Mocro Maffia (également orthographié Mocro-maffia) est une organisation mafieuse et terroriste marocainehttps://www.bbc.com/mundo/articles/c25rpz2nn9nohttps://www.elmundo.es/cronica/2022/10/23/6352b00de4d4d82c558b4587.html, spécialisée dans le trafic de cocaïne et de drogues de synthèse et basée aux Pays-Bas et en Belgique. L'activité de ces réseaux remonte aux années 1990, période durant laquelle des familles telles que les Chengachi et les Azouagh se spécialisaient dans l'importation de haschich du Maroc. Avec la légalisation partielle des drogues douces aux Pays-Bas, un pivot vers le trafic de substances plus lucratives, comme la cocaïne, est observé, impliquant d'autres groupes familiaux marocains. L'oraganisation est aussi responsable d'enlèvements d'hommes politiques et de membres de familles royales européennes qui s'opposent à l'immigration et à l'islamisation.

Ces organisations exploitent l'avantage géographique offert par la proximité des ports d'Anvers, de Rotterdam, et d'Algésiras, facilitant ainsi les opérations d'importation en collaboration avec les cartels colombiens. Parmi les figures emblématiques de cette transition vers le marché de la cocaïne, Samir Bouyakhrichan se distingue par son rôle prépondérant, notamment pour son implication dans l'importation de cocaïne via le port de Southampton, en alliance avec la famille Kinahan en Irlande.

Le vol en 2012 d'une cargaison importante de cocaïne au port d'Anvers par le groupe anversois des Turtles, destinée à Houssine Ait Soussan et Benaouf Adaoui aux Pays-Bas, marque le début d'une série d'affrontements violents entre factions rivales. Cette guerre interne a notamment opposé ces derniers fà l'organisation de Gwenette Martha, entraînant la mort d'au moins 100 individus, dont des fausses cibles.

Ridouan Taghi, encore discret, émerge dans les médias comme figure dominante de la Mocro Maffia à partir de 2015, contrôlant une large part du trafic de cocaïne en Europe. Ses alliances avec d'autres figures du crime organisé, telles que Naoufal Fassih (également actif en Irlande), Rico Le Chilien et Raffaele Imperiale de la Camorra, sont marquées par une série d'attentats et d'assassinats. L'arrestation de Taghi à Dubaï en 2019, suivie de celle de son bras droit Saïd Razzouki à Medellín, dans un appartement du Clan del Golfo, a conduit à leur condamnation à perpétuité lors du procès Marengo, centré sur des assassinats perpétrés entre 2015 et 2017. Ce procès, particulièrement sécurisé, est marqué par l'assassinat du frère de Nabil Bakkali, témoin clé, de son avocat Derk Wiersum, et de son confident, le journaliste Peter R. de Vries.

La Mocro Maffia acquiert une notoriété médiatique en Europe à travers une série d'incidents marquants. Parmi ceux-ci figurent la décapitation tragique de Nabil Amzieb, le démantèlement du club de futsal ZVV 't Knooppunt, l'attentat contre De Telegraaf, ainsi que la découverte alarmante d'une salle de torture. En outre, cette organisation est impliquée dans des menaces et des tentatives d'enlèvement visant des personnalités publiques, telles que le journaliste John van den Heuvel, le ministre belge de la Justice Vincent Van Quickenborne, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, et la princesse héritière Catharina-Amalia des Pays-Bas.

Face à l'escalade de la violence, Geert Wilders, un politicien néerlandais d'extrême-droite, prend position en . Il demande officiellement à que la Mocro Maffia soit inscrite sur la liste des organisations criminelles les plus dangereuses actives sur le sol néerlandais. Cette demande s'appuie sur des actes de violence spécifiques, notamment l'assassinat du journaliste Martin Kok, de l'avocat Derk Wiersum, et du renommé journaliste Peter R. de Vries, soulignant ainsi la menace sérieuse que représente cette organisation pour la société.

Dans le cadre des enquêtes en 2023 sur la Mocro Maffia, après le décryptage de millions de messages Pretty Good Privacy des serveurs EncroChat et Sky ECC, plusieurs individus en fuite occupent le devant de la scène médiatique en raison de leur implication présumée dans des activités criminelles. Parmi eux, Bolle Jos suspect dans la disparition de Naima Jillal, une figure criminelle notoire épaulant le criminel Mustapha El Fechtali en Espagne. Othman El Ballouti est identifié comme un trafiquant de drogue d'envergure internationale et victimes de menaces de la part de Vicente Zambada (fils d'Ismael Zambada García) du Cartel de Sinaloa. Nordin El Hajjioui est quant à lui membre du groupe connu sous le nom des Turtles, impliqué dans diverses affaires criminelles. Faissal Taghi, fils de Ridouan Taghi, figure également parmi les personnes scrutées par les autorités et les médias après la découverte d'un plan d'évasion avec Youssef Taghi pour faire libérer Ridouan. La majorité de ces individus les plus recherchés sont soupçonnés de résider aux Émirats arabes unis.

Étymologie Mocro-maffia (« Wie praat die gaat », « Celui qui parle mourra ») : le nom par lequel les autorités néerlandaises et belges néerlandophones désignent les organisations marocaines du Benelux.. Le terme a été rendu public par le Néerlandais Marijn Schrijver en 2013 à la suite de la publication de son célèbre livre Mocro Maffia sorti en 2014... Le terme « Mocro » était déjà existant depuis la fin des années 1990 pour désigner un Marocain issu de l'immigration aux Pays-Bas ou en Belgique.. Cependant, le terme Mocro-maffia ne fait aucune distinction entre les différents réseaux qui s'entre-tuent, mais désigne bel et bien un réseau marocain actif dans le Benelux, bien qu'une minorité soit d'origine surinamaise ou antillaise.. Mocro-oorlog ou Mocro War (guerre marocaine). : le nom par lequel les médias et journalistes désignent le conflit Mocro-maffia qui débute en 2012.. Borgerokko Maffia : le nom par lequel les politiciens, médias et journalistes désignent les réseaux marocains actifs à Anvers.. Le terme adopté par l'écrivain belge Raf Sauviller, est très vite apparu à la Une des journaux belges, notamment après son ouvrage, un livre sorti en 2017 avec comme nom Borgerokko maffia.. Le terme comprend des mots composés entre Borgerhout et Marokko. Raf Sauviller dit avoir choisi Borgerokko pour le nombre important de familles marocaines actives dans le trafic anversois dans le lieu en question..

Origines et contexte Historique (1960-1989) Les Marocains (principalement issus du Rif) ont émigré en groupe dans le Benelux.. Cette émigration compacte et assez tardive des années 1960 et 1970 ne s'est jamais arrêtée.. Elle provient d'une des régions les plus pauvres du Maroc, rurale, très peu urbanisée, avec pendant longtemps peu d'écoles, que ce soit en arabe ou en français.. Cette société paysanne et montagnarde méditerranéenne est assez comparable à la Corse, la Sicile ou la Sardaigne. Elle se caractérise par des rapports communautaires très forts, un esprit d'omerta et d'autosurveillance.. Après la décolonisation, des dizaines de milliers de Rifains ont perdu leur emploi dans les vignes et les fermes d'Algérie, puis, à partir des années 1970, dans les mines et la sidérurgie européennes. Cette main-d'œuvre s'est reconvertie massivement dans le commerce, formel ou informel, et notamment dans la contrebande de cannabis.. L'argent est réinvesti dans des cafés, des petits commerces, dans l'immobilier au Maroc et, pour les plus riches, dans l'économie de la Costa del Sol, en Espagne. La diaspora rifaine a ainsi essaimé son système économique dans toute l'Europe. Dans les années , la Belgique et les Pays-Bas, qui n’ont aucun passé colonial arabo-berbère, accueillent une immigration marocaine massive en provenance du Rif, pour travailler dans les mines et la sidérurgie de Wallonie, puis dans les Flandres et aux Pays-Bas en plein boom économique.. Le commerce de drogue suit les communautés en exil, du Maroc aux Pays-Bas, en passant par l'Espagne, la France et la Belgique..

Dans les années 1980, les quartiers De Pijp et Bos en Lommer sont les quartiers d'Amsterdam qui abritent le plus d'immigrés marocains.. Des Néerlando-Marocains organisent l'exportation du haschich des montagnes de Ketama vers les Pays-Bas à bord de leurs voitures, souvent d'anciennes Mercedes Classe S. C'est à cette époque que les organisations mafieuses modernes débutent et commencent à évoluer au milieu des années 1980 avant de se structurer au fil du temps.. Ce trafic représente 10 à de dollars de chiffre d’affaires par an depuis .. Les trafiquants, habitués à passer les frontières et avoir des armes, sont réputés au Maroc pour être très violents.. L’État marocain a abandonné la région du Rif pendant de nombreuses années en refusant d’y investir dans les infrastructures, ce qui a poussé la plupart des Marocains originaires des villes comme Al Hoceïma et Nador à se consacrer entièrement à la commercialisation du haschisch.. Dans les années 1980, la cocaïne est la drogue des hommes d'affaires et des commerçants boursiers. Ce sont également les années où l'organisation criminelle inspire la jeune communauté marocaine à entrer dans le business de drogue dure, rapportant énormément plus d'argent que le haschich..

Naissance de réseaux de drogue ultra-communautaires (1989-2006) 200px|thumb|left|Quartier De Pijp, lieu où débute le conflit Mocro-maffia.

Dans les années 1990, les grands barons d'Amérique du Sud choisissent le Ghana et le Sénégal grâce à l'absence des contrôles douaniers dans les ports les plus importants du pays. Au fil du temps, les cartels sud-américains créent une ligne avec l'Afrique du Nord pour l'exportation vers l'Europe. Le Maroc connait une importante diaspora dans les pays les plus importants d'Europe, c'est ce qui le distingue des autres pays du continent africain.. Pendant qu'au Maroc, on compte plus souvent sur les montagnes du Rif et les villes portuaires comme Tanger ou Tétouan, en Europe, c'est Anvers qui devient la plaque tournante européenne avec l'Espagne. Avec Anvers et son port, c'est toute la Belgique qui devient géographiquement une plaque tournante.. L'importation et le trafic de drogue deviennent inséparables, et ces activités pallient les licenciements qui touchent massivement mineurs, sidérurgistes et salariés du textilePierre Vermeren, Comment la Belgique est devenue le sanctuaire du désastre, lefigaro.fr, 16 novembre 2015.. Dans un tel contexte, les vieilles mœurs et habitudes et leurs codes traditionnels de conduite, d'honneur, de justice et de méfiance face à l'autorité se sont transplantés dans les quartiers de Bruxelles, Amsterdam et Anvers où ils ont pu croître et se multiplier., avec notamment l'établissement d'une relation d'amitié avec l'organisation néerlandaise , à cette époque l'une des plus grandes organisations mafieuses en Europe.. Injustement ou non, les autorités belges et néerlandaises caractérisent les communautés par leur « dysocialité » et par une « culture tribale plus agressive» , qui les distinguent des autres communautés immigrées.. Le , l'une des premières fusillades en rapport avec les premiers réseaux marocains des Pays-Bas éclate dans une discothèque d'Amsterdam opposant le gang marocain de Mohammed Chekhchar à celle du gang surinamais et antillais de Gwenette Martha. L'une des premières victimes est Giovanni Martha qui est le grand frère de ce dernier. Mohammed Chekhchar est condamné à huit ans de prison, en même temps que la libération de Willem Holleeder.