Le HMHS, « Navire-hôpital de Sa Majesté ». Britannic est un paquebot britannique construit par les chantiers navals de Belfast pour la . Troisième navire de classe Olympic, de l’Olympic et du Titanic, il fut construit peu après eux, et devait à l'origine être nommé Gigantic. Mis en construction peu après ces derniers, il est lancé le . Il est alors conçu pour être le plus sûr et le plus luxueux des trois navires, en tirant notamment des leçons du naufrage du Titanic. Il ne connaîtra cependant jamais de carrière commerciale. Réquisitionné par la Royal Navy pendant la Première Guerre mondiale en tant que navire-hôpital, il navigue en 1915 et 1916 entre le Royaume-Uni et les Dardanelles, où les Alliés subissent un sanglant revers.

Lors de sa sixième traversée, il coule en mer Égée le en un peu moins d'une heure, après avoir heurté une mine posée par l’Unterseeboot 73. Pensant à une attaque ennemie, la presse britannique profite de l'événement pour attaquer la « barbarie allemande ». Après la guerre, le Britannic est remplacé au sein de la flotte de la par le Majestic reçu en dommage de guerre. L'épave est localisée et explorée par Jacques-Yves Cousteau en 1975. Il s'agit de la plus grande épave de paquebot au monde. Bien que ce naufrage ait eu un impact moindre que celui du Titanic, il a tout de même donné lieu à la réalisation d'un téléfilm, Britannic, en 2000.

Le Britannic est le deuxième des trois navires de la qui porte ce nom. Le premier commence sa carrière en 1874 et le troisième, entré en service en 1930, est le dernier navire à avoir arboré le pavillon de la compagnie.

Histoire Des débuts plusieurs fois retardés Conception C'est en 1907 que Joseph Bruce Ismay, directeur général de la , et Lord William James Pirrie, directeur des chantiers navals de Belfast, décident de la construction d'un trio de paquebots aux proportions inégalées destinés à concurrencer les « lévriers des mers » de la (le Lusitania et le Mauretania) non pas sur le plan de la vitesse, mais sur celui du luxe et de la sécurité.. Les noms des trois navires sont décidés ultérieurement et montrent bien les intentions des concepteurs quant à leur taille : Olympic, Titanic et Britannic. Les deux premiers sont construits dans un premier temps avant de laisser place au troisième.. Les plans des trois navires sont réalisés par les architectes navals Thomas Andrews et Alexander Carlisle, et la construction des deux premiers commence en 1908 et 1909.. Leur taille est telle qu'il a fallu construire un portique spécial, le plus grand échafaudage du monde, pour les abriter. Seuls deux navires peuvent y être construits côte à côte.. Les trois paquebots doivent à l'origine avoir une longueur de environ pour un tonnage de environ. Ils doivent pouvoir transporter leurs passagers à une vitesse de en moyenne, ce qui est en dessous des records des « lévriers des mers », mais permet tout de même de faire des traversées de moins d'une semaine..

Construction thumb|Le Britannic se tient dans son portique en attente de son lancement.|alt=Carte postale en couleurs représentant le Britannic au milieu de ses échafaudages L’Olympic effectue son voyage inaugural le et la quille du Britannic est posée, peu après, dans les chantiers . La construction du troisième géant commence donc le sur la cale précédemment occupée par l’Olympic., et la mise en service du paquebot est prévue pour le début de 1914.. La construction débute à une bonne allure, mais elle est rapidement assombrie par le naufrage du Titanic le , ce qui incite les concepteurs à attendre les recommandations de l'enquête pour s'adapter à celles-ci.

Ces enquêtes entraînent de nombreuses modifications, et la première concerne le nom même du navire. Contrairement aux nombreuses rumeurs, le Britannic ne devait pas s'appeler le Gigantic puisque dès les premiers plans le nom Britannic y figure. Cependant, certains persistent a dire que ce nom a été envisagé, des affiches et articles de journaux appuyant ce fait « Britannic », L'Histoire du RMS Olympic, RMS Titanic et HMHS Britannic. Consulté le ... Des documents retrouvés en 2007 laissent supposer que le nom de Britannic a été envisagé en 1911, donc avant le naufrage du Titanic « Gigantic Dossier », Mark Chirnside's Reception Room. Consulté le ..

Le navire n'ayant pas encore été lancé, d'autres modifications sont effectuées, concernant en grande partie sa sécurité. Une double coque est ajoutée, les compartiments étanches centraux sont rehaussés (ce défaut avait en grande partie accéléré le naufrage du Titanic) et des canots de sauvetage sont ajoutés. Les nouveaux compartiments étanches permettent au navire de rester à flot avec six compartiments inondés, quels qu'ils soient.. De plus, de grands bossoirs sont ajoutés pour permettre de descendre les canots plus rapidement, même en cas de gîteL’Olympic reçoit pour sa part un supplément de bossoirs de type Wellin (ceux qui l'équipaient déjà, ainsi que le Titanic), soutenant chacun deux canots, lors de sa refonte de 1912.. Afin de contrer la mauvaise publicité à la suite du naufrage du Titanic, la White Star Line publie également une brochure décrivant en détail les améliorations faites au navire sur le plan de la sécurité.

Le lancement du Britannic a lieu le sous les yeux de centaines de spectateurs.. Ce jour est même chômé à Belfast.. Plusieurs discours sont donnés devant la presse, et un dîner est organisé par la compagnie en l'honneur du paquebot.. Il faut désormais remplir la coque du navire, y installer les machines et les différentes pièces, ainsi que ses cheminées. Il est alors prévu que le paquebot soit terminé à la fin du mois de , mais en juillet il est finalement annoncé que sa mise en service est repoussée au printemps.. En effet, les chantiers connaissent des problèmes financiers, et travaillent sur de nombreux navires. Le Britannic entre en cale sèche en septembre suivant, et ses hélices sont installées..

Cependant, l'idée d'une mise en service au printemps est bouleversée par la déclaration de guerre du Royaume-Uni à l'Allemagne. La construction du navire cesse un temps, puis, encore inachevé, il est réquisitionné par l'Amirauté britannique le pour transporter des soldats blessés sous le nom de HMHS Britannic.

Transformation en navire-hôpital thumb|left|Le Britannic tel qu'il aurait dû être en service transatlantique (photo retouchée).|alt=Photographie retouchée du Britannic, avec une coque noire Transformé en navire-hôpital, le Britannic subit quelques modifications, notamment visuelles. Alors que sa construction est sur le point de s'achever, sa coque est repeinte en blanc et se voit ajouter une ligne verte ainsi que trois croix rouges sur chaque flanc, éclairées par des ampoules.. À l'intérieur, et plusieurs salles d'opération sont installées. Les espaces communs des ponts supérieurs sont transformés en salles pour les blessés, les cabines du pont B servent à loger les médecins, et la salle à manger de première classe ainsi que la salle de réception des premières classes, sur le pont D, sont transformées en salles d'opération. Les ponts inférieurs accueillent les blessés légers.. Tous les équipements médicaux sont installés lorsque le Britannic se trouve à Liverpool où il est arrivé le .

Cette transformation impromptue entraîne également un problème au niveau des embarcations de sauvetage : seuls cinq des huit bossoirs géants ont eu le temps d'être installés. L'équipement du navire est donc complété par des bossoirs de type Welin (ceux qui équipent l’Olympic et le Titanic), capables de descendre deux canots : un standard et un pliant. Ces bossoirs sont placés sur la partie centrale du pont des embarcations, et deux d'entre eux sont ajoutés sur le pont de poupe, offrant ainsi un total de de sauvetage à bord, dont 30 sur les bossoirs-grue.

Le Britannic en guerre Premier service thumb|L’Aquitania a servi de navire-hôpital aux côtés du Britannic.|alt=Le paquebot Aquitania peint en blanc, en livrée de navire hôpital Lorsqu'il est déclaré bon pour le service, le , on lui attribue une équipe médicale constituée de , et , ainsi qu'un équipage de . Deux jours avant son départ, le Britannic se trouve à Liverpool où il est rejoint un temps par son jumeau l’Olympic. L'équipage monte à bord. Son commandant est Charles Bartlett, capitaine respecté de la . Le chef mécanicien est Robert Flemming, et le chef chirurgien est John C.H. Beaumont. Tous deux sont habitués aux navires de classe Olympic puisqu'ils ont servi à bord de l’Olympic et sont très satisfaits de leur nouvelle affectation. Beaumont déclare même que le Britannic est . Le , le navire quitte Liverpool pour rallier le port de Moudros sur l'île de Lemnos en mer Égée afin de ramener des soldats malades ou blessés.

Il rejoint plusieurs autres paquebots sur la même ligne tels que le Mauretania, l’Aquitania. et même son l’Olympic (qui contrairement aux trois autres, ne sert pas en tant que navire-hôpital mais en tant que transport de troupes.). Les quatre bâtiments sont rejoints un peu plus tard par le Statendam. L'équipe formée est ainsi en mesure de transporter près de de troupe et et malades « HMHS Britannic », WebTitanic. Consulté le ..

Le Britannic fait tout d'abord une escale à Naples pour refaire ses stocks de charbon pour prendre ensuite le cap de Moudros et du front des Dardanelles, revenant en Angleterre le avec qui sont répartis dans les hôpitaux londoniens. Ce voyage est marqué par deux décès dus à la tuberculose et la disparition d'un homme tombé à la mer. Son deuxième voyage est de plus courte durée car il fait seulement un aller-retour vers Naples. Il passe les quatre semaines suivant son retour au large de l'île de Wight en tant qu'hôpital flottant..

Le troisième voyage a lieu du au . Le dernier jour, un homme meurt de diabète à bord. Après cette traversée, les services du Britannic et de ses compagnons ne sont plus jugés utiles, les Dardanelles ayant été évacuées en janvier.. À la fin de son service militaire, le , il retourne à Belfast pour y subir les modifications nécessaires à son service transatlantique originel. La est dédommagée par le gouvernement de pour financer les travaux. Ceux-ci se déroulent plusieurs mois durant avant d'être interrompus, à un stade d'avancement inconnu..

Rappel sous les drapeaux thumb|left|Le Britannic et le Galeka, autre paquebot au sort similaire, coulé un mois avant lui dans des circonstances identiques.|alt=Le Britannic et le Galeka, plus petit, alignés en mer. Cependant, l'Amirauté britannique le rappelle à son service deux mois plus tard, le et le navire reprend le large pour un quatrième voyage le . L'équipe médicale est alors composée de secouristes volontaires.. En chemin à l'approche de Naples le , le Britannic traverse une violente tempête dont il se sort indemne.. Il repart le pour Southampton et fait ensuite un cinquième voyage. Ce nouveau voyage est marqué par la mise à l'isolement officielle de l'équipage quand le bateau arrive à Moudros. En effet, l'équipage a été frappé par des intoxications alimentaires et le paquebot doit rester à quai pendant la durée de l'enquête..

Lors de son retour, un incident, diplomatique cette fois-ci, se produit. Le chanteur d'opéra Adelbert Messany, citoyen autrichien, est en effet embarqué à bord pour partir au Royaume-Uni, d'où il doit pouvoir rentrer dans son pays d'origine. Or, durant le voyage, il observe que des soldats britanniques en uniforme se trouvent à bord, et s'empresse de le rapporter à son gouvernement. Bien que l'Amirauté le démente fortement, l'Allemagne prend ce fait en compte lorsqu'elle dresse en la liste des qui rendent caduc le statut des navires-hôpitaux..