L'autoroute française A16, baptisée L'Européenne, relie-la Francilienne dans le nord de la région parisienne (au niveau de l'échangeur de la Croix Verte) à la frontière avec la Belgique à hauteur de Bray-Dunes dans le département du Nord. Elle dessert successivement Beauvais, Amiens, Abbeville, Boulogne-sur-Mer, Calais et Dunkerque en région Hauts-de-France, et se prolonge ensuite par l'autoroute belge A18 vers Ostende et Bruges. Elle reprend en cela une grande partie de l'itinéraire de l'ancienne . Sa longueur est de . Elle longe le littoral de la Manche à partir d'Abbeville, puis celui de la Mer du Nord à partir de Calais jusqu'à la frontière belge. La portion entre Dunkerque et Abbeville fait partie de la route des Estuaires, qui continue ensuite vers Rouen par l'A28.

Entre la Francilienne et Boulogne-sur-Mer, sa gestion est concédée à la Sanef (jusqu'au ). Entre Boulogne-sur-Mer et la Belgique, c'est la direction interdépartementale des routes Nord (DIRN) qui en assure l'entretien, l'exploitation et la gestion ; cette dernière section est libre de péage, (voir notamment l'article 8), sur legifrance.gouv.fr, consulté le 6 juillet 2016. (volonté de laisser gratuite la desserte des trois grands ports de la région depuis Lille et la Belgique).

L'autoroute est à sur la majorité de sa longueur, sauf sur quelques portions où elle est à (aux alentours de Calais et Dunkerque). La vitesse y est limitée à , à l'exception de l'agglomération de Boulogne-sur-Mer et des derniers kilomètres en Île-de-France où celle-ci descend à . La vitesse limite est passée à autour de Dunkerque en pour des raisons de sécurité et d'écologieAlexis Constant, Dunkerque: après les poids lourds, au tour des automobilistes de lever le pied sur l’A16 dans La Voix du Nord, le 17 novembre 2014, et autour de Calais en à cause de la crise migratoireJean-Philippe Delattre, Calaisis : la vitesse restera définitivement limitée à sur l'A16 dans La Voix du Nord, le 6 novembre 2015.

Entre Abbeville et Boulogne-sur-Mer, l'A16 est souvent déconseillée aux caravanes à cause du fort vent qui souffle en provenance de la Manche. En cas de vent de plus de , la vitesse est limitée à sur les viaducs, pour tous types de véhicules. En cas de vent de plus de , la vitesse est limitée à sur les viaducs, pour tous les véhicules et réduite à une voie dans chaque sens.

Histoire Origines La section non concédée de l'autoroute, longue de , est mise en service pour l'essentiel en 1993, entre Boulogne-sur-Mer et Dunkerque, puis en 1997 pour les trois kilomètres subsistants jusqu'à la frontière franco-belge.

Le tronçon entre la région parisienne et Amiens ouvre en 1994, le contournement d'Amiens en 1995, la partie entre Amiens et Abbeville en 1997 et enfin le dernier tronçon, entre Abbeville et Boulogne-sur-Mer, ouvre le . La construction du viaduc d'Echinghen, à quelques kilomètres au sud de Boulogne-sur-Mer, s'achève en . D'une longueur de et d'une hauteur maximale de , cet ouvrage d'art, dû à l'architecte Pierre-Louis Carlier, est alors le plus grand des viaducs édifiés sur le tracé de l'A16.. L'ensemble est concédé à la Sanef par décret du Avis du CGEDD sur le bilan « LOTI » de l'autoroute A16 : section concédée L'Isle-Adam-Boulogne et section non concédée Boulogne frontière belge.

Ce n'est qu'à partir de 2005 que les sorties entre Boulogne-sur-Mer et la Belgique sont renumérotées pour assurer la continuité entre les deux tronçons construits.

Beaucoup d'autoroutes se sont construites dans la région Nord-Pas-de-Calais mais la réalisation de l'A16 fut bien plus perturbée que les autres. En 1992, à la suite de l'élection de Marie-Christine Blandin, du parti des Verts, à la présidence de la région, le projet connait un moratoire de plusieurs mois avant de connaitre un début d'exécution. Après son achèvement partiel intervenu en 1998, l'ouvrage ne sera pas officiellement inauguré. Sur les cartons d'invitation figure le nom de Charles Baur, président de la région Picardie, qui a été élu grâce aux voix du Front national (aujourd'hui le Rassemblement national), ce qui scandalise les élus du Nord-Pas-de-Calais. La Sanef annule la cérémonie d'inauguration prévue à Boulogne-sur-MerJean-François Gintzburger, « Ces kilomètres de bitume qui sillonnent la région », Cent ans de vie dans la région - Tome 3 - 1939-1958 : De la bataille du rail à la bataille du charbon, La Voix du Nord, 17 juin 1999, ..

Prolongement vers Paris L'autoroute A16 s'arrête dans le nord de l'Île-de-France et n'est pas directement reliée à Paris. Le Schéma directeur de la région Île-de-France de 1965 prévoit de prolonger l'A16 jusqu'au boulevard périphérique de Paris, au niveau de la porte d'Aubervilliers. Les schémas directeurs suivants (de 1976, 1984 et 1994) inscrivent aussi un prolongement mais jusqu'à l'autoroute A86, au niveau de La Courneuve (en traversant le parc départemental de La Courneuve).. Une consultation, organisée dans cette optique entre octobre et , est validée par le ministre de l'Équipement Bernard Pons le , choix qui est contesté localement..

Le , le nouveau ministre de l'Équipement Jean-Claude Gayssot décide que l'A16 ne traversera pas la Seine-Saint-Denis. et qu'elle s'arrêtera du côté de Gonesse sur l'avenue du Parisis, avec un prolongement jusqu'à la Francilienne devant être réalisé dans un premier temps. Le , le ministre confirme devant le Sénat, en réponse à la sénatrice Marie-Claude Beaudeau., que les études ne mettent pas en évidence la nécessité d'un prolongement au-delà de la Francilienne. Cependant, depuis 2004 et l'achèvement de l'autoroute A115, une continuité d'autoroutes et de voies rapides est assurée entre l'A16 et la capitale par le nord-ouest.

Il s'est ensuite décidé de prolonger l'A16 sur environ jusqu'à l'échangeur de La Croix Verte () par une mise aux normes autoroutières de la route nationale 1 sur à hauteur de Nerville-la-Forêt, puis par la création d'une nouvelle portion contournant les communes de Maffliers et de Montsoult (la étant fréquentée quotidiennement par sur ces deux communes). Au nord-est de Maffliers, l'A16 doit croiser la ligne SNCF Paris – Beauvais, la ligne H du Transilien et à trois reprises l'oléoduc qui alimente l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

Les études d'avant-projet de ce prolongement sont finalisées au printemps 2006, et quatre variantes sont proposées. Une concertation sur les études a lieu dans les communes concernées par le projet en sous la forme d'expositions de panneaux. L'enquête publique, commune au prolongement de l'autoroute A16 ainsi qu'à ses deux opérations connexes (réaménagement de l'échangeur de la Croix Verte et requalification de la ), aurait dû se dérouler au second semestre 2006. L'objectif de début des travaux était 2009 pour une mise en service en 2012. Cette nouvelle section de doit être libre de péage et concédée à la SANEF.

La commission nationale du débat public décide, le , d'organiser un débat public sur ce projet, à la suite de sa saisine par le conseil régional d'Île-de-France et France Nature EnvironnementDébat public sur le prolongement de l'A16. ; ce débat se déroule à l'automne 2007.

Le , l'État choisit l'un des tracés proposésSite sur le prolongement de l'A16.. De nouvelles études sont lancées sur le principe de la solution B conformément à la commande ministérielle du , incluant le réaménagement de la Croix Verte et la requalification de la . Une nouvelle concertation publique est engagée en sur le projet, organisée par le maître d'ouvrage du projet, la direction régionale et interdépartementale de l'Équipement et de l'Aménagement. Après cette étape de concertation, le projet est soumis à une enquête publique qui arrête définitivement le projet de prolongement de l'A16.

Le a lieu la publication d'un décret déclarant d'utilité publique les travaux de prolongement de l'A16 entre l'Isle-Adam et l'échangeur de la Croix VerteVal d'Oise (magazine du conseil départemental), juillet/août 2015, page 18 : « L'A16 arrive à la Croix-Verte »..

Les travaux ont commencé en 2016 et se sont achevés avec l'ouverture du tronçon le . L'échangeur de la Croix Verte est totalement réaménagé pour faciliter les déplacements entre l'A16 et la Francilienne, entre les deux côtés de la Francilienne et entre l'A16 et la (ancienne ) vers/depuis Sarcelles. La est complètement déclassée dans le département du Val-d'Oise.

Rénovation du viaduc d'Echinghen En 2017, la SANEF remarque des signes de vétusté sur le viaduc d'Echinghen, situé entre les sorties (commune d'Isques, au sud de Boulogne-sur-Mer) et (port de Boulogne) de l'A16. Elle attaque les entreprises de construction à l'origine de l'ouvrage (notamment Bouygues Construction) et leur réclame sept millions d'eurosRomain Douchin, Viaducs (déjà) vétustes sur l'A16, Sanef et Bouygues se rejettent la faute devant le tribunal, dans La Voix du Nord, du 30 juin 2017..

Une importante opération de rénovation a lieu entre fin 2017 et début 2018 pour vérifier les en acier qui supportent la structure. La circulation des poids-lourds est alors momentanément interdite par mesures de sécurité ; ceux-ci doivent sortir à la sortie 29 et récupérer l'autoroute à la sortie 28 dans le sens Calais vers Amiens, et inversement dans le sens Amiens vers Calais. Bien en amont, les poids lourds circulant entre Calais et Amiens sont invités à passer par les autoroutes A26, A1 et A29 (via Arras et Péronne) pour éviter d'être déviés une fois arrivés dans l'agglomération boulonnaise. Les autres véhicules circulent sur le viaduc à maximum et sur une voie dans les deux sens de circulationA16 : la circulation sur le viaduc d'Echinghen perturbée jusqu'à la fin décembre, sur France 3 Nord-Pas-de-Calais, 6 novembre 2017..

Face au non-respect de cette réglementation temporaire, les contrôles se multiplient et la vitesse est réduite à en amont de la sortie précédente, dans les deux sens de circulation, pour permettre aux poids-lourds d'avoir le temps de mieux voir la signalisation et les déviations. Des radars sont installés le à ces emplacementsCamille Mordelet, Quatre choses à savoir sur les nouveaux radars de l'A16, dans La Voix du Nord, du 11 janvier 2018.. L'accès au viaduc depuis la sortie 29 (entrée sur l'autoroute vers le sud) est également fermé à tous les véhicules.

Ces travaux, dont la durée s'est allongée à plusieurs reprises, font beaucoup parler : le trafic important de poids lourds dévié sur les routes communales d'Isques et de Saint-Léonard (entre et par jour) causent de nombreuses perturbations pour les riverains et plusieurs travaux de réparation sur les chaussées endommagéesCamille Mordelet, Les camions déviés de l'A16 envahissent la ville, les riverains sont exaspérés, dans La Voix du Nord, du 20 janvier 2018.. Le député Jean-Pierre Pont a adressé un courrier destiné à la ministre des Transports, Élisabeth Borne, demandant d'obliger la SANEF à respecter son engagement de fin des travaux à la date avancée par la société et la préfectureCamille Mordelet, Après le coup de gueule du député Pont, le sous-préfet s’exprimera lundi sur la déviation de l'A16, dans La Voix du Nord, du 18 janvier 2018.. Le , la fin des travaux est repoussée une nouvelle fois jusqu'au Élodie Rabé, Les travaux du viaduc prolongés jusqu'au 30 juin, dans La Voix du Nord, du 22 janvier 2018.. Jean-Pierre Pont demande alors la réouverture de l'accès à l'A16 par la sortie 29 dans le sens Calais vers Amiens et la gratuité de l'autoroute entre les sorties 27 et 29Camille Mordelet, Un Boulogne-Isques gratuit, le temps des travaux ?, dans La Voix du Nord, du 25 janvier 2018.