Dornecy est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté.
Ses habitants sont appelés les Dornecycois.
Géographie Dornecy est un village rural, à la limite nord-ouest du Morvan, entre Clamecy (Nièvre) (8 km) et Vézelay (). Il est situé entre deux monts : Brevois et Martin. Le village est traversé par l'Armance, un affluent de l'Yonne :
« C'est dans un petit val resserré que naît humblement la toute petite Armance, à quelque cent mètres du château où naquit le grand Vauban. Dix huit kilomètres, à vol d'oiseau,le séparent de son embouchure, mais les détours que lui imposent les reliefs du sol et les méandres que lui suggère sa fantaisie font plus que doubler cette distance. Partie de la cote 284, elle débouche à 164 seulement dans l'Yonne, ce qui donne une pente moyenne de trois millimètres par mètre, mais cette pente est très variable suivant les points où elle est tortueuse ou presque étale. » Ferdinand Marié-Davy.
Territoire de 1795 ha en 2000.
Dornecy est traversé par la Route Buissonière qui va de Fontainebleau à Lyon ; à l'entrée de Dornecy, l'emblème de cette route - un lapin dessiné par l'affichiste Charles Loupot - est visible.
Communes limitrophes
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Clamecy à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Dornecy est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Clamecy, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (59,5 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (59,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (59,5 %), terres arables (27,2 %), prairies (6,8 %), zones agricoles hétérogènes (3,4 %), zones urbanisées (3,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Dorneciacum villa (1103) ; Dorneci (1299) ; Dournecy (1324) ; Dornesy (1689)..
Histoire La présence d'eau, souterraine et en surface, laisse présumer d'une occupation très ancienne du site. De nombreuses pièces et médailles au nom de César, Tibère, Néron ou Constantin, découvertes au cours des labours, témoignent de l'occupation ancienne du site. Au cours du Girart de Roussillon, duc de Bourgogne et comte de Provence, règne sur le Nivernais. Par acte royal, en 838, il fait don de Dornecy et de Vézelay au monastère féminin de la Sainte-Vierge, situé en bas de la montagne de Saint-Père, qui sera reconstruit en haut après sa destruction, mais pour des moines cette fois. Ces religieux deviennent alors les véritables seigneurs de Dornecy ; durant neuf siècles, le village subit leur souveraineté. Dornecy est, d'autre part, vassal des comtes, puis des ducs de Nevers.
En 1379, le Parlement de Paris déboute la comtesse de Flandres, d'Artois et de Nevers, son bailli de Donzy et de Clamecy, et ses officiers pour avoir tenté de substituer leur autorité à Dornecy et Villiers-sur-Yonne, avec violence. Il évoque des rentes d'avoine perçues autrefois par l'écuyer Pierre Le Corne de Coyon. On évoque dans l'enquête l'usage d'ôter les portes des maisons de ceux qui s'opposent à la justice comtale. L'habitant Guernier Lemorcerat est ainsi incarcéré à Clamecy puis à Metz-le-Comte. Les habitants nommés individuellement font acte de résistance. Les moines de Vézelay ont gain de causeArch. Yonne, H 1941 bis, f° 597 et suivants. .
On constate, entre 1453 et 1482, la présence de la famille d'écuyers Bernier, dits Berry, dits aussi maître d'hôtel (1457), dont l'héritière ira s'installer à Coulanges-la-Vineuse (Yonne). Cette famille cède ses prés et terres à l'écuyer Guiot de Merry.
Le tilleul du Champ de la Ville aurait été planté sous le règne de Henri IV, d'où le nom d'« arbre de Sully » qui lui est parfois donné ; il doit symboliser la reconnaissance de la population envers le roi François , qui avait autorisé l'édification des fortifications de la ville au , alors soutenu par Marie d'Albret, duchesse de Nevers.
Économie La principale richesse du village réside, jusqu'au , dans ses carrières et ses chenevières ; les vignes sont également exploitées jusqu'au développement du phylloxéra.
La fin du verra l'implantation de la distillerie d'absinthe supérieure « Fuchet & Fuchet Fils Ainé », spécialisée dans la fabrique de vermouth et liqueurs, médaillée d'or, argent et vermeil aux expositions universelles de Paris 1900, Bruxelles 1897, Le Mans, Alençon, dont seule subsiste aujourd'hui la Maison Fuchet construite vers 1870.
En 1924, il y a à Dornecy 2 moulins, 2 ateliers de charrons-forgerons, 2 ateliers de maréchaux ferrants, 2 boulangeries, une scierie, une distillerie et 2 carrières pouvant être exploitées mécaniquement.
MK Composites, anciennement U.M.I., réalise des pièces en matériaux composites essentiellement à destination de l'industrie aéronautique. Cette entreprise emploie environ 50 salariés et a 2 établissements à Dornecy.; cette société avait été fondée et dirigée par la famille Coulon jusqu'en 2016, année de son rachat par le groupe de Philippe Duchemin..
Arrivée de l'eau courante et de l'électricité
L'eau Jusqu'en 1830, l'alimentation en eau potable de la population de Dornecy est essentiellement assurée par la fontaine de la place de l'église (on y accède alors par deux escaliers démolis depuis ; la fontaine a été reconstruite en sa forme actuelle en 1838). La fontaine de la porte de Bourgogne sera construite en 1839. Huit puits communaux étaient répartis dans le bourg de la façon suivante : 2 faubourg Thirault, 1 place du Champ de Foire, 2 rue du Nord, 1 rue des Champs, 1 au carrefour de la rue des Champs-rue du Nord, 1 rue Royale (devenue rue Marié-Davy). On recensait également 47 puits privés. La remontée des seaux s'effectuait le plus souvent à l'aide d'un système à balancier. Les huit puits communaux ont été modernisés en 1834 à la demande de la municipalité : y sera installé En 1870, deux nouveaux puits sont installés, l'un sur la place du Collège, l'autre dans le Faubourg Thirault. Ce n'est qu'en 1888 que la première pompe à balancier fit son apparition place du Collège (actuelle mairie) ; elle y est encore et porte le nom de son fabricant, Théodore Léger qui tenait ferblanterie dans l'actuelle maison de la boulangerie. En 1890, une autre — en fonte cette fois-ci — fut posée place de la Mairie (aujourd'hui école). En 1907, une troisième prit place rue Marié-Davy, presque à l'angle de la rue des Champs ; remplacée ensuite par une pompe plus moderne à volant, puis par une pompe à balancier en fonte.
Il faut attendre le pour qu'un projet d'adduction d'eau soit mis à l'étude. Le maire, Arthur Gauché, L'objectif était de desservir des bornes par l'une des sources alimentant les lavoirs communaux dont le débit reste très abondant en toute saison. Un sourcier a fixé le point de captage au lieu-dit Vaussage, à 300 mètres environ en dessus de la jonction de l'ancienne route de Vézelay et du chemin du Clou. Le forage de ce puits fut un échec : très vite, le puisatier rencontra une masse de pierres et il fallut employer des explosifs. Les travaux furent lents et le puits atteignait une profondeur de 15 mètres quand le conseil municipal décida d'abandonner le projet. Déçu, le maire Gauché, ne voulant pas qu'il soit dit que les frais imposés aux habitants l'aient été en vain, mit un point d'honneur à poursuivre à ses frais. Le forage se poursuivit sur 5 mètres, coûta francs à M. Gauché et fut finalement abandonné (ceci a donné lieu à quolibets, on parlait du puits des hébétés - en patois à l'époque, prononcer sans liaison).
En 1934, le nouveau conseil venait de faire installer sur les puits des pompes à godets et à volant quand le maire, Lucien Léger, fut saisi par son collègue de Brèves d'un projet de constitution d'un syndicat intercommunal en vue de l'alimentation collective en eau potable des communes de Brèves et Dornecy par les eaux d'un puits récemment foré au hameau de Sardy et dont l'eau a fait l'objet d'un rapport de qualité favorable. Le Syndicat intercommunal des eaux de Brèves-Dornecy s'engage à En 1935, le projet initial s'élevait à francs cependant que la subvention de l’État laissait à la charge du Syndicat une dépense de francs, à gager par un emprunt en recouvrement sur 30 ans. À Dornecy, la construction des deux réservoirs d'une contenance de 150 chacun, au lieu-dit de la Côte se termina fin 1938. Le montant de la dépense se portera finalement à francs et la subvention pour Dornecy à francs. La guerre se déclarant, l’État est dans l'incapacité de faire face au paiement et le conseil contracte un nouvel emprunt auprès de la Caisse de Crédit Agricole. Comme pour l'électricité, l'adhésion à ne fut pas toujours immédiate : les frais à engager pour la pose d'un compteur, les changements d'habitude pour les personnes âgées, firent durer encore plusieurs années la promenade des seaux.