La () est une division française d'infanterie de l'armée d'Afrique qui participe à la Seconde Guerre mondiale.
Formée à la suite de la libération de l'Afrique du Nord française, elle s'illustre particulièrement en Italie en au sein du corps expéditionnaire français du général Juin, en Provence, lors des libérations de Toulon et Marseille, dans les Vosges, lors des difficiles combats pour la libération de Basse-sur-le-Rupt et Cornimont, et en Alsace au sein de la du général de Lattre de Tassigny.
Considérée par les généraux de Monsabert et Juin comme la « digne héritière » de la légion romaine d'Afrique du Nord, la , Alphonse Juin, Mémoires, Fayard, 1959, v1, , la est aussi appelée Division des Trois Croissants car elle a pour ossature trois régiments de tirailleurs : le , le et le Pierre Montagnon, Histoire de l'Algérie, Pymalion, 1998, .
La , avec 4 citations à l'ordre de l'armée entre et , est avec la (4 citations également) la division française la plus décorée de la Seconde Guerre mondiale et tous ses régiments ont obtenu une fourragère.
Son héritière est la ().
Les tirailleurs de la , la division des trois croissants, écriront sur les pentes des Apennins quelques-unes des plus belles pages d'héroïsme de l'histoire de l'armée française.
Création et différentes dénominations
à : division de marche de Constantine : constitution de la par décision du général d'armée Giraud sous les ordres du général de Monsabert, avec deux régiments de tirailleurs à fourragère rouge, le et le , un régiment à fourragère jaune, le , le , également à fourragère jaune, trois drapeaux décorés de la Légion d'honneur (, et ). : remplacée par l'élément divisionnaire .
Insigne et devise
Son insigne représente une statuette ailée, la « Victoire de Cirta », qui a été découverte en à Constantine (ancienne Cirta dans la province de Numidie), et serait la représentation d'une déesse romaine protectrice des empereurs et vénérée par les armées romaines.
Sa devise est « It crescendo ».
Généraux l'ayant commandée
- : général Welvert, mort au combat le ; - : général de Monsabert ; - : général Guillaume.
Historique des garnisons, combats et batailles
Seconde Guerre mondiale Composition Débarquée en Italie en , ses effectifs sont alors de dont environ 60 % de Maghrébins et 40 % d'Européens Paul Gaujac, Le corps expéditionnaire français en Italie, Histoire et collections, 2003, .
Infanterie divisionnaire : commandée par le général Chevillon jusqu'en puis blessé, il est remplacé par le général Duval à partir du . Le général Chevillon, guéri, reprend son poste en : () : colonel de Linares, puis Agostini et de la Boisse ; () : colonel Jacques Roux puis Georges Guillebaud ; () : colonel Léon Chappuis (remplacé en par le ).
Un régiment de tirailleurs nord-africains comporte un peu plus de (dont près de 500 officiers et sous-officiers) et 200 véhicules. La proportion de Maghrébins atteint 69 % pour le régiment, 74 % pour le bataillon, 79 % pour la compagnie de fusiliers-voltigeurs, 52 % pour la compagnie antichar et 36 % pour la compagnie de canons d'infanteriePaul Gaujac, Le Corps expéditionnaire français en Italie, Histoire et Collections, 2003, p. 33.
() : colonel Bonjour ; (): colonel Van Hecke.
Les deux régiments comprennent entre 900 et dont d'environ 15 % de Maghrébins et 85 % d'EuropéensPaul Gaujac, Le Corps expéditionnaire français en Italie, Histoire et Collections, 2003, p. 48-50.
() ; (forces terrestres antiaériennes).
Un régiment d'artillerie comprend un peu plus de dont près de 40 % de Maghrébins.
(), commandé par le Chef de Bataillon Jacques Colin.
(), commandée par le capitaine René Mathieu, puis Robert Brulebois ; Compagnie mixte de transmission 83/84 chef de bataillon René Mettavant1/ J O de la république française 03-12-1944,
Décret du 21-11-1944 nommant au grade de chevalier dans l’ordre de la légion d’honneur, pour prendre rang au 24-09-1944. « Mettavant René, Chef de bataillon, commandant les transmissions de la 3ème Division d’infanterie »
2/ Ordre Général n°206 (1ère Armée française, 2ème Corps d’armée, État-major 1er Bureau), du 28 mars 1945, signé : De Monsabert.
Citation à l’ordre du corps d’armée du « Chef de Bataillon René Mettavant, commandant les transmissions de la 3ème DIA »
3/ Ordre Général n°94 (Commandement des forces terrestres en AFN, État-major, du 20-03-1943, signé : JUIN (PA Général SEVEZ, Chef d’État-major).
Citation à l’ordre de l’armée du Capitaine Mettavant René, Chef des transmissions de la DM de Constantine.
La citation précise « chef des transmissions de cette grande unité à partir du 27-11-42 ».
Campagne de Tunisie (-)
La a pour origine la division de marche de Constantine du général Welvert, mort au champ d'honneur en Tunisie le . Elle participe, de à , à la reconquête de la Tunisie sur les Allemands et les Italiens.
Campagne d'Italie (-)
Créée le à Constantine et placée sous les ordres du général Goislard de Monsabert, la débarque en Italie en .
Au sein du corps expéditionnaire français en Italie, commandé par le futur maréchal Juin, la s'empare le de la position forte du Belvédère. En attirant sur elle le gros des réserves allemandes, elle permet le développement de la manœuvre d'Anzio, et celle de l'Armée américaine sur le promontoire de Cassino. À propos de ce fait d'armes, et notamment du qui perd au cours de cette bataille la moitié de ses effectifs et son chef le colonel Roux, le Maréchal Juin écrit dans ses mémoires : Alphonse Juin, Mémoires, Fayard, 1959, v1, p. 275. Selon le général Charles de Gaulle, lors de ces combats du Belvédère, « le accomplit un des faits d'armes les plus brillants de la guerre au prix de pertes énormes »Charles de Gaulle, Mémoires de guerre. L'unité. 1942-1944, vol. II, éd. Plon, Paris, 1960, .
En , elle déborde Monte-Cassino où butent les Alliés depuis plusieurs mois et participe à l'enfoncement de la ligne Gustav au cours de la victoire du Garigliano.
Rome est prise le et Sienne le .
Au cours de cette campagne d'Italie, écrit Pierre Montagnon, .
Campagnes de France et d'Allemagne (-)
Le , la débarque en Provence, plage de La Foux à Cogolin dans le Var, participe à la libération de Toulon et de Marseille, puis se lance à la poursuite de l'armée allemande dans la vallée du Rhône. vignette| : des soldats de la 3e Division d'Infanterie Algérienne (D.I.A) progressent dans les rues dévastées de Rochesson. En -, elle arrive au pied des Vosges. Le , sous les ordres du général Guillaume, elle monte à l'assaut d'un ennemi nombreux solidement installé sur les hauts, entre Moselle et Moselotte et l'anéantit après cinq jours de combats, notamment au col du Broché et à la Vrille; le , elle franchit la Moselotte, après avoir enlevé les villages de Bamont, Saulxures, puis enlève les hauteurs Nord. Elle progresse ensuite vers Cornimont, qu'elle enlève le repoussant à la Tête des Cerfs, à la Piquante Pierre, au Rondfaing, à la Chapechatte, toutes les contre-attaques lancées par les Allemands, qui engageaient tous leurs renforts. En vingt jours, la a avancé de plus de et a obligé les Allemands à dégarnir les secteurs de Belfort et de Gérardmer et à faire venir leurs réserves d'Allemagne. Elle a anéanti au cours de ces opérations la valeur de dix bataillons ennemis.
Début la division est engagée sur le Haut du Tot, la Forge et Rochesson afin de couvrir le Corps américain. Bousculant l'ennemi en retraite, elle prend Gérardmer, le Tholy, Château-Lambert, les cols de Bussang, du Bramont et d'Oderen.
En , elle concourt au premier assaut sur Colmar, dégageant le col du Bonhomme, s'emparant d'Orbey et des hauteurs du Worhof qui domine la capitale du Haut-Rhin, préparant ainsi la base de départ, à partir de laquelle l'armée française libérera l'Alsace.
Début , elle est appelée pour défendre Strasbourg menacée et repousse à Kilstett, un des derniers assaut allemands sur la ville.
Le , elle brise la résistance ennemie à Oberhoffen-sur-Moder, poursuit les Allemands puis s'empare de Lauterbourg. Elle traverse ensuite la Lauter, frontière franco-allemande pénétrant ainsi la première en Allemagne où elle enlève les premiers retranchements ennemis sur son sol. Le , en tête de la , elle franchit le Rhin par surprise dans la région de Spire. Renforcée des groupes de tabors marocains, elle rompt les môles de résistance de l' et du Stromberg et rejette les débris de la au-delà du Neckar et de l'Enz, capturant prisonniers.
Le , débouchant de la tête de pont de l'Enz au Nord, s'infiltrant par le Nagold au sud, la encercle Pforzheim et y capture plus de prisonniers.
Les campagnes d'Alsace et d'Allemagne s'achèvent par le triomphe de la à Stuttgart. Après avoir cisaillé les débris des et VGD dont la retraite se transforme en déroute, elle pénètre, le , dans la ville et les agglomérations environnantes, dont elle s'empare victorieusement faisant plus de prisonniers.
Le , elle y défile devant le général de Lattre de Tassigny.
Remplacée par l'élément divisionnaire le , elle aura mérité quatre citations à l'ordre de l'armée.
Bilan des pertes Lors de la Seconde Guerre mondiale, le total des pertes (« Morts pour la France ») subies par la entre et est de tués ( Maghrébins et 981 Européens) soit, ramené aux effectifs moyens de la division, un taux de tués de près de 20 %Pertes listées dans le Livre d'or de la , Imprimerie nationale, 1948Anthony Clayton, Histoire de l'Armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel, 1994, p.186Ces chiffres ne comprennent pas les 123 Français tués appartenant aux FFI du Corps Franc Pommiès/ RI rattaché temporairement à la Division entre fin novembre 1944 et mai 1945, Anthony Clayton, op. cit., p.499 :
Pertes par campagne Nombre de tués par campagneEuropéensMaghrébins TotalCampagne de Tunisie (-)5072122 Campagne d'Italie (-) 587 1 307 Campagne de France (-)292 599891 Campagne d'Allemagne ()52 119171 Total (-)981 (32 %)2 097 (68 %)3 078
Pertes par unité Nombre de tués par unitéEuropéensMaghrébinsTotal 225 (23 %)750 (77 %)975 197 (24 %)614 (76 %)811 195 (24 %)614 (76 %)809 96 (73 %)36 (27 %)132 90 (86 %)15 (14 %)105 90 (87 %)13 (13 %)103 54 (72 %)21 (28 %)75 Autres unités34 (50 %)34 (50 %)68Total (-)981 (32 %)2 097 (68 %)3 078
Décorations La division a été citée quatre fois à l'ordre de l'Armée au cours de la Seconde Guerre mondiale et ses régiments ont tous obtenu une fourragère récompensant au moins deux citations à l'ordre de l'ArméeLes fourragères sur le site de france-phaleristique.com.
Fourragère avec olive aux couleurs du ruban de la médaille militaire et de la Croix de guerre 1939-1945 (4-5 citations à l'ordre de l'Armée) (4 citations) (4 citations)
Fourragère avec olive aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1939-1945 (2-3 citations à l'ordre de l'Armée) (3 citations) (3 citations) (3 citations) (2 citations) (2 citations)
Citations collectives à l'ordre de l'Armée
Citations collectives de la division Campagne d'Italie (-)
Du au , sous l'impulsion clairvoyante et énergique de son chef, le général de division Goislard de Montsabert, a enlevé de haute lutte, dans un terrain difficile, des positions fortement organisées de l'ennemi. A bousculé celui-ci sur une grande profondeur, lui infligeant des pertes sévères et l'obligeant à abandonner définitivement sa ligne d'hiver. Attaquant ensuite sans répit, a élargi à sa droite la tête de pont du Rapido puis, reportant tout son effort à gauche, s'est enfoncée comme un coin, le , dans la nouvelle ligne de défense de l'ennemi en s'emparant de la forte position du Belvédère. S'est maintenue sur cette position en dépit des contre-attaques les plus violentes de l'ennemi, attirant sur elle le gros des réserves allemandes. A permis ainsi le développement de la manœuvre d'Anzio et celle du corps américain voisin sur le promontoire de Cassino.