vignette|Camion de police devant le Bataclan, le lendemain d'attentats terroristes (« attaques bénies » pour l'État islamique) pendant un concert (« fête de perversité » pour l'EI) faisant . (« croisés tués » pour l'EI). La guerre des mots du terrorisme islamiste fait référence au vocabulaire médiatique derrière lequel les terroristes islamistes justifient leurs actes. Dévoyant le discours islamique et attaquant l'Occident, les terroristes visent les communautés musulmanes radicalisées dans lesquelles ils cherchent appui. Le sujet est étudié par des politologues, des sociologues et des criminologues, notamment pour le déconstruire.

Une guerre des mots Le terrorisme islamiste fait usage d’une « guerre de mots » .. Dans un article intitulé « À propos du « terrorisme islamique » et du « camp des démocraties », François Burgat considère comme des .. Cette guerre est, pour Alain Dodier, du .

Pour Edgar Morin, les termes possèdent un sens particulier pour les qui tient à Edgar Morin, Au rythme du monde: Un demi-siècle d'articles dans Le Monde, chapitre Société-monde contre terreur-monde. Pour Jenny Raflik, . Le refus d’employer des termes liés à l’islam est aussi choisi afin d’éviter les amalgames et de rechercher un apaisement. Plusieurs journaux ont publié des lexiques simplificateurs sur les termes utilisés.. .. Cette guerre de mot est aussi présente à l’étranger. Ainsi, le conseiller à la sécurité H.R. McMaster déconseille l’usage des termes « terrorisme islamique radical » celui-ci pouvant gêner les relations avec les pays alliés musulmans.. Ainsi, le président Barack Obama refusait d'. Pour les Républicains, ce refus est . Pour Pascal Bruckner, il est interdit de parler d'« islamisme » ou d'« islam radical » dans certaines universités américaines..

À l'inverse, cette guerre est aussi utilisée par les courants islamistes. Pour Jacques Drillon, les totalitarismes modifient le vocabulaire pour et ainsi empêcher le raisonnement. .

De même, le terme « radicalisation » est souvent associé aux terroristes islamistes et fait aussi l'objet de discussions sémantiques. Antoine Jardin, ingénieur de recherche au CNRS, estime ainsi qu'..

Cette guerre des mots concerne aussi la dénomination du groupe « état islamique ». Pour Pierre-André Taguieff, la guerre des mots touche aussi la notion d'« islamophobie ». . Cette notion crée une forme d'autocensure.

Vocabulaire utilisé par les courants islamistes

Plusieurs organisations islamistes qualifient leurs opérations de « résistance contre une force d'occupation ». Ainsi, Hamas est un acronyme de signifiant « mouvement de résistance islamique ». Le drapeau du Hezbollah porte la slogan qui signifie « la résistance islamique au Liban ». En Irak, plusieurs organisations (d'inspiration politique ou religieuse) mènent une guérilla contre les forces militaires américaines..

De plus certaines personnes désignées comme islamistes (par exemple Abbassi Madani et Mohammad Hussein Fadlallah) soutiennent que l'islam et l'islamisme sont une même chose et que le terme qui les définit le mieux est musulman..

Marie Yaya Doumbè Brunet, Crime contre l'humanité et terrorisme, thèse de doctorat de l'université de Poitiers, 2014. Sauf en Algérie, . Cette langue préfère utiliser des énoncés comme « fondamentalisme islamique » ou « extrémisme islamique »Lynne Franjié, La Traduction dans les dictionnaires bilingues, 231-233..

Pour Romain Caillet, le djihadisme utilise un arabe médiéval, peu utilisé de nos jours. Ainsi, ou plus particulièrement, pour l'État Islamique, vers une terre de Djihad. De même, le terme de Ribat qui signifie signifie pour les jihadistes .

Des définitions diverses

« Terrorisme » et « violence politique » Boubekeur, Amel. « La littérature sur les violences islamistes en Europe : des approches incertaines, un objet aux enjeux multiples », Les violences politiques en Europe. Un état les lieux. La Découverte, 2010, pp. 31-43. Pour le TLfi, le terrorisme est l'TLFi :"Terrorisme".

Le concept de violence politique est utilisé en sciences sociales et politiques pour faire référence à « des destructions [ou] des atteintes physiques dont le but, le choix des cibles ou des victimes, la mise en œuvre et/ou l'effet ont une signification politique [et] tendent à modifier le comportement des protagonistes dans une situation de négociation »Philippe Braud, La violence politique dans les démocraties européennes occidentales, Cultures & Conflits, n°9, p.272... L'usage du concept de « violence politique » a pour objectif de prendre de la distance par rapport au caractère légitime ou non de son expression pour au contraire se focaliser sur son caractère coercitif (l'usage de la force ou sa menace) et sur les moyens pour la réguler.

« Islamisme » et « islamiste »

Définition comme synonyme de l'islam Le TLFi définit l'islamisme comme la TLFi : "Islamisme". Le terme « islamisme » est de création française et l'usage de ce mot est attesté en français depuis le , où Voltaire l'utilise à la place de « mahométisme » pour signifier « religion des musulmans » (ce qu'on nomme désormais « islam »)..Cet usage n'a plus cours. Le substantif « islamisme » reste cependant utilisé dans cette acception de « islam » dans l'adaptation française dans les années 1960 du livre de John Alden Williams, L'Islamisme Cercle du Bibliophile, ., et même dans l'édition corrigée en 1995 du livre de Ali Merad, L'Islam contemporainQue sais-je ?, 1984.

Définition comme radicalisme religieux Le sociologue Dominique Baillet considère que le terrorisme islamiste est une : pour lui, la charia ne justifierait pas un massacre en période de paix.. Selon Abdennour Bidar,

Définition politique de l'islamisme Le terme « islamisme » est réapparu en France à la fin des années 1970 pour répondre à la nécessité de définir les nouveaux courants posant une interprétation politique et idéologique de l'islam et les différencier de l'islam en tant que foi. Pour l'islamologue Bruno ÉtienneBruno Étienne dit partager cette définition avec d'autres spécialistes comme Gilles Kepel et François Burgat., l'acception actuelle du mot, qu'il est également possible d'appeler , peut se résumer comme l', cette réaction étant par ceux qui ne suivent pas cette idéologie.

Pour Lynne Franjié, le terme « islamique » possède comme trait sémantique /politique/. La différence avec le terme « islamiste » est lié à son aspect violent. Pour elle,

« Islamique » Définition religieuse Le TLFi définit le terme par « Relatif à l'islam »"Religion des musulmans, prêchée par Mahomet et fondée sur le Coran" TLFi : Islam.TLFi : "Islamique" Dans Le jihadisme : Le comprendre pour mieux le combattre, David Benichou, Farhad Khosrokhavar et Philippe Migaux écrivent queLe jihadisme : Le comprendre pour mieux le combattre, David Benichou, Farhad Khosrokhavar, Philippe Migaux, Plon, Paris, 2015.,

Définition civilisationnelle Selon Abdennour Bidar,

Autre définition Pour Olivier Roy, les adjectifs « musulman » et « islamique » ne sont pas synonyme, musulman désignant un fait et islamique désignant une intention, comme dans le cas de l’état islamique, « État qui fait de l'islam le fondement de sa légitimité »..

« Djihadisme » Le mot « jihadisme » a été adopté dans le monde islamique comme la moins mauvaise option pour désigner les groupes comme Al-Qaïda qui ont un intérêt exclusif pour le côté violent du jihad. Le terme est utilisé par les médias arabes et aussi par les milieux du contre-terrorisme où il désigne les musulmans sunnites qui utilisent la violence pour poursuivre leurs buts politiques universalistes..

Dans Le jihadisme : Le comprendre pour mieux le combattre, David Benichou, Farhad Khosrokhavar et Philippe Migaux écrivent que Ce terme est utilisé par le gouvernement français pour sa plateforme stop-djihadisme..

Usages et critiques des termes « Terrorisme » Dans le cas du conflit israélo-palestinien, le terme « terrorisme » participe à une délégitimation de l'adversaire. Ainsi, des commentateurs qualifient la lutte armée palestinienne de terrorisme, lui attribuant ou non une cause religieuse, tandis que les Palestiniens et leurs soutiens y voient une résistance contre Israël qui occupe indûment une partie de leurs territoires(voir aussi Fonds national juif). La dualité est par exemple expliquée dans ...

À la suite des attentats islamistes des années 2010 en Europe, certains journaux comme la BBC, refusèrent d'utiliser le terme de « terroriste » en raison de sa charge politique. . Ce refus de nommer le danger se retrouve aussi bien dans la presse que chez les experts ou chez les hommes politiques..

Pour François Burgat, À propos du terrorisme islamique : Figures de l'islamisme, Choiseul, Paris 2006.. А̀ l'inverse, pour certains, les termes « attentat » et « terroriste » possèdent un aspect « positif » ou « héroïques ».

« Islamiste », « islamique »

Usage des termes Le terme de « terrorisme islamique » est utilisé dans le monde de la rechercheBoulanger, Philippe. « Chapitre 4 - Les nouvelles dynamiques des conflits armés », Géographie militaire et géostratégie. Enjeux et crises du monde contemporain. Armand Colin, 2015, pp. 105-146..Une recherche sur le moteur de recherche cairn.info indique contenant l'expression [09/05/2017] et dans le monde politique... Cet usage est minoritaireFréquence égale à 50 % de celle de « terrorisme islamiste » dans les publications indexées par Ngram Viewer, 90% sur le catalogue BNF, 126% sur le catalogue du CCFr.. À l'inverse, en anglais, l'usage de l'expression est majoritaire.. Pour Fatih Yamac, Fatih YAMAC, La police et le terrorisme religieux en Turquie, thèse de doctorat, direction de Claude Journes, Lyon II, 2008.. Le terme « terrorisme musulman » est utilisé plus rarement..

Critiques du terme « terrorisme islamique » L'usage de ce terme est rejeté et vivement critiqué par nombre de chercheurs, intellectuels, journalistes et hommes politiques qui soulignent son inexactitude sémantique et dénoncent les effets néfastes d'un tel usage.. Dans Le jihadisme : Le comprendre pour mieux le combattre, David Benichou, Farhad Khosrokhavar et Philippe Migaux écrivent que

Ainsi, Semih Vaner estime que

Bien qu'utilisant le terme de « terrorisme islamique », pour François Burgat,

Philippe-Joseph Salazar, dans son essai sur le terrorisme djihadiste Paroles armées, récompensé par le prix Bristol des Lumières, livre l'analyse suivante :

Pour la sociologue et spécialiste de l'islam politique Amel Boubekeur, Elle souligne que , et conclut que

Critiques des termes « islamisme » et « terrorisme islamiste » Le concept d'« islamisme » a été critiqué, notamment par Thomas Deltombe qui le qualifie de «catégorie infiniment élastique », «qu’aucun expert ne se risque à définir autrement que par des formules creuses», et qui « permet d’unifier toute une série de mouvements, de courants ou de personnalités sous une même bannière, indépendamment de leurs objectifs, de leurs modalités d’action et des contextes politiques, historiques et géographiques dans lesquels ils s’inscrivent. »la nouvelle « bataille des idées », extrait du livre collectif Au nom du 11 septembre, coordonné par Didier Bigo, Laurent Bonelli et Thomas Deltombe. Critiquant également l'usage fourre-tout du mot « islamiste » dans les grands médias, Pierre Tevanian écrit que « le terme n’a pas de sens précis : dans ses usages dominants en tout cas, il ne signifie rien d’autre que « mauvais musulman ».»La racaille, l’islamiste, le revanchard et le censeur, version actualisée du texte publié dans l'ouvrage de Pierre Tevanian La république du mépris. Les métamorphoses du racisme dans la France des années Sarkozy, éditions La Découverte, 2007.

Pour Pierre-André Taguieff, . Michael Barry et souhaiterais parler d'Ben Salama, Au nom de l'islam: enquête sur une religion instrumentalisée, p. 38. Claude PRUD’HOMME, Vincent MORINIAUX , Document d’accompagnement duprogramme d’histoire et géographie, mars 2007.