Le bureau français de coopération en Corée du Nord est la représentation non-diplomatique de la France en Corée du Nord. Situé à Pyongyang, il agit dans les domaines culturel et humanitaire.

Historique Contexte Depuis 2001, la France est l'un des deux pays de l'Union européenne, avec l'Estonie, à ne pas avoir de représentation diplomatique en Corée du Nord. La Corée du Nord a une représentation diplomatique en France depuis 1984.

Création En , Nicolas Sarkozy – alors président de la République – charge Jack Lang d'une mission sur les relations avec la Corée du Nord. Ce dernier se rend alors à Pyongyang et à son retour en , il recommande la création d'un bureau de coopération. En , la Corée du Nord donne son accord pour l'ouverture d'un bureau français à PyongyangAFP Infos Mondiales, « La France ouvre un bureau de coopération en Corée du Nord (MAE) », 12 juillet 2011..

En , Nicolas Sarkozy annonce la création d'un bureau en Corée du Nord, déclaration qui est réitérée en . Les évènements de l'incident de la corvette Cheonan et du bombardement de Yeonpyeong retardent la création effective du bureau.

Les missions du bureau à Pyongyang sont effectivement créées le .

Pour célébrer l'ouverture du bureau, un évènement culturel est organisé à Paris, prenant la forme d'un concert mêlant des musiciens nord-coréens – de l'orchestre Unhasu – et des musiciens français – de l’orchestre philharmonique de Radio France.

Oliver Vaysset, le premier directeur du bureau, déclare : .

Réactions Le projet de création est perçu avec inquiétude par le Japon, mais est vu positivement par la Corée du Sud.

Des personnalités au sein de l'État français jugent le projet de bureau « prématuré ». Certaines personnes à l'Élysée estiment que la création du bureau est un signal incitant la Corée du Nord à poursuivre sa progression sur le plan nucléaire. Le ministère des Affaires étrangères français pense que cela permettra de suivre les changements politiques et sociétaux d'un régime qui ne restera pas toujours enfermé dans ses frontières.

La Corée du Nord considère positivement cette initiative, percevant cette installation comme le dernier maillon avant l'ouverture de relations diplomatiques officielles.

Tension en 2013 Lorsque le conflit coréen s'intensifie en 2013, la Corée du Nord, entre autres pays, recommande à la France de quitter son bureau de coopération à Pyongyang car elle ne pourrait plus garantir sa sécurité en cas d'escalade après le . Cependant, la France annonce qu'elle ne veut pas retirer ses agents en Corée du Nord pour le moment.

Fermeture depuis le Covid-19 Depuis le , et pour une durée indéterminée, le bureau de coopération est fermé temporairement jugeant que son fonctionnement était « gravement entravé ». Le personnel français est évacué vers Vladivostok en avion, à la suite de la stricte fermeture des frontières par les autorités nord-coréennes causée par la pandémie de Covid-19.

Représentation non-diplomatique Le bureau est une représentation non-diplomatique de la France en Corée du Nord, malgré le fait qu'il y ait un diplomate à sa tête. C'est un diplomate sans rôle diplomatique.

Le bureau est cependant vu comme pouvant devenir un « relais diplomatique » en cas d'ouverture du pays.

Organisation Le bureau est constitué de deux personnes sur place : un directeur et un « attaché linguistique ».

Il est situé dans une pièce du bâtiment des ambassades européennes, au sein de l'ambassade d'Allemagne à Pyongyang.

Le premier directeur du bureau, Olivier Vaysset, précise : .

Directeurs Olivier Vaysset est le premier directeur de la création en 2011 à Emmanuel Rousseau, de au . Jean-François Fitou, du jusqu'en 2019. René Consolo, de 2019 à 2020.

Objectif La France n’ayant pas de relations diplomatiques avec ce pays, les missions du bureau français de coopération sont essentiellement d’ordre humanitaire et culturel mais aussi d'ordre linguistique et éducatif.

Le bureau est en lien avec les ONG humanitaires sur place, notamment deux ONG françaises : Triangle Génération humanitaire et Première Urgence Internationale.

Utilité L'action du bureau est considérée par Patrick Maurus en ces termes « C’est le néant total. Ce bureau est là pour dire que la France essaie de faire un effort de son côté. Mais la vérité, c’est que notre pays ne fait pas grand-chose. ». Le ministère des Affaires étrangères présente ce bureau comme étant la seule possibilité compte tenu des enjeux géopolitiques.

Notes et références

Articles connexes Relations entre la Corée du Nord et la France Délégation générale de la Corée du Nord en France Liste des missions diplomatiques en Corée du Nord

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