L'hôtel Le Bas de Montargis ou hôtel de Créquy est un ancien hôtel particulier situé au place Vendôme, dans le de Paris.

Construit en 1708, par et pour l'architecte Jules Hardouin-Mansart, il appartient notamment à la famille Le Bas de Montargis puis d'Aumont de Créquy. Il abrite, de 1724 à 1731, le club de l'Entresol.

De 1794 à 1899, l'hôtel est le siège de l'État-major de la place de Paris puis appartient à la maison de couture Beer, avant d'être cédé à la Compagnie Foncière Vendôme, qui y réalise de grands travaux dont la création de l'actuelle cour Vendôme.

Il abrite aujourd'hui des bureaux et est une copropriété.

Situation Situé dans le pan coupé au sud-ouest de la place, il est mitoyen de l'hôtel d'Orsigny au , et de l'hôtel de Villemaré au . Il constitue l'entrée du cours Vendôme.

Historique De la construction de la place à celle de l'hôtel vignette|left|Répartition des lots de la place. Parmi les deux lots de Mansart, en bas le , au-dessus le .|185x185px Le , l'architecte Jules Hardouin-Mansart acquiert auprès de la ville de Paris les terrains correspondant aux et . La parcelle mesure alors 433 toises. Il revend quelques années plus tard ces deux lots à son gendre Claude Le Bas de Montargis, qui est trésorier de l'extraordinaire des Guerres, qui épouse en 1693, Catherine Henriette Hardouin-Mansart. Il fait ériger au , un hôtel pour son propre usage et revend le la parcelle du , telle qu'il l'a achetée, à Jean Bonaventure Le Lay de Villemaré.

L'hôtel particulier et ses salons En 1708, Claude Le Bas de Montargis vend l'usufruit de l'hôtel à la marquise Anne-Charlotte d'Aumont de Créquy, veuve de François-Joseph de Créquy mort six ans plus.

Dès 1719, la marquise résilie le contrat, et le propriétaire vend alors l'hôtel à son gendre, Charles-Jean-François Hénault. Ce dernier, président de la première chambre des Enquêtes du parlement de Paris, épouse Catherine Le Bas de Montargis, fille de Claude, en 1714.

L'hôtel abrite les célèbres dîners du club de l'Entresol, dès sa fondation, en 1724 par l'abbé Pierre-Joseph Alary, qui réunit alors, tous les samedis, de cinq heures du soir à huit heures, au domicile du président Hénault, une vingtaine de participants férus de lettres et de politique. Le nom du cercle est une référence à l'étage de l'hôtel auquel se tiennent les réunions.

On y trouve alors, parmi les habitués, le marquis d'Argenson, Montesquieu, le marquis de Balleroy, l'abbé de Saint-Pierre, l'abbé de Bragelonne, l'abbé de Pomponne, du Deffand, de Luxembourg, de Pont de Veyle, Claude-Adrien Helvétius, de Rochefort, la marquise Bernin de Valentinay d'Ussé, de Pompadour, de Forqualquier, le chevalier de Ramsay et plusieurs gentilshommes comme le maréchal-duc de Coigny, le maréchal de Matignon, le marquis de Lassay, le duc de Noirmoutiers, mais aussi François Dominique de Saint-Contest.

En 1731, malgré la grâce dont jouissent individuellement la plupart de ces membres à la cour, et du fait de l'esprit libéral qui y règne, ces dîners finissent par être interdits par le cardinal de Fleury, premier-ministre de Louis XV.

Anne-Charlotte Lebas de Montargis, fille aînée de Claude, hérite de l'hôtel, mais le vend le , à Nicolas Dedelay dit de Delley, seigneur de La Garde et du Blancmesnil, fermier général et secrétaire du roi, pour la somme de , dont de mobilier. Après la mort de Dedelay, sa veuve, née Élisabeth de Ligniville, l'occupe, y compris après son second mariage avec le comte Polercski, jusqu'à la Révolution.

L'état-major de la place et l'Histoire À partir de 1794, l'hôtel est loué à l'état-major de la place de Paris. En 1809, il revient à Xavier Dedelay de Blancmesnil, petit-fils du précédent.

Depuis 1806, le général Doucet est chef d'état-major de la place de Paris. Le , c'est dans le bureau de Doucet que prend fin la tentative de coup d'État de Malet, lorsque le général Malet est capturé par les dragons sur ordre de Doucet.

Le , Jean-Jacques Claret de Fleurieu acquiert l'hôtel pour . Fleurieu renouvelle aussitôt le bail de l'état-major de la place pour un loyer annuel de francs. Il meurt en 1826 et son fils Alphonse-Robert Claret de Fleurieu hérite de l'hôtel. Lorsqu'il meurt à son tour, en 1846, c'est son troisième fils, Henri Claret de Fleurieu, qui s'en voit attribuer la totalité, en vertu du testament.

Locataire depuis soixante-sept ans, l'État finit par exproprier Henri Claret de Fleurieu, le , puis en prend possession pour le prix de . À cette occasion, la façade de l'hôtel est classée comme monument historique..

En 1899, l'état-major est transféré aux Invalides. L'hôtel est alors vendu à la compagnie d'assurance La France.

La Compagnie Foncière Vendôme et son projet immobilier En 1915, l'hôtel est acheté par la maison de couture Beer pour , qui occupe les lieux depuis 1900« Gustave Beer, Grand Couturier et Eventailliste », conférence de M. Héliot, Le Cercle de l'éventail, juin 2017.. Lorsqu'est constituée la société Compagnie Foncière Vendôme, en 1930, à seul effet d'exploiter l'hôtel, la Maison Beer fait apport de l'immeuble à la nouvelle société. Parmi les actionnaires de la Compagnie se trouve aussi l'homme d'affaires suédois Ivar Kreuger, qui se suicide en 1932Ferdinand de Saint-Simon, La Place Vendôme : trois siècles d'Histoire de France, Albatros, 1983, ..

Le projet de la Compagnie consiste alors à construire un immeuble moderne de bureaux en maximisant la surface de plancher sur la parcelle. L'hôtel subit un façadisme et est entièrement détruit, à l'exception de sa façade classée, donnant sur la place. Le plan est totalement redessiné et une parcelle voisine, sur la rue Saint-Honoré, est adjointe.

La Compagnie confie la construction du nouvel immeuble à André Ventre dès 1930. Il s'agit de construire un siège à la Banque de Suède et de Paris qu'a fondée Ivar Kreuger« Pavillon Vendôme », poteletchabot.com, consulté le 7 juillet 2017.. Ainsi, le rez-de-chaussée doit être occupé par une salle des guichets et le sous-sol est dévolu à la salle des coffres, qui est gardée par une porte blindée de douze tonnes. La BNP occupe le site après la Banque de Suède et de Paris.

À l'occasion du chantier, un passage public a été aménagé au rez-de-chaussée de l'hôtel, qui prend, en 1934 le nom de cour Vendôme. Il relie la place à la rue Saint-Honoré, jusqu'où s'étend désormais la parcelle unifiée« Cour Vendôme », Nomenclature officielle des voies de Paris, paris.fr..

L'hôtel abrite, peu avant la Seconde Guerre mondiale, le salon d'Elizabeth Arden, dirigé par sa sœur, Gladys Graham, épouse du vicomte Henri de Maublanc(D. Thuret- Archives familiales), v. 2013.

Décors Le musée du Louvre conserve des pièces du décor d'origine de l'hôtel, comme un trumeau de glace. Une partie est restaurée en 1962 à l'occasion de la présentation dans les salles du musée, une autre est restaurée dans les années 2010« Hôtel Lebas de Montargis : trumeau de glace », Centre de recherche et de restauration des musées de France..

Références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes Liste des hôtels particuliers parisiens

Lebas de Montargis Catégorie:Patrimoine du XVIIIe siècle Catégorie:Place Vendôme Catégorie:Monument historique dans le 1er arrondissement de Paris Catégorie:Monument historique classé en 1862 Lebas de Montargis Catégorie:Bâtiment de Jules Hardouin-Mansart