LÉtat islamique dans le Grand Sahara (parfois désigné par le sigle EIGS ou sous le nom d’État islamique au Grand Sahara.) est une organisation militaire et terroriste d'idéologie salafiste djihadiste, née le d'une scission d'Al-Mourabitoune provoquée par l'allégeance d'un de ses commandants, Adnane Abou Walid al-Sahraoui, à l'État islamique deux jours auparavant. Abou Bakr al-Baghdadi, « calife » de l'État islamique, reconnaît officiellement cette allégeance le .

En , l'État islamique dans le Grand Sahara intègre l'État islamique en Afrique de l'Ouest. En , le groupe obtient sa propre wilayat, revendiquant désormais ses opérations sous l'appellation de wilayat al-Sahel.

À la suite du décès d'Adnane Abou Walid al-Sahraoui le , Abou al-Bara al-Sahraoui est nommé chef de la branche sahelienne de l'État islamique.

Fondation Adnane Abou Walid al-Sahraoui, a priori originaire du Sahara occidental, est un combattant djihadiste de longue date et était le porte-parole du MUJAO, un groupe essentiellement constitué d'Arabes du Mali..

Lorsque, le , le MUJAO et les Signataires par le sang de Mokhtar Belmokhtar fusionnent pour former un nouveau groupe djihadiste, Al-Mourabitoune., Adnane Abou Walid Al-Sahraoui reste un des commandants les plus importants de ce dernier.

Toutefois, le , Adnane Abou Walid Al-Sahraoui annonce dans un communiqué que, au nom d'Al-Mourabitoune, il prête allégeance à l'État islamique.... Deux jours plus tard, Mokhtar Belmokhtar dément cette allégeance d'Al-Mourabitoune à l'EI en arguant que le communiqué d'Al-Sahraoui ...

Adnane Abou Walid Al-Sahraoui fait alors sécession et baptise son groupe « État islamique dans le Grand Sahara ». Ce n'est toutefois que plus d'un an après, le , que l'État islamique reconnaît officiellement l'allégeance du groupe d'Al-Sahraoui..

Relations avec les groupes affiliés à al-Qaïda Contrairement à d'autres régions, les relations entre l'État islamique et al-Qaïda ne seraient pas conflictuelles au Sahel. En , Djamel Okacha, le chef d'AQMI au Sahel, donne une interview au site d'information mauritanien Al-Akhbar dans laquelle il déplore l'allégeance d'Al-Sahraoui à l'État islamique mais affirme que « les contacts ne sont pas rompus »أبو الهمام في أول مقابلة له بعد التدخل الفرنسي بمالي (نص المقابلة), Al-Akhbar, 10 janvier 2016..

En , Amar, le porte-parole de l'EIGS assure qu'au Sahel l'ensemble des djihadistes affiliés à l'État islamique et à al-Qaïda et contre les forces du G5 Sahel et l'armée française.

Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, affirme également dans un rapport rendu public le , que la MINUSMA selon lesquelles l'État islamique dans le Grand Sahara et le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans .

Selon Jeune Afrique, Adnane Abou Walid al-Sahraoui et Iyad Ag Ghali, le chef du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, se seraient même rencontrés dans la région de Kidal au début du mois de ..

Selon le général Bruno Guibert, ancien commandant en chef de la force Barkhane, l'État islamique dans le Grand Sahara et le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans sont .

Vers fin 2019 et début 2020, plusieurs membres de la katiba Macina et un lieutenant d'Amadou Koufa font défection en faveur de l'État islamique ce qui a provoqué des affrontements entre les deux groupes, notamment dans les environs de Dongo, dans le Cercle de Youwarou, le 9 ou le ....

Le second de l'EIGS, Abdoul Hakim Al-Sahraoui aurait exigé d'Amadou Koufa un dédommagement pour la perte de plusieurs combattants au cours d'affrontements entre les deux groupes rivaux. Cette offre de réconciliation a été rejetée par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, ce qui a entraîné la reprise des combats entre les deux formations.

L'année 2020 marque la rupture entre le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), lié à al-Qaïda, et l'État islamique dans le Grand Sahara (EIGS), qui entrent en guerre ouverte après des années de coexistence pacifique.. La montée en puissance de l'État islamique au Sahel, la défection en sa faveur de combattants de la katiba Macina dans la région de Mopti et l'annonce de l'ouverture de négociations entre le gouvernement malien et le GSIM provoquent le début des hostilités.

Les premières escarmouches éclatent début janvier à Mondoro, à Dongo et dans le Cercle de Youwarou, dans la région de Mopti, au centre du Mali. Les affrontements les plus importants ont lieu en mars et avril dans la région de Mopti, où le GSIM mène plusieurs raids nocturnes..

Début avril, plusieurs dizaines de combattants sont tués à Dialloubé.

Le , des combats ont lieu dans la région de Gao. Le , le point de non-retour est atteint lorsqu'Al-Naba, le magazine de propagande de l'État islamique, qualifie Iyad Ag Ghali et Amadou Koufa d'« apostats » et les accuse de trahison pour avoir accepté de négocier avec le gouvernement du Mali.

Les combats se succèdent. Le , 13 hommes du GSIM et sept de l'EIGS sont tués à Détembé, à la frontière du Niger et du Burkina Faso. Le , 14 hommes de l'EIGS sont tués et quatre capturés par le GSIM près de la ville malienne de Ndaki, non loin de la frontière avec le Burkina Faso.

Dans l'ensemble, le GSIM prend l'avantage, surtout dans le centre du Mali et demeure la force djihadiste dominante au Mali, mais l'État islamique se maintient dans la zone des trois frontières.

Mais en , malgré la fin généralisée des hostilités entre l'État islamique au grand Sahara et le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), Al-Qaïda lance une offensive contre l'État islamique dans la région de Gao, autour de la commune de Tessit. Cette campagne militaire a pour but de chasser l'EIGS de son sanctuaire du Gourma malien...

Pour soutenir l'offensive, Al-Qaïda fait venir des hommes du Burkina Faso voisin et du centre du Mali. Le , les combattants du JNIM occupent et contrôlent toute la vallée de Tandarewale..

Le au soir, un affrontement éclate entre le JNIM et l’EIGS à Fitili. En sous-nombre, l’EIGS se retire plus à l’Est. Le , sur le front nord de Tessit, un autre groupe de combattants du JNIM attaque le village de Toubani où il tue 4 civils de la communauté peule, accusés de collusion avec l’EIGS. Le JNIM enlève le chef du village et pille tout le bétail.

Confiant, Al-Qaida rentre dans le village de Kala, dans la commune de Tessit. Il brûle les boutiques des villageois et donne un ultimatum de 48 heures à la population locale pour quitter leur village. Le soir même, un affrontement se produit à l'ouest de Hourara. Le JNIM a l'avantage, gagne l'affrontement et emporte des motos et de l'armement. Plusieurs blessées sont comptabilisés dans les rangs de l'EIGS. Pour mieux s'installer dans la région, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans ordonne aux civils de nombreux villages, soupçonnés de soutenir l'EIGS, de partir sous peine d'être exécutés.

Cependant, l'EIGS fait venir des renforts du Burkina Faso et du Niger et lance une offensive massive le contre les positions perdues par Al-Qaïda. En quelques jours, l'EIGS réussit à reprendre la majorité du territoire prise par le JNIM. Selon Wassim Nasr, les civils présents sur place payent un lourd tribut car les deux protagonistes commettent des meurtres sur les civils soutenant le groupe adverse.

Les combats, d'une rare intensité, provoquent le déplacement de plus de 160 familles selon le décompte de plusieurs ONG locales. De nombreux civils ont donc pris la route vers Ansongo, Gao, ou le Niger voisin pour se mettre à l’abri. Plus de 40 civils sont tués dans les combats.

En , l'État islamique dans le Grand Sahara signe un traité de paix avec le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaida. L'accord porte sur une paix et un désengagement entre les deux organisations, dans certaines parties du Niger et du Burkina Faso afin d'éviter les tensions et les conflits entre "moudjahidines".

Organisation, effectifs et zone d'implantation vignette|gauche|Un combattant de l'EIGS filmé pendant l'embuscade de Tongo Tongo.

Commandants Le groupe a été fondé et est dirigé par Adnane Abou Walid al-Sahraoui qui est tué par l'armée française selon une annonce du ..

Le numéro 2 du groupe est Yoro Abdeslam, dit Abdel Hakim al-Sahraoui.. Le , il est déclaré grièvement blessé au cours d'affrontements fratricides avec le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans dans la région du Soum. Malade, il meurt le , de causes naturelles..

Parmi ses autres commandants figurent Doundoun Chefou, Illiassou Djibo alias Petit Chafori (ou Djafori) ; Mohamed Ag Almouner, dit « Tinka », tué par l'armée française le .... ; et Almahmoud Ag Baye, dit « Ikarey », tué le par les forces franco-nigériennes au sud-ouest de Ménaka.. Deux autres chefs, Rhissa al-Sahraoui et Dadi Ould Cheghoub, dit Abou Darda, sont capturés par l'armée française le .

Dans la nuit du 11 au , Oumeya Ould Albakaye, un haut commandant de l'EIGS, un temps pressenti pour succéder à al-Sahraoui, est capturé par les Français près de Tessit..

En , Oumeya Ould Albakaye et Dadi Ould Cheghoub, dit Abou Dardar, sont relâchés par la junte malienne, ainsi que quelques combattants de l'EIGSBamako libère des prisonniers du groupe État islamique au Sahel, RFI, 8 juillet 2023.. L'objectif de la junte malienne serait alors d'obtenir une trêve avec l'État islamique dans le Grand Sahara.

Le djihadiste Sahraoui Abou Houzeifa, dit « Higo » ou « Hugo », ancien membre du MUJAO et haut responsable de l'EIGS, est tué dans une opération de l'armée malienne et du MSA le , dans la localité de Tassoubarat, au sud-est d'Indélimane, dans la région de Ménaka Mali : qui était Abou Houzeifa, le commandant de l’EI tué par les forces maliennes ?, France 24, 30 avril 2024.David Baché, Mali: ce que l’on sait sur l'élimination d'Abu Huzeifa, cadre de l'État islamique au Sahel, RFI, 2 mai 2024.L’armée malienne annonce avoir tué un haut responsable de l’Etat islamique, Le Monde avec AFP, 30 avril 2024.. Sa tête avait été mise à prix par les États-Unis à 5 millions de dollars pour son implication dans l'embuscade de Tongo Tongo.

Le , l'armée malienne revendique la capture d'un chef de l'EIGS, Ahmad Ag DittaMali : l'armée dit avoir capturé «un chef de premier plan» du groupe État islamique, Le Figaro avec AFP, 16 décembre 2024..

Effectifs Début 2017, Marc Mémier, chercheur à l'Institut français des relations internationales (IFRI), estime que l'État islamique dans le Grand Sahara compte quelques dizaines d'hommes pour la plupart des Maliens de la région de Gao. Fin 2015, RFI indique quant à elle que l'effectif du groupe s’élèverait à une centaine.

Selon un rapport du Combating Terrorism Center (CTC) de West Point, l'EIGS compterait 425 combattants en .

En 2021, le groupe compterait combattants.

Le , l'État islamique dans le Grand Sahara publie des photographies montrant plusieurs centaines d'hommes prêtant allégeance au nouveau calife de l'État islamiquehttps://twitter.com/SimNasr/status/1503319601022742533?s=20&t=evLDvNPSpUWDG0DiB7WLGA.

En 2024 et 2026, des rapports de l'ONU donne des estimations de Benjamin Roger, Au Niger, l’organisation Etat islamique de plus en plus puissante, Le Monde, 25 septembre 2026..

Zone d'implantation et base ethnique vignette|Zones d'actions de l'État islamique dans le Grand Sahara.

L'État islamique dans le Grand Sahara est principalement actif au sud-ouest du Niger, dans la région de Tillabéri, au sud-est du Mali, dans la région de Ménaka et au nord du Burkina Faso, dans les régions de Soum et d'Oudalan. Cette région prend alors le nom de .

Comme pour les autres groupes armés au Sahel, djihadistes ou non, l'EIGS s'inscrit dans une dynamique largement communautaire. Une large partie de ses combattants sont ainsi des Peuls.

Au Mali, ces derniers sont pour la plupart des ressortissants nigériens que les sécheresses et la poussée démographique des paysans zarmas et haoussas, qui s'exerce du sud vers le nord, ont rejetés du côté malien de la frontière.