Peter Marino, né le , est un architecte américain. Il est membre de l'American Institute of Architects. En 1978, il fonde l’entreprise d'architecture et de design Peter Marino Architect PLLC, qu'il dirige aujourd’hui. Basée à New York, elle compte 160 employés. Elle est également présente à Philadelphie et Southampton.. Connu pour ses collaborations avec Dior, Chanel et Louis Vuitton, entre autres, Marino associe l'identité de ces enseignes à une esthétique distinctive. Son intérêt pour l'art s'exprime à travers ses collections et collaborations avec divers artistes, ainsi qu'au moyen de son approche du design pour des boutiques et du résidentiel.
Biographie Origines et études Son grand-père est un boucher originaire du sud de l'Italie. Son père, catholique et autoritaire, est ingénieur et sa mère standardiste. Il a plusieurs sœurs. Atteint d'une maladie osseuse, il ne peut pas marcher avant l'âge de sept ans. Ayant deux ans de retard, il termine pourtant le lycée avec deux ans d'avance. Il grandit dans le Queens et commence à dessiner à l'école. Chaque samedi, il se rend à Manhattan afin de suivre des cours d'art public. En 1966, le maire de New York John Lindsay lui remet la médaille d'or d'un concours de jeunes artistes. Sa sœur aînée lui conseille de suivre des études d'architectureMarion Vignal, « L'archi cuir », Vanity Fair n°19, janvier 2015, pages 110-119 et 157-159..
left|thumb|200px|Boutique Armani, Madison Avenue (New York). Il est admis à l'université Cornell, grâce à un portfolio artistique composé de panneaux contreplaqués brulés puis recouvert de goudron, sur lesquelles il pose diverses images en noir et blanc, notamment de chats et d’hommes nus. Ce projet contribue à son admission ; il obtient en 1975 son diplôme en architecture de l'école d’architecture Cornell University College of Architecture, Art, and Planning, ou AAP..
Carrière Il se désole du manque de créativité des architectes américains des années 1950-1960 et commence à travailler pour des grands cabinets new-yorkais.
C'est à ce moment que sa carrière prend un tournant important dans le monde du design et de l'architecture. Il est fortement inspiré par le brutalisme, mouvement architectural présent dans les années cinquante caractérisé par l'usage principal de béton. Les bâtiments inscrits dans le brutalisme furent d'apparence sobre et froide. Marino ne se limite pas à cela. En effet, depuis l'évolution de sa carrière, il inscrit son style architectural dans un mélange de brutalisme, de modernisme et d'élégance. Cette force innovatrice le différencie ainsi des autres architectes de son temps. Il demeure même aujourd'hui une inspiration dans le monde architectural.
Il décrit lors d'une entrevue son style en le résumant à l'aide de trois mots : « moderne, intemporel et tactile ».
Il combine à la fois : mode, art contemporain, esthétisme et luxe afin de créer une multidisciplinarité autrefois méconnue au monde du design et de l’architecture.
Il commence sa carrière d’architecte chez Skidmore, Owing & Merrill, George Nelson et I.M. Pei..
Entre 1975 et 1978, il travaille pour Andy Warhol (réalisant sa troisième et dernière Factory à Union Square et sa de six étages dans l'Upper East Side)., Pierre Bergé et Yves Saint Laurent (s'occupant de leur appartement new-yorkais) et l'hôtel The Pierre.
En 1978, il fonde à New York son cabinet actuel.
Il dessine des boutiques chics avant d'être contacté en 1984 par la famille Pressman, propriétaire du grand magasin Barneys (New York) afin de dessiner leur boutique pour femmes.. Il s'agit de son premier projet dans le monde de la distribution et c'est un succès. Cela lui permet ensuite de réaliser 17 autres centres commerciaux Barneys aux États-Unis et au Japon entre 1986 et 1993... Il est par la suite engagé par Calvin Klein, Donna Karan, Ermenegildo Zegna, Giorgio Armani, Loewe, Marella Caracciolo di Castagneto, Valentino, Carla Fendi et le grand magasin de Tokyo Isetan, apprenant le japonais pour l'occasion. Il réalise sept maisons pour les Wertheimer, dont la restauration du manoir de la Pipardière (France).
En 1994, Bernard Arnault lui confie le chantier de la boutique Dior avenue Montaigne (Paris). Il la rénove ensuite plusieurs fois.
vignette|left|Boutique Louis Vuitton à Rodeo Drive (Los Angeles, États-Unis). vignette|Boutique Chanel à Ginza (Tokyo, Japon).
En 2004, The New York Times honore Peter Marino, saluant sa capacité à faire de l'architecture un élément important dans l'identification du consommateur à une marque. Le journal fait ici référence à la boutique phare de Giorgio Armani qu’il a conçue en 1996 sur Madison Avenue, à New-York. Celle-ci rend compte du caractère minimaliste de la marque. L’article citait également la tour Chanel créée en 2004 dans le district de Ginza au Japon.. Le bâtiment reprend la signature Coco Chanel, le tweed noir et blanc, la transformant en trois dimensions. La tour de de haut arbore un mur-rideau de verre encapsulant un bloc d’aluminium en motif tweed. C’est l'un des premiers bâtiments comprenant une façade de verre interactive, avec diodes électroluminescentes intégrées et un système de de stores en toile. La façade de verre est également dotée d’un dispositif électronique permettant aux employés de voir à travers la glace durant le jour tout en assurant un fond noir pour l’affichage numérique de nuit..
En 2007, il travaille pour la première fois sur un gratte-ciel de copropriétés de luxe, qui se situe au 170 East End Avenue à New-York. Le spacieux hall d’entrée, fait de marbre, donne sur un jardin avec cascade...
En 2014, il aménage une première résidence à Southampton, à New York.
En , il conçoit à Séoul (Corée du Sud), dans le quartier de Cheongdam-dong, la boutique phare de BoonTheShop. Cette marque est détenue par Shinsegae, enseigne sud-coréenne de grands magasins de luxe.. Ce projet de comprend deux bâtiments anguleux recouverts de marbre blanc, rejoints par des ponts de verre. Pour Peter Marino, ce fut la première boutique multimarque depuis ses travaux pour Barneys...
En 2015, il complète la tour de bureaux du magasin Hublot à New York en utilisant une longue façade noire composée de panneaux d'aluminium angulaires, éclairée par des LED, créant un effet de mouvement pour rappeler la notion du temps de l'horloge d'une montre. En , il achève la boutique phare de Louis Vuitton sur Rodeo Drive, à Beverly Hills (Californie). Le design du bâtiment repose sur une façade à trois niveaux : des persiennes en acier inoxydable recouvrant du verre avec des carrés de toile blanche par-dessous. Cette association repose, d'après le journaliste de mode du L.A. Times Adam Tschorn, sur une ambiance autant d'intérieur que d'extérieur..
En 2017, il complète des résidences à Sagaponack, à New York, et à Miami Beach, en Floride. Il travaille aussi sur les résidences Getty à New York, connues pour leur effet de luxe.
En 2016-2018, il rénove la boutique de Bulgari sur la Cinquième Avenue (New York) Bénédicte Burguet, « Gold rush », Vanity Fair n° 54, février 2018, pages 102-107., ainsi que 180 des 300 points de vente de la marque italienne. Peu de temps après le rachat par LVMH effectif début 2021, il est chargé de rénover la boutique-phare de Tiffany, encore sur la avenue.. Par la suite, après s'être occupé de l'établissement de Courchevel, il est responsable de l'architecture intérieure de l'hôtel Cheval Blanc Paris, également propriété de LVMH..
Il a également eu pour clients de grandes fortunes américaines et asiatiques.
En 2018, il conçoit la boutique de Chanel sur 57th Street, à New York. De plus, il a acheté l'ancienne bibliothèque Rogers Memorial à Southampton, New York, datant du XIX siècle, pour restaurer et transformer ce bâtiment en un espace d'exposition d'art réparti sur deux niveaux. La Fondation d'art Peter Marino, gérée de façon privée, est ainsi ouverte au public depuis . Elle met de l'avant plus de 200 oeuvres de sa collection personnelle, qui datent de l'Antiquité jusqu'à aujourd'hui.
Mode de travail En 2015, il travaille avec 180 collaborateurs.
Lors de son travail pour diverses enseignes, transformant les lieux sans rien évoquer d'ancien, il commande des œuvres à des artistes, consacrant entre et 3 millions de dollars par boutique, ce qui fait de lui un acteur important dans la production d'art.
Ses créations se distinguent par estime Vanity Fair. Il se revendique à la fois maximaliste et minimaliste. , dit-il. La technique de Marino pour sa conception du design est de se concentrer sur la luminosité et de rassembler les matériaux et les produits de la compagnie ensemble pour visualiser quels matériaux s'accordent avec l'identité de la marque. Il choisit de créer un style différent pour chaque projet auquel il collabore.
Différentes de ses projets commerciaux de luxe, Peter Marino a des travaux qui comprennent plusieurs réalisations résidentielles. Ces travaux permettent d’observer son approche architecturale en dehors des contraintes liées aux exigences commerciales. Marino a aussi appliqué, dans le contexte résidentiel, des principes similaires d’attention minutieuse, en ajustant son design à des usages personnels. Les décisions concernant la conception spatial démontrent une continuité avec ses réalisations commerciales en révélant une expression plus individuelle de son style architectural.alt=Façade de la boutique Giorgio Armani, New York|vignette|228x228px|Boutique Giorgio Armani par Peter Marino, illustrant une approche architecturale minimalistePlusieurs des créations commerciales de Peter Marino, y compris celles élaborées pour la marque Giorgio Armani, se distinguent par leur caractère minimaliste. Cette esthétique est basée sur l'utilisation de matériaux principalement simples et uniformes, employés sans ornements inutiles, comme la pierre, le métal et le verre. L'aspect minimaliste de ces espaces se manifeste également par la disposition soigneusement orchestrée de ces matériaux, arrangé de façon à produire une interprétation claire et fluide de l'architecture. Les simples volumes et les nettes lignes sont généralement intégrées à l’architecture et se contribue à l’harmonie visuelle globale. Cette présentation volontairement minimaliste valorise les produits tout en consolidant l'identité de la marque, en phase avec l'image de simplicité et de précision liée à Giorgio ArmaniPeter Marino, Sam Lubell et Pilar Viladas, Peter Marino: Ten Modern Houses, Londres, Phaidon, 2024..
Style vestimentaire Adepte pendant longtemps du style costume-cravate, il change de look au début des années 2000 (sur les conseils de son épouse, qui lui dit : , après que Peter Marino se fut vu remplacé par un décorateur homosexuel par Giorgio Armani), arborant des vêtements inspirés du dessinateur de porno gay Tom of Finland. Il qualifie son style personnel, qui s'apparente à celui d'un « motard tatoué », comme étant de leurre. Ce look comprend principalement des vêtements noirs, du cuir accompagné de clous et de boucles ainsi que d’une casquette en cuir..
Vie privée vignette|Peter Marino en 2012. En 1983, il se marie à Jane Trapnell, femme issue de la bourgeoisie (elle descend de pèlerins du Mayflower, grandit en Californie où son père est scénariste pour Hollywood, décroche un doctorat en sciences politiques à l'université Stanford puis devient costumière pour la télévision) qu'il a rencontrée à la fin des années 1970. Ils ont une fille.
Il possède une propriété à South Hampton (New Hampshire), achetée en 1996, rasant la maison originelle pour en construire une nouvelle à côté, où il peut garer ses sept motos et une Ferrari.
Collectionneur d'art, il acquiert de la porcelaine française., des peintures contemporaines., de l'art moderne. ou encore des sculptures de bronze italiennes et françaises datant des , et s. Sa collection de sculptures a été exposée au musée londonien Wallace Collection en 2010..