Soyers est une commune française située dans le département de la Haute-Marne, en région Grand Est.

Géographie La commune de Soyers est située à mi-chemin () de la station thermale de Bourbonne-les-Bains et du haut-lieu de la vannerie Fayl-Billot.

Soyers se trouve en Apance-Amance, micro-région naturelle de plateaux fortement boisés, dont les belles vallées prairiales sont valorisées par l'élevage.

Assez proche du premier parc national de forêts en feuillus de plaine créé en aux confins de la Bourgogne et de la Champagne, Soyers est située à 30 minutes de la gare TGV de Culmont-Chalindrey, 45 minutes de la cité médiévale de Langres et 1 heure de Dijon.

Soyers est une commune rurale typique caractérisée par la diversité de ses milieux: elle est composée d'un plateau vallonné au bord duquel est situé le village, de coteaux formés par les versants du plateau anciennement recouverts de vignobles et des vallées du Malpertuis et du Marquelon.

Soyers présente le plan d'un « village-rue » de type lorrain : toutes les maisons ont leur façade principale sur la rue, dont elles sont séparées par des « usoirs » où l'on stockait autrefois tas de bois et fumierLe Pays de Laferté-sur-Amance, Inventaire Général du Patrimoine Culturel, Images du Patrimoine n° 242, Editions Dominique Guéniot, 2006. À l'arrière des maisons, jardins potagers et vergers occupent des parcelles dont on distingue encore nettement la forme ancienne étroite et allongée.

La superficie de la commune est de et son altitude varie entre 243 et 423 mètres (le repère de nivellement scellé au niveau du porche de l'église au milieu du village indique 326 mètres). Grâce à cette situation privilégiée, le vignoble a pu se développer sur plusieurs dizaines d'hectares au , avant de péricliter avec la crise du phylloxéra.

Soyers est bâtie sur la glaise"Une argile rouge et tenace s'y rencontre partout, jusqu'aux portes de l'église.", in Jules Ziegler, Études céramiques : recherche des principes du beau dans l'architecture, l'art céramique et la forme en général, théorie de la coloration des reliefs, 348 p., Paris : Mathias : Paulin, 1850, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65540357/f13.image.texteImage. Le sol appartient au terrain keupérienJean Baptiste Migneret, Recherches historiques et statistiques sur les principales communes de l'arrondissement de Langres, éd. Sommier, Langres, 1836.

Hydrographie La commune est dans le bassin versant de la Saône au sein du bassin Rhône-Méditerranée-Corse. Elle est drainée par le ruisseau des Côtes et le ruisseau du Marquelon.

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de SoyersLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Fayl-Billot à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Soyers est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (60,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (60,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (41,2 %), forêts (39,7 %), terres arables (14,6 %), zones agricoles hétérogènes (4,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Soeres (1165) ; Saieres (1202) ; Soeriae (1258) ; Sohieres (1276) ; Soierie (XIVe siècle) ; « Ecclesia parrochialis Sancti Vauberti de Soyeriis », vulgo de Soyères (1583) ; Soyers (1675)..

Histoire Le passé monastique de Soyers est d'autant plus difficile à reconstituer que le toponyme de l'ancien prieuré bénédictinDictionnaire d'Histoire et de Géographie Ecclésiastiques sous la direction de R. Aubert, tome XVI, fasc. 95 : Ferrières-Fille-Dieu, Paris, Letouzey et Ané, 1967, In-4e, col. 1281-1514, de fondation très ancienne, varie selon les époques et les circonstances : prieuré de Laferté-sur-Amance ou Prieuré de Soyers.

Selon l'abbé FoisseyAbbé Foissey, Histoire de Soyers, in-8 de XII-300 p. (gr.) Chaumont, Imp. Andriot-Moissonnier, 1900, il fut fondé entre 1136 et 1201, date à laquelle il faisait partie des six prieurés dépendant de l'abbaye de Luxeuil confirmés par l'empereur Philippe de Souabe. Le prieuré était désigné alternativement par les toponymes des deux villages voisins, fait assez exceptionnel qui ne peut s'expliquer vraiment que par l'existence parallèle de terres et de revenus dans les deux villages… ou par un déplacement historique à la suite de la destruction des bâtiments du prieuré à Laferté.

L'établissement cessa d'être conventuel bien avant la fin du Moyen Âge pour devenir un bénéfice de l'abbaye Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Luxeuil. Trente-trois prieurs se sont succédé au prieuré, et notamment les Milleton (1666-1760), famille de prieurs d'oncles à neveux, entre autres chanoines des cathédrales d'Autun et de LangresMémoire pour le sieur Milleton, Prieur du Prieuré de Saint-Pierre de la Ferté, et, en cette qualité, curé Primitif et gros Décimateur de Soyer, intimé, contre M. Jean Gy, vicaire perpétuel de Soyer, appelant, In-folio de 7 pages, 1748 ; Mémoire pour le sieur Milleton, prieur-commendataire du prieuré de Saint-Pierre de la Ferté-sur-Mance, et, en cette qualité, seigneur de Soyer, intimé, contre le sieur Gy et la demoiselle sa femme, appelant d'une sentence du bailliage de Langres, In-folio de 9 pages, 1750; Mémoire pour le sieur Milleton, Prieur et intervenant et appelant comme d'abus, contre Léger Philibert, prêtre-chapelain de l'église de Saint-Martin de Langres, ci-devant secrétaire de M. l'évêque de Langres, se disant pourvu du Canonicat qui a vaqué par la mort du sieur Charles, Défendeur et intimé, In-folio de 16 pages, 1751. Cf. Dictionnaire biographique international des écrivains publié par Henri Carnoy, vol. 1-4, Georg Olms Verlag, 1987. Voir aussi Denisart, Collection de décisions nouvelles et de notions relatives à la jurisprudence, Paris, 1788, tome 7, pp. 473-474., et Joseph-Michel de Laulanhier (1761-1789), évêque in partibus d'ÉgéeVoir sa notice biographique dans la Mosaïque du Midi (publication mensuelle), Toulouse, 1841, p. 142 et l'ouvrage d'Ovide de Valgorge, Souvenirs de l'Ardèche, Paris 1846, p. 207 ("comme aucune espèce de traitement n'était attaché à cette prélature purement honorifique, on lui donna pour l'aider à satisfaire aux exigences, alors bien plus grandes qu'aujourd'hui, du rangé élevé auquel il venait d'être promu dans l'Église, deux abbayes riches et importantes, celle de Saint-Germain-de-Montigny et celle de Saint-Pierre-de-Laferté-sur-Amance, dépendantes, la première, du diocèse de Meaux, et la seconde, du diocèse de Langres")..

Au , les cordeliers des Thons desservaient de temps en temps le sanctuaire prioral et paroissial, à titre de remplaçantsJean-François Michel et René Taveneaux, Bénédictins entre Saône et Meuse, Actes du Colloque de l'Association Saône Lorraine du 19-20 août 1995, Editions Messene, Paris, 1996, pp. 89-90..

Pendant l'Ancien Régime, Soyers relevait de la généralité de Champagne, du bailliage et de l'élection de Langres et de la prévôté de Coiffy. Le prieur était seigneur du village et nommait à la cure (les prieurs étaient souvent supérieurs d'un autre monastère).

Le prieuré de Soyers a été vendu comme bien national en 1791 au régisseur du prieuré, avant de finalement revenir par mariage à la famille du peintre Ziegler, dans laquelle il restera jusqu'à la fin du .

Au début du , le village était particulièrement réputé pour son vignoble, et notamment pour son vin blanc mousseux naturel..

De la chaux sulfatée fibreuse, d'une blancheur éclatante, était également exploitée en contrebas du village au (cf. l'ancien moulin de gypse).

Politique et administration Liste des maires

Population et société Démographie

Économie vignette|Pressoir itinérant à Soyers Le village compte plusieurs fermes tournées vers l'élevage et la sylviculture.

Soyers a récemment obtenu les labels de "Village étoilé" (3 étoiles) et "Commune Nature" (3 libellules).

Le village, qui comptait plus de 500 habitants au , était réputé pour son vin blanc mousseux et ses carrières de gypse.

Plusieurs coteaux, pieds de vigne, pressoirs et tonneaux témoignent encore de ce riche passé viticole.

Culture locale et patrimoine Lieux et monuments L'église, de plan basilical et dédiée à saint Valbert (abbé de Luxeuil au ), serait, de par sa nef en moellons du , le plus vieil édifice religieux du pays de Laferté-sur-Amance. Le chœur rectangulaire, en pierre de taille, peut être daté de la fin du /du début du . La juxtaposition d'un chœur contre une nef antérieure est assez rare pour être notée (on peut supposer qu'au Moyen Âge, l'édifice ne comprenait que la nef actuelle dont l'extrémité orientale servait de chœur; considérée comme trop exiguë, on y aurait accolé un chœur à la fin du Moyen Âge dont la charge revenait au clergé)Plaquette de présentation de l'église Saint-Valbert de Soyers réalisée par Sandrine Fuselier en 2001-2002 dans le cadre de l'Inventaire Général du Patrimoine Culturel.. La nef est précédée d'un clocher-porche: la porte en plein-cintre est encadrée de pilastres toscans dont les chapiteaux portent la date de 1764, et l'ensemble est surmonté d'un fronton triangulaire et d'une petite niche. On notera aussi la présence d'une armoire eucharistique de style gothique dans le mur du chevet contemporaine de sa construction. Cette ouverture circulaire, ancêtre du tabernacle, assez fréquente dans le diocèse de Langres, permettait de voir le Saint-Sacrement de l'extérieur.