La Pitié est un monotype de William Blake achevé à la plume et à l'aquarelle datant de 1795. Cette estampe fait partie des plus connues de Blake.
Elle est conservée à la Tate Britain de Londres et a été déplacée en 2009 à Paris à l'occasion de l'exposition William Blake, le génie visionnaire du romantisme anglais au Petit Palais. Une autre version est conservée au Metropolitan Museum of Art.
Contexte : le préromantisme Le terme préromantisme a été importé en France notamment par André Monglond et suppose l'existence d'un réseau de représentations artistiques et de postures intellectuelles qui annoncerait le romantisme du .
Dans une première acception, le préromantisme a servi à désigner une esthétique et une sensibilité qui guiderait la littérature et les arts de la deuxième moitié du . Certains critiques littéraires du ont discerné les caractéristiques d'une sensibilité romantique au et ont regroupé les manifestations de cette prétendue précocité sous le nom de préromantisme. Rousseau, Diderot ou Prévost seraient ainsi plus ou moins directement liés à un préromantisme du .
William Blake s'inscrit dans ce mouvement de par son style halluciné et moderne touchant des thèmes classiques..
Origine La Pitié fait partie d'un groupe d'estampes intitulé .
Comme d'autres œuvres de la même période, celle-ci est influencée par la Bible, Milton et Shakespeare The painterly print: Monotypes from the seventeenth to the twentieth century [cat. exp.], Metropolitan Museum of Art, 1980, .. La Pitié est une œuvre inhabituelle chez Blake, car c'est une illustration littérale d'une double comparaison de Macbeth que l'on peut trouver dans ces vers :
Technique vignette|Épreuve préparatoire. British Museum À partir de 1795, William Blake produit douze grandes estampes en couleurs (). La Pitié fait ainsi partie d'un groupe de monotypes produits en imprimant la matrice consistant en une peinture sur un carton épais recouvert de gesso, chacune des impressions étant achevée à la main. Il cherche à réinventer la technique de la fresque de la Renaissance et intitule sa technique « fresque portative »..
Par cette méthode inhabituelle, Blake peut obtenir jusqu'à trois impressions à partir d'une seule peinture. Il y a en effet trois impressions connues et conservées de . Une quatrième, conservée au British Museum, est un essai préparatoire d'une matrice différente, et de taille plus réduite que les autres « The Large Color Printed Drawings of 1795 and c. 1805 » sur Blake Archive.org..
Versions vignette|gauche|Troisième version. Metropolitan Museum of Art. L'estampe existe en trois versions finales en plus d'une préparatoire, qui a été produite sur une matrice différente des trois autres. La plus élaborée et connue est celle qui est conservée à la Tate Gallery de Londres, qui est parfois considérée comme la seule achevée. Elle a été présentée par W. Graham Robertson à la galerie en 1939, et est cataloguée sous le titre « Butlin 310 »Tous les numéros « Butlin » sont consultables sur les Blake Archive..
Une épreuve d'essai unique est conservée au British Museum (Butlin 313). Elle est et représente une figure couchée sur le dos sous la forme d'herbes de grandes dimensions The Large Colour Prints / Pity, sur British Museum..
Une autre version de l'image est conservée dans la collection du Metropolitan Museum of Art. Elle n'est pas aussi élaborée que celle du Tate. L'estampe a été donnée au musée par Robert W. Goelet en 1958 Pity, Metropolitan Museum of Art..
Une version légèrement retouchée est conservée au Centre d'art britannique de Yale. Quelque peu jaunâtre est vernie, . La deuxième impression est Pity dans la Tate Collection (Butlin 310) ; la troisième impression est celle du Metropolitan Museum of Art, New York (Butlin 311) Morris Eaves, Robert Essick, Joseph Viscomi, et al., Fiche du premier état, The William Blake Archive..
Analyse Martin Butlin écrit que cette estampe en couleur est l'une des illustrations « littérales » de texte les plus inspirées de l'histoire de l'art Martin Blutin, « The Evolution of Blake's Large Color Prints of 1795 », dans William Blake: Essays for S. Foster Damon, ed. Alvin Rosenfeld, Providence, Brown University Press, 1969, .. En fait, , deux mots tirés des vers de Shakespeare, sont également deux motifs utilisés par Blake dans cette image : un chérubin féminin s'incline pour prendre le bébé à sa mère. Selon le biographe de Blake, Alexander Gilchrist, l'estampe Gilchrist a écrit car il regardait une version de l'estampe sans couleur — dans Alexander Gilchrist, Life of William Blake, "Pictor ignotus": With selections from his poems and other writings, Macmillan and Co., 1863, ..
La Pitié est vue en opposition à l'estampe de Blake The Night of Enitharmon's Joy (c. 1795) — qui montre une Hécate entourée de créatures légendaires et d'éléments macabres cauchemardesques — parce qu'elle offre dans ce monde déchu, grâce à la pitié Martin Butlin, William Blake 1757-1827, Tate Gallery Collections, Londres, 1990.. Les deux estampes font référence à Macbeth. Comme Nicholas Rawlinson le signale, la pièce jouissait d'un renouvellement d'intérêt majeur à cette époque, s'était vue jouée à neuf reprises en 1795.
Il s'agit d'une personnification. d'un élément chrétien. que certains critiques jugent comme étant une vertu négative de Blake, car la pitié est associée à . et est aussi .
Cela fait aussi partie de la mythologie de William Blake, dans laquelle , frustré sexuellement, devient une , bien que l'émotion qui lui est propre est la pitié.. D'autres personnages de Blake expriment ce sentiment, et sa mythologie se développe dans la confrontation entre une Pitié féminine et l'impétuosité masculine, comme cela arrive dans la brutale suppression du désir dans Urizen..
Enfin, certains critiques voient une connexion entre Pitité et l' de de William Butler Yeats (1899)..
Notes et références
Liens externes
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