Semoutiers-Montsaon est une commune française située dans le département de la Haute-Marne, en région Grand Est.

Ses habitants se nomment les Semonastériens.

Géographie Création de la commune

Semoutiers-Montsaon provient du jumelage des deux communes au début des années 1970. À la fin du , Semoutiers comptait 224 habitants et Montsaon 152 habitants soit au total 376 habitants, population qui subira une forte baisse après les guerres et ce jusqu'au sursaut des années 1980. vignette

vignette|Montsaon vu du mont avec source située à mi coteau.

Situation géographique et desserte routière Localisation

vignette|gauche|220px|Plaine de Montsaon, vue depuis le camp de César.

Située sur une plaine fertile au pied de la Cuesta du Barrois champenois, Semoutiers-Montsaon fait partie du canton de Chaumont Sud. La commune se trouvait à la croisée des routes Châtillon sur Seine, Châteauvillain- Chaumont et Blessonville-Jonchery (cf Carte de Cassini). La création de la route impériale 83 en 1824 (actuelle RD65) que longera en 1856 la voie de chemin de fer Paris-Bâle a rendu caduc l'axe de circulation initial, l'extension de la base de l'OTAN coupe définitivement ces anciennes routes en 1950.

La construction de l'autoroute A5 en 1990 réactive la liaison Richebourg-Chaumont qui devient le prolongement de la N67 jusqu'à l'entrée de l'autoroute ; cette nouvelle route améliore la desserte et redynamise les échanges.

Géologie, hydrographie, structuration du bâti

Montsaon : Une butte témoin Montsaon est situé au pied d'une butte-témoin d'une hauteur de NGF (environ en relatif), dont l'origine provient du recul progressif de la cuesta du Barrois champenois formée au Jurassique moyen. Montsaon pourrait signifier le mont des sources (« mons saonis » ?), mais son nom a varié au cours des âges : Monceium, Monceon, Montsyon. Cinq sources principales y prennent naissance à flanc de coteau et ce à mi-hauteur. Un effet de siphon et de captation des eaux en amont par les couches d'argiles présentes sous des bancs de calcaire tendre et gélif provoque ces résurgences. Un étang dit Le Marchat collecte une partie des eaux qui sont ensuite drainées par un chenal artificiel vers le gouffre situé en pied du mont. Un réseau karstique relie ce gouffre à la source de la Dhuits à Orges (des tests à la fluorescéine ont été effectués dans les années 1950 et 2013). Lors d'épisodes pluvieux très importants, le gouffre ne suffit plus, alors se forme une rivière qui s'étire et serpente sur la plaine jusque sur la commune de Bricon.

Montsaon : un village-rue bourguignon

Typo-morphologie du village

vignette|gauche|440px|Morphologie du village.

vignette|220px|Chemin de « derrière ».

La morphologie du village de Montsaon s'apparente au village-rue lorrain avec ses fermes qui, accolées les unes aux autres, s'égrainent le long de la grand rue. La typologie et le mode constructif des habitations est par contre celle des villages bourguignons du chatillonais avec des corps de ferme imposants, organisés sur cour, à la volumétrie, nette et franche, accentuée par des grands pans de murs de pierres calcaires qui sont tirées des bancs jurassiques.

Chaque ferme est pourvue d'un jardin en arrière du corps d'habitation. Ces jardins enclos par de beaux murs de pierres sèches sont ceinturés par les chemins dits de « derrière ». La grand rue rectiligne est amortie par un désaxement au droit de l'église ; ceci ferme la perspective de la rue, selon une technique chère à Camillo Sitte, la vue s'arrête naturellement sur le clocher. Une patte d'oie au droit du monument aux morts forme une petite place cantonnée par les plus beaux corps de ferme du village dont celle de l'ancien maréchal-ferrant où se distingue une forge équipée de sa lourde presse.

Cette simplicité de forme, où l'œil et l'esprit aiment à se reposer et méditer, fait le charme du village. Quelques pavillons implantés en dehors de toute logique en perturbent l'identification.

Un corps de ferme type

vignette|gauche|220px|Corps de ferme type.

Le corps d'habitation de la ferme était orienté pignon face au vent dominant ouest/sud ouest. Il était organisé dans sa première travée par une grande cuisine et une chambre. La cuisine était la pièce à vivre, pavée de grandes dalles de calcaire au grain très fin, elle était pourvue d'un évier formé d'un seul bloc avec rejet des eaux directement sur l'extérieur ; elle était séparée de la chambre par une cheminée au manteau souvent imposant, enfants et parents partageaient la même pièce. Dans la deuxième travée, l'étable communiquait directement avec la cuisine qui profitait de la chaleur des vaches et chevaux mais aussi de leur odeur. L'écurie était souvent pourvue d'une meurtrière barrée par « une grille à loups ». La grange pouvait, soit se constituer en et , soit être disposée perpendiculairement au corps d'habitation. « Chambre à four », soie à cochon, poulailler, clapier, forge, remise, pigeonnier, cave pouvaient compléter cet ensemble. Jusqu'aux années 1980/90, les tas de fumiers ornaient encore les rues, un chenal à ciel ouvert courait de ferme en ferme pour drainer le purin vers les fosses. Les plus vieux corps d'habitation sont à rez-de-chaussée simple avec grenier et combles où se faisaient sécher les fruits. Les maisons construites au sont équipées d'un étage. L'approvisionnement en eau était assuré par des puits, parfois plusieurs par ferme, peu profonds, la nappe phréatique étant à fleur de sol. Les étables et « grilles à loups » ont maintenant disparu et sont remplacées par de larges pièces à vivre qui s'ouvrent sur la campagne.

Matériaux de construction

Les maçonneries

Elles sont fondées entre - et - du niveau du sol extérieur sur un lit de pierre disposé en rigole lui-même assis sur des marnes homogènes. Les refends et façades des fermes sont construits avec double parement de pierres calcaires blanc-jaune d'excellente qualité tirées de la carrière locale. Elles sont équarries sur une face, la partie centrale entre les parements et remplies de terre et gravois et harpée régulièrement. Les pierres sont hourdées par un mortier constitué de terre et de chaux jaunâtre, les joints ne sont pas beurrés, les enduits peu utilisés. Pour les grands pans de mur, de petites ouvertures dites « chantepleure » permettaient d'installer les platelages de construction mais aussi la respiration homogène du mur.

Charpentes et couvertures

vignette|gauche|220px|Trait de jupiter.

Les charpentes les plus anciennes, des , sont souvent imposantes. Elles peuvent être constituées en portique indépendant des refends de maçonneries. Les fermes ont souvent une portée de 12 à avec une pente de 30° à 45°. Cette pente importante s'explique par le type de couverture autrefois utilisée, des pierres plates appelées « laves » posées à double pureau. Ces laves peu étanches réclamaient une grande pente ce qui facilitait le report de charges sur les murs gouttereaux. En contrepartie, les charpentes sont pourvues de fortes sections de bois souvent en chêne. Elles sont grossièrement équarries sur quatre faces assemblées pour l'entrait en trait de Jupiter, tenon et mortaise pour le poinçon et les arbalétriers. Pannes et chevrons sur échantignoles sont dimensionnés pour des charges fixes de plus de au m². Les couvertures en laves ont disparu dans le courant des et ont été remplacées par des tuiles mécaniques souvent à losange venues des tuileries de Rolampont et Langres. On rencontre encore quelques exemples de couvertures de lauzes en Haute-Marne, notamment dans la vallée de l'Aujon.

Hydrographie La commune est dans la région hydrographique « la Seine de sa source au confluent de l'Oise (exclu) » au sein du bassin Seine-Normandie. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Semoutiers-MontsaonLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Loup-sur-Aujon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Semoutiers-Montsaon est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Chaumont, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (74,7 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (75 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (63 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (13,3 %), forêts (9,7 %), prairies (8,3 %), zones agricoles hétérogènes (3,4 %), zones urbanisées (1,3 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Semoutiers est attesté sous les formes Sommoster (1101) ; Suum Monasterium (1145) ; Submonasterium (1170) ; Seimonter (1196) ; Semosterium (1228) ; Setmostier (1231) ; Sauf Moster (vers 1240) ; Semostier (1253) ; Soumoutier, Semoutier (1326) ; Siccum Monasterium () ; Seemoustier (1570) ; Semontier (1771) ; Semoutiers (1889).. A dû désigner celui qui habitait près d'un cimetière (la Sarrasinière ou Sarrazinière, qui est en fait un cimetière mérovingien), éventuellement un fossoyeur.