue avec l' du déployé en Croatie (voir ci-dessous).
Einsatzgruppe A L'Einsatzgruppe A, attaché au groupe d'armées Nord, a été formé à Gumbinnen en province de Prusse-Orientale le . Stahlecker — son premier commandant — a déployé l'unité vers la frontière lituanienne. Son groupe était composé de 340 hommes de la Waffen SS, de 89 policiers de la Gestapo, 35 membres du SD, de 133 policiers réguliers de l'Orpo et de 41 inspecteurs et commissaires de la Kripo.. Lorsque les troupes soviétiques se retirent de la capitale temporaire lituanienne Kaunas, la ville est reprise le lendemain par les Lituaniens lors du soulèvement antisoviétique. Le , l' entre à Kaunas avec des unités avancées de l'armée allemande..
SS-Brigadeführer und Generalmajor der Polizei Franz Walter Stahlecker ( – ) SS-Brigadeführer und Generalmajor der Polizei Heinz Jost ( – ) SS-Oberführer und Oberst der Polizei Humbert Achamer-Pifrader ( – ) SS-Oberführer Friedrich Panzinger ( – ) SS-Oberführer und Oberst der Polizei Wilhelm Fuchs ( – )
Sonderkommando Arājs
SS-Sturmbannführer Viktors Arājs ( - 1944)
Sonderkommando 1a SS-Obersturmbannführer Martin Sandberger ( – 1943) SS-Obersturmbannführer Bernhard Baatz ( – )
Sonderkommando 1b SS-Oberführer und Oberst der Polizei Erich Ehrlinger (juin – ) SS-Sturmbannführer Walter Hoffmann (janvier – ) SS-Obersturmbannführer Eduard Strauch (mars – ) SS-Sturmbannführer Erich Isselhorst ( – )
Einsatzkommando 1a SS-Obersturmbannführer Martin Sandberger ( – 1942) SS-Obersturmbannführer Karl Tschierschky (1942) SS-Sturmbannführer Erich Isselhorst ( – ) SS-Obersturmbannführer Bernhard Baatz (juin – )
Einsatzkommando 1b SS-Sturmbannführer (juin – ) SS-Sturmbannführer Manfred Pechau (octobre – )
Einsatzkommando 1c SS-Sturmbannführer ( - )
Einsatzkommando 2 SS-Obersturmbannführer Rudolf Batz (juin – ) SS-Obersturmbannführer Eduard Strauch ( – ) SS-Sturmbannführer Rudolf Lange ( –1944) SS-Sturmbannführer Manfred Pechau () SS-Sturmbannführer Reinhard Breder ( – ) SS-Obersturmbannführer ( – ) droite|vignette| — feuille de pointage du rapport Jäger (1941).
Einsatzkommando 3
SS-Standartenführer Karl Jäger ( – ) SS-Oberführer und Oberst der Polizei Wilhelm Fuchs ( – ) SS-Sturmbannführer Hans-Joachim Böhme ( – )
Rapport Jäger Le rapport Jäger montre précisément les activités d'un groupe mobile de tuerie. Il s'agit d'un rapport d'activités de l', montrant le nombre total d'assassinats effectués par celui-ci : (, , ) et , handicapés mentaux ou autres, sur la période du au ..
L a opéré dans le district de Kovno et à l'ouest de Vilna, en Lituanie occupée. Le Rollkommando Hamann commandé par l'officier Joachim Hamann s'est tristement distingué par le nombre de personnes assassinés durant quelques mois de l'année 1941 : au moins furent exterminés dans les campagnes lituaniennes et estoniennes par ce petit groupe (ne dépassant pas la centaine d'hommes), composé en majorité de Lituaniens volontaires...
Le se poursuivit jusqu'en 1942, date à laquelle les camps de la mort remplacent les exécutions par balles à ciel ouvert mises en œuvre par les Einsatzkommandos.
Einsatzgruppe B Le commandement opérationnel de l', attaché au groupe d'armées Centre, a été créé quelques jours après l'invasion de l'Union soviétique, sous le commandement du SS-Gruppenführer Arthur Nebe. Il quitte la ville de Poznań le avec 655 hommes de la police de sécurité, de la Gestapo, du Kripo, du SD, de la Waffen-SS et de la Compagnie du Bataillon de la Police de Réserve 9. Le , Himmler visite le district de Bialystok où il déclare qu'il faut plus de forces dans la région en raison des risques potentiels de guerre partisane. L'avancée des Allemands après la retraite rapide de l'Armée rouge laisse derrière elle une insécurité grandissante, nécessitant un déploiement urgent de personnel supplémentaire. droite|vignette|Płock (Schröttersburg) déploiement de l', à l'est du camp d'extermination de Chełmno. Le brouillage de la « nouvelle menace » du quartier général de la Gestapo à Zichenau (Ciechanów) forme une unité moins connue appelée kommando SS Zichenau-Schroettersburg quittant la sous-station Schröttersburg (Płock), sous le commandement du SS-Obersturmführer Hermann Schaper, avec pour mission l'assassinat de juifs, de communistes et de collaborateurs du NKVD dans les villages et les villes. Le , la formation supplémentaire de la Schutzpolizei arrive à Białystok, convoqué par le gouvernement général. Il est dirigé par le SS-Hauptsturmführer Wolfgang Birkner, ancien combattant de l' lors de la campagne polonaise de 1939. L'unité de secours, appelée Kommando Bialystok., est envoyée par le SS-Obersturmbannführer Karl Eberhard Schöngarth, répondant aux ordres du Reichssicherheitshauptamt (RSHA). Le , l'unité de Schaper est divisée en petits groupes d’Einsatzkommandos en raison des exigences de l'opération Barbarossa Thomas Urban, "Poszukiwany Hermann Schaper", Rzeczpospolita, 01.09.01 Nr 204..