Les invasions mongoles de la Hongrie sont une série d'expéditions militaires organisées par l'Empire mongol, puis la Horde d'or, entre 1241 et 1286. Elles visent le royaume de Hongrie et s'achèvent par la défaite des Mongols.

Situation avant les invasions Le premier contact entre les Mongols et l’Europe date de 1223, lorsqu'une avant-garde de la cavalerie de l'Empire mongol, commandée par Djebé et Subötaï, affronte une coalition rassemblant les princes Rus' de Galicie-Volhynie, de Kiev, de Tchernikov et de Smolensk lors de la bataille de la rivière Kalka. Cette bataille s’achève par une écrasante victoire des Mongols, mais comme ces derniers ne sont pas assez nombreux pour occuper le pays, ils repartent vers l'est pour retrouver le gros des troupes de l'armée mongole.

Les Mongols ne reviennent qu'en 1238, lorsque Batu et Subötaï pénètrent sur le territoire de la Rus' de Kiev à la tête d'une puissante armée ; après avoir vaincu le Khanat bulgare de la Volga, les Coumans et les Alains. En 1240, la Rus' est conquise et Batu se prépare à marcher sur l’Europe de l'Est.

Première invasion

Préparatifs mongols En mars 1241, l'Empire mongol traverse le Dniepr avec 130.000 cavaliers et envahit l'Europe centrale et orientale, soit la Pologne, la Bulgarie, la Croatie et le royaume de Hongrie. La Hongrie est attaquée sur deux fronts : une partie de l'armée mongole envahit la principauté de Transylvanie, pendant que la seconde partie attaque la Ruthénie subcarpathique et la Moravie.

Alerté par les nouvelles venant de l'est, puis par le sort de la Rus' de Kiev, le roi Béla IV de Hongrie se prépare depuis un certain temps à faire face à une invasion en rassemblant le plus de soldats possibles. Il commence par dépêcher vers l'est plusieurs moines dominicains chargés de rechercher ceux qui sont restés dans le pays d'origine des Hongrois lors de la Honfoglalás de 895. Puis, en 1237, il accueille en Hongrie quarante mille Coumans qui ont fui la région du bas Danube après leur défaite face aux Mongols.

La campagne mongole en hongrie est la conséquence de leur offensive contre les Coumans et la poursuite des réfugiés, comme Köten, accueillis par le roi Béja. L'invasion est planifiée en cinq opérations parallèles à travers toute l'Europe centrale et orientale. Plusieurs armées traverses les Carpates simultanément : Batu et Subötaï se dirigent vers la Hongrie, Orda mène l'invasion en Pologne et les autres armées attaquent par le Sud et le Sud-Est. L'ensemble vise à converger sur la Hongrie.

Lorsque Batu entre en Hongrie en 1241, Béla tente de lever les armées mais les tensions internes ne lui permettent pas de les soulever rapidement. À l'inverse, les troupes mongoles avancent rapidement, défrichent des forêts et tracent des routes pour dégager la voie et faciliter leur progression.

Défaite hongroise Les défenses hongroises scèdent et les troupes mongoles atteignent rapidement les alentours de Pest. L'organisation défensive chaotique des hongrois provoque des erreur de communication, comme lorsque l'archevêque de Kalocsa décide d'engager le combat et est décimé. Béja ne parvenant pas à mobiliser les forces fait appel à ses voisins, mais ils sont déjà aux prises avec les Mongols. Il obtient des renforts envoyés par les templiers. Les deux armées se rencontrent lors de la bataille de Mohi, qui se solde par un échec catastrophique pour les Hongrois. La cavalerie légère, qui compose la majeure partie de la cavalerie hongroise, se révèle totalement inefficace contre les troupes mongoles, qui maîtrisent bien mieux que leurs adversaires ce type de combat. Les cavaliers lourds, principalement ceux des Templiers, s'en tirent nettement mieux : "The majority of the Hungarian forces consisted of light cavalry, who appeared 'oriental' to the Western observers. Yet this army had given up nomadic battle tactics and proved useless when facing the masters of this style of warfare. Hungarian tactics were a mix of eastern and western military traditions, as were the ineffective walls of clay bricks and palisades. Two elements of the Hungarian defense had proved effective, however: close combat with mass armored knights and stone fortifications"..

Après cette défaite, une partie de l'élite militaire hongroise part en exil, les autres se retranchent à Pest. Béla part se réfugier auprès de Frédéric II d'Autriche. Ce dernier obtient de Béla qu'il lui cède trois comtés sans pour autant l'aider. Dépité, le roi de Hongrie prend alors le chemin de la Dalmatie et s’installe à Trau, en attendant l’aide de l’OccidentOriginal : (Ripoll,Thomæ {Ripolli} [] Bullarium ordinis praedicatorum sub auspiciis Benedicti (1729)) - III - Anno 1243 - Die 13 Julii - Priori Albanensi, ut excipere confessiones Hungarorum, necnon cis absolutionem, etiam a censuris, impertiri possit, facultatem concedit ad triennium.

Ex Archivo Ordinis libra A, folio 542.

Innocentius episcopus, Servus Servorum Dei, dilecto filio Priori de Ordine prædicatorum Albanen in Hungaria, Salutem, et apostolicam Benedictionem.

Ad gloriam Conditoris innocentiæ, qui Nos, licet immeritos, ecclesiæ suæ regimini voluit præsidere, animarum prosetui libenter intendimus, ut eis ad cæli patriam, Dei propitiante clementia, fit transitus expeditus.

Nos itague plenam de te in Domino fiduciam obtinentes, ut in curia Reverendissimi in Christo filii nostri illustris Regia Hungariæ moraturus, fidelium Christi de Hungaria , cum ab eis fueris requisitus, confessiones audire, ac pænitentiam injungere salutarem, necnon ut illis ex eisdem fidelibus qui pro damnis illatis Ecclesiis, ac pro injectione manuum in Clericos, et alias religiosas personæ, excommunicatione ligati ad te cum testimonialibus Prelatorum suorum literis duxerint recurrendum, absolutionis beneficium juxta formam Ecclesiæ impertiri valeas, ita quod injuriam, ac damna passis satisfaciant competenter, et ad defensionem fidei contra Tartarorum sævitiam diligenter insistant, tibi auctoritate præsentium concedimus facultatem, ni si adeo gravis, et enormis fit eorum excessus, quod merito debeant ad

Sedem apostolicam destinari.

Præsentibus post triennium minime valituris.

Datum Anagniæ III Idus Julii, Pontificatus nostri Anno Primo.

Année 1243 – Le 13 juillet – Innocent IV accorde au Prieur d’Albanie la faculté, pour trois ans, de recevoir les confessions des Hongrois et de leur impartir l’absolution, même des censures.

Innocent, évêque, Serviteur des serviteurs de Dieu, au fils bien-aimé le Prieur de l’Ordre des Prêcheurs d’Albanie en Hongrie, salut et bénédiction apostolique.

Pour la gloire du Créateur de l’innocence, qui a voulu que nous, bien qu’indignes, présidions au gouvernement de son Église, nous nous appliquons volontiers au profit des âmes, afin qu’il leur soit donné, par la clémence de Dieu qui se montre propice, un passage aisé vers la patrie céleste.

Ayant donc pleine confiance en toi dans le Seigneur, afin que, demeurant à la cour de notre très révérend fils en Christ, l’illustre Roi de Hongrie, tu puisses, lorsque les fidèles du Christ de Hongrie te le demanderont, entendre leurs confessions, leur imposer une pénitence salutaire, et aussi, pour ceux de ces fidèles qui, à cause des dommages causés aux Églises, ou pour avoir porté les mains sur des clercs ou d’autres personnes religieuses, sont liés par l’excommunication, et qui auront jugé devoir recourir à toi avec des lettres testimoniales de leurs prélats, leur conférer le bénéfice de l’absolution selon la forme de l’Église, à condition qu’ils satisfassent convenablement ceux qui ont souffert l’injure et les dommages, et qu’ils s’appliquent diligemment à la défense de la Foi contre la cruauté des Tartares, nous t’accordons par l’autorité des présentes la faculté d’agir ainsi, à moins que leur excès ne soit si grave et si énorme qu’ils doivent à juste titre être envoyés au Siège apostolique.

Les présentes ne seront plus valables après trois ans.

Donné à Anagni, le troisième jour avant les ides de juillet, la première année de notre pontificat. Hungarorum. Belæ Hungarorum regi consolatorium Diploma cum dedisset Gregorius IX, et ad Crucem in Tartaros prædicandam Fratres ordinis delegasser, uti sæpius et auditum, nunc Alba-Græca (urbs est ad confluentes Savi in Danubium) a Tartaris occupata, Albanensem Priorem Aulæ erranti assignavit Innocentius, ut dolore fractos levaret, et afflictos sacramentorum adminiculo recrearet. Après que Grégoire IX eut donné au roi Béla de Hongrie une lettre de consolation, et qu’il eut délégué des Frères de l’Ordre pour prêcher la Croisade contre les Tartares, comme on l’a souvent entendu, maintenant qu’Alba-Græca (Belgrade : ville située au confluent de la Save et du Danube) a été occupée par les Tartares, Innocent IV a assigné au Prieur d’Albanie la cour du roi errant, afin qu’il soulage les cœurs brisés par la douleur et qu’il réconforte les affligés par le secours des sacrements..

Son attente est vaine, car en février 1242, l’avant-garde de Batu franchit le Danube gelé et atteint l’Adriatique avec des engins de siège. Toutefois en mars, les troupes s'arrêtent et Batu et Subotai ordonnent la retraite. La décision est peu compréhensible pour les populations locales qui tentaient déjà de collaborer avec le nouvel occupant. Ce que les Européens ignoraient, c'est la mort du Khagan Ögedeï, le , qui oblige l'ensemble des membres gengiskhanides à marquer une trêve afin de participer au qurultay où va être élu le successeur du défunt. D'autres éléments semblent avoir favorisé cette retraite. En effet, l'hiver 1241/1242 est particulièrement froid, provoquant un risque d'affaiblissement des ressources pour soutenir l'armée mongole. De plus, sur le plan stratégie, Batu et Subotai sont en désaccord fréquent et plusieurs discordes internes aux branches dynastiques émergent à cette période. Batu préfère d'ailleurs rester dans la Horde d'or plutôt que de se rendre au qurultay.

À la fin des combats, près d’un quart de la population de la Hongrie a été tuée et la plupart des grandes villes du Royaume ne sont plus que des ruines : "In the plains, between 50 and 80 percent of the settlements were destroyed. In forested areas, in the mountains, and in Transylvania, the demographic loss is estimated at 25-30 percent"..

Lors de cette invasion, la plupart des murs des villes et des forts sont faits de bois et de terre battue., un peu comme ceux de l'empire Khorezmien un royaume du Moyen-Orient que les Mongols ont conquis vingt ans plus tôt. Ces murs sont tombés facilement face aux engins de siège des Mongols : "The country centers, lacking defenses, and the residences of [nobles], protected at best by moats, fences, and wooden towers, were no obstacle. Using ballistas, the Mongols leveled the forts, and put the settlements to the torch".. Il faut noter également que de nombreux villages hongrois n’ont pas de fortifications du tout. Un chroniqueur allemand de cette époque a observé que les Hongrois «n'ont presque aucune ville protégée par des murailles ou une forteresse.». Cependant, les quelques châteaux en pierre existant ont bien mieux résisté aux assaillants, car aucun d'entre eux n'est tombé entre les mains des envahisseurs, même ceux situés loin derrière les lignes des Mongols. Ainsi, lorsque les Mongols essayent d’utiliser leurs engins de siège contre les murs en pierre de la forteresse de Klis en Croatie, ils ne lui infligent absolument aucun dommage et sont repoussés en subissant de lourdes pertes.. La même chose se reproduit lorsqu'ils tentent de s’emparer de la citadelle d’Esztergom : malgré une supériorité numérique écrasante et 30 machines de siège, ils ne réussissent qu'à détruire les tours en bois de la ville, sans endommager ses murs de pierre..

Réformes militaires