La ligne de Blaye à Saint-Mariens - Saint-Yzan est une ligne ferroviaire non électrifiée du sud-ouest de la France (département de la Gironde), à écartement standard et à voie unique. Elle relie la gare de Blaye à celle de , en desservant notamment Saint-Savin, Saint-Christoly-de-Blaye, , Berthenon-Berson, et ..
Bien que la ligne soit fermée au trafic, la voie n'a pas été déposée.
Histoire La ligne trouve ses origines dans le besoin de raccorder la ville de Blaye à ligne Bordeaux-Nantes dans les années 1860Archives de la ville de Blaye. Après de nombreux désaccords, et pour répondre aux besoins et injonctions de pouvoir rejoindre Coutras et JonzacDécret impérial n° 102 du 12 février 1868, la jonction est décidée à Saint-Mariens, alors que Montendre et Cavignac étaient également en lice.
Ce choix est également dicté par les besoins du ministère de la Guerre, qui souhaite relier la citadelle de Blaye et ses garnisons de la meilleure manière à une ligne ferroviaire importante.
Une convention du Ministère des travaux Publics concède à la Compagnie des Charentes la construction de la ligne. Après de nombreuses tergiversations sur le choix d'un des trois tracés proposés, la ligne de est inaugurée le . En , la compagnie est déclarée en faillite, puis rachetée par l'État et de fait intégrée dans la Compagnie de l'Ouest/État.
La gare de Blaye est alors construite sur un modèle simple, car les autorités de l'époque souhaitent disposer d'un bâtiment facile à démolir au cas où la citadelle serait prise par un ennemi éventuel. Sa construction volontairement légère en fait une structure trop fragile qu'il faudra reconstruire dès 1897.
vignette|gauche|Conséquences de l'accident du 20 août 1911 Le un accident ferroviaire se produit dans la gare de Blaye. Une locomotive déraille et plonge dans le canal voisin.
Circulation Quatre trains quotidiens permettent aux voyageurs de rejoindre Saint-Mariens, gare à partir de laquelle ils peuvent rejoindre Bordeaux, Libourne, Coutras, Châteauneuf-sur-Charente ou Nantes. Malgré cela, le mécontentement est grandissant tant du côté des usagers que de la mairie de Blaye, notamment en raison des horaires inadaptés aux besoins et aux temps de trajet trop long pour rejoindre les principales villes desserviesBulletin municipal , décembre 2014 de Saint-Yzan de Soudiac.. Dans les années 1930, l'automobile et l'autocar sont en plein essor, et l'utilisation de locomotives à vapeur pour un trafic omnibus sur cette petite ligne n'est pas étranger à son déclin. En conséquence, il fut décidé en 1937 de mettre en service des autorails à moteur Diesel Renault type TE. À la fin de l'année arrivent les quatre premiers, puis en 1938 le parc atteint dix exemplaires affectés à la ligne Blaye - Coutras via Saint-Mariens - Saint-Yzan, qui permettent d'assurer jusqu'à quatre allers-retours quotidiens.
Arrêt de l'activité Lors de la constitution de la SNCF, de nombreuses lignes jugées peu rentables sont abandonnées ou fermées partiellement. C'est le cas pour la ligne de Blaye à Saint-Mariens - Saint-Yzan à partir du , qui n'est plus parcourue que par un trafic de fret de façon sporadiqueMinistère des transports - 5 décembre 1938, et ce malgré le renfort de quelques autorails pour les liaisons omnibus. Une circulation provisoire de voyageurs reprendra toutefois en septembre et à la suite de la déclaration de guerre, contexte qui entraîne la réquisition de la majorité des autobus disponibles.
Le transport de marchandises offre encore quelques circulations sur cette ligne, notamment en raison de la présence du port de Blaye, et la traction thermique se substitue à la vapeur dans les années 1950. L'implantation d'une grande société de stockage et d'entreposage (Société d'Exploitation MAritime BLAyaise - SEMABLA) en 1969 redonne même un regain d'activité à la ligne pendant presque trois décennies, celle-ci disposant même d'un embranchement particulier.
L'explosion dramatique des silos à grain de la société SEMABLA de Blaye le scelle le sort de la ligne. Malgré la reconstruction du site, sa remise aux normes et la reprise de son activité, le transport des céréales est intégralement transféré à la route. La ligne est fermée à toute circulation en 2004, mais la voie est conservée.
La ligne présente un potentiel pour une liaison TER Blaye-Bordeaux souhaitée par plusieurs associations.
Commémoration En 1973, une grande fête populaire est organisée pour célébrer le centenaire de la ligne. Un train formé par une BB 67000 et dix voitures circule à l'occasion d'une marche spéciale. Par ailleurs, une des locomotives à vapeur emblématiques de cette ligne (la 2029 « Parthenay ») est aujourd'hui préservée au musée ferroviaire de Mulhouse .
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Liste des lignes de chemin de fer de France Lignes ferroviaires françaises désaffectées ou disparues Compagnie des chemins de fer des Charentes Administration des chemins de fer de l'État Transports dans la Gironde
Lien externe
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