La Sonate 30 (546/499) en sol mineur est une fugue pour clavier du compositeur italien Domenico Scarlatti. Elle termine le seul recueil publié du vivant de l'auteur, les Essercizi per gravicembalo (1738) qui contient trente numéros (K. 1 à 30), dédié à João V de Portugal.
Elle est surnommée depuis le Fugue du chat ou , par ses premiers éditeurs, Clementi et Czerny puis Longo, mais rien n'est (Alain de Chambure).
Présentation
La fugue 30, en sol mineur, est notée Moderato.
Manuscrits et éditions L'œuvre est imprimée dans le recueil des Essercizi per gravicembalo publié sans doute à Londres en 1738. Un manuscrit se trouve à Barcelone, Orfeó Catalá (E-OC) . Le manuscrit de la Bibliothèque d'État de Berlin (Mus.ms. 19683/2), est « peut-être » de la main même de Scarlatti..
Influence et postérité La pièce a été publiée à Londres en 1738. Georg Friedrich Haendel, notoire pour la réutilisation de sa propre musique et pour ses « emprunts » aux œuvres des autres, écrivit ses Concerti grossi op. 6 entre la fin septembre et la fin . Les étranges intervalles descendants du deuxième mouvement du sont des réminiscences de la fugue de Scarlatti Simon P. Keefe, The Cambridge Companion to the Concerto, Cambridge University Press, 2005. . ..
Au début du , le théoricien de la musique et compositeur Antoine Reicha écrivit une fugue sur le même sujet pour ses 36 Fugues de 1803.
Le pianiste et compositeur Gianluca Cascioli commence sa troisième sonate pour piano, par un court mouvement () intitulé Gianluca Cascioli joue Cascioli (2018, Decca) .
Arrangements
Hans von Bülow a écrit un arrangement pour concert de l’œuvre de Scarlatti ; Carlos Salzedo une transcription pour duo de harpes.
La sonate 30 fait partie de la sélection d'œuvres orchestrées pour le ballet Le donne de buon umore de Vincenzo Tommasini en à Rome, et présenté par les Ballets russes de Serge de Diaghilev.
Origine du surnom vignette|gauche|upright=0.9|alt=un chat pianiste|Selon une légende, Scarlatti a été inspiré par son chat, Pulcinella, marchant sur le clavier du clavecin. Le surnom « Fugue du chat » n'a jamais été utilisé par le compositeur. Il apparaît au début du , dans une publication de Muzio Clementi, Selection of Practical Harmony, (1802) qui associe la pièce à ce titre.
Il provient d'une légende prétendant expliquer comment Scarlatti invente le motif inusité sur lequel la fugue est construite. Cette légende veut que Scarlatti avait un chat domestique appelé Pulcinella (« Polichinelle » en français), décrit par le compositeur comme aimant marcher sur le clavier du clavecin, toujours curieux des sons qu'il en tirait. Toujours selon la légende, Scarlatti nota une phrase musicale issue de l'une de ces « séances d'improvisation » et l'utilisa comme sujet (thème) de la fugue.
droite|vignette|alt=gravure : chats musiciens|Carl Reichert, Katzenfuge (gravure, 1870) Le surnom a été employé dans les programmes de concert du (Franz Liszt et Ignaz Moscheles par exemples) et a également été repris par des éditeurs de musique, notamment Carl Czerny et Alessandro Longo.
La Fugue du chat est une œuvre populaire au moins depuis le . Franz Liszt, qui connut la pièce grâce au collectionneur de manuscrits de l'École romaine, Fortunato Santini, l'inclut dans ses représentations à Berlin au début des années 1840 Dana Gooley, The Virtuoso Liszt, Cambridge University Press, 2004. . .. Ignaz Moscheles l'interpréta également. Les deux musiciens l'ont programmée sous le titre de « Fugue du chat ».
Cependant, rien n'est
Interprètes
La fugue 30 est défendue au piano, notamment par Marcelle Meyer (1946 et 1954), Anne Queffélec (1970, Erato), Valerie Tryon (2000, APR), Ievgueni Soudbine (2004, BIS), Fabio Grasso (2005, Accord), Racha Arodaky (2007, Zig-Zag Territoires), Carlo Grante (2009, Music & Arts, vol. 1), Alberto Urroz (2017, IBS) et Federico Colli (2019, Chandos, vol. 2).
Au clavecin, elle est enregistrée par Scott Ross (1976, Still ; 1985, Erato), Colin Tilney (1987, Dorian), Robert Wooley (1987, EMI), Colin Booth (1994, Olympia), Ottavio Dantone (2002, Stradivarius, vol. 8), Luc Beauséjour (2003, Analekta), Richard Lester (2004, Nimbus, vol. 1), Kenneth Weiss (2007, Satirino), Carole Cerasi (2010, Metronome), Jean Rondeau (2018, Erato) et Hank Knox (2021, Leaf Music).
Johannes Maria Bogner l'interprète sur un clavicorde Thomas Vincent Glück d'après un instrument de Cristofori (2015, Collophon/Fra Bernardo).
Références
Sources
Articles connexes Fugues : K. 41, 58, 93 et 417.
Liens externes
Manuscrit de Berlin (Mus.ms. 19683/2) peut-être autographe, sur staatsbibliothek-berlin.de Enregistrements MIDI par John Sankey
30 Catégorie:Œuvre en si bémol majeur Catégorie:Chat dans la musique Catégorie:Œuvre musicale composée en 1738