Mais où est donc passée la septième compagnie ? est un film de guerre comique franco-italien réalisé par Robert Lamoureux, sorti en 1973.

Synopsis Lors de la débâcle de juin 1940, la du subit un raid aérien allemand, ce qui la contraint à se réfugier dans un bois. Trois soldats sont envoyés dans un poste d'observation : les soldats Pithivier (Jean Lefebvre) et Tassin (Aldo Maccione), et le sergent-chef Chaudard (Pierre Mondy). Ceux-ci établissent une liaison téléphonique entre leur position d'observation et le bois où la est regroupée. Malheureusement, le fil téléphonique passant sous la route est soulevé par une branche et est rapidement repéré par une colonne allemande qui encercle la et la fait prisonnière. Seuls les trois éclaireurs parviennent à s'échapper.

Les trois soldats se cachent dans la forêt de Machecoul et ne sont pas pressés de rejoindre la ligne de front. Après une journée cachés, durant laquelle le sergent-chef tombe accidentellement dans l'étang habillé, pendant que ses soldats se baignent et Pithiviers connait quelques problèmes avec sa chaussure. Chaudard se rend dans une ferme près de la forêt pour se ravitailler. Dans cette ferme, il rencontre le lieutenant Duvauchel (Érik Colin), pilote de chasse dont l'avion a été abattu plus tôt dans la journée. Celui-ci accompagne Chaudard dans la forêt et prend le commandement du groupe. Ils quittent la forêt le lendemain. Pendant ce temps, un autre soldat de la septième compagnie, Carlier « le p'tit » (Alain Doutey), parvient à échapper à la vigilance des allemands et s’enfuit.

Dans une bourgade, ils croisent une dépanneuse de char allemande et sont forcés, par une maladresse de Pithivier, de se battre. Surpris, les Allemands n'ont pas le temps de riposter et sont abattus par Tassin. Les quatre hommes prennent alors le véhicule et les corps des deux soldats. Pendant leur escapade vers le front, ils tentent de comprendre son fonctionnement ; en particulier celui du canon positionné au-dessus du conducteur. Ils sont rejoints en cours de route par Carlier. Plus loin, des soldats allemands déguisés en policiers français font capturer les officiers du commandement du , à l'exception du colonel Blanchet (Robert Lamoureux) qui a été oublié par ses subordonnés, puis blessent gravement Carlier avant d'être tués à leur tour. Le quatuor laisse Carlier aux soins et reprennent la route pour se venger. Ils éliminent un char allemands. Puis, ils sont aiguillés sur le mauvais chemin et rattrapent une colonne de prisonniers français, surveillés par des soldats allemands, qui n'est autre que la . Le quatuor dépasse les prisonniers et force les Allemands qui les surveillent à avancer plus vite devant leur véhicule, laissant sans surveillance les soldats français. Ces derniers s'empressent alors de disparaître dans le bois longeant la route. Ainsi, la est libérée.

Quatre ans plus tard, en , dans un avion piloté par le lieutenant Duvauchel, les trois compères vont être parachutés sur la France. Pithivier glisse dans l'avion et ils tombent prématurément de l'appareil.

Fiche technique

Titre : Mais où est donc passée la septième compagnie ? Réalisation : Robert Lamoureux Assistant réalisateur : Bernard Toublanc-Michel Scénario : Robert Lamoureux Décors : Pierre Cadiou Photographie : Marcel Grignon Opérateur : Daniel Vogel Montage : Gérard Pollicand Musique : Henri Bourtayre Effets spéciaux : Jacques Martin Scènes aériennes : Salis Aviation Production : Alain Poiré Sociétés de production : Gaumont et Budget : de francs (soit environ en ) Pays d'origine : , Langue : français Genre : comédie, guerre Durée : 95 minutes Date de sortie. :

Affiche : Hervé Morvan (France)

Distribution

Production Genèse et développement vignette|gauche|L'auteur et réalisateur du film, Robert Lamoureux, en 1953.

Au début des années 1970, l'humoriste et dramaturge Robert Lamoureux s'intéresse à la bataille de France durant la Seconde Guerre mondiale à travers plusieurs lectures : . Essentiellement connu en tant qu'acteur et homme de scène, il avait réalisé jusqu'alors deux films, treize ans plus tôt : Ravissante et, d'après sa pièce, La Brune que voilà, sortis en 1960.. Bien que Lamoureux goûte peu au cinéma, préférant le cabaret ou le théâtre, son nouveau projet difficilement transposable sur scène l'amène à revenir au grand écran. Il suscite l'extrême enthousiasme du producteur Alain Poiré, de la Gaumont, qui lance le film.

Lamoureux, classe 1940, puise l'inspiration dans son propre vécu de la débâcle de juin 1940, mobilisé à Issoire, dans le Puy-de-Dôme. Il raconte : . Il en avait déjà tiré un conte autobiographique paru dans L'Aurore vingt ans auparavant. Lamoureux élabore . Il truffe l'histoire de noms de lieux typiquement français, comme la fictive forêt de Machecoul, d'après une véritable forêt de Loire-Inférieure dont le souvenir remonterait à des vacances durant son enfance.. Alain Poiré s'amuse à travailler avec lui sur le scénario. Son fils, Jean-Marie Poiré, déjà coscénariste régulier de Michel Audiard, participe à l'écriture sans être crédité...

vignette|Aldo Maccione, interprète du soldat Tassin, en 1974.

Pour la distribution, Lamoureux veut éviter les vedettes, leurs égos et leurs desiderata, et ne s'en tenir qu'à de bons comédiens. La tête d'affiche est ainsi tenue par Jean Lefebvre et Pierre Mondy, acteurs rôdés au comique qui ont bâti leurs notoriétés au théâtre et dans de nombreux seconds rôles au cinéma... Le comique italien Aldo Maccione, dans le rôle du soldat niçois Tassin, vient d'être révélé par Claude Lelouch dans L'aventure c'est l'aventure (1972). Ils sont entourés de Pierre Tornade, des jeunes Érik Colin et Alain Doutey ou encore de l'expérimenté Robert Dalban, meilleur ami de Poiré habitué des productions Gaumont. Lamoureux, outre l'écriture et la mise en scène, s'attribue le rôle secondaire du colonel Blanchet, officier en déroute. La Gaumont préfère octroyer à Lamoureux un pourcentage des recettes plutôt que le cachet réclamé, jugé énorme pour un réalisateur débutant, même auréolé de son succès sur scène. Le titre est d'abord avant de changer officiellement en à deux mois de la sortie.. En cette ère de coproductions franco-italiennes., la Gaumont s'associe avec la société romaine .. Un budget de trois millions de francs est alloué au film, l'associé italien participant à hauteur de .

Tournage La majorité des scènes a été tournée dans le sud de la région parisienne, dans les Yvelines et en Essonne, dans les environs de Cerny et La Ferté-Alais, ainsi que vers Jouars-Pontchartrain, Rochefort-en-Yvelines et à Machecoul. La scène de l'épicerie a été tournée à Bazoches-sur-Guyonne.

La scène de la fenêtre qui explose avec le militaire français est tournée au restaurant de l'amicale de l'aérodrome de La Ferté-Alais.

Le film a été tourné : dans les Yvelines : Villiers-le-Mahieu, Jouars-Pontchartrain, Bazoches-sur-Guyonne, Le Tremblay-sur-Mauldre dans l'Essonne : Cerny, La Ferté-Alais, D'Huison-Longueville en Seine-et-Marne : forêt de Fontainebleau

Le tournage s'avère très difficile pour Aldo Maccione, alors en mésentente avec Robert Lamoureux. En effet, bien qu'il tourne une comédie, le réalisateur se montre trop sérieux et intransigeant envers l'acteur italien, qui est un plaisantin de nature. Aussi Lamoureux recadre plusieurs fois Maccione dès que celui-ci amuse trop l'équipe. Un jour, lassé des caprices du cinéaste, l'acteur quitte brusquement le plateau et téléphone à la production pour exprimer sa protestation.

De même, Aldo Maccione voue également une certaine jalousie envers Jean Lefebvre qui, adepte du poker et de la bouteille, a tendance à arriver toujours en retard sur le plateau et sans savoir son texte, ce qui, à l'inverse, ne gêne en rien le réalisateur dont Lefebvre est le protégé.

Accessoires militaires Il y avait très peu de matériel militaire français ou allemand de l'époque de la Seconde Guerre mondiale disponible pour la réalisation du film. Le matériel de l'armée américaine était facilement disponible. Les véhicules militaires apparaissant dans le film sont donc souvent des surplus de l'armée américaine repeints aux couleurs de l'armée française ou allemande, ou maquillés avec des panneaux de bois pour leur donner la forme des véhicules d'époque. L'avion de chasse français et l'avion allemand sont des North American T.6, suivis d'un Sipa S121, avion d'entraînement et d'attaque au sol français. La dépanneuse de chars allemande est montée sur une base de semi-chenillé (Half Track). Les panzers allemands sont des M24 Chaffee.

Bande originale Henri Bourtayre compose la bande originale de Mais où est donc passée la septième compagnie ?.. S'il avait déjà mis en musique des films, dont La Brune que voilà (1960), 1960, 45 tours, Super Panorama., Bourtayre était surtout connu pour ses compositions de chansons, notamment pour Robert Lamoureux. Il travaille à la musique de tous les films suivants de Lamoureux, parmi lesquels les deux suites On a retrouvé la septième compagnie (1975) et La Septième Compagnie au clair de lune (1977)..

Un album 45 tours promotionnel de la bande originale du film paraît en 1973 sous le label Hortensia, 1973, 45 tours, Hortensia.. Cinq titres sont inclus dans la compilation La Comédie à la française de la collection Écoutez le cinéma ! d'Universal Music en 2004, aux côtés de musiques de Georges Delerue, Jean Marion, Michel Magne, Raymond Lefebvre, Pierre Bachelet et Jean Schultheis pour les films Méfiez-vous, mesdames (1963), La Bonne Occase (1965), Oscar (1967), La Gifle (1974), L'Intrépide (1975), Le Grand Escogriffe (1976) et Coup de tête (1979).

Exploitation et accueil Sortie et promotion Mais où est donc passée la septième compagnie ? sort dans les salles le jeudi . La Gaumont compte davantage sur le bouche-à-oreille que sur une promotion d'ampleur. Plusieurs reportages télévisés se sont intéressés au tournage quelques mois plus tôt. La production espère se faire remarquer par les affiches amusantes de Hervé Morvan. Alain Poiré propose aussi aux exploitants de salles à travers la France d'organiser une séance exceptionnelle en invitant, grâce à leur journal local, ; son angle d'attaque est la nostalgie, sachant que la classe 1939 est alors encore dans la force de l'âge.

La Gaumont mise néanmoins sur une autre de ses productions, jugée plus prometteuse : Salut l'artiste d'Yves Robert. Reposant sur la star italienne Marcello Mastroianni, il s'agit de la nouvelle comédie du réalisateur du récent triomphe Le Grand Blond avec une chaussure noire (1972). La firme a ainsi consacré un bien plus grand budget à ce film, une énorme promotion omniprésente, dont une campagne d'affichage massive, et un prestigieux circuit de distribution. À l'opposé, la sortie de La Septième Compagnie est assez discrète à Paris, dans une seule salle des Champs-Élysées, le Mercury.

Accueil critique et public Mais où est donc passée la septième compagnie ? reçoit globalement de mauvaises critiques. Le Monde juge : .. Éric Leguèbe défend le film dans Le Parisien : .. De même, le journaliste François Chalais proclame : .