Les Contes d'une grand'mèreDans les éditions du XIXe siècle, "grand'mère" est orthographié avec une apostrophe. Les éditions des siècles suivantes tendent à moderniser l'orthographe en "grand-mère" avec un tiret. sont un recueil de treize contes et récits fantastiques pour la jeunesse de l'écrivaine française George Sand publié à Paris aux éditions Michel Lévy frères, en deux volumes comptant respectivement cinq et huit contes, en 1873 et 1876. C'est le dernier livre publié par Sand de son vivant.

Élaboration du recueil Les contes de la première série, parus ou regroupés en volume en 1873, sont : Le Château de Pictordu, La Reine Coax, Le Nuage rose, Les Ailes du courage et Le Géant YéousNotice des Contes d'une grand-mère, premier volume, chez Michel Lévy frères, 1873 sur le catalogue général de la Bibliothèque nationale de France. Notice consultée le 29 juillet 2017..

Les contes de la seconde série, parus ou regroupés dans le second volume en 1876, sont : Le Chêne parlant, Le Chien et la Fleur sacrée, L'Orgue du Titan, Ce que disent les fleurs, Le Marteau rouge, La Fée Poussière, Le Gnome des huîtres et La Fée aux gros yeuxNotice des Contes d'une grand-mère, second volume, chez Michel Lévy frères, 1876 sur le catalogue général de la Bibliothèque nationale de France. Notice consultée le 29 juillet 2017..

Certains contes ont connu une première publication en revue. « La Reine Coax » est paru dans la Revue des deux Mondes le . « Le Géant Yéous » est ainsi paru dans la Revue des deux Mondes le George Sand, Voyage dans le cristal (regroupe le roman Laura, Voyage dans le cristal et plusieurs contes et récits fantastiques), choix, préface et bibliographie par Francis Lacassin, Union générale d'édition, coll. « Les Maîtres de l'étrange et de la peur », 1980, « Bibliographie », 315-316..

Résumés Le Château de Pictordu L'histoire se déroule en France dans le Gévaudan. Un jour, à cause d'un accident de leur chaise de poste, M. Flochardet, qui est peintre, et sa fille Diane sont contraints de passer une nuit dans les ruines de l'ancien château de Pictordu. Diane, qui est encore une enfant, est impressionnée par une statue de femme d'une grande beauté que les gens de la région appellent la Dame au voile. La nuit, la Dame apparaît à Diane et lui fait visiter le château, non pas dans son état de ruines actuel, mais tel qu'il se montrait au temps de sa splendeur.

Diane rencontre ensuite mademoiselle de Pictordu, Blanche,fille du marquis de Pictordu, un vieux noble ruiné qui possède encore le château. Diane, férue de dessin, est marquée à jamais par ses visions de la Dame. Elles l'amènent peu à peu à embrasser une carrière artistique en dépit des réserves de son père, qui n'a pas bon goût et ne comprend pas l'intérêt des dessins de sa fille. Diane doit aussi composer avec madame Laure, sa belle-mère frivole et dépensière qui ne l'aime pas.

La jeune fille est encouragée par un vieux médecin ami de son père qui devient peu à peu son précepteur puis prend en charge son éducation lorsque M. Flochardet est ruiné par sa femme.

La Reine Coax Le conte se déroule dans un château de Normandie ou de Picardie, où vivent dame Yolande et sa petite-fille Marguerite, qui a la figure d'une petite grenouille. Un été, une sécheresse frappe la région et les douves du château s'assèchent, ce qui tue poissons et grenouilles. Marguerite fait alors assécher les douves et les fait réaménager en jardins.

Sa grand-mère lui ayant fait remarquer gentiment qu'elle regrette un peu les anciennes douves, Marguerite, attristée, va se promener en suivant le ruisseau qui part des jardins et rencontre une grosse grenouille. Celle-ci lui parle et se présente comme la reine Coax. Elle lui demande de ne plus assécher son royaume et, voyant Marguerite émue, elle lui propose de la suivre dans son palais. Marguerite s'apprête à plonger mais elle est retenue au dernier moment par Névé, l'un de ses cygnes apprivoisés.

Elle reprend ses esprits et rentre au château où dame Yolande s'inquiétait. Le lendemain, elle croit entendre la voix de Névé qui disant qu'il veille sur elle et qu'il doit se méfier de Coax.

Au salon, Marguerite découvre un visiteur : son cousin, Mélidor de Puypercé, longtemps absent et devenu colonel, qui fréquente le beau monde à Paris. Au souper, il s'enivre et devient désagréable, et en est réduit à s'excuser piteusement le lendemain. Marguerite et lui se promènent alors ensemble dans le domaine. Mélidor apparaît assez méprisant et attaché à la valeur monétaire de tout ce qu'il voit. En apercevant la reine Coax, il veut la tuer pour la manger. Marguerite s'interpose et il se ravise, mais il se moque de sa façon de parler aux grenouilles qu'il juge très campagnarde. Il lui fait miroiter une vie de luxe à Paris une fois qu'elle aura hérité de sa grand-mère et la tente. Mais Marguerite se trouve bien avec dame Yolande et ne veut pas entendre parler de sa mort. Mélidor décide alors de repartir le lendemain. Dame Yolande révèle à Marguerite que Mélidor veut l'épouser et elle lui laisse le choix de le retenir ou non le lendemain matin.

Troublée et perplexe, Marguerite rentre dans sa chambre et cherche le sommeil en vain, car elle est tentée de retenir Mélidor pour l'épouser. Elle se retrouve sans savoir comment dans les douves, au bord d'un des bassins, où elle rencontre la reine Coax, qui lui conseille d'épouser Mélidor. La reine Coax raconte son histoire à Marguerite : elle lui révèle qu'elle est l'une de ses aïeules. Née humaine, nommée Ranaïde, elle fut formée aux sciences occultes par son père et se spécialisa dans l'art des transformations. Elle se maria au prince Rolando. Une nuit, après s'être changée en grenouille, elle oublia de se retransformer en humaine au retour. Au matin, Rolando, effrayé de voir une énorme grenouille dans le lit de son épouse, lui trancha une patte. La patte repoussa par magie, mais quand Ranaïde parvint à se retransformer en humaine, son bras guéri garda la forme d'une patte de grenouille. Ranaïde dut en outre s'assurer que Rolando ne verrait jamais cette patte, car une loi de la magie dit que ceux qui reçoivent des dons magiques sont contraints de tuer ceux qui les découvrent, et s'ils ne le font pas, les esprits qui accordent ces dons s'en chargent. Pour s'assurer que cela n'arriverait jamais, Ranaïe dut transformer Rolando en cygne pour deux cents ans. Mais depuis, ce dernier, qui ignore pourquoi elle a fait cela, cherche à la tuer. Quant aux esprits, ils ont forcé Ranaïde à redevenir grenouille et à épouser Coax, le roi des grenouilles.

La reine Coax révèle alors à Marguerite que ces deux cents ans seront révolus cette nuit et qu'elle peut redevenir humaine. Pour cela, elle demande à Marguerite de lui apporter son ancienne parure de mariée, que dame Yolande détient. Marguerite s'exécute. La reine Coax revêt les bijoux et commence à s'agiter en prononçant des incantations : elle devient encore plus difforme, mais ne redevient pas humaine. Marguerite finit par éclater de rire dans le spectacle est ridicule. La reine Coax s'en courrouce et l'ensorcelle en lui transférant sa propre laideur. Le soleil se lève. Marguerite, terrifiée, s'aperçoit que la reine Coax est morte, à demi transformée en humaine. Près d'elle, Rolando, redevenu humain mais portant toujours dans le dos ses ailes de cygne, reprend les bijoux et les lui donne pour que Marguerite regagne sa beauté. Rolando explique à Marguerite que la reine Coax lui a menti : c'était une magicienne criminelle qui l'avait ensorcelé pour cacher ses secrets maudits. La mort de la reine Coax l'a délivré. Rolando s'envole alors.

Marguerite retourne au château et se demande si elle a rêvé. Le jardinier vient lui dire que le cygne Névé s'est échappé. Peu après, la jeune femme voit le colonel Mélidor qui s'éloigne sur son cheval, et elle n'a plus envie de le retenir. Revenue auprès de dame Yolande, elle lui demande de lui raconter le conte de la grenouille transmis par sa grand-mère. Toutes deux s'interrompent en apercevant un morceau de papier qui entre par la fenêtre : c'est un fragment de lettre de Mélidor à sa mère qui a été dérangé par le vent à l'étage supérieur. Elles découvrent ainsi que Mélidor n'aimait nullement Marguerite et cherchait à l'épouser pour son argent, car il est très endetté. Marguerite n'a plus de regrets et reste vivre paisiblement avec dame Yolande.

Le Nuage rose Catherine est une jeune bergère qui vit avec sa mère Sylvaine à la campagne. Un soir qu'elle a laissé s'égarer l'une de ses brebis, elle aperçoit le brouillard en train de former des nuages au-dessus d'une mare. Elle est impressionnée par un petit nuage de couleur rose qu'elle finit par capturer dans son tablier. Quand elle le libère une fois rentré chez elle, il lui semble qu'il s'envole. Le nuage grossit et devient un nuage d'orage qui provoque une tempête sur la région.

Pendant ce temps, Catherine apprend à filer la laine et devient très habile. Quelques années après, lorsque Catherine atteint l'âge de douze ans, sa mère lui propose de rendre visite à sa grand-tante Colette, qui vit dans la montagne. En dépit de son grand âge, Colette est une fileuse si habile qu'on la surnomme la « grande fileuse de nuages ». Catherine, fascinée, souhaite apprendre les secrets du filage de nuages auprès de Colette. La petite fille est persuadée que Colette a un secret, mais la vieille femme se contente de lui dire de s'entraîner tous les jours à filer du fil extrêmement fin.

Catherine est persuadée que sa grand-tante refuse de lui dire son secret et va jusqu'à essayer de l'espionner pendant qu'elle file. Finalement, Colette lui révèle qu'elle n'a pas d'autre secret que de longues années de travail.

Les Ailes de courage L'histoire se passe en france, dans le pays d’Auge, du côté de Saint-Pierre-d’Azif (actuellement Saint-Pierre-Azif). Clopinet est le fils de deux paysans, Doucy et Doucette, et c'est le seul de leurs enfants à être boiteux. Il voudrait devenir marin, mais personne ne le prend au sérieux à cause de son infirmité et de son caractère peureux.

Clopinet consacre beaucoup de temps à observer la nature, en particulier les oiseaux marins. Un jour, son père le confie en apprentissage à un tailleur laid et méchant qui terrifie Clopinet. Sur la route, le petit garçon, déjà maltraité par son maître, finit par s'enfuir. Il se retrouve seul dans la campagne et doit apprendre à survivre par lui-même. Dans sa solitude, il pense à une expression utilisée par son oncle Laquille : quand Doucy se moquait de Clopinet en disant qu'il s'enfuyait si souvent que c'était comme s'il était né avec des ailes aux épaules, Laquille a répondu qu'un jour il lui en pousserait d'autres. Clopinet comprend qu'il s'agit d'ailes de courage et trouve peu à peu confiance en lui.

Le Géant Yéous