Le Saint , ou Ar Sent en breton, est une commune française située dans le département du Morbihan en région Bretagne.

Géographie

Localisation

Le Saint est une commune rurale appartenant à la partie cornouaillaise du Morbihan. Le bourg du Saint est situé au nord de Quimperlé (24,1 km à vol d'oiseau), au nord-ouest de Lorient (41,0 km à vol d'oiseau), à l'est de Quimper (41,8 km à vol d'oiseau) et à l'ouest de Pontivy (44,2 km à vol d'oiseau). La préfecture du Morbihan est à 76,8 km à vol d'oiseau tandis que la capitale, Paris, est à 443,6 km. La commune est traversée par la D 769 (axe Lorient-Roscoff) qui contourne le bourg par le nord-est.

Le Saint est limité au nord et à l'ouest par Gourin, au sud par l'Inam, qui le sépare de Guiscriff, et à l'est par le ruisseau du Moulin-du-Duc, qui le sépare du Faouët et de Langonnet.

Relief et hydrographie

La commune s'étend au sud des montagnes Noires. Son territoire est délimité par le ruisseau de Menguionnet à l'ouest (limite avec la commune de Gourin), la rivière Inam au sud (limite avec la commune de Guiscriff) et le ruisseau du moulin du Duc à l'est (limite avec les communes de Langonnet et Le Faouët). Ces deux derniers cours d'eau coulent au fond de vallées profondément encaissées et se rejoignent à l'extrémité sud de la commune au lieu-dit Pont-Briand.

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Inam ou Stêr Laër, le Moulin du Duc, le Moulin Guilliou, le ruisseau de Menguionnet et divers autres petits cours d'eau..

L'Inam, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Gourin et se jette dans l'Ellé à Lanvénégen, après avoir traversé .

Le Moulin du Duc, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Langonnet et se jette dans l'Inam à Guiscriff, après avoir traversé .

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique du SaintLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Coray à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Paysages et habitat

Le paysage agraire traditionnel est le bocage avec un habitat rural dispersé en écarts formés de hameaux (« villages ») et fermes isolées.

Urbanisme Typologie Au , Le Saint est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Gourin, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols

Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols détaillée de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC). Le bocage a été en grande partie préservé et occupe près de la moitié du territoire communal.

+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Terres arables hors périmètres d'irrigation22,1 %693Prairies et autres surfaces toujours en herbe17,9 %559Systèmes culturaux et parcellaires complexes45,9 %1436Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants5,3 %167Forêts de feuillus4,2 %131Forêts mélangées3,0 %93Forêt et végétation arbustive en mutation1,6 %51Source : Corine Land Cover.

Morphologie urbaine

Outre le bourg, qui constitue l'agglomération principale, la population se répartit dans environ 85 lieux-dits ou écarts. La plupart des noms des lieux-dits de la commune sont bretons et leur existence est attestée depuis au moins le .

Banalou Bas Bourg Bellevue Beuze Bioche Botcars Botcol Bouthiry Bréniel Cavarno Le Château Coat Bras Coat Conal Coat Med Coat Naon Coat Vod Vras Coat Vod Vihan Coat Zent Cromennou Feuteunou Forlosquet Fourbouchic Garzenleuriou Goasquellec Goslein Guerlaou Guernambigot Guernmazias Jourdu, le Keranna Kerbris Kercroissin Kerdaniel Kerendrec'h Kerflao Kerguern Kergustiou Kerivin Kerlouis Kermeur Kermonten Vihan Kermonten Vras Kermorvan Kernanuel Kernévez Kernine Kerrouarc'h Kersamuel Kerverdus Kervernat Vihan Kervernat Vras Kervidiern Kervitot Kervoric Lan Bradou Leignona Leignou Métairie du bois Minez glaz Minez Land Minez Pempen Moulin du Duc Moulin Coz Moulin du Jourdu Moulin Morvan Parc Guillou Pen Hen Penanros Penfao Penher Penkergal Penneyune Pennohen Pouleriguen Quinquis Gleiz Quinquis Saouter Reste, le Roshery Rosmiliguet Rosnoën Rozonen Saint Gilles Saint Méen Saint Trémeur Sainte Jeanne Samedy, le Stang er Len Stang er Vel Stangala Toultrinc Toultoussec Traouen Tremen Trévarnou Ty Huil

Habitat

La commune a conservé une partie de son habitat ancien, notamment dans le bourg.

Toponymie Le Saint est mentionné pour la première fois dans le cartulaire de l'abbaye de Landévennec. Il y est question de Ego Gradlonus do S. Wingualoeo... in Gurvreœn Lan Sent, c'est-à-dire de « moi, Gradlon de saint Guénolé... l'église du Saint en Gourin »., puis sous les formes Sent en 1426 (sent, pluriel de sant « saint », correspondant à la forme bretonne du toponyme), Ar Sent en 1465 et 1482, Seins puis Sainct en 1546..

Le Saint fait référence à saint Guénolé et tire son nom de l'implantation, dès le , des bénédictins de Landévennec..

En breton, on dit Ar SentKer Ofis.

Histoire

Antiquité La voie romaine de Carhaix à Quimperlé traverse le territoire de la commune, au niveau de la chapelle Saint-Adrien, à Bouthiry.

Moyen Âge

vignette|Les restes du château du Saint, ancien lieu de résidence des seigneurs du Faouët, vers 1900 (carte postale ancienne). Au , le roi Gradlon fait don à saint Gwénolé, fondateur de l'abbaye de Landévennec, du lieu-dit Le Saint. Le Saint, en breton Ar Sent, est lié à l'implantation des moines de Landévennec dans cette région. Ils auraient défriché ces terres pour y bâtir un lieu consacré à saint Gwénolé. Simple chapelle privée, Le Saint devint ensuite une des deux églises tréviales dépendant de la paroisse de Gourin avec Roudouallec.

Ce territoire passe aux vicomtes de Gourin puis aux seigneurs du Faouët. Après la destruction de leur château au Faouët en 1343, les seigneurs du Faouët, les Bouteville, font de leur château du Saint leur résidence principale. Le château du Saint est ainsi habité par Jehan BoutevilleJean III de Bouteville, né en 1315, décédé après 1380, seigneur de Kerbrat, époux d'Andrée de la Rivière., puis par son fils Bizien de BoutevilleBizien de Bouteille, né en 1340, décédé en 1420, seigneur du Faouët, de Barrégan et du Saint, époux de Jeanne de Quelen. et ensuite par leurs héritiers successifs dont en 1542 Yvon de Bouteville, né en 1500, mort après 1554, seigneur du FaouëtPierre Hollocou et Jean-Yves Plourin, Les noms de lieux et leur histoire, De Quimperlé aux montagnes noires, éditions Emgleo Breiz, page 70 ..

En 1129, selon le Cartulaire de Quimperlé, le vicomte Tanguy donna la villa de Pont-Briant et de nombreuses terres dans le voisinage, qui devint alors un prieuré, à l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé. Parmi les principaux donateurs se trouvent le duc de Bretagne Alain Fergent et le vicomte de Gourin .

Temps modernes vignette|Écu timbré d'une couronne comtale mi-parti Bahuno de Liscoët (à droite) et mi-parti Le Moine de Trévigny (à gauche), ornant le fronton de la fontaine Saint-Méen. Gabriel II de Goulaine démembra le domaine de la baronnie du Faouët et vendit le la seigneurie du Saint et de Queranroux qui en faisait partie à René du Liscoët (fils d'Yves du Liscoët). La seigneurie comprenait, selon un aveu daté de 1679, outre le château du Saint, situé aux abords du bourg, de nombreuses possessions, dont l'église tréviale et le cimetière comme fondateurs, la place principale et de nombreuses maisons au bourg, plusieurs métairies, les moulins du Jourdu et de Pen, et la plupart des villages du Saint. Les Bahuno du Liscoët. seront les derniers possesseurs des lieux.

En 1664, le prédicateur Julien Maunoir prêcha une mission au Saint.

En 1743, la célèbre brigande Marion du Faouët dévalisa le presbytère et la sacristie du Saint tandis qu'en 1752, son frère Corentin Tromel, qui résidait à Ty Poder, agressa mortellement le meunier de Pont-Briant, Jean Henry.

En 1774, le chancelier Maupeou, ministre de Louis XV, puis de Louis XVI, fut exilé au manoir de Diarnelez..

Révolution française

Au bourg du Saint, se réunirent, pour la rédaction du cahier de doléances de la trève : François Lucas du Bourg, Jean Jaouen du Quinquis, Mathieu Le Bomin de Kervidien, Louis Le Goff de Forlosquet, Michel Le Cras de Traouen, Louis Cadic de Penfrat, Poder, avocat, Louis Jicquel, greffier, Nicolas Gerbet de Trévarnou, Joseph Le Merdy du Beuz, Jean Le Goff de Goasquellec, René Le Guevel de Minez Pempen, Louis Le Coz de la métairie du Bois, Jacques Quéré de Kermoric, Jean Le Goff de Kermorvan, Joseph Le Tenier du Jourdu, marguillier, Jean Le Goff, curé.

Parmi les doléances sont mentionnées : l'égalité totale des voix du Tiers-état et de celles de la noblesse et du haut clergé réunies l'uniformisation des poids et mesures l'accession pour tous aux métiers de robe ou d'épée l'entretien des grands chemins et les corvées à répartir entre les trois ordres et réduction du nombre d'inspecteurs..

Le Saint fut érigé en commune en 1790 et annexa le territoire dépendant du prieuré de Saint-Gilles de Pont-Briant, supprimé en 1792. Elle devint paroisse en 1802 après avoir été rattachée au diocèse de Vannes en 1801. Auparavant, elle faisait partie de l'évêché de Cornouaille. Le recteur Le Goff, insermenté, dût s'exiler en Espagne, d'où il revint en 1801 ; le culte catholique continua de manière clandestine, assuré par l'abbé Michel Thalamot, qui ne fut jamais dénoncé.

Le premier maire fut Jacques GicquelJacques Jicquel, né le au Saint, décédé le au Saint.. Sous la Convention, Le Saint fut renommé L'Union, les habitants étant appelés Unionistes.