Le McDonnell était un intercepteur tous-temps utilisé par l'Aviation royale canadienne (ARC) et les Forces armées canadiennes (CAF) entre 1961 et 1984. Ils furent initialement produits par la de Saint-Louis, dans le Missouri, aux États-Unis, pour le compte de l'armée de l'air américaine, sous la désignation de , puis vendus au Canada.
Les remplacèrent les , devenus obsolètes, dans les escadrons de chasse tous-temps de la RCAF. Leur armement principal était la roquette air-air non-guidée à charge nucléaire AIR-2 Genie, ce qui causa une controverse politique assez importante au Canada à la suite de leur adoption par les forces du pays. Bien qu'ils n'eurent jamais à employer une telle arme au combat, les furent l'élément principal du système de défense aérienne du Canada, réparti sur des zones spéciales dévouées à la réaction rapide (désignées ), installées sur les différentes bases aériennes canadiennes.
Les furent retirés du service dans les années 1980 et remplacés par les CF-18 . Beaucoup d'exemplaires sont conservés dans des musées et des parcs, au Canada et aux États-Unis.
Acquisition
Origines Après l'annulation du programme du en ., George R. Pearkes, le ministre de la Défense nationale, maintint officiellement que les intercepteurs Avro et les missiles CIM-10 Bomarc existants, qui avaient été commandés en , seraient adéquats pour les besoins de défense aérienne du Canada. Officieusement, il fut reconnu qu'il existait toujours une menace liée aux bombardiers, et que la décision de l'abandon du était une grosse erreur. Des discussions furent donc menées depuis avant la conclusion formelle du programme de l', au sujet de l'acquisition par la RCAF d'un avion « disponible sur étagère » provenant des États-Unis, afin de combler le trou béant laissé par l'abandon de l' dans la défense aérienne du Canada.
L'United States Air Force indiqua qu'elle était prête à rendre disponibles à l'achat par les forces canadiennes et dix appareils d'entraînement (en employant des F-102 dans des secteurs moins exigeants du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD). Le contrat fut retardé pendant plus d'un an par des négociations sur les délais et les coûts d'acquisition, qui finirent par aboutir en 1958. Les arrangements financiers furent trouvés par le Canada, ce dernier prenant à son compte la gestion administrative et financière de onze stations radar de la ligne Pinetree situées sur le territoire Canadien et qui étaient précédemment opérées et payées par l'US Air Force. Un accord détaillé signé en couvrait le transfert des , qui devaient équiper cinq escadrons de première ligne (remplaçant neuf escadrons de ) et une unité d'entraînement opérationnel.
La première série de fut donc livrée aux forces canadiennes, entre et . Tous les appareils de cette première série provenaient d'un lot de production de l'année fiscale 1959. Les consistaient en et . Ces étaient identiques aux des Américains et disposaient même de leur perche de ravitaillement, bien qu'elle ne fut jamais utilisée opérationnellement par les Canadiens. Les dix biplaces d'entraînement consistaient en quatre et six , extérieurement identiques aux intercepteurs et disposant de capacités de combat complètes.
Controverse des armes nucléaires vignette|upright=1.25|Un tirant un AIR-2 Genie, en 1982. Le problème des armes nucléaires au Canada n'avait pas été résolu en , et les furent donc uniquement armés avec leurs missiles secondaires AIM-4D Falcon. En , le problème mena à la chute du gouvernement Diefenbaker. Le gouvernement suivant, de Pearson, signa le un accord avec les États-Unis concernant les armes nucléaires pour le Canada.
L'accord ne stipulait pas spécifiquement que le Canada était en train d'acquérir des armes nucléaires. Le gouvernement refusait habituellement de confirmer ou de nier qu'il y ait une quelconque arme nucléaire au Canada. L'accord précisait en fait que les roquettes air-air AIR-2A étaient la propriété des États-Unis et ne seraient déployées au Canada pour utilisation qu'avec l'accord conjoint du Canada et des États-Unis à travers le NORAD. Les entraînements opérationnels très stricts nécessaires firent que le ne devint opérationnel au Canada qu'à partir de . Les roquettes étaient sous la garde de l'USAF, avec des détachements du installés sur chacune des bases canadiennes. Leur puissance était d'.
Carrière opérationnelle
Service au sein des forces canadiennes vignette|upright=1.25|le 17395 au meeting aérien de Bagotville (Québec), pendant l'été 1962. Notez l'ancien drapeau canadien peint sur le fuselage (dessin antérieur à 1965). Les deux premiers avions furent transférés au Canada le lors d'une cérémonie à la , à Ottawa, marquant le début de l'opération Queen's Row. Le tactique de chasse débuta officiellement l'utilisation des à la base Namao, en Alberta, le , servant initialement d'escadron de conversion opérationnelle pour les escadrons 410, 416, 409, et 414. Le devint ensuite lui-même un escadron opérationnel, passant le relais à l'unité d'entraînement opérationnel 3, situé sur la Base des Forces canadiennes Bagotville, au Québec. Les et entrèrent officiellement en service au sein du escadron le . Fin 1962, les escadrons étaient opérationnels dans les bases de Comox, Colombie-Britannique (409e Escadron tactique de chasse), North Bay, Ontario (), Uplands, Ontario (), Bagotville, Québec ( Escadron) et , Nouveau-Brunswick (). Des coupes dans le budget de la défense en 1964 éliminèrent les escadrons 410 et 414 (bien qu'un escadron 414 reformé utiliserait le plusieurs années plus tard).
vignette|upright=1.25|Le 101060, du 409e Escadron tactique de chasse, au parking sur la base des Forces canadiennes Moose Jaw, en 1982. Chaque base de était conçue pour permettre aux avions d'être prêts à intervenir immédiatement à toute heure. Une aire d'alerte et réaction rapide (, ou QRA) était positionnée à l'extrémité de la piste principale pour permettre aux avions de se lancer aussi vite que possible. Deux avions et leurs équipages étaient en permanence en alerte à cinq minutes. Les avions devaient être en l'air et en route pour l'interception d'appareils inconnus dans les cinq minutes suivant la réception de l'ordre d'intervention. Dans un cas, le escadron fut capable de lancer deux avions seulement après la réception de l'alerte. Les étaient dispersés avec une certaine régularité pour pouvoir intercepter tous les contacts radar identifiés par le NORAD. La plupart du temps, il s'agissait simplement d'avions de ligne civils volant hors de leur plan de vol, mais il arrivait occasionnellement que les et escadrons interceptent des Tupolev Tu-95 soviétiques volant le long de la côte Atlantique vers Cuba. Heureusement, aucune situation ne mena l'un des pilotes de à l'utilisation de ses armes dévastatrices.
Entre 1970 et 1972, le Canada troqua le renvoi aux États-Unis des de sa flotte initiale de contre la récupération de de remplacement, dans le cadre de l'opération Peace Wings. Les « nouveaux » appareils étaient en fait des exemplaires fabriqués plus tôt que ceux de la flotte originale, mais ces avions avaient cependant moins d'heures de vol et disposaient donc encore d'un potentiel d'emploi élevé en opérations. De plus, ils reçurent des améliorations dont les premiers canadiens n'étaient pas équipés, par exemple l'ajout d'un système de recherche et suivi des cibles travaillant en infrarouge. , à Winnipeg dans le Manitoba, effectua les modifications sur la nouvelle flotte d'avions, qui impliquait le transfert de certains éléments d'équipement spécifiquement canadiens, incluant les moteurs, des « vieux » avions vers les « nouveaux ». Beaucoup des « vieux » furent envoyés à la ferraille quand ils retournèrent aux États-Unis, mais furent tout-de-même convertis en versions de reconnaissance, et volèrent avec la Garde nationale aérienne du Nevada jusqu'en 1975.
vignette|upright=1.25|Le 101057, du 409e Escadron tactique de chasse, effectuant un passage bas au cours d'un meeting aérien le , sur la base d'Edmonton. Au cours de son service, le était un démonstrateur populaire lors des meetings aériens et des autres événements au Canada et aux États-Unis. Les démonstrations allaient de la simple apparition d'un appareil seul à l'exhibition d'un escadron entier. En 1967, un vola, avec un et un T-33 des Chevaliers rouges, au sein de l'équipe de présentation des Paladins du Centenaire, pour marquer la célébration du centenaire du pays. En 1984, chaque escadron peignit spécialement un appareil pour un spectacle organisé à l'occasion de la cérémonie de retrait du service du . Le Escadron créa le , le Escadron créa le , et le Escadron créa le .
Obsolescence et fin de service Au cours des années 1970, l'obsolescence grandissante du et du mena à la mise en place du programme New Fighter Aircraft. Lancé en 1977, ce programme avait pour objectif de trouver un remplaçant aux Canadair CF-5, et au . Les , , , , Panavia Tornado, Dassault Mirage F1 et le furent évalués comme remplaçants potentiels. Des réductions de coûts réduisirent le choix au et au , et le fut finalement sélectionné en . L'escadron d'entraînement opérationnel fut converti au en , et les escadrons 409 et 425 furent fermés en . En 1985, le escadron déménagea de la vers celle de Cold Lake, en Alberta et passa lui aussi du au chasseur tactique .. Avec le retrait des du service, les dernières armes nucléaires entreposées au Canada furent renvoyées aux États-Unis.
vignette|upright=1.25|L' « » lors de son dernier déploiement, en 1987. Deux restèrent en service après l'arrêt de l'exploitation de l'avion : l'unique de brouillage électronique, aussi connu sous le nom d'« », et un unique d'entraînement, en service avec le escadron à North Bay, en Ontario. L' était une conversion d'un classique, incorporant la suite de brouillage électronique d'un . Seulement un avion fut converti avant que le programme ne soit abandonné, et cet exemplaire unique fut loué au Canada en 1982. Les deux derniers continuèrent à voler jusqu'en , date à laquelle ils furent finalement retirés du service. L' fut renvoyé aux États-Unis le , alors que le (numéro 101006) effectua le dernier vol au monde d'un le alors qu'il effectuait un vol de livraison de la base de North Bay vers celle de Greenwood, via les bases de Bagotville et Chatham. Il fut finalement exposé sur la , en Nouvelle-Écosse, où il décorait la place de parade de l'école de recrutement militaire. Après que la base de Cornwallis ait fermé en 1995, le 101006 fut déplacé à côté du musée militaire de Cornwallis, situé dans la vieille chapelle St. Georges de la base. En , en raison de problèmes de sécurité liés à la présence d'une forte corrosion, le musée donna le 101006 au de London, en Ontario, où il est actuellement en cours de restauration.
Versions : avion biplace d'interception tous-temps ; : avion biplace à double commande, destiné à l'entraînement ; : exemplaire unique destiné au brouillage électronique.
Utilisateurs / Canada Aviation royale canadienne/Forces armées canadiennes : 409e Escadron tactique de chasse, CFB Comox ; , CFB Uplands ; , CFB North Bay ; , CFB Chatham ; tactique de chasse, CFB Bagotville.
Appareils préservés Plus de canadiens et ex-canadiens sont préservés dans des musées et des mémoriaux, au Canada et aux États-Unis., mais également dans de nombreux autres pays.
Galerie photographique
Notes et références
Voir aussi
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Bibliographie
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