Philippe Jacques Étienne Vincent Guilbert, né le à Saint-Jean-sur-CaillyArchives de Seine-Maritime, acte de baptême, cote 3E00999, vue 6/22 avec document administratif du 2 fructidor an IV du tribunal de Rouen portant mention rectificative du patronyme inscrit audit baptême, en ce sens qu'il y a lieu de lire GUILBERT au lieu de GILBERT (registre 4E02333, vues 4 à 9/31) et mort à Londres le , est un imprimeur-libraire, journaliste, professeur de langues et homme de lettres français.

Biographie Fils d’un laboureur, Guilbert remplit pendant quelque temps les fonctions de vicaire de la paroisse de Saint-Vigor de Rouen après avoir embrassé l’état ecclésiastique. N’ayant pas prêté serment à la Constitution civile du clergé, au début de la Révolution, il finit par renoncer à cette carrière. Devenu homme de lettres, il est le rédacteur, à Rouen, du Journal du commerce, de politique et de littérature françoise et angloise. (1792-1793) puis du l’Indicateur politique, mercantile et littéraire. (1792), en association avec Gilles, homme de loi.

En 1792, avec la Société typographique, il rachète l’imprimerie de la veuve de Jacques Besongne et publie successivement les périodiques intitulées la Vedette normande, seul organe républicain de la ville et subventionné à ce titre par le Directoire. (1792-1793), l’Indicateur politique, mercantile et littéraire (1795-1802), le Répertoire universel, La Semaine ou recherches littéraires tant anciennes que modernes. Il publie encore, de 1793 à 1804, Almanach des gens de gout pour l’année 1793., et donne conjointement avec le publiciste Servan, ancien avocat général au Parlement de Grenoble, une Correspondance entre quelques hommes honnêtes.

Ayant pris la défense du Roi, au moment de son procès, dans le journal qu'il publie alors, Guilbert est inquiété par la répression jacobine en et, un moment, arrêté pour incivisme avant de recevoir, le , après avoir vu son journal interdit, l’ordre du département de se retirer à Lausanne en Suisse. Il rentre, désormais républicain convaincuEn l’an IV, sous la réaction thermidorienne, il dirigea des accusations contre certains terroristes., à Rouen en . En août, il épouse à Paris Françoise Marie Anne Poteau, la fille d’un bourgeois de MoratActe de mariage du reconstitué après le , Paris, Archives de Paris (vue 11/48) ; enregistré à Rouen sous le , le (16 fructidor an IV), Archives départementales de la Seine-Maritime. vignette|Assemblée de théophilanthropes. À l’avènement de la théophilanthropie, culte d’origine privée soutenu, pour asseoir l’esprit républicain, par le Directoire, notamment par le directeur La Révellière-Lépeaux, il fonde à Rouen aux environs du 18 fructidor une Société théophilanthropique où se trouvent réunis d’anciens adversaires politiques. Après avoir réimprimé le Manuel, l’Instruction élémentaire et le Recueil de Cantiques de Chemin., il parvient à grouper des concours assez nombreux, dont quelques-uns lui sont précieux. Un certain Nicolas Foubert est son second et préside avec lui les offices tandis que l’organiste Charles Broche dirigea les chœurs et la musique. Il préside notamment l’inauguration du culte à Saint-Patrice, le 10 brumaire an VII. Mis sous surveillance en mars-, il est libéré sur intervention ministérielle, mais perd néanmoins toutes ses subventions et, de 1796 environ à 1800, travaille en association avec l’imprimeur Nicolas Herment.

Devenu suspect après le coup d'État du 18 Brumaire, son journal est menacé puis interdit, le . Il se lance alors dans la publication du Répertoire maritime, une feuille d’annonces interdite à son tour le , puis de La Semaine ou l’Observateur dramatique (1804-1810). Veuf en 1810Acte de décès , , Rouen, Archives départementales de la Seine-Maritime, il épouse l'année suivante à Rouen Aimable Désirée Rose Louvet, marchande mercièreActe de mariage , , Rouen, Archives départementales de la Seine-Maritime. À la même époque, tombé en faillite et n’étant pas breveté imprimeur, il doit partir travailler à Paris chez l’imprimeur Pierre Gueffier.

Revenu par la suite à Rouen enseigner les langues, il est reçu membre de la Société libre d’émulation, dont il devient président. Il fait aux séances de cette société la lecture de différents écrits, tels que Éloge historique de Jeanne d’Arc, Notice sur le général Joubert, Notice sur le général Desaix, Notice sur Ducastel, Notice sur Madame du Bocage, Éloge nécrologique de M. de Fontenay, maire de Rouen…

Sa femme est déclarée veuve lorsqu'elle meurt à Rouen, le Acte de décès , , Rouen, Archives départementales de la Seine-Maritime. Lorsqu'une de leurs filles, née en 1813, se marie en 1834, Guilbert est déclaré , ce qui pourrait faire remonter sa « disparition » à 1815 environActe de mariage , , Rouen, Archives départementales de la Seine-Maritime. Cependant, il est à noter que Rose Louvet accouche d'un enfant de sexe masculin sans vie, le 30 septembre 1820, et bien que ce n'est pas Guilbert qui déclare l'acte à la mairie, il est écrit que les parents de l'enfant mort-né sont domiciliés à Rouen, au 48, rue ÉcuyèreArchives départementales de Seine-Maritime Registre Rouen - 01/07/1820-30/09/1820, acte , vue 106 / 128. Décès Guilbert avait eu un fils d'un premier lit, Démosthène Aristide Guilbert, né à Rouen en 1801 de sa première épouse, Françoise Marie Anne PoteauActe de naissance , , Rouen, Archives départementales de la Seine-Maritime, morte à Rouen en 1810. Lorsque Démosthène se marie en secondes noces en 1838 à Saint-Germain-en-Laye, le décès de son père est cité comme ayant été enregistré dans la paroisse de St James, Westminster à Londres le Archives départementales des Yvelines Acte de mariage dressé à St Germain-en-Laye le 08/08/1838..

Notes

Publications . Correspondance entre quelques hommes honnêtes ou Lettres philosophiques, politiques et critiques sur les événements et les ouvrages du temps, Lausanne et Paris, 3 vol., in 8°. . Notice historique sur J.-B.-Louis Ducastel, lue par le citoyen Guilbert, dans la séance du lycée libre de Rouen, le 21 thermidor an IX, Rouen, Vt Guilbert, an IX (1800). Numérisé. .

. . . . . Discours sur l’émulation. Discours prononcé lors de la rentrée de la Société libre d’Émulation, en sa qualité de président de ladite société. Éloge historique sur Jeanne d’Arc, 1 vol. in-8°, accompagné de notes historiques relatives à cette héroïne. Discours prononcés en 1805 et en 1806, au nom de la Société libre d’Émulation, pour la clôture de l'examen des jeunes aspirans à l’École Polytechnique. Notice biographique et littéraire sur Madame Du Boccage. Discours sur la nécessité de l’allaitement des enfans par leurs meres. Fragment d'une tragédie allemande, traduit de Klopstock. Romances et Invocation à la Santé, imitées de l’anglais. Essai sur la Pologne, 1 vol. in-8°, 1807. Premier et Deuxième Hommage à Corneille, en vers héroïques. Aux mânes de mon père, idem. Mélanges en prose et en vers, 1 vol. in-8, 1809.

Sources . .

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