Nicolas Metzdorf, né le à Nouméa en Nouvelle-Calédonie, est un homme politique français de Nouvelle-Calédonie, président fondateur du parti Générations NC en 2019 et député de l'Assemblée nationale.

Militant non-indépendantiste et autonomiste, son engagement s'est essentiellement porté vers la défense d'un drapeau commun pour représenter la collectivité néo-calédonienne tel que prévu dans l'accord de Nouméa, et vers des actions concernant la politique agricole, le monde rural, la jeunesse et les questions budgétaires.

Origines, formation et carrière professionnelle vignette|gauche|Nicolas Metzdorf a grandi dans une exploitation d'élevage de la Brousse, à Poya. Troisième et dernier enfant de Claude Metzdorf, éleveur bovin à Moindah (aussi appelé « Poya Sud », car seule zone de cette commune à se trouver en province Sud) et de Yasmina Kurtovitch, ancienne institutrice puis directrice d'école à partir de 1973 ainsi que correspondante pour le quotidien Les Nouvelles calédoniennes devenue maire de Poya sous les couleurs de Calédonie ensemble en 2014., Nicolas Metzdorf descend de plusieurs familles d'origine européenne installées en Nouvelle-Calédonie depuis plusieurs générations, dites « Caldoches ».

Ainsi, du côté paternel, il descend à la cinquième génération de l’ingénieur des mines belge néerlandophone Charles Metzdorf (1843-1884) et de la belge francophone Sophie Mazine ou Masyn (1847-1904), arrivés en Nouvelle-Calédonie en 1879. C'est leur fils aîné, Charles II Metzdorf (1868-1946) qui, après avoir lui aussi été prospecteur minier, va être le premier de la famille à s'installer comme colon éleveur et va fonder la propriété familiale à Moindah à la fin du . Elle est reprise ensuite par son fils aîné Charles III Metzdorf (1893-1981) et son épouse Annie « Granny » Tuck (1906-2000), d'origine anglaise, puis par son petit-fils Marcel Metzdorf (né en 1933) et finalement son arrière-petit-fils, le père de Nicolas, Claude Metzdorf (né en 1951)Laurent Esnault avec Cynthia Metzdorf, « La saga Metzdorf », dans Hellène Cabassy (coord.), Sagas calédoniennes, tome II, édition du journal Dimanche Matin, ICP, Nouméa, 2000, ... Ce dernier fut condamné en 2004 à trois ans de prison pour homicide involontaire, après avoir tué le un jeune de 23 ans qui braconnait sur sa propriété..

Du côté maternel, il est le plus jeune des petits-enfants de Slobodan Kurtovitch, un immigré yougoslave (bosniaque) de Sarajevo ayant quitté son pays d'origine en 1945, et de Bernadette Hagen, issue d'une famille calédonienne aux origines européennes dont l'installation dans l'archipel remonte au .. Ainsi, par sa grand-mère maternelle, Nicolas Metzdorf est l'arrière-petit-fils du commerçant, armateur, planteur et homme d'affaires de Nouméa John-Charles-Nicolas dit « Tiby » Hagen (1880-1947), par ailleurs président de la Société des études mélanésiennes, et issu d'une famille bavaroise de Ratisbonne venue d'abord en Australie dans le cadre de la ruée vers l'or de 1851 puis ayant fait fortune dans les années 1870 dans le commerce aux Nouvelles-Hébrides et en Nouvelle-Calédonie, et de son épouse Marthe (Marie Marcelle) Guiraud de Levizac (1886-1965). Par cette dernière, Nicolas Metzdorf est de plus l'arrière-arrière-petit-fils de Paul (Alexandre) Guiraud de Levizac (1849-1939), magistrat, avocat et conseiller honoraire à la cour d'appel de Nouméa d'origine languedocienne, natif de Saint-Pons-de-Thomières (Hérault) arrivé en 1880 dans l'archipel et qui fut également maire de Nouméa de 1898 à 1899 ; et l'arrière-arrière-arrière-petit-fils de Jean Taragnat (1816-1878), un Auvergnat d'Yssac-la-Tourette arrivé une première fois dans l'archipel en 1843 en tant que frère mariste membre de la mission de Guillaume Douarre, retourné ensuite à l'état laïc et devenu pionnier d'abord en Australie puis définitivement installé à Nouméa en 1858 avec sa famille. Enfin, et toujours du côté maternel, Nicolas Metzdorf est le neveu de Nicolas Kurtovitch, l'écrivain néo-calédonien le plus prolifique et étudié de la fin du et du début du , et de l'historien Ismet Kurtovitch.

Plusieurs membres de sa famille se sont également fait connaître par leur engagement politique. Son père Claude Metzdorf a ainsi été le dirigeant de la section de Poya du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), le parti historique de l'opposition à l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, durant la période dite des Événements qui a vu s'opposer violemment partisans et opposants de l'accession de cet archipel à la pleine souveraineté, tandis que sa mère Yasmina Metzdorf, militante de Calédonie ensemble puis de Générations NC, a été maire de Poya pendant un mandat de six ans, élue en 2014 à la tête d'une liste d'union des non-indépendantistes. Son oncle Nicolas Kurtovitch a été pour sa part militant et conseiller du Rassemblement (nouveau nom du RPCR) de 2011 à 2015, et son autre oncle, Ismet Kurtovitch, est engagé dans le camp indépendantiste et de gauche depuis les années 1970, fondateur dans les années 1980 des « Éditions populaires » (Edipop) liées au Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) et collaborateur de 2009 à 2019 de Déwé Gorodey, membre du Parti de libération kanak (Palika) au sein du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, chargée de la Culture, de la Condition féminine et de la Citoyenneté. Enfin, sa sœur aînée, Cynthia Jan, est la secrétaire générale de Générations NC depuis 2019 ainsi que conseillère municipale depuis 2020 et maire à partir de 2026 de Dumbéa, après avoir été la cheffe de cabinet du président Calédonie ensemble du gouvernement local, Philippe Germain, de 2015 à 2019..

Après une enfance et une grande partie de sa scolarité passées dans son village natal et sur la propriété parentale, Nicolas Metzdorf est scolarisé au lycée privé catholique Blaise-Pascal à Nouméa, où il passe son baccalauréat économique et social (bac ES) en 2005. Il obtient ensuite en 2007 un Brevet de technicien supérieur agricole (BTSA) au lycée agricole de Pouembout, puis part continuer ses études en France métropolitaine. Il est diplômé d'une licence d'agronomie à l'université de Strasbourg puis d'un master recherche en agro-géographie auprès de l'université Paris 7 - Paris-Diderot et de l'Institut des sciences et industries du vivant et de l'environnement (AgroParisTech) en 2012 SaNoSi Productions présente Imulal « Une Terre, des racines et des rêves », dossier de présentation au festival international du film océanien, 2011, . De retour alors en Nouvelle-Calédonie en tant qu'ingénieur agronome, il est recruté comme adjoint du chef de service de l'agriculture à la direction du développement économique et de l'environnement de la province Nord et le reste jusqu'à son élection en 2014.

Carrière politique

Un engagement pour un drapeau commun et à Calédonie ensemble (2010-2014) vignette|gauche|Projet de drapeau issu du concours du Collectif pour un drapeau commun en 2010, dont Nicolas Metzdorf fut l'un des principaux porte-parole. D'abord militant du Rassemblement, il le quitte assez rapidement en 2009 pour apporter son soutien à Gérard Poadja.. Celui-ci, après avoir été écarté de la tête de liste de ce parti pour les élections provinciales dans le Nord alors qu'il venait de remporter une primaire contestée, a alors décidé de former sa propre liste dissidente, . La mère de Nicolas Metzdorf, Yasmina, y figure en quatrième place.

Dans le même temps, il s'engage dans les « Jeunes Ensemble », le mouvement de jeunesse de Calédonie ensemble, l'un des principaux mouvements non-indépendantistes en Nouvelle-Calédonie depuis sa création en 2008 et dirigé par l'ancien président de l'assemblée de la Province Sud Philippe Gomès. Il en devient l'un des responsables.

Puis, en 2010, alors qu'il est encore étudiant en France métropolitaine, Nicolas Metzdorf est l'un des membres fondateurs du Collectif pour un drapeau commun, d'abord sous la forme d'un groupe sur le réseau social Facebook puis d'une association. Son but est de promouvoir la recherche commune d’un drapeau jugé rassembleur et conforme à l'accord de NouméaTexte de l'accord de Nouméa en tant que signe identitaire pour la Nouvelle-Calédonie. Ils s'opposent à la proposition du président du Rassemblement et de l'assemblée de la province Sud de l'époque, le député puis sénateur Pierre Frogier, de faire flotter côte à côte sur les établissements publics le drapeau tricolore français et le drapeau indépendantiste. C'est par le biais de ce mouvement et de sa proposition de graphie issue d'un concours organisé sur internet qu'il se fait connaître, devenant l'un des principaux porte-paroles auprès des médias de ce collectif aux côtés de Philippe Blaise, Stéphane Hénocque, Laurent Edo ou Julie Régent.

Premier mandat d'élu provincial et du Congrès (2014-2017)

Il est candidat en sur la liste « L'Avenir en partage. Ensemble, vers un avenir éclairé et apaisé » formée par Calédonie ensemble et menée par Philippe Gomès dans le Sud aux élections provinciales du , qui arrive assez largement en tête de ce scrutin avec des suffrages exprimés, 16 des 40 sièges à pourvoir à l'assemblée provinciale et 13 des 32 élus également au Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Nicolas Metzdorf fait donc son entrée dans ces deux institutions, dont il est le benjamin, et devient l'une des figures de la nouvelle majorité locale, spécialiste tout particulièrement des questions agricoles La rédaction, « Ils vont compter en 2018. Nicolas Metzdorf, membre du gouvernement : Et que ça bouge ! », Actu.nc, n°206, 1 mars 2018, consulté le 26 octobre 2025..

Le spécialiste des questions agricoles

Dès la mise en place de la nouvelle assemblée de la province Sud en , il prend la présidence de sa commission du développement rural.. De plus, en , il prend la présidence des conseils d'administration de l'Agence pour la prévention et l'indemnisation des calamités agricoles ou naturelles en Nouvelle-Calédonie (APICAN) et de l'Établissement de régulation des prix agricoles (ERPA)..

Il est ainsi le principal artisan de la politique publique agricole provinciale (PPAP), véritable plan lancé dès 2014 avec l'objectif d'atteindre d'autonomie alimentaire d'ici 2025 et de renforcer le statut de « grenier de la Nouvelle-Calédonie » du Sud, en s'articulant autour des quatre filières prioritaires des céréales, des fruits et légumes, avicoles et bovines..

Avec le membre du gouvernement chargé de ces questions jusqu'en 2015, et son prédécesseur à la tête de l'APICAN, Sonia Backès, il contribue à la mise en place et à la pérennisation d'un dispositif « urgence sécheresse » à partir de . Celui-ci, devant s'interrompre initialement au mais finalement prolongé jusqu'au , prévoit une importation exceptionnelle d'Australie d'un aliment de substitution riche en fibre pour le cheptel (financé à 70 % par l'APICAN, le reste par les éleveurs), l'aménagement de retenues d'eau en hauteur ou la mise en place du site internet « agriculture.nc » servant de portail d'information ainsi que de bourse d'échanges et de petites annonces destiné aux agriculteurs et éleveurs ...

Toujours avec Sonia Backès ou Pascal Vittori, il finalise les dispositions techniques nécessaires à l'implantation en Nouvelle-Calédonie du Pari mutuel urbain (PMU) à partir du , afin de soutenir financièrement la filière équestre et hippique de l'archipel..

Mais il s'engage tout particulièrement dans la création d'un Code rural et pastoral néo-calédonien et dans la mise en place dans l'archipel de baux ruraux, une disposition du droit français qui jusque-là n'existait pas en Nouvelle-Calédonie et devant aider à l'installation de jeunes exploitants tout en assurant des revenus aux retraités du secteur de l'agriculture ou de l'élevage. Il est ainsi le rapporteur de ce texte de loi, qui prend ensuite son nom, présenté devant le Congrès le ... Puis, en , il lance les premières études pour la mise en application de cette mesure au niveau de la province Sud..