Champlemy est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté.
Géographie vignette|redresse|gauche|Maisons de la Grand-Rue. Champlemy est une petite bourgade située à 10 kilomètres au sud de Varzy et à 15 kilomètres au nord de Prémery. La commune, qui s'étend sur près de hectares, compte 332 habitants en 2017.
Elle est traversée par la D 977.
Hameaux, villages, lieux-dits, écarts Outre le bourg, la commune regroupe une vingtaine de hameaux et de domaines isolés : le Berceau, le Bois-d'Aignan, Bourras-la-Grange, Château-Gaillard, les Coues, la Cour, le Crot-Martin, la Ferme-de-la-Cour, la Ferrière, la Grande-Cour, la Lombarderie, les Masserons, les Massons, Montasset, le Moulin-à-Vent, Nancray, Neuville, les Plauts, les Poulains, Thouez et la Vénerie« Guide de recherche de lieu-dit et de hameau de la Nièvre », GenNièvre..
Communes limitrophes
Géologie et hydrographie Le sous-sol est essentiellement composé de roches calcaires, marnes et gypses.
À Champlemy se situe la naissance d'une des sources de la Nièvre, dite « Nièvre de Champlemy » ou « grande Nièvre ». Elle est rejointe par deux autres branches : la « Nièvre d'Arzembouy », prenant source à Giry, et la « Nièvre de Prémery », prenant source aux environs de Lurcy-le-Bourg. La Nièvre finit par se jeter dans la Loire à Nevers.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Prémery à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Champlemy est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (51,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (51,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (44,4 %), terres arables (38,6 %), prairies (13,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3 %), zones urbanisées (0,8 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Campus Lemetii (vers 600) ; Camplemesii (IXe siècle) ; Prepositus de Campomilii (1120) ; Campimilium (1120) ; Joannes sacerdos Campilimi (1145) ; Candemisium (1184) ; Chamlemis (1290) ; Champnemys (1335) ; Campus dimissus (1335) ; Campdemis (vers 1350) ; Champlemis (1433) ; Champlemy (1507) ; Champlemys (1633) ; Chanlemi (1660)..
Le nom de Champlemy semble venir du bas latin campus (champ) et du nom de personne romain LimitiusErnest Nègre, Toponymie générale de la France, Librairie Droz, Genève, 1990..
En patois, la prononciation du nom de la commune est Chand'miRomain Baron, La mort tragique d'Edme de La Rivière, Bulletin de la Société scientifique et artistique de Clamecy, 1969..
Histoire vignette|gauche|redresse|Armoiries de la famille de La Rivière. 596 : Saint Aunaire fait figurer Campus Lemetii cum suis (Champlemy) parmi les trente-cinq paroisses du diocèse.. 865 : L'église primitive est saccagée par les Saxons. 920 : L'église est restaurée par Gaudry, évêque d'Auxerre. 1569 : L'église est à nouveau détruiteMarcel Bonté, Glanes pour l'histoire de Champlemy, Bulletin de la Société scientifique et artistique de Clamecy, 1965.. 1590 : L’église est restauréeRevue des sociétés savantes de France et de l’étranger, Paris, 1861, sur gallica.bnf.fr.. : Le seigneur de Champlemy, Edme de La Rivière, homme de mauvaise vye et prévenu de plusieurs assassinats et volleryes et autres crimes est mortellement blessé dans des circonstances troubles. 1673 : La paroisse est visitée par l'évêque d'Auxerre. Le , Philippe Martinet, un vagabond, est condamné à neuf ans de galères pour un vol commis au mois de septembre précédent à la foire de ChamplemyHenri de Flamare, Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Nevers, 1891.. 1790 : La commune devient le chef-lieu d'un canton de La Charité.. 1794 : Le dernier seigneur de Champlemy, Charles-Armand-Augustin de Pons, est guillotiné. En 1900, les plus importantes foires chevalines de la Nièvre sont celles de Champlemy, La Charité-sur-Loire, Châtillon-en-Bazois, Decize, NeversJ. Jacoulet, Traité d’hippologie, 1900, sur gallica.bnf.fr.... En 1906Recensement de 1906, Archives départementales de la Nièvre, 6 M 053/1., le nombre d'habitants de Champlemy, qui compte 334 maisons, s'élève à 1082 individus. La commune compte 1 desservant (curé), 3 institutrices publiques et 1 instituteur, 2 gardes champêtres, 1 garde forestier, 8 cantonniers, 1 receveuse des postes et 2 facteurs, 1 percepteur et 1 receveur-buraliste. Les commerçants sont relativement nombreux : 4 bouchers, 2 épiciers, 2 boulangers, 1 débitant, 1 charcutier, 1 modiste, 1 aubergiste et 1 horloger. On peut ajouter à cette liste de commerçants 4 négociants, 1 employé de commerce, 1 marchand de vin et 1 marchand de bestiaux. Les artisans constituent une petite foule : 12 maçons, 8 maréchaux-ferrants, 6 charrons, 6 mécaniciens, 5 charbonniers, 5 couturières, 5 menuisiers, 5 sabotiers, 4 charpentiers, 4 bourreliers, 4 bûcherons, 3 ferblantiers, 3 plâtriers, 2 cordonniers, 2 fendeurs, 2 équarrisseurs, 2 basse-couriersUn basse-courier est chargé des soins donnés à la basse-cour., 2 tailleurs, 2 tourneurs, 2 voituriers, 1 tisserand, 1 couvreur, 1 entrepreneur en battage, 1 marbrier et 1 rétameur. La catégorie socioprofessionnelle la plus représentée est celle des domestiques (82 individus), suivie par les cultivateurs (64, dont 32 sont propriétaires de leurs terres), les journaliers (57), les propriétaires-exploitants (51), les fermiers (20, et 1 régisseur), les manœuvres (3) et les ouvriers agricoles (2). On recense également dans la commune 26 rentiers et rentières, 1 retraité et 1 lieutenant en congé. Les châtelains locaux sont vraisemblablement les employeurs des 4 gardes particuliers, 3 jardiniers, 1 maître d’hôtel, 1 cuisinière et 1 cocher recensés. Au total, on relève à Champlemy 65 professions différentes. On y trouve, selon le recensement de 1906, 2 médecins et 1 notaire. Il n’y a aucun étranger dans la commune. Comme c’est souvent le cas dans la Nièvre, plusieurs familles du village ont en nourrice un « enfant assisté de la Seine » : il y a 51 enfants venus de l’« hospice » et autres nourrissons à Champlemy en 1906. En , la sacristie de l’église est entièrement détruite par le feuLa Dépêche du Berry, 23 mai 1938, sur retronews.fr..
Seigneurs Les premiers seigneurs de Champlemy sont issus d'une famille éponyme, avec notamment :
Jacques dit Guillaume de Champlemy (né vers 1350), fils de Guillaume (né vers 1320), fils de Guillaume (né vers 1290), fils de Guillaume (né vers 1260), ce dernier était l'époux d'Alice de Bourbon-Lancy (décédée en 1297).
C'est Philiberte de Champlemy (née vers 1380) qui transmet par mariage en 1402 la seigneurie par mariage à Bureau III de la Rivière. Ce dernier devint donc seigneur de Champlemy du chef de sa femme jusqu'à son décès.
Bureau III de la Rivière était un personnage important : il fut chevalier, seigneur de Perchin, Nevoy, Marcy et Nannay (vers 1392), conseiller et chambellan du roi Charles VI (provisions 17/02/1398), premier chambellan de Philippe (duc de Bourgogne), capitaine-général & gouverneur du Nivernais et du Donziais (du 26/01/1410 à 1414). Bureau III décéda en 1415.
Philiberte de Champlemy semble avoir vécu jusque vers 1456.
La seigneurie de Champlemy resta longtemps aux mains de la famille de La Rivière, avec successivement : le fils de Bureau III : Jean III de La Rivière (cité en 1442 et mort en 1468), puis Jean IV de La Rivière (ce dernier fut vicomte de Tonnerre et de Quincy et décéda après 1510), puis François de La Rivière« Fief des prés de la Bretonnière, Donzy (1532) », Archives départementales de la Nièvre, 147J955. ; qualifié de "haut et puissant seigneur" François de La Rivière (cité en 1569), puis Edme de La Rivière (cité en 1623 et mort en 1624), Adrien de La Rivière (cité en 1633)...
En 1722, le seigneur est Hubert de Choiseuil, chevalier, marquis de Choiseuil.
Au , la seigneurie appartient à la famille Pons, dont Charles Armand Augustin de Pons (cité en 1786, guillotiné en 1794).
Politique et administration
Démographie
Lieux et monuments Château () Église (fin ) Halle (1865) Vieille porte de la rue principale affichant la date de 1606
Personnalités liées à la commune Le marquis Rainulphe Marie Eustache d'Osmond (1828-1891), dit le Comte d'Osmond, fit construire le château de la Vénerie, haut lieu de la chasse nivernaise vers 1860. Marcel Bonté (?-1969), historien de la commune. Philippe Gaucher (1854-1918« Mort du professeur Gaucher », Le Petit Parisien, 26 janvier 1918, sur retronews.fr.), médecin né à Champlemy ; il décrivit la maladie de Gaucher. Henri Hisquin (1896-1975), écrivain né à Champlemy. Louis-Edme Millet (1827-1915), peintre et médecin, né à Champlemy. Marcel Etienne Perrier (1895-?), militaire né à Champlemy. André Lazare Lesourd (1921-2006), lieutenant-colonel né à Champlemy.
Notes et références Notes
Cartes
Références
Voir aussi Articles connexes Liste des communes de la Nièvre
Bibliographie Ph. Gaulon, Champlemy (XVIIe siècle), Bulletin de la Société nivernaise des lettres, sciences et arts, volume 32, 1942-1947, pages 163-168. Marcel Bonté, Glanes pour servir à l'histoire de Champlemy, Bulletin de la Société scientifique et artistique de Clamecy, pages 80–89, 1958. Marcel Bonté, Au sujet des bois d'usages de Champlemy (1), Bulletin de la Société scientifique et artistique de Clamecy, pages 70–104, 1965. Marcel Bonté, Au sujet des bois d'usages de Champlemy (2), Bulletin de la Société scientifique et artistique de Clamecy, pages 94–123, 1966.