La Ferrari 360 Modena GT, souvent abrégée en Ferrari 360 GT (née Ferrari 360 Modena N-GT en 2001) est une automobile de compétition développée et fabriquée par Michelotto, conjointement avec Ferrari pour courir dans la catégorie GT de l'Automobile Club de l'Ouest (ACO) ainsi que dans la catégorie N-GT de la Fédération internationale de l'automobile (FIA). Elle est dérivée de la Ferrari 360 Modena, d'où elle tire son nom.

En 2000, JMB Competition et Michelotto s'associent pour développer une voiture qui serait homologuée dans la catégorie N-GT de la FIA par de simples modifications de la Ferrari 360 Challenge, dont l'écurie monégasque JMB Competition est l'une des principales utilisatrices. Pour la saison 2001, la voiture est renommée Ferrari 360 Modena N-GT du fait de la catégorie de la FIA dans laquelle elle concourt. Dès sa première année en compétition, la Ferrari 360 Modena GT exploitée par l'écurie monégasque, remporte le championnat FIA GT en faisant face aux nombreuses Porsche 911 GT3 RSR (996). Les titres équipes et pilotes (avec Christian Pescatori associé à David Terrien) y sont glanés. Enfin, en 2002, le titre acquis donne des idées à Ferrari qui souhaite désormais, avec l'aide de Michelotto et JMB Competition prendre les choses en mains. De nombreuses modifications beaucoup plus importantes voient le jour et ainsi naît la Ferrari 360 Modena GT. Après une place de vice-champion en championnat FIA GT, la 360 Modena GT termine deuxième du classement général aux 24 Heures de Daytona l'année suivante.

Genèse du projet En 1993, Ferrari décide de développer un modèle de compétition dérivé d'un modèle de série. L'idée est que le public puisse reconnaître facilement la voiture sur la piste et l’identifier de manière à pouvoir faire le lien avec le modèle de route. C'est ainsi que naît la Ferrari 348 Challenge. Un championnat mono-modèle est créé pour l'occasion : le Ferrari Challenge. En 1995, la 348 Challenge est remplacée par la Ferrari 355 Challenge, qui elle-même, est remplacée en 2000 par la Ferrari 360 Challenge. Fin 1999, devant l'engouement du modèle Challenge, JMB Competition et Michelotto s'associent pour développer une voiture qui serait homologuée dans la catégorie N-GT de la Fédération internationale de l'automobile. Elle sera basée sur la version Challenge. Au total, trente-huit châssis seront fabriqués.

Aspects techniques La version GT de la 360 Modena, est dérivée de la version Challenge. Elle est déclinée en deux versions, l'une pour la réglementation N-GT de la Fédération internationale de l'automobile et la seconde pour la réglementation GT de l'Automobile Club de l'Ouest (ACO). De manière à pouvoir se battre dans les courses d'endurance, Ferrari et Michelotto veulent une voiture facile à piloter. Ainsi, le pilotage de la Ferrari 360 Modena GT est assisté par divers systèmes électroniques. Le pilote peut modifier la répartition du freinage via le cockpit. De plus, elle est dotée d'un système anti-blocage des roues et d'un système anti-patinage de série Bosch ASR. Quant à la carrosserie, elle subit un nombre important de modifications, notamment par l'ajout de renforts en kevlar et en fibre de carbone. Ces renforts permettent en outre d'augmenter la rigidité de la voiture.

La boîte de vitesses de la Ferrari 360 Modena GT est la boîte séquentielle type F1 à six rapports qui est en option sur le modèle de série. En revanche, la gestion électronique de la boîte de vitesses, issue de la Ferrari 360 Challenge, est modifiée à l'aide d'un logiciel permettant un passage des rapports plus rapide. Le châssis, ainsi que les suspensions sont revus dans l'objectif d'optimiser les interventions dans les stands. Dans le but d'améliorer le refroidissement, les ouïes de refroidissement sont redimensionnées. Afin de respecter l’équité entre les différents modèles engagés par les autres constructeurs, l'ACO impose une limitation de la taille du diamètre des brides d'admission d'air. La bride de de diamètre fait gagner, entre et de puissance par rapport au modèle de série. La puissance passe donc de pour le modèle routier à environ pour le modèle GT. Le couple maximal atteignable par le moteur est d'environ à . La distribution du moteur est assurée par deux doubles arbres à cames en tête et cinq soupapes par cylindre. Enfin, les ingénieurs de Ferrari portent l'effort sur la réduction de la consommation de carburant. L'objectif visé est un nombre d'arrêts aux stands moins fréquent par rapport à la concurrence.

Histoire en compétition Première saison en championnat FIA GT et premier titre avec JMB Competition (2001) En 2001, de nombreuses modifications sont faites et la voiture s’appelle désormais Ferrari 360 Modena N-GT. L'écurie JMB Competition engage deux châssis dans leur configuration N-GT pour le championnat FIA GT. Lors du premier rendez-vous qui a lieu à Monza, la pilotée par Andrea Garbagnati, Marco Lambertini et Batti Pregliasco abandonne sur accident après avoir parcouru soixante-deux tours. La pilotée par Christian Pescatori et David Terrien doit renoncer également après avoir rencontré des problèmes de freins. Le , à Brno, l'équipage composé de Terrien et Pescatori termine deuxième derrière la Porsche de RWS Motorsport. Quant à la deuxième Ferrari, elle n'est pas engagée. Début mai, Terrien et Pescatori remportent les 500 kilomètres de Magny-Cours avec quinze secondes d'avance sur la Porsche de RWS Motorsport. La seconde Ferrari renonce à la suite d'ennuis de boîte de vitesses et d'échappement. À Silverstone, l'équipage ne la récidive, tandis que la (dont l'équipage, est à cette manche-ci, uniquement composé de Garbagnati et Pregliasco) termine à la cinquième place de la catégorie N-GT.

La manche de Zolder est plus compliquée pour l'écurie monégasque. L'équipage de la abandonne sur accident après avoir parcouru seulement dix-huit tours de piste. La ne prend pas le départ en raison d'une casse moteur survenue pendant les essais privés. En Autriche, sur le Hungaroring, Terrien et Pescatori retrouvent le haut de l'affiche et signent une victoire sur le fil, avec environ deux secondes d'avance sur la Porsche de Larbre Compétition. La termine sa course dans le fond du classement, à la douzième place de la catégorie (vingt-et-unième au classement général). Aux 24 Heures de Spa, la initialement inscrite n'est finalement pas présente. Une seule auto est donc engagée, la , qui voit son équipage se renforcer avec l'arrivée d'Andrea Garbagnati. Le moteur en ayant décidé autrement, l'équipage renonce à la vingtième heure, laissant la Porsche de RWS Motorsport filer vers la victoire.

Fin août, à Spielberg, Terrien et Pescatori s'emparent d'une nouvelle victoire, avec un tour d'avance sur la concurrence. L'équipage composé de Garbagnati et Pregliasco termine onzième. Au Nürburgring, Terrien et Pescatori ne peuvent faire mieux que huitième. Quant à l'équipage de la , il voit l'arrivée de Peter Kutemann et d'Iradj Alexander, en lieu et place de Batti Pregliasco. L'auto ne boucle que dix tours et rencontre un début d'incendie, l'empêchant de franchir la ligne d'arrivée. Fin septembre, à Jarama, la Ferrari 360 Modena N-GT obtient sa cinquième victoire avec Christian Pescatori et David Terrien, devançant la Porsche de RWS Motorsport de près de vingt secondes. À Estoril, au mois d'octobre, le JMB Competition termine sa saison par une troisième place obtenue grâce à l'équipe . La de Pregliasco et Lambertini, qui effectue son retour au sein de l'écurie monégasque, termine huitième. Peter Kutemann y engage un troisième châssis, inscrit sous son propre nom, et portant le numéro 99 ; avec Alexander, il se classe septième, juste devant l'équipage de la . Les écuries JMB Competition (cinq victoires) et RWS Motorpsort (deux victoires) obtiennent toutes les deux soixante-deux points. L'écurie monégasque est titrée au nombre de victoires. Les pilotes David Terrien et Christian Pescatori remportent tous les deux, avec trois points d'avance (soixante au total) sur Luca Riccitelli (RWS Motorsport), le titre pilote.

Vice-champion en championnat FIA GT avec la nouvelle Ferrari 360 Modena GT (2002) En 2002, Michelotto apporte davantage de modifications à la Ferrari 360 Modena N-GT. Ainsi, le modèle italien change de nom et s'appelle désormais Ferrari 360 Modena GT. JMB Competition change de nom également. L'écurie monégasque s'appelle dorénavant JMB Racing. L'écurie décide d'engager quatre modèle pour la saison. La première, confiée à Christian Pescatori et Andrea Montermini, porte le dossard 50 ; la seconde, qui sera pilotée par Andrea Garbagnati et Andrea Bertolini, porte le numéro 51 ; la troisième, qui verra évoluer à son volant Pietro Gianni et Gianluca Giraudi, porte le dossard 52 ; enfin, la quatrième est confiée à Peter Kutemann et d'Iradj Alexander, elle portera le numéro 53. En avril, à Magny-Cours, Batti Pregliasco rejoint l'équipage de la . L'écurie remporte la course avec la voiture , et place une seconde voiture sur le podium, avec la . La termine quatrième et la sixième. À Silverstone, le podium est similaire pour l'écurie, puisque l'équipage l’emporte avec un tour d'avance sur la Porsche d'Autorlando Sport, quant à la Ferrari elle prend à nouveau la troisième place. La (ou Marco Lambertini remplace Kutemann) termine sixième et la ne prend pas le départ car accidentée durant une séance d'essais. La Ferrari n'est pas réparée à temps pour la manche de Brno, l'équipage ne participe donc pas à l'épreuve. L'équipage termine une nouvelle fois sur le podium, à la deuxième place cependant et la (ici pilotée par Pregliasco et Lambertini) se hisse au cinquième rang. La enregistre le premier abandon (accident) de l'écurie cette saison. À Jarama, l'équipage se classe une fois de plus au second rang de la catégorie, la termine au pied du podium. Quant aux équipages et (pilotée par Pregliasco, Lambertini et Alexander), aucun ne franchit la ligne. La est tout de même classée douzième, malgré son problème de boîte de vitesses. À Anderstorp, la signe son meilleur résultat de la saison avec une deuxième place. L'équipage doit se contenter de la quatrième place. La est quant à elle classée douzième, malgré son accident qui l'empêche de franchir la ligne d'arrivée ; la , pilotée également avec Tony Ring, se hisse au treizième rang.