Le domaine national français en Terre sainte est un domaine français situé dans la ville de Jérusalem, en majorité à Jérusalem-Est, conquis le par l'armée israélienne. Ce domaine regroupe des possessions appartenant à la France depuis le .
Le domaine est géré et administré par le consulat général de France à Jérusalem.
Description Le domaine français regroupe quatre possessions dans la ville de Jérusalem. : l'église du , ou Éléona, à Jérusalem-Est. : le domaine comprend, au sommet du mont des Oliviers, un cloître dont la construction débute dans les années 1870 et toujours inachevé et, en sous-sol, la grotte dite « du Pater » où, selon la tradition, Jésus-Christ a enseigné la prière du Notre Père à ses disciples. le monastère d'Abou Gosh, à l'ouest de Jérusalem. : cette ancienne commanderie hospitalière du comprend une église et une crypte. Rénové par la France, le site accueille des moines et moniales bénédictins depuis . le tombeau des Rois, à Jérusalem-Est. : bien que longtemps considéré comme le tombeau des rois de Judée, le site est probablement le tombeau d'Hélène d'Adiabène, reine juive de ce territoire au , et d'une trentaine d'autres personnes. l'église Sainte-Anne, à Jérusalem-Est. : le site comprend une église du et ses abords, qui ont accueilli, selon la tradition, la maison des parents de la Vierge Marie, d'une part, et la piscine de Bethesda, d'autre part. À l'exception du tombeau des Rois, site israélite, ces possessions sont de hauts lieux de la spiritualité chrétienne.
Historique vignette|Le domaine national français vu dans le contexte géopolitique des accords d'armistice de . Le corpus separatum, correspondant à la circonscription du consulat général de France à Jérusalem est aussi indiqué. La présence française à Jérusalem remonte à l'époque des croisades.. Après la chute des États latins d'Orient, elle se voit officialisée par les capitulations de passées entre le sultan de l'Empire ottoman, Soliman le Magnifique, et le roi de France, . Dans les années et siècles suivants, d'autres capitulations sont contractées entre les souverains des deux États visant la protection des pèlerins et des lieux saints en Palestine.
La première des possessions françaises est l'église Sainte-Anne. Elle est offerte à l'empereur français, , par le sultan ottoman, , en en remerciement de l'intervention française lors de la guerre de Crimée qui vient de s'achever.
Le terrain où s'élève l'église du (ou Éléona) est acquis en par Héloïse de la Tour d'Auvergne qui y fait bâtir un monastère par l'architecte Eugène Viollet-le-Duc. La propriétaire en fait don à la France en ..
Le tombeau des Rois est fouillé par des archéologues français à partir de , avant d'être acquis par les frères Pereire, banquiers, en . Ils font don du site en à l'État français .
Le monastère d'Abou Gosh est donné à la France en par le sultan Abdulaziz en compensation de la perte de l'église Saint-Georges de Lod, donnée aux Grecs orthodoxes deux ans auparavant.
Les possessions françaises ne sont jamais remises en question par les autorités ottomanes, qui ont conquis la Palestine en . Les accords de Mytilène en puis ceux de Constantinople en confirment le « protectorat » de la France sur ces territoires et ce, jusqu'à la conquête de la Palestine par les forces britanniques en .
Les droits français sont confirmés par les États successeurs de l'Empire ottoman : les autorités britanniques pendant leur mandat en Palestine de à , puis l'État d'Israël, qui déclare son indépendance en et est reconnu par la France en , et l'autorité palestinienne, créée en et qui reconnaît les droits de la France, après discussions en .
En réponse à un parlementaire, la France confirme en sa mission de ..
Selon Frédéric Encel, géopolitologue et spécialiste du conflit israélo-palestinien, . Cependant selon Gérard Araud, ancien ambassadeur de France en Israël, ce domaine ne constitue pas, à la différence d'un consulat, une aux termes notamment de la Convention de Vienne..
Incidents Le , un incident se produit lors d'un voyage officiel de Jacques Chirac, président de la République française, à Jérusalem. Les soldats israéliens sont présents à l'intérieur de l'église Sainte-Anne. Jacques Chirac prononce cette phrase à leur encontre : (). Cet incident est souvent confondu avec un précédent incident, bien plus médiatisé, qui a lieu la même journée mais qui est en réalité sans lien avec la présence israélienne sur le domaine français..
Le , un incident similaire se produit à l'église Sainte-Anne lors d'une visite présidentielle d'Emmanuel Macron..
Le , alors que le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s'apprête à visiter le lieu, la police israélienne pénètre armée sur le site d'Éléona sans autorisation de la France et en refusant ensuite d'en sortir. Elle y arrête deux gendarmes du Consulat général de France à Jérusalem, disposant d'un statut diplomatique.. L'un des deux est empoigné de force et mis au sol avant d'être embarqué dans une voiture de police.. Cet événement provoque un incident diplomatique et la convocation, le , de l'ambassadeur d'Israël à Paris....
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie . .
Articles connexes Domaines français de Sainte-Hélène
Liens externes
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