de Grèce (en grec : / ), roi des Hellènes et prince de Danemark, est né le au palais de Psychikó et mort le à Athènes, en Grèce.
Dernier souverain de Grèce, il règne officiellement du au , date à laquelle il est renversé par la dictature des colonels. La démocratie restaurée, cette déposition est confirmée par un référendum organisé le . se pose ensuite en prétendant au trône.
Né au début de la Seconde Guerre mondiale, le futur passe l'essentiel de ses premières années en Afrique du Sud, où une partie de sa famille a trouvé refuge après l'invasion de la Grèce par les forces de l'Axe. Rentré en Grèce en 1946, il est nommé diadoque, autrement dit prince héritier, quand monte sur le trône, l'année suivante. Proche de ses parents, l'enfant est éduqué selon les préceptes du pédagogue Kurt Hahn, avant d'être initié à la vie politique par son père. Adolescent, le prince se passionne pour le sport. En 1960, il participe aux Jeux olympiques d'été de Rome, lors desquels il obtient une médaille d'or en voile avec ses coéquipiers Odysséas Eskitzóglou et Geórgios Zaïmis.
Après un entraînement dans les trois armes, Constantin se fiance à la princesse Anne-Marie de Danemark, qu'il épouse juste après avoir accédé au trône, en 1964. Devenu roi à l'âge de , est aux prises avec de multiples difficultés, tant sur la scène internationale, avec la crise de Chypre, que sur la scène intérieure, où il entre bientôt en conflit avec Geórgios Papandréou. Convaincu que le Premier ministre représente un danger pour la couronne, le souverain déclenche, en 1965, une crise politique qui déstabilise la Grèce. Victime d'un putsch militaire le , le roi choisit la voie de la collaboration, avant de tenter un contre-coup d'État, qui échoue le suivant. Il part alors en exil en Italie, mais la dictature des colonels qui gouverne la Grèce maintient la monarchie jusqu'en 1973.
Frappé par des difficultés financières et en butte à des problèmes conjugaux, part s'installer au Danemark (1973), avant de s'établir au Royaume-Uni (1974) avec sa femme et leurs trois enfants : Alexia (née en 1965), Paul (né en 1967) et Nikólaos (né en 1969). Pendant ce temps, le régime des colonels s'effondre, après l'échec de la conquête de Chypre. Une transition démocratique se déroule alors et les Grecs sont consultés sur la forme du régime qui va désormais les gouverner. Organisé le , ce référendum confirme la mise en place de la Troisième République hellénique. Maintenu en exil jusqu'aux années 2000, n'est ensuite autorisé à séjourner en Grèce qu'à deux reprises, en 1981 (lors des funérailles de sa mère, la reine Frederika) et en 1993 (pour des vacances familiales). Entre-temps, l'ex-roi a eu deux autres enfants : Théodora (1983) et Phílippos (1986).
En conflit avec les autorités hellènes à propos de la possession des biens de sa famille, parvient, en 1991, à récupérer d'objets personnels que lui remet le gouvernement Mitsotákis. Puis, en 2002, la Justice européenne oblige la Grèce à lui verser d'indemnité pour la confiscation de ses domaines. Peu de temps après, l'ex-souverain parvient à rentrer dans son pays dans le cadre de son travail pour le Comité international olympique. Au fil des années, les relations de avec les autorités républicaines se normalisent et il fait le choix de revenir vivre en Grèce en 2013. Installé à Porto Heli puis à Athènes, il y mène une vie relativement discrète, même si la publication de ses mémoires en 2015 soulève des critiques. Toujours privé de sa citoyenneté grecque car il refuse d'utiliser un nom de famille, l'ancien monarque voit sa santé décliner à partir de 2016 et souffre de problèmes de mobilité. meurt en 2023, à l'âge de .
Famille
est le fils du roi (1901-1964) et de son épouse la princesse Frederika de Hanovre (1917-1981), princesse de Hanovre et duchesse de Brunswick. Par son père, il est donc le petit-fils du roi (1868-1923) et de la princesse Sophie de Prusse (1870-1932) tandis que, par sa mère, il descend du duc souverain Ernest-Auguste de Brunswick (1887-1953) et de la princesse Victoria-Louise de Prusse (1892-1980).
Le , épouse, à Athènes, la princesse Anne-Marie de Danemark (1946), fille du roi (1899-1972) et de la princesse Ingrid de Suède (1910-2000).
et son épouse ont donc la particularité généalogique d'être à la fois des descendants du roi (1818-1906), surnommé , et de la reine Victoria du Royaume-Uni (1819-1901), surnommée .
Du mariage de et d'Anne-Marie naissent cinq enfants : Alexia de Grèce (1965), princesse de Grèce et de Danemark, qui épouse, le , le roturier.. espagnol Carlos Morales Quintana (1970) ; Paul de Grèce (1967), diadoque de Grèce et prince de Danemark, qui épouse, le , la roturière. anglo-américaine Marie-Chantal Miller (1968) ; Nikólaos de Grèce (1969), prince de Grèce et de Danemark, qui épouse, en premières noces, le , la roturière. suisso-vénézuélienne Tatiana Blatnik (1980), dont il divorce en 2024, puis, en secondes noces, le , la roturière grecque Chrysí Vardinogiánnis (1981) ; Théodora de Grèce (1983), princesse de Grèce et de Danemark, qui épouse, le , le roturier. américain Matthew Kumar (1983) ; Phílippos de Grèce (1986), prince de Grèce et de Danemark, qui épouse civilement, le , et religieusement, le la roturière. suisse Nina Flohr (1987).
Biographie Une enfance en exil (1940-1946)
Une naissance en pleine guerre mondiale
Fils du diadoque Paul et de la princesse royale Frederika, le prince Constantin voit le jour le , au palais de Psychikó, dans la banlieue d'Athènes. Pour la famille royale, qui attendait avec anxiété la naissance d'un héritier mâle, il s'agit là d'une excellente nouvelle et l'enfant est accueilli avec fierté par ses parents, qui lui choisissent, lors de son baptême au palais royal d'Athènes, le ., pour parrain l'armée. Malgré tout, le contexte international interdit que l'événement soit longuement célébré. De fait, au moment où Constantin voit le jour, les troupes du Troisième Reich s'emparent d'une bonne partie de l'Europe et la France s'effondre sous les coups de la Blitzkrieg. Devant les succès hitlériens, l'Italie fasciste entre à son tour dans la Seconde Guerre mondiale, le . Benito Mussolini lance alors une violente campagne de propagande contre la Grèce, accusant le gouvernement du roi d'abriter des navires britanniques dans ses eaux territoriales et de violer ainsi sa propre neutralité.
Quelques mois plus tard, le , Rome pose un ultimatum à Athènes lui demandant d'accepter, dans les trois heures, le stationnement de troupes italiennes sur le sol hellène et l'occupation de certaines bases stratégiques. Sans surprise, le gouvernement grec refuse, déclenchant ainsi la guerre italo-grecque. Le roi prend alors la tête des forces armées hellènes. En contact permanent avec les Alliés, il préside quotidiennement le conseil de guerre à l'hôtel Grande-Bretagne, sur la place Sýntagma, tandis que le diadoque Paul fait le lien avec le théâtre des opérations, dans le nord-ouest du pays. Contrairement aux attentes de Mussolini, la Grèce se défend avec succès et parvient même à occuper le sud de l'Albanie, pays sous domination italienne depuis 1939.
Cependant, après une série de victoires grecques, la situation militaire se dégrade avec l'invasion des Balkans par l'armée allemande. Le , la Luftwaffe déclenche en effet l'opération Châtiment qui vise à punir Belgrade pour avoir renversé le régent Paul et dénoncé le pacte tripartite. C'est le début d'une campagne militaire qui aboutit au dépeçage du royaume de Yougoslavie et à l'arrivée des soldats allemands aux portes de la Grèce. Rapidement, l'armée hellène et le corps expéditionnaire envoyé en soutien par Londres sont dépassés et Thessalonique est occupée par les Allemands le . Le même jour, la ligne Metaxás, une série de fortifications, est franchie et la hellène capitule. Dans ces conditions, les forces grecques et alliées n'ont d'autre choix que de se retirer plus au sud. Durant sa retraite, la hellène est prise à revers et doit offrir sa reddition aux Allemands le . En fait, dès la mi-avril, la situation est devenue si alarmante qu'à Athènes, le Premier ministre demande à d'accepter la capitulation, ce que ce dernier refuse catégoriquement.
De la Crète à l'Afrique
Conscient que l'arrestation de la famille royale constitue un objectif majeur pour la Wehrmacht, le roi et son gouvernement envisagent, dès le , de quitter la Grèce continentale pour trouver refuge en Crète. Le , la princesse Frederika, ses enfants, Constantin et Sophie, et la majeure partie des autres membres de la dynastieLa princesse Aspasía et sa fille Alexandra, la princesse Catherine, le prince Georges et son épouse la princesse Marie Bonaparte quittent également le continent pour échapper à l'invasion. Seules la grande-duchesse Hélène Vladimirovna de Russie et la princesse Alice de Battenberg restent à Athènes, où elles passent toute la guerre . embarquent donc pour la grande île à bord d'un hydravion britannique. Le lendemain, ils sont rejoints par le roi et le diadoque Paul. Cependant, la bataille de Crète rend rapidement la situation de la famille royale très précaire, c'est pourquoi le petit Constantin et sa parentèle trouvent refuge en Égypte le , quinze jours avant l'attaque lancée par les parachutistes allemands contre l'île. Seuls , le diadoque Paul et leur cousin le prince Pierre restent plus longtemps en Crète, d'où ils sont cependant évacués à leur tour le .
À Alexandrie, les exilés royaux sont accueillis par la diaspora grecque, qui leur procure vêtements, argent et logement. Tandis qu'à Athènes, un gouvernement collaborateur est mis en place par les occupants, en Égypte, la présence de la dynastie hellène inquiète le roi et ses ministres pro-Italiens. Constantin et sa famille doivent donc chercher un autre refuge pour passer la guerre et poursuivre leur lutte contre les forces de l'Axe. Le souverain britannique s'opposant à la présence de la princesse Frederika et de ses enfants au Royaume-UniOfficiellement, refuse de mettre ainsi en danger des enfants dynastes au Royaume-Uni. En réalité, il craint que la présence d'une petite-fille du Kaiser en Angleterre ne rappelle aux Britanniques les origines allemandes de sa propre dynastie ( et )., il est finalement décidé que et le diadoque Paul pourraient s'installer à Londres mais que le reste de leur famille devrait s'établir en Afrique du Sud jusqu'à la fin du conflit.
Le , la majorité des princes de Grèce embarque donc pour un voyage à bord du navire hollandais Nieuw Amsterdam, qui les mène à Durban le . Après un séjour de deux mois dans le dominion britannique, le diadoque gagne l'Angleterre avec son frère et Constantin ne revoit donc presque plus son père durant trois ans. L'enfant, sa sœur et leur mère sont alors logés avec la princesse Catherine dans la résidence officielle du gouverneur Patrick Duncan, à Westbrooks. Le groupe déménage ensuite à plusieurs reprises, avant de s'établir à la villa Irene de Pretoria, chez le Premier ministre Jan Smuts, qui devient rapidement un ami proche des exilés. En , Frederika retrouve finalement son époux au Caire, et leurs enfants les rejoignent en mars. En dépit de conditions matérielles difficiles, la famille noue alors des relations amicales avec plusieurs personnalités égyptiennes, parmi lesquelles la reine Farida, dont les filles ont sensiblement le même âge que Constantin, Sophie et Irène (née au Cap en 1942).
Un difficile retour en Grèce