L'Andante en fa majeur pour orgue mécanique, K. 616, est une œuvre de Wolfgang Amadeus Mozart composée à Vienne et achevée le .

Mozart l'inscrit dans le catalogue autographe de ses œuvres sous le titre Ein Andante für eine Walze in eine kleine Orgel (« un andante pour un cylindre dans un petit orgue »). La désignation d'« orgue mécanique » en est une appellation moderne.

Cette œuvre est la dernière des trois pièces commandées par le comte pour son cabinet viennois de figures de cire, avec l'Adagio et allegro en fa mineur K. 594 et la Fantaisie en fa mineur K. 608. Elle est la seule des trois dont l'autographe soit conservé, et la seule à avoir paru du vivant de Mozart.

Composition L'œuvre figure dans le catalogue autographe de Mozart à la date du , soit deux mois après la Fantaisie K. 608. Le titre que lui donne Mozart la distingue des deux œuvres précédentes. Pour celles-ci, il avait écrit « un morceau pour un mécanisme d'orgue dans une horloge » (K. 594) et « un morceau d'orgue pour une horloge » (K. 608). Il parle cette fois-ci d'un cylindre logé dans un petit orgue.

À la différence de l’Adagio K. 594 et de la Fantaisie K. 608, destinés à servir de musique funèbre dans le mausolée que le comte Deym éleva à la mémoire du maréchal Laudon, l'usage auquel lAndante était destiné est inconnu.

La lettre du , dans laquelle Mozart ne cache pas son aversion pour un travail d'automate et se plaint de l'aigu de l'instrument, a longtemps été rattachée aux deux pièces en fa mineur. Selon Neal Zaslaw, Ludwig Misch et Wolfgang Plath ont montré qu'elle convient plutôt à une pièce comme le délicat Andante K. 616. Celui-ci est noté sur trois portées en clé de sol pour un ambitus de trois octaves, tandis que les deux autres pièces comportent une portée de basse supplémentaire et descendent une quarte plus bas(en) Neal Zaslaw, « Wolfgang Amadè Mozart's Allegro and Andante ("Fantasy") in F Minor for Mechanical Organ, K. 608 », dans Jon Newsom et Alfred Mann (dir.), The Rosaleen Moldenhauer Memorial: Music History from Primary Sources. A Guide to the Moldenhauer Archives, Washington, Library of Congress, 2000, p. 327-340, [lire en ligne].

Selon Helmut Kowar, du Phonogrammarchiv de l'Académie autrichienne des sciences, il est probable que l'œuvre n'ait jamais été employée dans un automate du temps de Mozart. L'idée qu'elle aurait résonné dans l'un des tableaux de la galerie Deym ne repose que sur une supposition.

L'autographe La partition est conservée à la Bibliotheca Mozartiana du Mozarteum de Salzbourg. Elle se compose d'une feuille double de quatre pages à douze portées, en format paysage d'environ 31,5 sur 23 centimètres. Le manuscrit conserve la trace d'une hésitation. Mozart avait d'abord inscrit Larghetto en tête, indication rayée à plusieurs reprises avant qu'il n'écrive Andante. Il signe la partition en haut à droite du premier feuillet. Une telle conservation est rare, les manuscrits destinés aux automates n'étant souvent plus conservés une fois la musique reportée sur le cylindre.

La partition appartenait à Josef Franz von Patruban, de Vienne, qui en fit don au Dommusik-Verein et Mozarteum de Salzbourg en 1876-1877. L'enveloppe qui la contenait porte une note du collectionneur viennois , datée du 6 mars 1842. Celui-ci y désigne la pièce comme un Rondo in F für eine Spiel-Uhr et indique qu'elle fut composée, avec deux autres, pour une horloge à musique installée au cabinet Müller près de la porte de la Tour rouge, sur commande du comte Deym.

Un seul instrument d'époque porte une « réminiscence » de cette musique piquée sur son cylindre : une horloge à flûtes construite à Vienne vers 1800 par , aujourd'hui au musée de l'Horlogerie de Vienne. On y trouve gravées les quatre premières mesures du thème, suivies d'une continuation libre.

Publication L'édition originale paraît chez Artaria à Vienne au milieu de l'année 1791, sous le titre Rondo per Clavicembalo o Forte piano, au prix de 24 kreuzer. C'est la seule des trois pièces pour instrument mécanique publiée du vivant de Mozart, et uniquement comme pièce pour clavier.

L'œuvre est reprise chez Breitkopf & Härtel à Leipzig en 1799, dans le cahier VI des Œuvres complettes de Wolfgang Amadeus Mozart. Suivent deux éditions londoniennes parues vers 1800 dans un recueil de six pièces, une édition parisienne gravée par Richomme en 1803, puis une nouvelle gravure chez Artaria à Vienne en 1808, sous le titre Rondo très Facile pour le Clavecin ou Piano Forte''.

Structure La pièce, en fa majeur, se compose d'un seul mouvement marqué Andante à ,.

L'autographe porte une indication de reprise, de la main de Mozart, qui fait rejouer 41 mesures. Une main étrangère y a ajouté la mention d'une reprise plus courte. La pièce compte ainsi 144 mesures dans sa version complète et 111 dans sa version écourtée.Début de l'Andante, mesures 1 à 7 (d'après l'édition de la Neue Mozart-Ausgabe)'''

L'exécution de la pièce dure environ .

Notes et références

Articles connexes Adagio et allegro en fa mineur pour orgue mécanique, K. 594 Fantaisie en fa mineur pour orgue mécanique, K. 608 Liste des œuvres pour piano de Wolfgang Amadeus Mozart

Liens externes Partition et appareil critique dans la Neue Mozart-Ausgabe

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