Tedros Adhanom Ghebreyesus (en tigrigna : , parfois orthographié . ; prononciation tigrigna : ; prononciation amharique : Tedros est le prénom et Adhanom Ghebreyesus le nom de famille .), né le à Asmara (Empire éthiopien), est un homme politique éthiopien.

D'abord (2005-2012) et des Affaires étrangères d'Éthiopie (2012-2016), il est directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis le ..

Son mandat de directeur général de l'OMS est notamment marqué par la pandémie de Covid-19 au début des années 2020.

Biographie vignette|Le président du Jubaland Ahmed Mohamed Islam, la ministre des Affaires étrangères kenyanne Amina Mohamed, celui de l'Éthiopie Tedros Adhanom Ghebreyesus, et l'envoyé spécial de l'IGAD en 2015, pour la cérémonie d'ouverture du Parlement du Jubbaland. Il est issu d'une famille d'Asmara - capitale de l'actuelle Érythrée - qui au moment de sa naissance était éthiopienne. Son père s'appelle Adhanom Gebreyesus et sa mère, Melashu Weldegabir. Enfant, son frère de cinq ans meurt d'une maladie qui, selon lui, aurait pu être évitée s'il avait eu un accès adéquat à une couverture médicale. Il a étudié la biologie à l'université d'Asmara. Il obtient un doctorat en santé communautaire de l'université de Nottingham au Royaume-Uni, avant d’être nommé ministre de la Santé en Éthiopie en 2005. De 2012 à 2016, il est ministre des Affaires étrangères.

Il a dirigé les fonds mondiaux de la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludismeCURRICULUM VITAE Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus Candidat au poste de Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé Candidature approuvée par l’Union africaine.

Le , Tedros Adhanom Ghebreyesus est élu directeur général de l'Organisation mondiale de la santé lors de la Assemblée mondiale de la santéGenève : l'élection du directeur de l'OMS en ligne de mire de la assemblée mondiale de la santé, unmultimedia.org, 22 mai 2017.. Il est le premier Africain à occuper ce poste. Il entre en fonction le de la même année.

Il est marié et père de cinq enfants.

Il a été membre du Front de libération du peuple du Tigray.

Ministre de la Santé (2005–2012) Tedros Adhanom Ghebreyesus est nommé ministre de la Santé en par le Premier ministre Meles Zenawi. Malgré les nombreux défis auxquels le ministère de la Santé est confronté en termes de pauvreté, de mauvaises infrastructures et de déclin de la situation économique mondiale, . Au cours de la période 2005-2008, le ministère de la Santé a construit , formé et déployé plus de et . En outre, en 2010, l'Éthiopie est choisie par le département d'État américain comme l'un des pays de la Global Health Initiative Plus, en matière de santé mondiale.

Lorsqu'il a pris ses fonctions en 2005, Tedros Adhanom Ghebreyesus a hérité d'un ministère qui manquait de moyens. L'administration était redevable à une communauté de donateurs et concentrait ses programmes sur la lutte contre le VIH / sida, la tuberculose et le paludisme. Le nouveau ministre porte alors un . Avec peu d'excédents économiques, le pays n'avait pas la capacité de développer son propre système de santé et une grande partie de son personnel médical travaillait à l'étranger : par exemple, il y avait plus de médecins éthiopiens dans la région métropolitaine de Chicago qu'en Éthiopie. La réforme du ministre aboutit à la formation et au déploiement de milliers de médecins, infirmières, pharmaciens, techniciens de laboratoire et agents de santé dans le pays.

Principales initiatives À son poste, il porte des initiatives en matière de santé à l'échelle mondiale. L'Éthiopie est ainsi le premier pays à signer un accord avec le Partenariat international pour la santé. Il est aussi président du partenariat Faire reculer le paludisme (2007-2009), membre du Conseil de coordination du programme de l'ONUSIDA (2009-2010) et du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (2009-2011) et coprésident du Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l'enfant (2005-2009). Il est également membre du Conseil de l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI) ainsi que de l'Institut de métrologie et d'évaluation de la santé (IHME) et du Conseil de coordination du partenariat Halte à la tuberculose. Il fait partie de plusieurs groupes de réflexion universitaires et internationaux sur la santé, par exemple l'Institut Aspen et la Harvard School of Public Health. Il est également vice-président de la Assemblée mondiale de la santé, qui se déroule entre le 14 et le . De 2008 à 2009, il est membre du Groupe de travail de haut niveau sur le financement international innovant des systèmes de santé, coprésidé par Gordon Brown et Robert Zoellick.

Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (depuis 2017) vignette|Tedros Adhanom Ghebreyesus et le président azéri Ilham Aliyev en 2018. vignette|Tedros Adhanom Ghebreyesus et le secrétaire d'État américain Mike Pompeo en 2019.

Candidature Le , en marge de la Assemblée mondiale de la santé, il annonce officiellement sa candidature au poste de directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il s'agissait du seul candidat africain ; il est soutenu par l'Union africaine et plusieurs ministres de la Santé du continent. Sa campagne est officiellement lancée à Genève et réunit la présidente de la Commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, les ministres des Affaires étrangères du Rwanda et du Kenya, et le ministre de la Santé de l'Algérie. Son slogan de campagne est : « Ensemble pour un monde plus sain ». Sa directrice de campagne est Senait Fisseha, une avocate éthio-américaine et professeure de gynécologie et d'obstétrique à l'université du Michigan. Une fois Tedros Adhanom Ghebreyesus élu, elle dirige son équipe de transition à la tête de l'OMS. Negash Kebret Botora, ambassadeur d'Éthiopie auprès de l'ONU et de plusieurs organisations internationales à Genève, a également joué un rôle important dans sa campagne. Celle-ci a été financée en partie par un Fonds créé par des pays d'Afrique de l'Est. Tedros Adhanom Ghebreyesus a également engagé Mercury Public Affairs, une société de lobbying basée aux États-Unis, pour l'aider dans sa campagne.

Selon des sources de la presse éthiopienne, le Front de libération du peuple du Tigray aurait contribué au financement de sa campagne pour prendre la tête de l'OMS.

Selon Politico, un diplomate français a suggéré que Bill Gates avait soutenu également Tedros. Plusieurs responsables de la fondation de Bill Gates ont démenti cette affirmation.

Polémiques durant sa candidature à l'OMS En , juste avant l'élection visant à désigner le nouveau directeur général de l'OMS, un article du New York Times relaie une accusation selon laquelle Ghebreyesus aurait dissimulé trois épidémies de choléra possibles en Éthiopie en 2006, 2009 et 2011. Ces épidémies auraient été faussement étiquetées comme « diarrhées aqueuses aiguës » (AWD) en l'absence de confirmation en laboratoire de Vibrio cholerae, afin de minimiser leur importance.

L'article repose sur les allégations de Larry Gostin, un professeur de droit américain membre de l'ONU, qui déclare notamment que davantage d'aides et de vaccins auraient pu être livrés à l'Éthiopie si ces épidémies avaient été confirmées comme liées au choléra. Toutefois, Larry Gostin était alors conseiller du britannique David Nabarro, rival de Tedros Adhanom Ghebreyesus à la direction de l'OMS.

La délégation de l'Union africaine à l'ONU a critiqué le rapport de Larry Gostin, estimant qu'il s'agissait d'. Tedros Adhanom Ghebreyesus a pour sa part nié les faits qui lui étaient reprochés et déclaré qu'il n'était par ce qu'il a appelé une .

Élection Lors de sa réunion, en , le conseil exécutif de l'OMS sélectionne le Tedros parmi les six personnalités candidates au poste, à l'issue de deux tours de scrutin secrets. Le de la même année, il est élu directeur général de l'OMS, obtenant sur 185. Il est le premier Africain à diriger l'OMS, ainsi que le premier directeur général élu lors d'un vote ouvert à tous les États membres.

Mandat Tedros Adhanom Ghebreyesus considère la couverture vaccinale universelle comme la priorité absolue de son mandat. Il a fait campagne sur la question et a réitéré cet objectif dans son premier discours en tant que directeur général et tout au long de la session de l'Assemblée générale des Nations unies. En , il annonce la nomination de son équipe de direction, les femmes représentant 60 % des nominations. Il est alors félicité pour son engagement en faveur de l'égalité des sexes, mais critiqué pour son manque de transparence. Il a ainsi nommé le Tereza Kasaeva du ministère russe de la Santé pour diriger le programme mondial de lutte contre la tuberculose de l'OMS sans solliciter les ONG concernées par le sujet ; quelques jours avant la nomination, ces ONG avaient publié une lettre ouverte appelant à un processus de désignation ouvert pour choisir le nouveau directeur du programme.

Début 2020, il supervise la gestion mondiale de la pandémie de Covid-19. Selon le professeur de l'université de Georgetown Lawrence Gostin, sa stratégie est de convaincre la Chine d'opter pour la transparence plutôt que de la critiquer. Il a ainsi adressé à la Chine des « éloges effusifs » pour ses mesures de confinement, ce qui a fait l'objet de critiques, dans la mesure où Pékin a dissimulé des informations à ce sujet et retardé la déclaration d'urgence internationale fin janvierIsabelle Lasserre, « L'Organisation mondiale de la santé sous influence chinoise », Le Figaro, 10 avril 2020, p. 22-23..

Il met en place au sein de l’OMS une plateforme de mutualisation des brevets, des savoir-faire et des technologies anti-Covid (C-TAP), qui est toutefois largement dédaignée par les gouvernements et les multinationales pharmaceutiques. Il s'engage également en faveur de la suspension temporaire des brevets à l’Organisation mondiale du commerce.

Avec Emmanuel Macron, président de la république française, il inaugure le à Lyon l'Académie de l'Organisation mondiale de la santé..

Le , Tedros Adhanom Ghebreyesus est réélu à la tête de l’OMS.

Controverses durant sa présidence de l'OMS Soutien à Robert Mugabe Malgré ce parcours, le personnage est néanmoins controversé en Éthiopie même. Pendant la campagne, un certain nombre de tweets ont fleuri avec le hashtag #NoTedros4WHO (« Non à Tedros à l’OMS »).

Tedros Adhanom était en effet ministre des Affaires étrangères (2012-2016) lorsqu’une vague de manifestations des ethnies Oromo et Amhara – représentant près des deux tiers de la population – a secoué l’Éthiopie. Réprimée dans le sang, la contestation a fait plusieurs centaines de morts et elle a mené à l’instauration, le , de l’état d’urgence, qui est toujours en vigueur.

Le , Tedros Adhanom Ghebreyesus annonce qu'il a choisi le président du Zimbabwe Robert Mugabe pour devenir ambassadeur de bonne volonté de l'OMS et aider à lutter contre les maladies non transmissibles en Afrique. À cette occasion, il déclare que le Zimbabwe est . Ce choix est sévèrement critiqué, plusieurs États membres de l'OMS et organisations internationales faisant remarquer que le système de santé du Zimbabwe avait en réalité régressé sous sa présidence, soulignant également les nombreuses violations des droits de l'homme commises par Mugabe. Il a également été relevé que Robert Mugabe lui-même n'utilisait pas le système de santé de son propre pays, mais se rendait à Singapour pour suivre un traitement médical. Plusieurs observateurs notent que Tedros Adhanom Ghebreyesus voulait par cette nomination remercier Mugabe qui, alors qu'il était président de l'Union africaine, l'avait soutenu dans la course à la direction de l'OMS, écartant les candidatures du Malien Michel Sidibé et de la Sénégalaise Awa Marie Coll Seck. Après ces condamnations quasi-unanimes, Tedros Adhanom Ghebreyesus revient le sur sa décision de nommer Mugabe ambassadeur de bonne volonté.