Les plus anciennes institutions éducatives possédant une structure institutionnelle sont apparues dans de nombreuses civilisations antiques. Ces centres enseignaient généralement la philosophie et la religion. Il faut distinguer ces institutions de l'université moderne occidentale, dont le modèle a pris naissance durant l’antiquité grecque avec le Lycée sous la direction d’Aristote, et qui s'est développé au Moyen Âge (). Ce type d’université a été adopté dans d'autres régions du monde depuis le début de l'époque moderne.

Historiographie Les conquêtes d’Alexandre le Grand, puis l'annexion de la Grèce à l'Empire romain, permirent de répandre l’esprit grec, son rationalisme et son humanisme, mais aussi son goût pour l’art de la rhétorique. Henri-Irénée Marrou note cependant dans son Histoire de l'éducation dans l'AntiquitéLe Seuil, 1948. que la pensée antique s’était peu préoccupée de l’enfant, et se focalisait plutôt sur la formation de l'homme adulte. Marrou démontre également que les manuels scolaires changèrent extrêmement peu entre le et le .

On disposait alors de plusieurs ouvrages pouvant servir à l’éducation : par exemple celui de Lucius Ampelius, et celui de Columelle en agriculture.

L'Égypte En Égypte ancienne, l’éducation des enfants divergeait selon leurs origines sociales et leur sexePour en savoir plus sur le sujet : Amandine Marshall, Être un enfant en Égypte ancienne, 2014, .. Les jeunes filles participaient aux tâches domestiques et étaient de ce fait préparées dès leur plus jeune âge à devenir des épouses capables de tenir une maison. Dans les campagnes, en l’absence de progéniture mâle ou à certaines occasions comme les semailles ou les moissons, les fillettes pouvaient également participer aux travaux des champs. Les enfants de sexe masculin, quelle que soit leur condition sociale, étaient eux appelés à embrasser la carrière de leur père. Cette orientation était inéluctable pour les aînés de la famille.

On remarque en Égypte ancienne deux lieux distincts d’enseignement : l’ât sebayt (littéralement le « lieu d’enseignement », que l'on appelle communément l'école) et le per ânkh (littéralement la « Maison de Vie »). L’enseignement principal consistait à inculquer aux enfants l’apprentissage du hiératique. La plupart des écoliers se contentaient de cet apprentissage de base car le hiératique était l’écriture de l’administration. Ceux qui se destinaient à une carrière de prêtre, de scribe, ou de scribe des contours poursuivaient leur instruction par l’apprentissage des hiéroglyphes. Seuls les enfants issus de la noblesse, de la prêtrise, et de l’administration allaient à l’école.

Cependant, il semblerait qu’il y ait eu une exception pour certains garçons particulièrement doués du village des artisans de Deir el-Médineh qui recevaient une instruction privilégiée dans la Maison de Vie du Ramesseum, le temple des millions d'années de Ramsès II. En effet, les archéologues ont retrouvé des milliers d'ostraca scolaires dans certaines pièces de l’école du Ramesseum arborant des essais de sculpture et de dessinsAngelo Sesana, Monique Nelson, « Exercices d’élèves-artisans découverts au sud-ouest du « temple de millions d’années » d’Aménophis II », Memnonia IX, 1998, .Isabelle Venturini, « Le statut des exercices scolaires au Nouvel Empire : balbutiements d’écoliers ou entraînements d’étudiants ? », Proceedings of the Ninth International Congress of Egyptologists, vol. II, OLA 150, 2007, .. Certains montrent la répétition d’un signe sur plusieurs lignes. D’autres, une phrase (ou titulature) écrite par le maître d’école et réécrite plus ou moins maladroitement par l’écolier. Les ostraca scolaires les plus élaborés reprennent des extraits ou des écrits entiers de textes scolaires conçus et employés spécifiquement dans un cadre pédagogique (comme la Kemit ou les Miscellanées). Ils reprennent également des textes sapientiaux, véritables références littéraires se déclinant sous la forme d’enseignement ou de sagesse à visée morale (comme l'Enseignement de Ptahhotep, les Instructions d'Amenemhat, l'Enseignement de Khéty ou encore l’Enseignement d’un homme à son fils pour ne citer que les plus populaires). Un dernier texte, considéré comme un classique à l’époque ramesside se rencontre également parmi les écrits scolaires : il s’agit de l'Hymne au Nil. En dépit de son caractère religieux, il avait donc une valeur éducative assez forte pour être retenu parmi les écrits enseignés à l’école.

À côté de l’apprentissage de l’écriture et de la lecture, les mathématiques étaient également enseignées. Les étudiants désireux de se perfectionner dans telle ou telle voie étudiaient durant plusieurs années leur spécialité dans une Maison de Vie. Certaines d’entre elles développèrent des spécialités particulières dans des domaines qui en faisaient des pôles de référence à travers le pays : ainsi, la Maison de Vie de Saïs et dans une moindre mesure, celles d’Abydos et de Tell Basta étaient réputées pour former les meilleurs médecins du pays. À Héliopolis, la Maison de Vie formait plutôt les artisans-décorateurs et les scribes chargés de prospecter les carrières.

D’après les Sagesses, l’éducation par le père de famille est considérée comme un devoir dont l’Égyptien doit s’acquitter, mais on ne dispose d’aucune information au sujet de l'éducation familiale, car les seules sources disponibles sont des allusions tirées de maximes ayant valeur de propagande. En outre, elles ne concernent que les classes aisées de la société et ne visent que les enfants de sexe masculin. Plusieurs passages des Sagesses rappellent à l’Égyptien instruit qu’éduquer sa progéniture mâle est un devoir qu’il se doit d’accomplir. En voici deux :

Sagesse de Ptahhetep (). .

Sagesse de Ptahhetep ().

Le but de l’instruction paternelle vise à transmettre au fils les principes fondamentaux de la Maât, à obtenir son obéissance, sa soumission et sa reconnaissance pour cet enseignement, ainsi que de faire de son fils un homme dont il pourra être fier.

En dehors de ces recommandations ou extraits autobiographiques, nous ignorons tout de la façon dont se déroulait cette instruction filiale, étant donné qu’elle était privée, personnalisée et qu’elle différait probablement selon les couches intellectuelles et/ou aisées de la société. L’Égypte ancienne nous a toutefois légué plusieurs textes sapientiaux permettant aux plus instruits d’y puiser les préceptes de sagesse et de valeurs à inculquer à leurs enfants. Certains ont d’ailleurs été rédigés sur le modèle de l’enseignement d’un père à son fils, fictif ou réel, quand d’autres assimilaient le maître au père de famille .

Enfin, l’enrôlement militaire des enfants était pratiqué dans l'Égypte anciennePour en savoir plus sur le sujet : Amandine Marshall, Être un enfant en Égypte ancienne, 2014, .. Plusieurs témoignages littéraires et iconographiques mentionnent en effet que dès la Première Période Intermédiaire égyptienne – si ce n’est avant –, l’armée de Pharaon a compté en son sein de très jeunes recruesRicardo A. Caminos, Late-Egyptian Miscellanies, BEStud I, 1954, , ; Geoffrey Thorndike Martin, The Hidden Tombs of Memphis, 1991, illustration aux pages 56-57.. La façon dont cet enrôlement forcé ou volontaire était pratiqué ne peut être déduit des sources actuelles. D'aucuns émettent l'hypothèse selon laquelle certaines familles, parmi les plus pauvres, choisissaient de remettre spontanément entre les mains de l’administration militaire un ou plusieurs de leurs jeunes garçons afin que ceux-ci puissent être pris en charge par l’État égyptien et qu'ils ne meurent pas de sous-nutrition. Les jeunes Égyptiens n’étaient toutefois pas des enfants-soldats mais des subalternes, au service de leurs aînés.

La Perse L’éducation des enfants en Perse est évoquée dans la Cyropédie de Xénophon, . Grèce antique

En Grèce, l’éducation des jeunes garçons relève des femmes puis des maîtres, tandis que des « pédagogues », généralement des esclaves, sont chargés de les conduire chez le « grammatiste », c’est-à-dire le maître d’école. Les filles sont éduquées à la maison, et seules quelques-unes d'entre elles sont lettrées et suivent des cours de philosophie ; à partir de l'époque hellénistique, elles semblent toutefois recevoir un contenu d'éducation analogue à celui des garçons.

Les valeurs de la Cité antique, en particulier la gymnastique et la musique, sont enseignées aux jeunes élèves. L'éducation grecque alliait le développement physique de l'enfant à celui des arts, des valeurs morales antiques de force et de vertu militaire, et de l’intellect par la poésie en particulier. Elle procurait le développement harmonieux des corps grâce au sport pour tendre vers un idéal de beauté de l’adulte. Elle était cependant marquée par la mise à l’écart des filles qui ne pratiquent les sports qu’à Sparte. Les femmes n'apparaissent dans les compétitions qu'à partir du .

Platon atteste des formes de cette éducation : Il plaide pour une éducation identique des filles et des garçons dans La République.

À Sparte, les enfants à partir de sept ans recevaient une éducation faite par la cité, sportive et fondée sur le développement physique (les enfants spartiates ne sont pas emmaillotés) et intellectuelle solidement encadrée, collective, un peu à la manière du scoutisme de nos jours : il y avait de 7 à trois classes d’âges principales encadrées par le pédonome, responsable de l’éducation spartiate, la troisième étant Irène, c’est-à-dire éphèbe. Ils vivaient en groupe, en dortoir, en bandes, vêtus d’une tunique, puis d’un simple manteau. Les jeunes spartiates proches de l’âge adulte passaient par quelques épreuves initiatiques comme celle de la kryptie (survivre seul dans la nature en autonomie : les jeunes devaient apprendre à se débrouiller seuls) ou la chasse à l’hilote. Les textes mentionnent un jeu consistant à dérober des fromages placés autour de l’autel du sanctuaire d’Artémis Orthia, au cours duquel les concurrents s'échangeaient des coups de fouet. La formation intellectuelle était fondée sur l’apprentissage des apophtegmes lacédémoniens. Xénophon grand admirateur des Spartiates, dans la Cyropédie, décrit un idéal de l’éducation, c’est-à-dire la prise en charge des enfants par un État militaire, et lie la justice à l’éducation : « Les enfants se rendent aux écoles pour apprendre la justice, comme ils vont, chez nous, apprendre à lire. »vignette|Coupe de Douris. vignette|Coupe (kylix) de Douris, professeur de cithare et de lettres. À Athènes, Solon exigeait que la Cité apprenne aux garçons la lecture, la natation et un métier. Les enfants vont chez le maître instituteur (didaskalos) ou grammatiste et ensuite grammatikos (de gramma, lettre) sous la conduite du pédagogue (esclave) pendant sept ans, lequel leur apprenait la lecture (sur papyrus), l’écriture (sur des tablettes de cire ou des ostraca, de tessons de poterie ou des papyrus avec de l’encre) et le calcul puis les mathématiques, puis plus tard la poésie (Homère, base de l’éducation, puis Hésiode, Solon) et les lettres. Les maîtres sont assis sur une chaise en forme de trône, et les enfants, les assistants, les pédagogues, sur des tabourets, ou des bancs. Ils devaient apprendre des poèmes par cœur, dans le désir d’imiter les héros grecs.

Il se rend plus tard chez le maître de musique, le kithariste, qui lui apprend l’art de l'aulos et de la cithare. L’exercice de la musique, du chant, et des instruments, art capital à Athènes, servirait ensuite à l’art militaire, et aux exercices physiques de la palestre : Thémistocle déplore l’imperfection de son éducation car il ne connaissait pas la musique. Aristophane évoque les groupes d’enfants se rendant en rangs serrés chez le cithariste par temps de neige dans Les Nuées :