vignette|300px|Militants sud-coréens lançant des ballons de propagande à destination de la Corée du Nord. Les campagnes de ballons de propagande en Corée sont des actions de orchestrées depuis les deux Corées (Corée du Nord et Corée du Sud) par utilisation de ballons comme méthode de diffusion depuis l'époque de la guerre de Corée, transportant ainsi divers contenus. À l'origine, ces campagnes étaient organisées par les gouvernements et les armées des États coréens. De nos jours, elles sont cependant principalement l'œuvre d'organisations non gouvernementales sud-coréennes qui organisent régulièrement des lâchers de ballons dans le but d'envoyer des objets censurés en Corée du Nord, ainsi que divers autres biens, aux habitants de Corée du Nord.
Les motivations principales des campagnes de ballon sud-coréennes sont de soutenir la « démocratisation » et de provoquer un changement de régime en Corée du Nord. L'efficacité de ces campagnes est cependant discutable. En outre, les lancers de ballon peuvent avoir aggravé les tensions dans la péninsule coréenne, et les lancements font finalement face à une opposition croissante de la part de la société sud-coréenne. L'État nord-coréen a effectué des tirs sur des soldats de la zone coréenne démilitarisée en représailles aux campagnes de propagande du Sud.
La position officielle des gouvernements sud-coréen et nord-coréen est d'être opposée aux lancers réguliers de ballons. Le gouvernement sud-coréen hésite cependant à intervenir lors de ces lancers en raison des préoccupations concernant la liberté d'expression. Certaines actions d'hommes politiques, comme l'interdiction de l'utilisation de bateaux pour les lancers de ballons, ont toutefois considérablement réduit la quantité de tracts à destination de la Corée du Nord. Ces dernières années, il y a eu peu de cas de lancers officiels depuis l'un ou l'autre des États coréens. Les actions de guerre psychologique entre eux ont également grandement disparues avec la politique du rayon de soleil, indépendamment du récent renouvellement des tensions depuis l'accession au pouvoir de Kim Jong-un au Nord.
Histoire vignette|Poste de sentinelle sud-coréen vu depuis la Corée du Nord dans la zone coréenne démilitarisée. Les origines des campagnes de propagande dans la péninsule coréenne remontent à la guerre de Corée des années 1950 quand le commandement des Nations unies en Corée a « bombardé » les Chinois et les Nord-Coréens d'environ 2,5 milliards de tracts. Une étude historique estime que la quantité de tracts était si grande qu'elle aurait suffi à couvrir toute la péninsule sous une couche de 35 feuillets épais. En comparaison, les Nord-Coréens n'ont envoyé qu'environ 30 millions de tracts durant la guerre. Les ballons coréens peuvent être comparés à la situation allemande durant la guerre froide avec les mauerseglers (sentinelles du mur) envoyant des ballons avec des biens au-dessus du mur de Berlin.
Des lancers de ballon sont organisées par l'État sud-coréen jusqu'au début de la politique du rayon de soleil sous la présidence de Kim Dae-jung. Les deux Corées ont arrêté les actions de guerre psychologique de 2004 à 2010. En plus des ballons, cela interdisait les émissions radiophoniques, panneaux et haut-parleurs sur la zone coréenne démilitarisée. L'État nord-coréen avait initialement exigé cela comme condition préalable au premier sommet inter-coréen de 2000 et la demande avait été acceptée par Kim Dae-jung. Après le bombardement de Yeonpyeong de 2010, des lancers de ballons sont de nouveau organisés par le ministère sud-coréen de la Défense nationale à la fin de l'année mais ils sont suspendus l'année suivante.
Il existe quelques exemples de campagnes de propagande similaires de lancers de ballons par la Corée du Nord vers la Corée du Sud. Cependant, les campagnes effectuées sur la péninsule coréenne visent principalement la Corée du Nord. Il y eut un lancer de ballons en Corée du Nord en en réponse à une campagne de propagande officielle de l'armée sud-coréenne à la suite du bombardement de Yeonpyeong.
En 2010, il y eut un soutien public accru en faveur d'un dialogue plus dur avec la Corée du Nord pendant la montée des tensions, mais ce soutien a diminué dès l'année suivante. Un sondage de fin 2014 révèle que les récents développements avaient convaincu beaucoup de Sud-Coréens des mauvaises conséquences des campagnes de propagande : 58 % des répondants étaient contre les lancers de ballons.
Contenu des ballons
vignette|gauche|250px|Propagande des Nations Unies datant la guerre de Corée : Kim Il-sung manipulé par Mao Zedong et Staline. La propagande sud-coréenne durant la guerre de Corée, par l'intermédiaire des 2,5 milliards de tracts « bombardés », a également pour objectif de démonter la supériorité du monde capitaliste dans la surproduction sur ses rivaux communistes. Une étude de Yi In-hwa conclut que le parti pris contre les Nord-Coréens dans la société sud-coréenne préfigure, dans sa forme visuelle, la propagande des Nations unies pendant la guerre de Corée. En comparaison, la propagande nord-coréenne durant la guerre reflète largement la de l'époque.
L'auteur Jin-Heon Jung affirme qu'il y a eu peu de changements dans le contenu et les objectifs des tracts sud-coréens depuis la transition des lancers militaires aux lancers civils. Historiquement, il y a eu des problèmes de dans les tracts, comme sur le passage de l'orthographe sud-coréenne à l'orthographe nord-coréenne. Par exemple, les Nord-Coréens ne comprenaient pas des mots comme Hŏnggari (« Hongrie ») ou Ssoryŏn (« Union soviétique »), qui s'écrivaient en Corée du Nord Wengari et Rossiya. Les tracts comprenaient un mélange de propagande, d'informations et d'incitations. Certains d'entre eux comprenaient du prosélytisme pour le principe évangéliste de nouvelle naissance, ou des évangiles de la Bible. L'un des tracts comparait de manière provocatrice Kim Il-sung à Jésus-Christ dans son message, déclarant : « Croyez en Jésus-Christ plutôt qu'en Kim Il-sung ». Durant la guerre froide, les propagandes en concurrence évoluèrent pour ressembler à une lutte entre deux influences relativement nouvelles en Corée : le communisme et le christianisme. Les actions du transfuge haut placé Hwang Jang-yop ont également été décrites dans les tracts.
Les lancers de ballon du gouvernement sud-coréen transportaient historiquement - en plus des tracts de propagande - des bonbons, des briquets, du tabac et de la pornographie. De nos jours, le contenu des ballons lancés par les organisations non gouvernementales comprend divers types de biens culturels et autres objets et éléments essentiels. Ils envoient, par exemple, des dollars américains, des nouilles instantanées, des livrets, des bas de nylon, des chaussettes de haute qualité, des lettres amicales, des radios, ainsi que des DVD, des clé USB et des cartes SD avec des contenus interdits au Nord. Des biscuits Choco Pie ont également été envoyés et sont même devenus au Nord des objets précieux à échanger. Après l'incident du piratage de Sony Pictures Entertainment de 2014, de nombreux militants ont envoyé des copies du film américain L'Interview qui tue ! en Corée du Nord. Certaines de ces copies ont cependant été censurées par les militants eux-mêmes des éléments jugés les plus provocants. Certains des tracts lancés de nos jours sont fabriqués en léger et étanche.
Les actuels tracts lancés par le gouvernement nord-coréen ont des contenus relativement simples et rappellent la propagande qu'il utilise à l'intérieur de ses frontières. Ils comprennent divers slogans ainsi que des contenus racistes ou sexistes couramment retrouvés dans la propagande de Corée du Nord. En 2016, certains ballons ont été remplis de déchets, en plus de tracts de propagande. Les tracts de ces dernières décennies ont des contenus plus variés.
Organisations sud-coréennes concernées Les organisations actuelles impliquées dans les lancers de ballons de propagande comprennent des organisations de transfuges nord-coréens, des protestants évangéliques et conservateurs sud-coréens, diverses organisations d'autres confessions chrétiennes et des organisations basées aux États-Unis. Parmi les organisations de transfuges nord-coréens, les anciens membres de l'armée sont sur-représentés. Les femmes constituent plus de 70 % des transfuges nord-coréens mais ce sont cependant principalement des hommes de l'élite politique ou militaire qui mènent les campagnes de ballons. Les organisations de transfuges sont les plus actives, les deux principales étant les et l'Association chrétienne nord-coréenne.
Les Combattants pour une Corée du Nord libre, la Campagne pour aider directement les Nord-Coréens, l'Association chrétienne nord-coréenne et le sont parmi les groupes de lanceurs de ballons les plus actifs. Néanmoins, le transfuge affirme que, à la différence des autres groupes de transfuges, les Combattants pour une Corée du Nord libre ne reçoivent aucun aide financière du gouvernement et ne sont soutenus que de quelques centaines de partisans faisant don de 5 à par mois. Certains des transfuges militants, comme les Combattants pour une Corée du Nord libre, ont des contacts dans la zone frontalière chinoise et envoient des biens culturels en Corée du Nord en passant par les rivières.
Les organisations non gouvernementales sud-coréennes comprennent la Campagne d'action nationale pour la liberté et la démocratie en Corée, la Ligue des parents coréens, Chogabje.com, l'Association des familles des prisonniers de guerre et des citoyens sud-coréens enlevés, et diverses autres. de la Fondation du forum de défense est la présidente de la . Cette organisation fait parmi des plus grands soutiens aux organismes impliqués dans les lancers de ballons. Des donateurs chrétiens anonymes et des églises étrangères sont également une source de financement non négligeable.
Park Sang-hak décrit leurs objectifs comme essayant de briser la censure de l'information et sensibiliser les gens pour encourager les Nord-Coréens à renverser leurs dirigeants. La Fondation pour les droits de l'homme combat de son côté pour la liberté d'expression, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, la liberté d'association, la liberté de circulation et la démocratie. En plus d'espérer provoquer un soulèvement et renverser le régime, les organisations de défense des droits de l'homme s'impliquent dans d'autres causes comme l'aide aux réfugiés, le travail humanitaire auprès des personnes handicapées en Corée du Nord, le prosélytisme chrétien, et diverses autres.
Rôle de l'évangélisme protestant
L'évangélisme protestant est un dénominateur contemporain commun de la majorité des ONG impliquées dans les lancers de ballon puisque ceux-ci sont essentiellement d'origine privé. L'auteur Jin-Heon Jung affirme qu'il y a eu une polarisation dans la société sud-coréenne depuis le début de la politique du rayon de soleil : au fur et à mesure que la polarisation entre les États diminue, la polarisation idéologique et politique en Corée du Sud augmente. Jung note que les chefs évangélistes ont mené des manifestations contre les deux régimes. À la différence des autres nations asiatiques, comme le Japon, les Sud-Coréens n'ont pas manifesté de résistance aux missionnaires occidentaux, et le christianisme est ainsi devenu politiquement lié au mouvement anticommuniste en Corée du Sud. La ligne dure envers la Corée du Nord de l'administration Bush et le financement d'organisations anti-Corée du Nord ont également un impact important dans la formation du mouvement international des droits de l'homme contre la Corée du Nord.
Il y a également eu une concurrence entre les deux principales sociétés de radiodiffusion en Corée du Sud pendant la guerre froide dans les messages envoyés aux Nord-Coréens. Ces sociétés sont le Système audiovisuel coréen de l'État sud-coréen et la privée, évangéliste et protestante.