vignette|Donald Trump en 2017. La première procédure de destitution de Donald Trump, président des États-Unis, est la procédure législative lancée par le Parti démocrate envers le président américain, issu des républicains. Elle s'étend de la fin de l'année 2019 au début de 2020.
Dès le début du mandat de Donald Trump, en 2017, ses opposants font valoir qu’il se serait livré à des activités passibles de destitution (« »), notamment à la suite de l’affaire du Russiagate. Une partie des démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants, se montre d’abord assez réticente à déclencher une telle procédure et le Russiagate n’aboutit pas.
La procédure est finalement lancée dans le cadre de la controverse concernant Donald Trump et l'Ukraine. En effet, de mai à , Donald Trump, candidat à un second mandat présidentiel, et son avocat personnel Rudy Giuliani auraient fait pression sur l’exécutif ukrainien pour lancer une enquête sur l'ancien vice-président Joe Biden, candidat présenté comme l'un des favoris à la primaire démocrate pour l'élection présidentielle de 2020, ainsi que sur son fils Hunter. Un lanceur d'alerte accuse également la Maison-Blanche d'avoir tenté de dissimuler le contenu d’un appel téléphonique avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.
Donald Trump est mis en accusation par la Chambre des représentants en pour et , devenant le troisième président américain à être inculpé et à être jugé par le Sénat, après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998. D’une durée de deux semaines, son procès en destitution devant le Sénat aboutit à son acquittement, le .
Contexte et préludes Premiers débats sur une possible destitution vignette|Discours du représentant Al Green sur l’ du président Donald Trump, le . Les premières demandes pour destituer Donald Trump se concrétisent en , du fait du soutien de certains membres républicains du Congrès à cette idée. Elles se fondent sur des accusations d'ingérences russes et de soupçons de collusion entre le candidat Donald Trump et les services secrets russes lors de la campagne présidentielle de 2016 aux États-Unis... Une résolution d'impeachment échoue en dans une Chambre des représentants alors dominée par les Républicains.
Le Parti démocrate devient majoritaire à la Chambre des représentants à la suite des élections de novembre 2018, mais le Parti républicain conserve le Sénat. Les Démocrates lancent plusieurs enquêtes sur les actions et les finances de Trump. Le , de nouvelles accusations impliquant Trump font surface selon lesquelles il a demandé à son avocat de longue date Michael Cohen de mentir sous serment concernant la participation de Donald Trump à des discussions avec le gouvernement russe pour ériger une tour à Moscou.
Le rapport Mueller, publié le , n'aboutit à aucune conclusion concernant une possible entrave à la justice de la part de Donald Trump.. Mueller laisse fortement entendre qu'il appartient au Congrès de prendre une telle décision. En conséquence, la volonté de la Chambre de lancer une mise en accusation se renforce.. La présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, refuse de donner suite aux appels à la destitution, elle indique que l'accusation doit être accablante et bipartisane sinon elle diviserait le pays.. En , elle indique que les actions continues de Trump, qu'elle qualifie d'obstruction à la justice et de refus d'honorer les assignations à comparaître au Congrès, pourraient rendre nécessaire une enquête de mise en accusation...
Le , des informations semblent indiquer que la Maison-Blanche a utilisé un système informatique hautement classifié pour stocker des mémorandums de conversations avec les dirigeants et les responsables de pays tels que l'Ukraine, l'Arabie saoudite et la Russie. Cela est vu par les critiques et les médias comme une tentative délibérée de cacher des informations potentiellement dommageables.. Le également, il est dit que Trump a déclaré aux responsables russes en 2017 qu'il n'était pas préoccupé par l'ingérence russe dans les élections américaines..
Si Donald Trump avait été empêché de gouverner, les personnes appelées à le remplacer dans l'ordre de succession présidentielle auraient été le vice-président, Mike Pence, puis la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, puis le président du Sénat, Chuck Grassley. Les réticences initiales des démocrates à lancer la procédure étaient notamment dues au fait qu'ils ne sont guère enthousiasmés par Mike Pence, plus conservateur que Donald Trump...
Controverse concernant Donald Trump et l'Ukraine
vignette|redresse|Plainte anonyme du dénonciateur datée du concernant une conversation téléphonique le entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky. vignette|redresse|Mémorandum de la conversation téléphonique entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky publié par la Maison-Blanche le . Entre mai et , le président Trump, candidat à sa réélection pour 2020, et son avocat personnel Rudy Giuliani pressent le gouvernement ukrainien d'enquêter sur les activités commerciales de Hunter Biden., fils du candidat à l'élection présidentielle de 2020, Joe Biden, siégeant au conseil d'administration de la société ukrainienne de gaz naturel Burisma Holdings.
Un rapport dénonce de telles pressions survenues lors d'un appel téléphonique entre Trump et Zelensky en , dans lequel le président américain mentionne deux enquêtes possibles qu'il espère voir l'Ukraine lancer. L'une d'elles concernerait la société américaine de technologie de cybersécurité CrowdStrike. L'autre enquête concernait Joe Biden et les relations commerciales ukrainiennes de son fils Hunter Biden. Le rapport accuse la Maison-Blanche d'avoir tenté de cacher la transcription officielle de l'appel téléphonique.
En , Donald Trump suspend l'aide militaire à l'Ukraine, en ne fournissant aucune explication. Des sénateurs démocrates, dont Bob Menendez et Chris Murphy, laissent entendre que cette suspension pourrait avoir pour but de faire implicitement ou explicitement pression sur le gouvernement ukrainien pour qu'il enquête sur Hunter Biden..
Le , peu après que ces allégations sont devenues publiques, Donald Trump admet qu'il a discuté de Joe Biden lors d'un appel le avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le , la Maison-Blanche publie une partie de la conversation de Trump avec Zelensky ; le même jour, la plainte du lanceur d'alerte est transmise au Congrès.. Le , Donald Trump accuse le lanceur d'alerte d'être un « espion » et d'être coupable de trahison, dont il souligne qu'elle est passible de la peine de mort... Lui ainsi que son fils Don Jr. et Rand Paul veulent connaître l'identité du lanceur d'alerte.
Deux personnes proches de Donald Trump déclarent au New York Times que le comportement dans le scandale est typique de ses relations téléphoniques avec les dirigeants du monde.. Giuliani défend Trump, qualifiant la demande au président ukrainien de « parfaitement appropriée », tout en indiquant que lui-même a peut-être fait une demande similaire aux responsables ukrainiens.. Giuliani avait été accusé d'avoir participé à la campagne de pression ukrainienne dans le rapport du lanceur d'alerte..
Procédure Déclenchement et débuts Le , la controverse concernant Donald Trump et l'Ukraine conduit la démocrate Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, initialement réticente à cette idée à l’approche de l’élection présidentielle de 2020, à accepter le déclenchement de la procédure de destitution pour avoir trahi son serment, la sécurité nationale des États-Unis et l'intégrité du processus électif..... Le , la Chambre des représentants décide de formaliser l'enquête et le caractère public des auditions..
La Chambre des représentants demande des documents et des auditions (subpoena) pour enquêter. La Maison-Blanche invoque la doctrine du et applique la confidentialité, les témoins sont vivement dissuadés de répondre à la Chambre, pas un document des départements de l'exécutif n'est communiqué. Les démocrates dénoncent une obstruction et sans précédent comparée aux procédures concernant Andrew Johnson, Richard Nixon et Bill Clinton.
Joseph Maguire, directeur du renseignement national par intérim qui a retardé la plainte du dénonciateur d'atteindre le Congrès, témoigne devant le comité du renseignement de la Chambre des représentants le .. Il défend sa décision de ne pas transmettre immédiatement la plainte du dénonciateur au Congrès et explique qu'il a consulté le conseiller de la Maison-Blanche et le bureau du conseiller juridique du ministère de la Justice, mais qu'il n'a pas été en mesure de déterminer si le document était protégé par le privilège exécutif. Les Démocrates de la commission mettent en doute ses actions, arguant que la loi exige qu'il leur « transmette » ces plaintes. Maguire réplique que la situation était unique puisque la plainte concerne des communications du président. Les membres du comité du renseignement demandent également au directeur pourquoi il a choisi de consulter des avocats de la Maison-Blanche alors qu'il n'était pas tenu de le faire par la loi, ce à quoi il a répondu qu'il pensait « qu'il serait prudent d'avoir un autre avis ».
Le lendemain du témoignage de Maguire, une demande d'assignation est émise par la Chambre pour obtenir des documents que le secrétaire d'État Mike Pompeo avait refusé de divulguer plus tôt. Ces documents comprennent plusieurs interactions entre Trump, Giuliani et des représentants du gouvernement ukrainien.. La citation à comparaître intervient après que plusieurs demandes de la Chambre pour obtenir des documents du secrétaire d'État ont été refusées..
Après les deux premières auditions publiques, qui ont lieu le , John Dean, qui est l’un des personnages importants du scandale du Watergate, ayant provoqué en 1974 la démission de Richard Nixon, explique à CNN que ..
Trump et ses alliés républicains font constamment bloc contre l'enquête de la Chambre et dénoncent un processus partisan, une kangaroo court, une trahison, un coup d'État et une contestation contre le scrutin présidentiel de novembre 2016. Ils utilisent également les propos des démocrates du Congrès 21 ans plus tôt pour s'opposer à limpeachment de Bill Clinton, qu'ils qualifient comme un et une Reportage CNN What lawmakers said about impeachment in 1998... and 2019, où sont interrogés Jerry Nadler, Jim Sensenbrenner, Zoe Lofgren, Sheila Jackson Lee et Steve Chabot, les cinq membres de la commission judiciaire ayant siégé lors de la procédure visant Bill Clinton..
Le , Nancy Pelosi annonce avoir demandé au président de la commission judiciaire de rédiger l'acte d'accusation à l'encontre du président Donald Trump, afin qu’il soit ensuite voté à la majorité simple. Si le vote est favorable à la mise en accusation de Donald Trump, le président des États-Unis sera envoyé devant le Sénat pour un procès en destitution.. Si la plupart des analystes politiques s'accordent sur la probable mise en accusation de Donald Trump par la Chambre des représentants, où les démocrates ont la majorité, la destitution serait quant à elle improbable en raison de la majorité républicaine au Sénat, où la décision de culpabilité doit être acquise à la majorité des deux tiers ( sur 100) selon la Constitution des États-Unis..
Mise en accusation par la Chambre des représentants Le , les démocrates de la Chambre des représentants présentent officiellement les deux chefs d'accusation retenus contre le président Donald Trump, à savoir et ...