La caféiculture est considérée comme une activité économique fondatrice de l'Histoire de l'Amérique centrale, car elle a joué un rôle très important dans l'évolution politique, économique et sociale et dans l'émergence des élites au Costa Rica, Guatemala, Honduras, Nicaragua et au Salvador. La plupart des pays d’Amérique centrale ont hérité du surnom de « républiques bananières » mais la production de café y est tout aussi importante ou même plus importante, et a commencé beaucoup plus tôt, avec d'importantes contributions, dès le , des colons allemands. La caféiculture a continué ensuite à prospérer, en profitant de la construction d'infrastructures routières puis ferroviaires.
Sur le modèle du Chemin de fer du Panama (ouvert en 1855), deux autres projets sont décidés au milieu des années 1860 : le Chemin de fer nicaraguayen de Grenade à Corinto vise lui aussi à faciliter le percement d'un canal entre les deux océans, mais la première section des voies ferrées n'est achevée qu'en 1880, en raison du relief difficile, qui retarde aussi les travaux du Chemin de fer du Costa Rica, dont la construction débutée en 1871 cesse après deux ans. Celle du Chemin de fer du Guatemala n'aboutit aussi qu'en 1880 pour la première section après quatre ans de travaux.
Au , quatre pays d'Amérique centrale figurent parmi les quinze premières récoltes caféicoles au monde, soit plus d'une sur quatreSelon Arcadia, déclinaison africaine du Rapport Cyclope, tandis que le grand voisin, la Colombie est classée au troisième rang des pays producteurs de café.
Place dans l'économie et la société Dans l’isthme centroaméricain, le café a favorisé la modernisation des économies, en intégrant une partie de la population aux circuits marchands ou au contraire contribué au maintien des traditions culturelles des communautés indigènes en fixant leur base territoriale sur un mode homogène. Le café est parfois même célébré dans les institutions. Au Costa Rica, des billets de banque montrent des scènes du monde caféier et la salle du Parlement national bénéficie d'une représentation du grain de café, tandis que la feuille de caféier figure dans les symboles de l’État national ou dans les blasons de différentes régions. Le théâtre national du Costa Rica, de style néoclassique, fut construit puis inauguré en grâce à une taxe sur l'exportation du café.
Dans le cas du Costa Rica, du Guatemala et du Salvador, le café a été pendant un siècle le moteur de la croissance économique : à la fin du , les exportations de ces trois pays dépendaient du café, à hauteur de 80-90 %, ce qui a permis de parler de « révolution du café », source majeure d'enrichissement et de puissance des oligarchies. En 1955, les proportions étaient encore de 48,6 % pour le Costa Rica, 78,2 % pour le Salvador et 79 % pour le Guatemala. Les régions caféières se distinguent le plus souvent de leurs voisines par de meilleurs équipements et une plus grande prospérité apparente.
Caractéristiques agricoles et techniques vignette|gauche|Vue du Volcan Poás, proche des plantations de café du Costa Rica. La production centraméricaine est constituée quasi exclusivement de cafés arabica d'altitude, qui occupent actuellement environ 20 % des superficies cultivées au Guatemala, au Salvador, au Honduras et au Costa Rica. Dans ce pays, le café est cultivé dans le centre du pays sur les hauts plateaux, ou « Meseta Central », autour de San José, une zone géographique bordée par la cordillère centrale, à une altitude d’environ , proche des volcans, dont le Volcan Poas, à d'altitude, ou le volcan Irazu à d’altitude, le climat y étant idéal à partir de d'altitude, avec une température comprise entre 15 et 28 degrés.
Au Nicaragua, la production caféière s'étend dans la partie nord des hauts plateaux centraux au nord et à l'est d'Estelí, ainsi que dans la région volcanique autour de Jinotepe. Dans les années 1980, après la révolution sandiniste de 1979, la rébellion des Contras attaque les convois caféiers et camions, à partir de 1982. Bien que la production de café ait légèrement diminué à la fin des années 1980, la récolte de 1989 était encore de . En 1992, plus de terres ont été plantées en café que dans n'importe quelle autre culture. Contexte général L'histoire de la caféiculture en Amérique centrale a débuté dans un contexte politique de guerres civiles et de révolutions, qui a fait flamber les cours mondiaux du café, mais aussi de perspectives de baisse des coûts grâce aux grands projets, excitant l'intérêt des puissances européennes, pour assurer un lien entre les deux océans en divers points de l'Amérique centrale, par le chemin de fer ou un canal. Ces projets deviennent prioritaires après la ruée vers l'or en Californie de fin 1848, qui suscite la migration de .
La révolution du café de Saint-Domingue est définitivement enterrée par la révolution haïtienne confirmée en 1804. Ses grands acteurs la reproduisent à Cuba, via la révolution du café à Cuba, qui culmine en 1835, et la production de café en Jamaïque.
Le , le blocus continental s'achève après avoir provoqué en 1807 le transfert de la cour portugaise au Brésil, qui est d'abord isolé puis se développe.
En 1821, le Chiapas proclame son indépendance, imité le par le Guatemala, puis par les autres provinces. L'Histoire de l'Amérique centrale débute par une annexion d'un an au Premier Empire mexicain d'Agustín de Iturbide, indépendant depuis août, qui envoie le une armée d'occupation au Guatemala et au Salvador.
Peu après nait une République fédérale d'Amérique centrale liant Guatemala, El Salvador, Honduras, Nicaragua et Costa Rica, avec blason aux cinq montagnes et bonnet phrygien, emblème de la Révolution française, qui va durer jusqu'en 1838. Mais les villes créent leurs propres milices, qui se battent parfois contre la représentation gouvernementale.
En 1829, le gouvernement fédéral de Manuel José Arce est renversé. En 1837, la guerre civile éclate à travers le Guatemala Le Nicaragua fait sécession le , le Honduras le , le Costa Rica le . L'année suivante, c'est le Guatemala, où chute le général Francisco Morazán, le Salvador suit en 1841.
Dès 1831, le Brésil devient le premier producteur mondial de café, fruit qu'il exporte pour la première fois en plus grande quantité que le sucre, grâce à la vallée du Paraíba, dans la région de Rio de Janeiro.
En 1836, Andrew Jackson, président des États-Unis, commande une étude sur un chemin de fer interocéanique, pour protéger les intérêts des Américains de l'Oregon, encerclé par les Anglais.
Dans les années 1840, des traités divers sont négociés avec des Allemands, plusieurs contrats signés et près de colons allemands ont émigré en Amérique centrale.
En 1849, la construction du chemin de fer du Panama, démarre pendant la ruée vers l'or en Californie. Il est achevé en 1855, mais celle du canal de Panama ne commence qu'au et fait banqueroute.
De 1856 à 1857, l'aventurier-mercenaire américain William Walker est président du Nicaragua, après avoir fomenté une guerre civile qui bloque les projets.
Au début des années 1850, des réunions publiques et des clubs de colonisation dans diverses régions d'Allemagne voient le Nicaragua et le Costa Rica comme les meilleures destinations pour la colonisation allemande, selon les projets d'Alexander von Humboldt. Mais elles s'implantent aussi à Angostura (Guatemala).
Dans les années 1860, Rodolfo Dieseldorff fonde une importante colonie allemande au Guatemala.
En 1866, Bismarck œuvre pour un accès allemand au Pacifique, avec de grands négociants de Brême, région qu'il espère unifier à la Prusse.
En 1868, construction du chemin de fer nicaraguayen de Grenade à Corinto, voulue dès 1849, commence et va durer douze ans, sur fond d'échec du projet de canal du Nicaragua.
En 1871, démarre la construction du chemin de fer du Costa Rica.
En 1876, décret du président Pedro Alfaro appelant à prolonger le chemin de fer nicaraguayen de Grenade à Corinto, lié au Lac de Managua.
En 1876, la construction du premier chemin de fer du Guatemala commence, la première section connectant San José et Escuintla en 1880, prolongée à Guatemala City en 1884. Le capital national devenu insuffisant, selon le diplomate allemand Von Erckert, le nouveau gouvernement préfère faire appel aux capitaux allemands pour terminer le projet.
En 1912, le réseau du chemin de fer du Guatemala est acquis par la United Fruit Company.
Histoire La culture du café s'est développée à partir de 1830 au Costa Rica, à partir de 1850-1870 au Guatemala et au Salvador, à la fin du et au début du au Nicaragua, au Honduras et au Panama. Pour ces trois derniers pays, le développement du secteur caféier a été plus limité (Nicaragua), plus tardif (Honduras) ou d'importance locale (Panama). Au Honduras en particulier, le boom caféier, précédé par celui de la banane, ne s’est produit que dans la deuxième moitié du .
Arrivée du café sur le territoire d'Amérique centrale L’expansion de la caféiculture en Amérique latine ne date que de quelques siècles. Différentes versions existent sur les origines du café en Amérique centrale mais toutes renvoient au rôle joué par les religieux et les deux premiers chefs d'État, ainsi que l'adjoint de l'un des deux, au Costa Rica. Le premier plant fut introduit au Costa Rica en 1791 par un commerçant panaméen, Agustín de Gana qui en adressa deux livres au gouverneur, mais le père Félix Velarde est considéré comme le premier semeur, il transforme en 1816 un de ses terrains en plantation de café, à au nord de la cathédrale métropolitaine.
Le Costa Rica, pays précurseur
Période coloniale et indépendance Au Costa Rica, aucune ressource locale ne donnait lieu à une exportation durable. La caféiculture est en développement dès les années 1820-1830 et devient ensuite un centre de diffusion des techniques culturales, tout en bénéficiant des offres de crédit des maisons de commerce étrangères, britanniques et allemandes. Au Costa Rica, les colons allemands s'établirent à Cartago et San Jose.
En 1804, les autorités coloniales prirent des premières mesures fiscales visant à développer, entre autres, la culture caféière. À l'indépendance, il avait , permettant l'exportation de 2 quintaux de café au Panama. Le nouveau gouvernement distribua gratuitement des terres aux personnes qui s'engageaient à cultiver du café, tandis que les autorités de certaines communes obligèrent même leurs habitants à posséder au moins un certain nombre de caféiers. Le gouvernement de Juan Mora Fernández, décide des exemptions fiscales pour les planteurs de café. Son premier adjoint est Mariano Montealegre Bustamante, installé au Costa Rica depuis 1809, et responsable de la régie des Tabacs, sous l'empire espagnol, depuis 1818. La municipalité de San José distribue des plants de café. Les quelques capitaux accumulés grâce à l'exportation des années 1820 et 1830 (tabac, cacao, or, bois brésil) furent réinvestis dans le café. En 1831, l'Assemblée nationale décide que quiconque a cultivé du café pendant cinq ans sur une terre devient propriétaire de cette terre.
Arrivée des Anglais La production caféicole du Costa Rica explosa en 35 ans, de en 1832 à 8 millions en 1853 et 20,7 millions en 1868, quand les commerçants britanniques commencèrent à s'intéresser à l'excellent café suave de la vallée centrale, aux conditions écologiques propices : altitude allant de 700 à , sols fertiles et bien drainés, deux saisons bien définies. Dès 1826-1827, l'inventeur gallois Richard Trevithick proposa la construction d'une voie ferrée entre Limon, sur la côte caraïbe, et le port de Puntarenas, sur l'autre versant, en passant par San José, ainsi que des embranchements vers des sites miniers.