Marie Gabriel Mourey ( à Marseille - à Neuilly-sur-Seine) est un romancier, poète, auteur dramatique, traducteur et critique d'art français.

Biographie Gabriel Mourey est né le à Marseille, fils de Louis-Félix Mourey, droguiste, et d'Amélie-Madeleine Roche-Latilla.. Il commence à dix-sept ans une carrière de poète avec le recueil Voix éparses (1883) publié à la Librairie des bibliophiles chez Jules Rouam (Paris)Notice du Catalogue général de la BnF, en ligne.. En , il lance Mireille, revue des poètes marseillais, avec Raoul Russel, qui compte huit livraisons.

Pour l'éditeur parisien Camille Dalou, il publie sa première traduction de l'anglais, les Poésies complètes de Edgar Allan Poe (1889) avec une préface de Joséphin Péladan ; il traduira ensuite des poèmes d'Algernon Charles Swinburne. Dès lors, le poète se rapproche du courant symboliste et se lie d'amitié avec Claude Debussy, et rencontre dans la Librairie de l'art indépendant d'Edmond Bailly, le « maître du rêve » Stéphane Mallarmé dont il fréquente les « mardis de la rue de Rome »Lire les souvenirs de Mourey à ce propos dans « Chez les Symbolistes », texte paru dans Les Nouvelles littéraires, du 20 juin 1936 — en ligne sur Livres en blog.. L'année suivante, il publie son premier essai de critique d'art, Les Arts de la vie et le règne de la laideur chez Paul Ollendorff, un essai assez réactionnaire qui dénonce l'impressionnisme, les dérives réalistes ou naturalistes de la peinture et qui se range plutôt du côté de William Morris, du courant préraphaélite et de John Ruskin, et où il affirme que Les arts de la vie et Le règne de la laideur, édition (1899), en ligne sur archive.org.. Mourey se montrera au cours des décennies suivantes beaucoup plus ouvert ; chargé de mission par le ministère des Beaux-Arts à partir de 1895, il servira de lien entre les arts décoratifs émergents anglais, italiens, russes, et Paris, puis saluera l'avénement du style art nouveau, écrira pour les catalogues de la maison Bing et de la Maison moderne, défendra Albert Besnard, Felix Borchardt, Auguste Rodin, Edmond Aman-Jean, Edgar Chahine, etc.

Au fond, cet écrivain polyvalent « Gabriel Mourey, La Faillite de l’art décoratif moderne, 1904 » par Jérémie Cerman, dans L’Art social de la Révolution à la Grande Guerre. Anthologie de textes sources par Neil McWilliam, Catherine Méneux et Julie Ramos (direction), INHA (« Sources »), 2014, consulté le 06 juin 2017..

Entre 1888 et 1905, il entretient une correspondance suivie avec Jean LorrainJean Lorrain. Lettres inédites à Gabriel Mourey et à quelques autres (1888-1905), notice critique du catalogue des Presses du Septentrion., où les deux hommes se montrent parfois d'une cruauté effroyable envers leurs contemporains.

À partir de 1891, il veut devenir dramaturge avec Lawn-tennis, une pièce en un acte créée au Théâtre Antoine, puis en 1893, il écrit avec Paul Adam, toujours pour la scène, L'Automne, un drame en trois actes, qui est interdit par la censure le , et qui donne lieu à une séance houleuse à la Chambre des députés le avec une intervention de Maurice Barrès : celui-ci, député de Nancy, s'oppose alors à Charles Dupuy, ministre de l'Intérieur, qui demandait à retrancher du texte tout ce qui rappelle la fusillade du Brûlé à Ricamarie : en 1869, dans le bassin houillier de Saint-Étienne, la troupe avait tiré sur les grévistes.

Avec Armand Dayot, il attire l'attention sur l'école anglaise de peinture du , alors en partie oubliée.

En , il fonde la Société nouvelle de peintres et de sculpteurs avec des artistes français, allemands et britanniques, et qu'il préside jusqu'en 1906 ; le siège parisien est à la galerie de Georges Petit où sont organisées plusieurs expositions de groupe.

En 1913, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur, sous le parrainage de Charles Plumet.

Après guerre, il devient inspecteur des musées nationaux.

Au cours de sa carrière de critique, Gabriel Mourey a écrit pour de nombreux journaux, tels le Gil Blas, Le Journal (1911), l'édition française de The StudioMarine Rigeade, « Passé le Détroit », le périodique The Studio et la modernité française (1893-1914), École des chartes « thèses », 2010 — résumé en ligne., la Revue encyclopédique, L'Illustration, la Revue de Paris... Il a été rédacteur en chef de la revue Art et décoration.

L'une de ses traductions qui eut le plus de succès fut Le Livre du thé de Okakura Kakuzō.

Il est mort le à Neuilly-sur-SeineActe de décès à Neuilly-sur-Seine, , vue 19/129..

Mourey et Debussy

Composée en 1913, courte pièce pour flûte solo d'après PsychéPublié au Mercure de France en 1913 — lire la critique d'André de Fresnois, La Revue des idées et des livres, 25 juillet 1913., un poème dramatique en trois actes de Gabriel Mourey, Syrinx, fruit de cette amitié, reste la seule composition de Debussy qui soit aboutie dans le cadre de leurs projets très nombreux.

Contributeur de la Revue wagnérienne, Mourey avait de nombreux amis en commun avec Debussy et fut l'intermédiaire entre celui-ci et Gabriele D’Annunzio pour Le Martyre de Saint Sébastien. Les projets en coopération avec Debussy n'ayant jamais abouti sont : L’Embarquement pour ailleurs, commentaire symphonique, 1891 ; Histoire de Tristan, drame lyriquePour connaître les raisons et les circonstances de ce projet et de son inaboutissement, lire « Claude Debussy, auteur de 12 opéras — II — L'histoire de Tristan » par David Le Marrec, sur Opera critiques., 1907-09 ; Huon de Bordeaux, 1909 ; Le Chat botté, d'après Jean de La Fontaine, 1909 ; Le Marchand de rêves , 1909.

Œuvre Poésie Voix éparses…, Paris, Librairie des bibliophiles, 1883. Flammes mortes, Paris, C. Dalou, 1888. L'Embarquement pour ailleurs, Paris, Albert Savine, 1890, réédition refondue : H. Simonis Empis, 1893. Le Miroir : poèmes, Paris, Société du Mercure de France, 1908. Le Chant du renouveau, poèmes de guerre, Paris, Berger-Levrault, 1916. La gloire de Saint-Marc : vingt-trois gravures en couleurs d'après les aquarelles de Augusto Sezanne, poèmes en prose, Paris, Plon, 1920. L'Oreiller des fièvres et les Chansons de Leïla, ornés de gravures sur bois d'Augustin Carrera, Librairie de France, 1922. Marie-Madeleine à la Sainte-Baume, poème orné de gravures sur bois du , Aix-en-Provence, éditions d'art de la revue Le Feu, 1925.

Traduction Poèmes complets d'Edgar Allan Poe, préface de Joséphin Péladan, Paris, C. Dalou, 1889.

Poèmes et ballades d'Algernon Charles Swinburne, notes par Guy de Maupassant, Paris, Albert Savine, 1891. Chants d'avant l'aube de Swinburne, Paris, P.-V. Stock, 1909. Le Livre du thé de Kakuzo Okakura, traduit de l'anglais, Paris, Delpeuch, 1927, réédition Payot, 1931 — Lire en ligne. Jacques Zoubaloff, Politian, comte de Leicester, musique de scène pour le drame d'Edgar Poe, traduction de Gabriel Mourey, partition piano et chant, Paris, Maurice Sénart, 1927.

Directeur de publication Mireille, revue des poètes marseillais avec Raoul Russel, Marseille rue Sainte, 1884 — Lire en ligne. Les Arts de la vie paraissant sous la direction de Gabriel Mourey, Paris, Larousse, 1904-1905 — Lire en ligne.

Essai et préface Les Arts de la vie et le règne de la laideur, Paris, Paul Ollendorff, 1890, réédition 1899. Passé le Détroit, la vie et l'art à Londres, Paris, Paul Ollendorff, 1895. Des hommes devant la nature et la vie, Paris, P. Ollendorff / Société d'éditions littéraires et artistiques, 1902. La Maison moderne. Documents sur l'art industriel au vingtième siècle : reproductions photographiques des principales œuvres des collaborateurs de La Maison moderne, avec neuf gravures de Félix Vallotton, Paris, Édition de La Maison moderne, 1901. Préface à Documents décoratifs : panneaux décoratifs, études des applications de fleurs, papier peints, frises, vitraux, orfévrerie par Alfons Mucha, Paris, Librairie centrale des beaux-arts, [vers 1902 ?]. Œuvres de Felix Borchardt exposées à l'Art nouveau Bing, Paris, . Poèmes arméniens anciens et modernes traduits par Archag Tchobanian et précédés d'une étude de Gabriel Mourey sur la poésie et l'art arméniens, Paris, A. Charles, 1902. Ignacio Zuloaga, Paris, Manzi & Joyant, 1905. Albert Besnard, avec 100 reproductions hors-texte dont neuf en couleurs et d'une eau-forte originale, Paris, H. Davoust, 1905. Gainsborough : Biographie critique, Paris, Henri Laurens, 1906. Fêtes foraines de Paris, gravures d'Edgar Chahine, Paris, P. Renouard, 1906.

Regards sur l'âme ombrienne, [n.p., 1907]. D.-G. Rossetti et les Préraphaélites anglais : biographies critiques, Paris, Henri Laurens, 1909. avec Armand Dayot, Anglaises et Françaises. Écoles du , Paris, [s.n.], 1909. Préface à Exposition de peintures et d’eaux-fortes de Philippe Zilcken, Paris, Galérie d’art décoratif, 1911. Le village dans la pinède : Mazargues (Bouches-du-Rhône), Paris, Mercure de France, 1911. Exposition Daniel Vierge, -, Paris, Musée des arts décoratif, 1912. Exposition Mathurin Méheut : la mer, faune et flore, œuvres diverses, du au , Paris, Musée des arts décoratifs, . Propos sur les beautés du temps présent, Paris, Ollendorff, 1913. La Guerre devant le palais : Compiègne 1914, Paris, P. Ollendorff, 1915. Essai sur l'art décoratif français moderne, Paris, Librairie Ollendorff, 1921. Histoire générale de l'art français de la Révolution à nos jours, Paris, Librairie de France, 1922.

La Vérité sur la cour des métiers : Ce qu'elle est... aurait dû être... pouvait être, Paris, Librairiede France, 1925. Préface à La Vie et les œuvres de quelques grands saints d'Émile Baumann, Paris, Librairie de France, 1926. Eugène Delacroix, avec 24 phototypies, Paris, Librairie de France, 1927. François Quelvée, Paris, éditions de la N.R.F, 1928. La Peinture anglaise du , Paris, G. Van Oest, 1928. Le Livre des fêtes françaises, Paris, Librairie de France, 1930. Georges Dufrénoy, Paris, Georges Crès, . Préface à , avec 24 phototypes, Paris, Librairie de France, [1930?]. Tableau de l'art français des origines à nos jours, Tome I à IV, Paris, Delagrave, 1932-1938. Achille Ouvré, [S.l.] : [s.n.].

Théâtre et livret Lawn-tennis, pièce en un acte, avec une lettre d'André Antoine, Paris, Tresse et Stock, 1891. avec Paul Adam, L'Automne : drame en trois actes ; interdit par la censure le , Paris, E. Kolb, 1893. Trois cœurs, pièce en un acte, Paris, P.-V. Stock, créée au Théâtre de l'Odéon, . Psyché : poème dramatique en trois actes, Paris, Mercure de France, 1913. Guillaume d'Orange : geste en cinq actes et six tableaux, Paris, P. Ollendorff, 1914. Daphnis, poème dramatique en un acte, Paris, Librairie de France, 1925.

Roman et nouvelle Monada, Paris, P. Ollendorff, 1894. Les brisants, Paris, P. Ollendorff, 1896. L'Œuvre nuptiale, Paris, Alphonse Lemerre, 1896. Cœurs en détresse, Paris, P. Ollendorff, 1898. 1 heure : la Bourse, collection Beltrand et Dété, serie « Les minutes parisiennes », illustré par Charles Huard, Paris, P. Ollendorff, 1899 — sur Gallica. Jeux passionnés, Paris, P. Ollendorff, 1901. Sainte Douceline, béguine de Provence : 1214-1274, illustré par Pierre Girieud, Paris, éditions du Monde nouveau, 1922. L'Amateur de fantômes, Paris, Mercure de France, 1937.

Notes et références

Annexes

Bibliographie « Gabriel Mourey », dans Claude Schvalberg (direction), Dictionnaire de la critique d'art à Paris, 1890-1969, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2014, .

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